Traité de civisme (nouvelle édition)
AVANT-PROPOS : « Le monde peut flâner »
AVANT-PROPOS
« Le monde peut flâner »
Ce titre est une des nombreuses phrases jetées au milieu du Traité de
civisme1. Boris Vian écrit ici une sorte de réquisitoire contre deux
problèmes majeurs qui hantent l’humanité – le travail oppressant qui
rend impossible la création, et la guerre sous ses formes multiples et
ravageuses –, et il s’interroge, nous interroge : n’a-t-on pas le droit
aujourd’hui à un peu plus de temps pour rêver et s’épanouir ?
Précisons que ce questionnement ne signifie pas que Boris Vian
n’était, comme on pourrait le croire, qu’un doux rêveur. À sa naissance
en 1920, la France n’a pas fini de soigner les plaies de la Grande
Guerre ; à la mobilisation générale de 1939, son frère aîné Lélio est
envoyé au front, puis de 1942 à 1944 au STO en Allemagne avec son 2
autre frère Alain ; et alors qu’il a tout juste vingt ans, Boris Vian
écoute les récits de son ami de l’École centrale 3 4 Alfred Jabès *. Il en
est bouleversé, au point d’écrire dans ses notes intimes, plusieurs
années plus tard : « […] effondré, j’étais effondré en écoutant Jabès
[…] je n’oublierai jamais que j’ai eu vingt ans en 1940 […] ». S’il n’a
pas été zazou , il lutta avec ses armes autrement dit avec le jazz, à 5
Saint-Germain-des-Prés*, et avec les mots car c’est à partir de 1946
que son engagement prend forme dans son œuvre majeure, L’Écume
des jours6.
N’est-ce pas lui également qui publia J’irai cracher sur vos
tombes7, un réquisitoire contre la condition des Noirs aux États-Unis ?
N’est-ce pas lui encore qui osa, en 1950, faire jouer une pièce de
théâtre nommée 8 L’Équarrissage pour tous ? Citons également : Le
Goûter des généraux, L’Arrache-cœur, Le Déserteur, La Java des
bombes atomiques ou Adam, Ève et le troisième sexe, dont les titres
évocateurs laissent deviner le ton qui ridiculise les militaires, les
institutions et tous les bien-pensants, que Boris Vian considère comme
des tartuffes ou des corrompus.
Avec le Traité de civisme, Boris Vian souhaite mettre entre toutes les
mains un ouvrage pour le bien-être futur, non pas de l’humanité
conçue de manière abstraite, mais de l’homme dans la société.
Rappelons cette phrase clé de L’Écume des jours et directement en lien
avec le Traité : « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous
les hommes, c’est celui de chacun. »
Les années de jeunesse et de formation
Afin de bien saisir la pensée de Boris Vian, il faut avoir quelques
clés en main. Tout d’abord, son éducation. Les familles paternelle
(Vian) et maternelle (Ravenez) sont toutes deux tournées vers les arts,
la culture, les voyages et les nouvelles techniques. On ne parle ni de
politique, ni d’argent, on croit en la connaissance et en l’innovation, on
est curieux de tout. Cette ouverture d’esprit permit aux parents du petit
Boris, Yvonne Ravenez et Paul Vian*, de faire face aux situations
difficiles, et notamment au krach boursier de 1929, où ils perdent une
grande part de leur fortune. Mais comme toujours, on ne se plaint pas,
on regarde vers l’avenir et on tourne en dérision ce qui peut l’être…
c’est-à-dire à peu près tout.
Une seconde clé de compréhension est sa formation d’ingénieur.
L’histoire familiale pourrait démontrer que le chemin du jeune Boris
était tout tracé. Son grand-père paternel, Henri Vian, devenu bronzier
d’art et reconnu par le Tout-Paris, installa sa famille et ses ateliers dans
un grand hôtel particulier du Marais . Son grand-père maternel, Louis-9
Paul Woldemar Ravenez, mit au point en 1898 la première voiture qui sortira des usines Decauville qu’il dirigeait ; la « Voiturelle » présentait
des techniques originales et innovantes. Tout comme ses grands-pères
et son père, Boris Vian témoigne donc d’un grand intérêt pour les
sciences, mais aussi pour leurs prolongements appliqués dans
l’horlogerie, la photographie, les modèles réduits d’avion,
l’architecture d’intérieur… En 1939, en accord avec son père, Boris
Vian choisit de passer le concours d’entrée à l’École centrale des arts
et manufactures.
Il est à noter également que leur voisin à Ville-d’Avray, petite
bourgade en bordure du parc de Saint-Cloud, est la famille Rostand,
dont le mari Jean* est célèbre pour avoir publié de nombreux ouvrages
de biologie expérimentale. Ce chercheur avait installé dans sa demeure
un laboratoire où les enfants Vian se rendaient souvent et fournissaient
en grenouilles le généticien. L’influence de ces personnalités – dans sa
famille et son entourage – se retrouve tout au long de la vie de Boris
Vian, au cours de multiples échanges avec ses amis Marcel Degliame-
Fouché*, Pierre Kast*, Maurice Gournelle* ou Claude Léon*. Mais
cette imprégnation constitue également la base du Traité de civisme, où
Boris Vian fonde son discours sur les technologies et les découvertes
scientifiques d’alors et d’à venir, c’est-à-dire d’aujourd’hui.
Si Boris Vian conçoit davantage son métier d’ingénieur comme une
source financière que comme une source d’épanouissement, il
conserve une véritable passion pour la recherche scientifique, qu’il
considère sans limites et sans véritable sectorisation . Il refuse toute 10
spécialisation qui risque en amont d’enfermer le chercheur et en aval le
travailleur. Comme en témoigne cette phrase du Traité : « Le monde
est aux mains d’une théorie de crapules qui veulent faire de nous des
travailleurs, et des travailleurs spécialisés, encore : refusons… Sachons
tout… Soyez un spécialiste de tout. L’avenir est à Pic de la
Mirandole ».
Pour Boris Vian, il est nécessaire de se renouveler continuellement
et dans tous les domaines. Cela constitue une troisième clé de
compréhension et explique en partie les relations qu’il entretient avec
Jean-Paul Sartre*. Pendant la période de Saint-Germain-des-Prés,
Jean-Paul Sartre, qui découvre et apprécie Boris Vian, lui propose de tenir une chronique dans la revue des Temps Modernes qu’il dirige – ce
sera « La Chronique du Menteur ». Parallèlement, Jean-Paul Sartre 11
publie des extraits de L’Écume des jours, avant sa parution officielle
chez Gallimard, ainsi que de la nouvelle 12 Les Fourmis. La
collaboration entre les deux hommes ne va pas durer longtemps, même
si le jazz les réunit le temps des nuits germanopratines. Le premier est
élu « pape de Saint-Germain-des-Prés » et cherche un nouveau monde
entre existentialisme et communisme ; tandis que le second, que l’on
surnomme « le prince de Saint-Germain-des-Prés », joue de la
trompette et accueille les rois du be-bop en attendant de rentrer au
Collège de ‘Pataphysique*. Boris Vian, adepte de la pensée libre qui
ne s’affiliera jamais à aucun parti politique, se demande : pourquoi le
communisme résoudrait-il les problèmes économiques ? Ou : pourquoi
le capitalisme rendrait-il l’homme plus heureux ? Pour lui, la solution
se trouve au-delà ou en deçà de la politique, en l’homme, nu, libre et
créatif. De surcroît, il n’aime pas le côté sérieux des intellectuels et
encore moins les intellectuels qui se prennent au sérieux. Boris Vian a
un œil très critique sur ce point, et ira jusqu’à écrire en 1947 Pour une
rénovation des Temps Modernes. Ces chroniques, publiées après la
mort de l’auteur, préfigurent pour certaines les textes fondateurs du
Traité.
La naissance du Traité de civisme : le Traité d’économie orbitale
Après l’effervescence de Saint-Germain-des-Prés, après 1950, Boris
Vian explore d’autres univers et transforme son Traité en un Traité
d’économie orbitale. Il confie à son ami Maurice Gournelle : « Il s’agit
de quelque chose qui m’est venu récemment, une sorte d’économie
circulaire. En fait, il s’agit de placer l’homme au centre du premier
cercle et chaque cercle ajouté correspond à un besoin créé par
l’homme. Les cercles n’enferment pas l’homme mais se suffisent à
eux-mêmes et en appellent d’autres, afin de libérer l’homme de ses
contraintes et de ses fausses nécessités. L’homme doit prendre en main
son destin et non l’inverse, et pour cela, il doit devenir un
scientifique . » 13
Mais le découragement le rattrape. Une phrase retrouvée dans ses
notes illustre son état d’esprit noir d’alors : « Ce sont les choses qui
changent pas les gens ». Boris Vian délaisse son ouvrage à l’état
d’ébauche et se questionne : après tout, qu’est-ce que ce Traité
changerait ? Il fait le point sur sa vie : il a démissionné de son travail
d’ingénieur en 1947, son mariage de dix ans avec Michelle Léglise
prend fin en 1951 et il doit déménager. Il souffre de voir peu ses deux
enfants, Patrick et Carole, nés respectivement en 1942 et en 1948. De
plus, aucun de ses livres, recueils ou pièces ne rencontre de succès ;
pourtant il se refuse à faire chemin arrière, préférant toujours la liberté
aux emplois sacrificiels. Seul sacrifice accepté : traduire des romans ou
des nouvelles, travail exténuant et très mal payé. Boris Vian vient de
dépasser la trentaine, il vit dans la précarité, son cœur est malade et il
s’essouffle à monter les sept étages pour rejoindre son nouveau
logement, une chambre de bonne située sur le boulevard de Clichy, à
Paris.
Sa vision pessimiste à cette période est donc une autre clé, tapie
dans l’ombre mais omniprésente dans l’œuvre de Boris Vian. Malade
depuis l’adolescence, fatigué par les nuits germanopratines, amoindri
par les privations imposées pendant la guerre, son état physique n’est
guère brillant, et il n’a pas les moyens de se faire soigner. Pour celui
qui était prédestiné à un avenir heureux et insouciant, il est certain que
ces épreuves l’ont entraîné à avoir une réflexion profonde sur
l’existence. Pourtant, un nouvel amour, né de sa rencontre avec Ursula
Kübler*, et ses ressources personnelles, tant artistiques que familiales,
l’aident à rebondir, encore une fois.
Du Traité d’économie orbitale au Traité d’économie heureuse
En ce début des années 1950, alors que la France vit une période
houleuse marquée par une grande injustice sociale, Boris Vian reprend
l’écriture de son Traité et le renomme Traité d’économie heureuse. Ce
titre prometteur et annonciateur d’un avenir florissant se fonde sur
plusieurs idées : face au déclin de la IV République, que Boris Vian e
impute à l’économie , il préconise de « déboulonner » la machine 14
financière et d’en fabriquer une nouvelle, davantage adaptée aux
citoyens et capable de venir en aide aux plus démunis . La seconde 15
solution prônée est qu’un pays doit être gouverné par un conseil de
sages qui recherchent le bien-être de l’individu et l’égalité sociale.
Pour asseoir sa pensée, Boris Vian s’est constitué une petite
bibliothèque grâce aux ouvrages prêtés, achetés ou offerts. Chose 16
enfin possible car le couple formé par Boris et Ursula s’est installé
dans un deux-pièces, place Blanche, sous les ailes du Moulin Rouge.
Jacques Prévert* est leur voisin et, ensemble, ils commentent souvent
l’actualité de la presse. Boris Vian s’oriente alors vers un autre univers
artistique pour faire passer ses idées, celui de la chanson et de l’opéra.
Il s’agit toujours de mots, et ce pataphysicien aime particulièrement
jouer avec. Toujours très prolifique, il écrit en 1954 plus de deux cents
chansons, ainsi que plusieurs petits spectacles et comédies musicales.
Beaucoup parlent de la guerre et du travail, de la souffrance et du
désespoir, idées au cœur même du Traité : La Java des bombes
atomiques, Je ne peux pas travailler, Faut rigoler, Le Prisonnier, La
Marche arrière, S’il pleuvait des larmes, On n’est pas là pour se faire
engueuler, À tous les enfants, Le Déserteur, La Con-plainte des con-
tribuables, La Bande à Bonnot, Blues pour Jean Martin, La
Complainte du progrès17…
Du 18 Traité d’économie heureuse au Traité de civisme
De 1954 à 1956, Boris Vian poursuit ainsi la réflexion sur son
Traité, tout en occupant le poste de directeur artistique adjoint chez
Philips. Mais son cœur est de plus en plus fragile et, s’il n’a que tente-
cinq ans, il est épuisé. Atteint d’un grave œdème pulmonaire, cloué au
lit (ce qu’il déteste), il revient une nouvelle fois sur le titre de son
ouvrage : le Traité d’économie heureuse devient le Traité de civisme.
Par ce changement, l’auteur adopte une approche plus sociétale,
incluant des réflexions relevant de l’urbanisme et de l’écologie, car
Vian sent que la technique ne permettra pas, à elle seule, d’arriver au
bien-être et à l’équité.
Pour clore cette évolution sémantique du seul titre de l’ouvrage que
vous allez découvrir, ajoutons que Boris Vian nomme aussi son Traité :
Traité de morale mathématiques. Les mathématiques sont au cœur de
beaucoup de découvertes, et tout comme son ami Raymond Queneau*,
elles le passionnent. Comme l’a rapporté Latis , Boris Vian souhaitait 19
mettre en équations l’économie mondiale. Il a d’ailleurs démontré
mathématiquement, pour le Collège, que Dieu = 0 ; c’est : Le Calcul
numérique de dieu par des méthodes simples… et fausses. Toujours
pour le Collège, il rédigea plusieurs textes où l’on voit apparaître
clairement l’esprit du Traité, parmi lesquels Lettre sur la sagesse des
nations, Lettre sur un problème quapital et quelques autres, Lettre sur
quelques équations morales 20 et Lettre sur les Truqueurs de la guerre .
Une œuvre inachevée
En 1957, Boris Vian écrit 21 Les Bâtisseurs d’empire. Véritable
réquisitoire contre un monde qui tente d’entraîner tout ce qui est vivant
et jeune autour de lui, cette pièce de théâtre est une sorte de
prolongement du Traité. À partir de 1958, tandis que Boris Vian est
rattrapé par des problèmes juridiques liés à la production du film J’irai
cracher sur vos tombes, ses jours sont comptés. Il disparaît en 1959, à
l’âge de 39 ans, sans avoir pu aller au bout de son Traité.
Tout au long de sa vie, sa formation professionnelle et ses
expériences personnelles ont confirmé sa conviction que seule la
création, par les nouvelles techniques qu’elle engendre, peut libérer
l’homme et constituer un contre-pouvoir à l’ordre établi. Pour avancer
vers la liberté, l’homme doit donner de nouvelles valeurs au travail et 22
surtout se remettre en question et acquérir d’autres références, plus
égalitaires. Cela vaut encore aujourd’hui, où un cadre sur cinq se dit au
bord du burn-out, où les systèmes politiques se meurent, les banques
prennent le pouvoir, la planète est saccagée, les conflits sont
omniprésents, alors que la culture est progressivement écartée au profit
de la rentabilité…
Alors, qui était Boris Vian ? Un chercheur-ingénieur avant d’être un
écrivain ? Un touche-à-tout ? Un apolitique, « un aristo-anarchiste ou
un anarcho-aristocrate » ? Un trublion se fichant de tout et de tout le
monde ? Une personnalité sulfureuse ou un incompris ?
Boris Vian était un être né avant l’heure et que je verrais bien
regarder le monde d’un bureau orbital, encadré par un ministère
d’Économie heureuse. Préférant garder sa liberté, il caracolerait sur
une fusée loin de la bêtise humaine qui était, de son point de vue, la
pire des calamités. Il nous observerait d’un œil goguenard en nous
lançant : « Je ne veux pas gagner ma vie – je l’ai . » 23
Nicole BERTOLT.
1. Voir p. 115.
2. En 1942, l’Allemagne nazie, en accord avec le gouvernement de Vichy, créa le Service du
Travail Obligatoire qui consistait à envoyer des Français effectuer des travaux sur le territoire allemand. Entre 1942 et 1944, environ six cent mille jeunes travaillèrent (contre leur gré) pour le III Reich. e
3. L’École centrale a vu le jour en 1829 sur une initiative d’Alphonse Lavallée. Il souhaitait
proposer une école formant des ingénieurs, au moment où la France allait devoir répondre à une industrie naissante. La première école s’installa dans l’hôtel Salé, à Paris (aujourd’hui le musée Picasso, rue de Thorigny).
4. Les noms suivis d’un astérisque font l’objet d’une entrée dans l’index placé en fin de
volume.
5. Cette appellation vient d’une chanson de Cab Calloway traduite et chantée par Johnny
Hess, « Je suis swing ». Les zazous vivent du jazz, s’habillent américain et expriment leur opposition au régime de Vichy par des actions marquantes. Après la Libération, ils hanteront les caves de Saint-Germain-des-Prés.
6. L’Écume des Jours est publié par Gallimard en 1947 mais ne trouvant pas de lecteurs, il ne
reverra le jour qu’après le décès de l’auteur, en 1962, aux éditions Pauvert. Depuis, des millions d’exemplaires ont été vendus et il a été traduit dans plus de 40 pays.
7. J’irai cracher sur vos tombes paraît aux éditions du Scorpion (juste avant L’Écume des
jours) en 1946. Dès sa parution, il fait l’objet d’une plainte pour outrage aux bonnes mœurs contre Jean d’Halluin (l’éditeur) et Boris Vian. Ce dernier vivra avec ce titre sulfureux toute sa vie et mourra pendant la projection lors de son adaptation pour le cinéma.
8. Boris Vian, grand provocateur, écrit là une pièce présentant avec beaucoup d’ironie le
Débarquement dans un village normand. Jouée en 1950 à Paris, soutenue par Jean Cocteau mais décriée par la critique, elle ne reste pas longtemps à l’affiche.
9. La coïncidence veut qu’à partir de 1890, l’hôtel Salé, qui abrita l’École centrale (qui allait
s’installer dans de nouveaux locaux rue Mongolfier à Paris), fut également la demeure du grand-père de Boris Vian, Henri, de son épouse Louise et de leurs trois enfants dont le père de Boris Vian, Paul. Le grand hôtel lui permit d’y installer ses ateliers de fonderie et d’accueillir sa large clientèle.
10. Pendant et après la guerre, fort de sa formation d’ingénieur, Boris Vian déposa de
nombreuses enveloppes Soleau à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle). Elles renfermaient des idées et croquis d’inventions afin de protéger les intérêts du premier inventeur. Malheureusement ces enveloppes n’étant sauvegardées que durant cinq années, on ne sait pas ce qu’elles contenaient, sauf une poussette qui pouvait monter les trottoirs et les escaliers…
11. Les « Chroniques du Menteur » ont fait l’objet d’une parution posthume des textes parus
et non parus entre 1946 et 1948 dans Les Temps Modernes, revue à laquelle elles étaient destinées : Chroniques du menteur, Le Livre de Poche, Paris, 2009.
12. Cette nouvelle donne son nom à un recueil qui voit le jour en 1949 alors que Boris Vian
vient de faire paraître quatre romans sans le moindre succès. Voir Le Livre de Poche, Paris, 2009.
13. Interview de Maurice Gournelle, reprise dans l’appareil critique de Guy Laforêt du Traité
de civisme. Voir Le Livre de Poche, Paris, 1999, p. 104.
14. Boris Vian, en tant qu’américanophile, conçoit qu’une économie capitaliste peut donner
sa chance à chacun. À cette époque, des accords économiques d’importance pour l’avenir sont pris entre la France et les États-Unis.
15. En février 1954, l’hiver est rude et il y a beaucoup de sans-abri dans une France très
précaire. L’abbé Pierre lance un appel poignant. Boris et Ursula Vian, eux-mêmes, n’ont guère d’argent pour acheter du charbon et se chauffer.
16. Voir p. 163, « Petite bibliothèque autour du Traité ».
17. Voir Chansons, Christian Bourgois, Paris, 2005. De nombreux artistes ont rendu
hommage à ces textes depuis la mort de l’écrivain : Joan Baez, Jacques Higelin, Arthur H., Coluche, Renaud, Bernard Lavilliers, Catherine Ringer, Jean-Louis Trintignant, Henri Salvador, Antoine de Caunes, Daniel Darc, Carmen Maria Vega, Abd Al Malik, Denis Podalydès, Olivia Ruiz, Zebda…
18. D’après Michelle Léglise, ce titre renvoie au petit ouvrage Les Jours heureux, que le CNR
(Conseil National de la Résistance) avait publié en 1944 ; il avait pour fonction de préparer les Français aux lendemains de la guerre et de remettre en vigueur la démocratie et les valeurs qui la fondent.
19. Pseudonyme d’Emmanuel Peillet, professeur de philosophie. Il tisse des liens amicaux au
sein du Collège de ‘Pataphysique avec Boris Vian.
20. Plusieurs années après la mort de Boris Vian, son épouse et Noël Arnaud (voir Note sur la
présente édition, note 3) ont découvert les vingt-trois poèmes de Je voudrais pas crever. Jean-Jacques Pauvert souhaite les publier et Noël Arnaud propose d’adjoindre à cette publication plusieurs textes forts destinés au Collège de ‘Pataphysique. Aujourd’hui, ces textes auraient leur place dans ce volume car ils participent des mêmes démonstrations. Voir l’édition de Je voudrais pas crever du Livre de Poche, Paris, 2008.
21. Cette pièce est représentée par le TNP (Théâtre National Populaire) de Jean Vilar juste
après le décès de Boris Vian, en décembre 1959, au Théâtre Récamier à Paris, puis publiée aux éditions de L’Arche. Voir Boris Vian, Les Bâtisseurs d’empire ou le Schmürz, L’Arche, coll. « Scène ouverte », Paris, 1993 (5 éd.). e
22. Cette idée n’est pas sans rappeler les paroles échangées entre Colin et Chloé au sujet du
travail-esclavage dans L’Écume des jours. Voir Le Livre de Poche, Paris, 2008.
23. Voir p. 115.
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