Traité de civisme (nouvelle édition)
Repères Biographiques
1920 – Yvonne et Paul Vian donnent naissance au petit Boris, peu
après Lélio, né en 1918. Suivront Alain en 1921 et Ninon en 1924. La
famille habite la villa des Fauvettes à Ville-d’Avray, près de Paris.
1931 – En raison du krach boursier de 1929, la famille Vian voit ses
revenus considérablement baissés. Elle s’installe dans la maison du
gardien et la propriété est louée à la famille Menuhin, dont le fils aîné
Yehudi n’est autre que l’enfant prodige du violon.
1932 – Boris Vian tombe gravement malade, il souffre d’un
rhumatisme cardiaque.
1935 – Boris Vian contracte la typhoïde et se remet difficilement, il
obtient néanmoins sa première partie de bac latin-grec. Il se met à la
trompette.
1937 – Il entre au lycée Condorcet, obtient son bac philo et maths.
Parallèlement, il improvise avec ses frères un orchestre de jazz. Il
s’inscrit au Hot-Club de France présidé par Louis Armstrong.
1939 – La guerre éclate. Il entre à l’École centrale des arts et
manufactures repliée à Angoulême.
1940 – Il rencontre sa première épouse, Michelle Léglise, à Capbreton,
dans les Landes, où les deux familles se sont réfugiées.
1941 – Michelle et Boris se marient à Paris.
1942 – Tous deux habitent avec leur fils Patrick dans l’appartement
parisien des parents de Michelle, à Poissonnière. Boris décroche son diplôme d’ingénieur et entre à l’AFNOR (société de normalisation).
Claude Abadie engage le jeune trompettiste dans son orchestre.
1941-1944 – Boris Vian écrit ses premiers textes. La Libération de
Paris entraîne Michelle et Boris à accueillir de nombreux GI. Boris
Vian, fin 1944, vit un drame car son père est assassiné par de faux FFI.
Il enchaîne les concerts de jazz avec l’orchestre Abadie-Vian.
1945 – Son premier roman, Vercoquin et le Plancton, est accepté chez
Gallimard grâce à Jean Rostand (ami de la famille et biologiste) et
Raymond Queneau.
1946 – Vian participe à de nombreux concerts et termine L’Écume des
jours mais ne décroche pas le prix de la Pléiade. Il se lance dans
L’Automne à Pékin, une série de nouvelles, et J’irai cracher sur vos
tombes paraît sous le pseudonyme de Vernon Sullivan. Il rencontre
Simone de Beauvoir puis Sartre.
1947 – Il termine sa première pièce, L’Équarrissage pour tous, et
entreprend un second Sullivan, Les morts ont tous la même peau. Vian,
avec Juliette Gréco, prend possession du Tabou qui s’ouvre rue
Dauphine, à Saint-Germain-des-Prés.
1948 – Son ami le Major meurt défenestré. Naissance de sa fille
Carole. Il participe à de nombreuses revues. Parution de la version
américaine de J’irai cracher sur vos tombes : I Spit On Your Graves. Il
commence Et on tuera tous les affreux, L’Herbe rouge et Le Manuel de
Saint-Germain-des-Prés. Il accueille Duke Ellington en tournée en
France.
1949 – Ses poèmes Cantilènes en gelée et son recueil de nouvelles Les
Fourmis sont publiés. J’irai cracher sur vos tombes est interdit par
arrêté ministériel. Boris et Michelle se séparent.
1950 – Ouverture du procès contre J’irai cracher sur vos tombes pour
outrage aux bonnes mœurs, et publication de Elles se rendent pas
compte. Boris rencontre Ursula Kübler, jeune danseuse suisse, lors
d’un cocktail chez Gallimard. Vian esquisse les premières lignes de
son Traité.
1951 – À cause de son problème cardiaque, Vian cesse définitivement
de jouer de la trompette. Saint-Germain-des-Prés ne l’intéresse plus. Il
s’installe avec Ursula dans un petit studio sous le Sacré-Cœur. Il écrit une pièce : Le Goûter des généraux, et commence L’Arrache-cœur,
son dernier roman.
1952-1953 – Vian fait beaucoup de traductions, parfois alimentaires,
mais certaines avec enthousiasme : de A. E. van Vogt, Chandler,
Strindberg… Le couple s’installe cité Véron, près du Moulin Rouge.
Au contact d’Ursula, Vian s’intéresse aux comédies musicales et il
connaît son premier grand succès avec Le Chevalier de neige, écrit en
collaboration avec son ami compositeur Georges Delerue. Il est
nommé Équarrisseur de première classe puis Transcendant Satrape au
Collège de ‘Pataphysique pour lequel il écrit plusieurs textes
fondateurs proches de l’esprit de son Traité. Publication de L’Arrache-
cœur qui n’a aucun succès.
1954 – Il épouse Ursula. Il reprend son Traité de civisme, écrit des
scénarios et commence une carrière d’auteur de chansons. Le
Déserteur est interdit sur les ondes.
1955 – Il entreprend un tour de chant au Théâtre des Trois-Baudets,
dirigé par Jacques Canetti, enregistre son premier trente-trois tours et
part en tournée avec son ami et compositeur Alain Goraguer.
L’Automne à Pékin est republié aux Éditions de Minuit tandis que tous
ses autres ouvrages sont oubliés. Il voit souvent Jacques Prévert, qui
est maintenant son voisin.
1956 – Il travaille à la direction artistique chez Philips et enchaîne les
enregistrements d’une multitude d’artistes tout en continuant la
rédaction de nouvelles, chroniques, articles et traductions. Il tombe
gravement malade, terrassé par un œdème pulmonaire.
1957 – Augmentant encore sa cadence de travail, il tombe à nouveau
très malade. Il écrit sa dernière pièce, Les Bâtisseurs d’empire.
L’Opéra de Nancy lui demande, ainsi qu’à Georges Delerue, de
travailler sur une version opéra du Chevalier de neige. Grand succès.
1958 – Boris Vian voit publier son dernier ouvrage, En avant la
zizique, par ici les gros sous. Sa collaboration avec le journal Jazz Hot
prend fin après quatorze années de contribution passionnée.
S’intéressant de plus en plus à l’opéra, il collabore avec Darius
Milhaud. Il est toujours très proche du Collège de ‘Pataphysique et accepte également des rôles de figurant au cinéma. Commencent les
démêlés avec la production du film J’irai cracher sur vos tombes.
1959 – Épuisé, il démissionne de chez Philips et se retire à la Hague,
en Normandie, où il travaille à une sorte de scénario parodié de J’irai
cracher sur vos tombes. Rupture avec la production du film. Son ami
Eddie Barclay lui propose un poste de directeur artistique dans sa
maison de disques, Boris décline. Le 23 juin, il se rend au cinéma
Marbeuf près des Champs-Élysées afin de visionner en privé avec
quelques amis le film J’irai cracher sur vos tombes. Sa vie s’arrête là,
son cœur n’ira pas plus loin. Il est transporté à l’hôpital Laennec, où sa
mort est enregistrée à midi.
1960 à nos jours – Ursula Vian Kübler a trente-deux ans, elle a
conscience de l’immense perte de cet être rare dont elle portera le nom
et l’œuvre jusqu’à son décès, en 2010. Ma collaboration avec Ursula
débute en 1980 suite à notre rencontre durant l’été 1976.
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Le Livre de Poche
Couverture : © Collection particulière Ursula Vian Kübler.
Iconographie : Nicole Bertolt.
Hors-texte : documents Cohérie Vian. Mise en page : Studio LGF
© Cohérie Vian, 2006, et 2015 pour la présente édition.
ISBN : 978-2-253-09643-6
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