The defenders (romance en français) - Madleen - Le bal des monstres (French Edition)
Chapitre 7
Ce n'était qu'une éclipse.
Le trou noir s'estompe au fil des compressions thoraciques, au fil des
« un, deux, trois » comptabilisés à la hâte, du souffle qui se permet de rouler
à l'intérieur de ma bouche et de l'eau qui jaillit d'entre mes lèvres gelées. Il
ne se résorbe que lorsque mes yeux s'ouvrent sur un ciel nuageux et que
mes poumons s'emplissent de molécules bien plus légères que celles qui
composent le fleuve.
Pour finir, je tousse. Puis souris.
J'ai gagné, la Mort.
– Ça y est !
J'anticipe le classique pivot de la tête sur le côté, geste qui me libère d'un
encombrement bronchique persistant. Alors que je m'apprête à me
redresser, on me devance en me faisant asseoir à l'arrière d'une camionnette,
où des hommes et des femmes s'activent autour de moi. L'un me parle, une
autre pose une couverture en aluminium sur mes épaules, une autre vérifie
mon pouls, tandis que je contemple l'étendue d'eau qui a bien failli
m'emporter.
Calme, indifférente, on n'aurait jamais dit qu'une pauvre femme tentait de
s'y débattre.
– Mademoiselle ?
Je tourne la tête en direction de la voix.
– Quel est votre prénom ? s'enquiert l'homme à demi agenouillé devant
moi.
À l'arrière, une foule de curieux s’agglutine contre les barrières.
– Si vous le permettez, je vais me présenter entièrement. Cela nous
évitera une perte de temps inutile. Je m'appelle Madleen Stevens, je suis née
le 24 décembre, j'ai 23 ans et je vis dans une villa située au bord de Golden
City. Un peigne auquel je tenais comme à la prunelle de mes yeux m'a
échappé des mains pendant que j'appréciais la vue. Comme vous pouvez le
constater, je n'ai pas réfléchi et ai plongé tête baissée.
Je me penche pour chuchoter :
– Vous sentiriez-vous capable de me rendre deux petits services ?
Surpris, il hoche la tête.
Sachant que je viens officiellement de risquer ma vie pour rattraper un
peigne bon marché, j’estime ne pas avoir à jouer les gourdes plus
longtemps.
– Apportez-moi une serviette de bain et indiquez-moi l'heure, s'il vous
plaît.
Il hèle un collègue, qui m’apporte l'accessoire. Je le remercie en me
séchant les cheveux tandis qu’il zyeute sa montre.
– Il est 13 heures piles.
Je me frappe le front du plat de la main.
– Si vous permettez, j'ai quelques petites choses à régler, annoncé-je en
me débarrassant de la couverture de survie pour sauter sur mes pieds. En
tout cas, vous faites du bon boulot. Comme ça, les mecs ! souligné-je, le
pouce dressé.
– Attendez, Mlle Stevens ! m’appelle le soignant. Mademoiselle !
Je ne me retourne pas. Ne prête pas attention à mes étourdissements. À la
remontée de mon bol alimentaire. À ma démarche ébrieuse.
– Où est-ce qu'elle va, comme ça ? l'interroge une femme.
– Oh ! Qu'est-ce que vous faites, au juste ? intervient un brun téméraire,
qui a l'audace de m'agripper par le coude. Vous avez besoin de soins
hospitaliers.
Kang Su, chef de la police de Golden City.
J'ai tout le loisir de contempler son uniforme plus décoré que la main
d'un rappeur, dont la casquette brodée d’or contient ses cheveux mi-longs.
Le hic, c'est que tout dégouline. Sa tenue alimente la flaque d'eau qui
s'élargit sous ses semelles.
– Je suis majeure, responsable et consciente, par-dessus le marché. C'est
dotée de toutes mes capacités cérébrales que je vous demande de me laisser
jouir de mon droit de liberté.
– Vos extrémités sont cyanosées, vous êtes pâle, votre respiration est
irrégulière et le simple fait de vous toucher me colle des frissons. Vous
souffrez d'hypoxie, combinée à une hypothermie non négligeable.
Le claquement de mes dents enfonce le clou. Il a cependant la décence de
ne pas l'ajouter à la liste des symptômes.
– Pas mal, pour un flic.
– Mon père est médecin.
Je lève les yeux au ciel.
– Lâchez-moi.
– Il n'en est pas question.
– Lâchez-moi, deuxième édition. À la troisième, j'appelle un avocat.
L’homme aux traits asiatiques campe sur ses positions. La détermination
que reflètent ses yeux noirs me contraint à pousser un soupir.
– Je n'ai pas vraiment le temps de faire une virée à l'hôpital, insisté-je.
Un meurtrier en liberté attend que je l'invite à entrer chez moi, figurez-
vous.
– Je ne peux pas vous laisser conduire dans cet état.
– Oh, s'il vous plaît ! Pas à moi, le coup du type ultra droit dans ses
bottes ! Franchement, ne vous en faites pas, j'ai l'habitude. Faites vos petites
affaires, je ferai les miennes ; et surtout, ce soir, dormez sur vos deux
oreilles.
– Je vous conseille de consulter un bon psychologue. J'en connais
quelques-uns, si…
– Bon Dieu ! soufflé-je, agacée. C'est la troisième fois que l'on me sauve
de la noyade, mais bien la première que l'on me tape autant sur le système !
Je ne sais pas si c'est la révélation de mon accoutumance aux plongeons,
mon ton ou les deux à la fois qui lui donnent l'impression de s'adresser à un
revenant, mais c'est perturbant.
– Je ne viens pas de me soûler à vous réanimer pour vous voir crever,
deux cents mètres plus loin, dans un carambolage qui causera l'éradication
d'une famille de trois enfants en bas âge et de deux parents réglos !
s'emporte-t-il.
– Belle imagination. Puis-je savoir à quoi servent tous ces ambulanciers,
si c'est bel et bien vous qui avez eu le plaisir de piquer une tête ?
– Je passais dans le coin lorsque vous avez fait le grand saut,
Mlle Stevens. J'ai préféré passer à l'action plutôt qu'attendre la venue des
secours, voyez-vous.
– Un bon gars, décidément.
– Montez dans cette camionnette, m'ordonne-t-il en désignant le véhicule
du menton.
– Je suis pressée. Il faut que j'y aille.
– Ne m'obligez pas à employer la force.
– Vous êtes têtu, nom de Dieu ! OK, très bien !
– Je peux savoir ce que vous faites ? s'enquiert-il lorsque je me penche à
l'intérieur de ma voiture pour en sortir mon téléphone personnel.
– J'appelle quelqu'un qui pourra me déposer chez moi.
– Dites-moi que je rêve, soupire-t-il en passant une main sur son front.
Le numéro composé, je porte l'appareil à mon oreille :
– J'ai besoin que tu joues les taxis deux minutes.
– Où es-tu ?
– Au pont Willow. Et… Lily ?
– Ouais ?
– Ne sois pas à côté de la plaque.
Le sous-entendu glissé, je raccroche. Vu la situation, il vaut mieux qu’il
pense à utiliser une fausse plaque d’immatriculation.
– C'est ridicule, commente Su. Il est question de votre bien-être,
Mlle Stevens. Comment pouvez-vous prendre tout ceci à la légère ? Suis-je
le seul à encore en trembler d'effroi ? Le seul à me remémorer la scène, à
me dire que si je n'avais pas été assez rapide, ou que si je n'avais pas voulu
manger au Liberian’s, ce midi, vous auriez sûrement été en train de flotter
dans cette eau sale et gelée ?
Je hausse les épa les.
– Vous êtes mon joker.
Nous restons plusieurs secondes à nous toiser. Je romps le contact pour
patienter dans la Mini, les yeux rivés sur l’eau du fleuve. Environ un quart
d’heure plus tard, Kang Su se lance dans une nouvelle joute visuelle, à
laquelle je réponds avec agacement.
Le désarroi qu’exprime son visage me désarçonne. À ses yeux, je suis
une folle à lier. Bien heureusement, le jugement de valeur ne dure qu’un
instant, abrégé par l’arrivée remarquée d’une Aston Martin noire aux vitres
teintées, qui dévale le pont à grands coups de volants avant de se ranger le
long des barrières de sécurité. Les vrombissements du moteur et les
crissements de pneus retombés, les hurlements de la foule vont bon train.
Les flics chargent le véhicule reluisant, tandis que le conducteur klaxonne
trois coups brefs, qui ne manquent pas de faire sursauter les riverains.
Yeux plissés, je le maudis intérieurement pour avoir choisi d’apparaître
de cette façon. On n’aurait jamais pensé que le tas de ferraille abandonné
puisse un jour ressembler à cela, mais les talents de mécano de Lily ont
toujours su jouer les baguettes magiques nécessaires à la transformation de
la citrouille en carrosse. D’après lui, il a suffi d’une collecte de pièces détachées dans les quelques casses de l’État, d’un paquet d’enchères, de
négociations et de beaucoup de magouilles, avant de devenir l’heureux
propriétaire de ce petit bijou. Et tout ceci, avec un porte-monnaie allergique
aux sous-sous.
Je récupère les clefs de mon propre véhicule et déclare, dos au flic :
– Je ne suis pas si folle, vous savez.
À ces mots, je fais signe aux forces de l'ordre de me laisser approcher
l’Aston Martin et mets l’inconscience du conducteur sur le compte de son
inquiétude. Le malheureux frétille à l'idée de me conduire à l'hôpital, voilà
tout.
Convaincues par ma dégaine de morte-vivante, elles gobent le mensonge.
Sauf l'homme en uniforme trempé qui me fixe en continu.
Je m'engouffre dans le véhicule. Lily démarre au quart de tour. Son
attention est aussitôt accaparée par la route surpeuplée.
Du coin de l'œil, j'espionne son profil de jeune homme mangé par la
masse de dreadlocks épaisses et blondes qui chatouille ses côtes flottantes.
Je ne sais pas ce qui me retient de le surnommer Cam ou Camé, à la place
de Lily. Bon, certes, Lily est justifié par le caractère enfantin et la
connotation féminine de l'appellation. Entre ses longs cils, ses yeux dotés de
lentilles bleues, sont teint de porcelaine aussi lisse que celui d'une poupée
collector, ses 18 années de vie et sa bouche d'angelot, difficile de trouver
plus approprié. On n'aurait jamais pensé que cette incarnation même de
l'innocence soit… ce qu'elle est.
Mais Leeroy Smith est aussi un véritable caméléon.
Il est tout à fait possible de le croiser un jour avec les cheveux courts et
gominés, assortis à un costard duquel un faux tatouage ressortirait du col…
Comme de le croiser, six mois plus tard, en version rastafari, vêtu de
fringues trop larges et de qualité douteuse. Ce qui ne change pas, en
revanche, est la quantité de beuh qu'il s'enfile à longueur de journée.
Justement, Lily tend la main pour saisir un pétard.
Cam ou Camé font autant référence à son addiction malsaine.
– Alors ? s’informe-t-il, les yeux fixés sur le pare-brise teinté.
Il tire une taffe.
– Je lui ai bien fait comprendre qui était la patronne.
– 1-0 pour Mad', s'amuse-t-il avant d'éjecter la fumée toxique par
l'entrouverture de sa vitre. Va te faire foutre, la Mort !
– Va te faire foutre, la Mort, répété-je avec un sourire.
Lily est bien le seul à n’émettre aucun jugement sur mon mode de vie.
Même si je tremble, même si je suis trempée, même si je suis à peu près
aussi souple qu'un poteau, même si mes lèvres et bouts des doigts sont
bleus, il ne me fait aucune remarque. Il me traite comme quelqu'un de
normal, qui vit seulement sa vie à sa façon.
Pas étonnant que je l'apprécie, malgré l'ampleur de son casier judiciaire.
Il emprisonne le joint entre son index et son majeur, afin de tenir le
volant sans avoir à s'en débarrasser.
– C'est un peu injuste, non ?
– Quoi ?
– La Mort n'a besoin que d'un point pour gagner la partie.
– Carrément.
– Ce qui prouve que tu es une putain de virtuose, Mad'. Certains la fuient,
mais la voient quand même débouler avant la date de péremption.
– Merci, Lily.
– J'ai une couverture de survie dans le coffre, si tu veux.
– Ça va aller, t'inquiète.
– OK.
Il respecte mes choix. À vrai dire, c'est donnant-donnant. Je ne critique
pas sa consommation douteuse ni son style de vie et il me fiche la paix.
Même si, je l'avoue, la partie « sang sur les mains » n'est pas la plus facile à
gérer. Il a tué des gens. À la pelle. Comme ça, avec un couteau ou à mains
nues. Me le remémorer me noue les tripes. Quand je regarde ses mains, je
ne peux pas m'empêcher d'y voir le manche d'un couteau affûté, dont la
lame badigeonnée de sang innocent goutte sur ses vêtements bon marché.
J'ai parfois du mal à croire que Lily renferme tant de haine en lui. Ces
ressentiments ne peuvent qu'être la cause de ces atrocités, puisqu'il est
capable d'éprouver des choses. Il peut rire, il peut craindre, il peut aimer,
ressentir de la honte. Lily n'est pas un bloc de glace. En revanche, il reste un
monstre.
Comme moi.
Il devrait se faire suivre. Mais comment lui faire entendre raison ?
Comment pourrait-il se livrer à cœur ouvert sans pousser sa ou son
psychologue à prendre la poudre d'escampette ? À le dénoncer, en dépit du
secret professionnel ? Et s'il voyait un psychiatre, cela signifierait qu'on le
gaverait de médocs ou l'enfermerait à vie, ou les deux. Allez le
convaincre…
– Tu t'es fait un piercing à l'arcade ? C'est plutôt reconnaissable…
– Je peux le retirer, Mad', relaxe, réplique-t-il sur un ton traînant,
volontairement adapté à sa nouvelle couverture d'homme cool.
Facile, lorsque l'on se shoote H24 au cannabis.
– Relaxe ? Venant d'un type qui s'amuse à provoquer les flics alors qu'il
est en cavale, ça risque d'être compliqué.
– Je ne me souviens pas de m’être déjà fait choper.
– Lorsqu'ils te transféreront à Guantanamo, j'espère que tu m'enverras
une carte postale.
– Si ça peut te faire plaisir, raille-t-il en tirant une nouvelle latte. Je te
dépose chez toi ?
– Ouais, s'il te plaît.
– Ça roule. N'empêche, t'as vu ? J’ai trouvé l’excuse parfaite pour fumer
comme une cheminée, m'annonce-t-il, hilare.
Je secoue la tête puis plisse les yeux en remarquant son bracelet aux
couleurs de la Jamaïque. Un tee-shirt à l’effigie de Bob Marley complète la
panoplie délirante. Et comme si ce n’était pas suffisant, ses manches courtes
sont striées de petites feuilles de cannabis. Je tire sur le vêtement.
– Sérieux ?
Il étouffe un rire en actionnant le lecteur CD. Aussitôt, les premières
notes du célèbre refrain de Redemption Song prennent leur envol.
J'entrouvre ma bouche aux lèvres gercées dans le but de commenter son
excessivité.
– Shhht, laisse-moi m'imprégner du personnage, chuchote-t-il tandis
qu’un index calleux se presse sur ma bouche.
Je le repousse, amusée.
Parfois, Lily me fait vivre de bons moments. Des instants légers,
drôles… fraternels, qui me poussent à désirer sa compagnie. Je pense que
cette alchimie est réciproque, étant donné que nous nous contactons très
souvent à propos de tout et de rien.
Mon petit frère des Enfers…
– Bob Marley s'envoyait souvent en l'air, tu sais.
Étrangement, Lily se raidit. Il coince son joint entre ses lèvres afin de
tenir le volant à deux mains, comme l'inculquent les bonnes auto-écoles.
Dix heures dix. Le jeune adulte finit par hausser les épaules. Pas de doute, il
s'essaye à une nonchalance aussi artificielle que la couleur de ses yeux.
– Mouais.
Malgré l'intervention de Bob Marley, un silence pesant s’abat sur
l’habitacle. N'y tenant plus, je coupe le morceau.
– J'ai envie de creuser un peu plus le sujet. Si tu veux que je la boucle,
dis-le-moi.
Nous délimitons toujours le territoire de nos intimités respectives. Si l'un
de nous envisage d'aménager les clôtures, il n'a qu'à l'expliciter clairement.
– Ça dépend, par où veux-tu creuser ?
– Je voulais te préciser que tu es jeune, qu'il n'existe pas d'âge pour
expérimenter sa sexualité. Tu le fais comme tu le sens.
Il ne dévie pas ses yeux de la route.
– Comment tu sais ?
Malgré son apparence androgyne, je ne me suis jamais fait de soucis à
propos du sex-appeal de Lily. Certes, de nos jours, l’être humain préfère
majoritairement les mecs qui empestent la testostérone. Les baraqués, les
matures, les barbus, les tatoués, les cheveux courts… tout l'inverse de lui, le
« mignon ». Mais il dégage un charme énigmatique qui a de quoi séduire
une bonne partie de la population.
– Tu ne sens jamais le parfum d’un ou d’une autre, tu es toujours
disponible, tes poubelles sont pleines de mouchoirs usagers, pourtant, tu ne
prêtes jamais attention aux regards qui se posent sur toi. Tu as le droit de ne
pas être prêt.
– C'est pas le problème, Mad'.
– J'ai le droit de creuser ou pas ?
– Je suis sûr que tu peux trouver toute seule.
– Je creuse ?
– Creuse.
– Tu as peur que tes partenaires découvrent qui tu es ?
– Non, elles ne trouveraient jamais.
Nous poursuivons le reste du trajet dans un silence entrecoupé par mes
imbéciles de claquements de dents.
Arrivé au début de la rue qui mène à ma villa, il se déleste de son
mutisme comme d'un boulet cinglé à sa cheville depuis bien trop
longtemps.
– J'ai peur qu'elles finissent six pieds sous terre, elles aussi, murmure-t-il.
Je tourne la tête, stupéfaite. Mes cervicales en craquent, tant la révélation
chamboule le profil que je m'étais efforcée de ne pas dresser à son sujet.
Avant que je ne trouve quoi que ce soit de sensé à lui répondre, la voiture s'arrête. Je réalise alors que nous sommes garés devant mon portail,
qu'Émile ne s'y trouve pas, que je n'arrive pas à refermer la bouche et que
Lily ne distribue peut-être pas la mort aussi facilement qu'il y paraît.
Que nous sommes deux monstres brisés.
– Descends, Mad'.
Je m'exécute, robot gelé. Lorsque mes baskets chuintent sur l’asphalte, je
me retourne pour dévisager le tueur dans mon pathétique état de déchet
sauvé de la noyade. Il se penche pour saisir la poignée de la portière, se fige
pour soutenir mon regard. Lily déglutit. L'assassin de 18 ans déglutit.
– Tu sais, moi aussi j'ai des comptes à régler avec la Mort. Et pour le
moment, c'est elle qui m'envoie me faire foutre, lâche-t-il avant de claquer
la porte et démarrer.
J'ai moi aussi envie de penser que la Mort est une sale garce, mais ce
n’est pas le cas.
Elle me permet de retrouver goût à la vie.
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