Tu es à moi !
Prologue
Tu es à moi !
Je dédie ce roman à toute ma Team des “ AthénaJacob’s“
LOVE FOREVER
Avertissement
Ce livre pourrait ne pas convenir à tous les publics, en raison de scènes de sexe explicites et de propos pouvant heurter la sensibilité des lecteurs.
Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne sauraient être que fortuites.
Les propos et les pensées des personnages ne reflètent aucunement les pensées de l’auteur.
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou
diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. L'œuvre présente sur le livre que vous venez de vous procurer est protégée par des droits d’auteur. Toute reproduction d’un extrait quelconque ou d’utilisation autre que personnelle de ce livre constitue une contrefaçon et sera susceptible d'entraîner des poursuites civiles et pénales.
Copyright Athéna Jacob’s
Tous droits réservés
- Tu es à moi !
[ Juin 2023 ]
Réalisation de couverture : Caribal design - Eleonora
Correction : @
livre_passion06 - Myriam
Dépôt Légal : Juin 2023
ISBN version broché :9798361602377 REVENTE INTERDITE
GRAVITY
Sarah Barei es
- - - -
When a man
loves a woman
Michael Bolton
PROLOGUE
Riley
— Qu’est-ce que tu veux manger, ce soir ?
Aucune réponse. Enfin si, il y a toujours le son de cette télévision sur une émission ou un jeu totalement idiot et abrutissant qui provient de notre téléviseur et, quand ce n’est pas ça, c’est un match de football américain ou un reportage sur les animaux d’Afrique. Je ne parle même pas des émissions politiques qui accaparent le plus, la satisfaction de mon mari Anton Watson, plutôt que d’avoir le respect de m’écouter, de répondre à une simple question ou même, de lever les yeux vers moi. Je me sens de plus en plus détachée de tout cela. De lui.
Dans la modeste maison où nous habitons depuis 5 ans, exactement à Pocatello dans l’Idaho, résidence assez reculée de la vie citadine, nous avons acheté ici car nous ne vivons qu'avec mon salaire de professeur d’espagnol, dans le collège de la ville et de sa pension d’ancien combattant. Anton fait partie des rescapés de la guerre du Golf Opération Tempête du désert. Nous nous sommes justement rencontrés l’année avant qu’il s’engage là-bas, il était venu sur mon lieu de travail pour apporter discours et encouragement, pendant une initiation de métier dans toutes les classes de l’établissement et, j’avoue être tombée follement amoureuse du militaire, de par son magnifique uniforme mais surtout, de par la gentillesse qu’il a eue envers les élèves, en gardant le sourire à chaque fois qu’il y a eu une question de l’un d’eux.
Le coup de foudre a été réciproque, 6 mois plus tard, nous nous sommes mariés puisqu’il partait sur le front quelques semaines plus tard et, à son retour, il n’a plus jamais été le même.
Un arrêt presque mortel, après qu’une grenade l’a malheureusement projeté, le blessant et le brûlant sur quasiment tout le côté gauche de son corps mais surtout, l’obligeant à un coma profond pendant plusieurs mois, avec une lente rééducation, plusieurs opérations qui lui ont laissé des cicatrices à vie mais, dans tout cela, c’est le côté psychologique qui en a pris un coup. Il est donc rentré à la maison avec tout cela et, aujourd’hui il n’est plus que l’ombre de lui-même.
Il ne travaille plus, ne sort pratiquement pas, n’a pas de hobbies. Sa seule famille c’était l’armée et moi, à présent, il n’a plus que moi et sa solitude permanente.
Cela fait une semaine que les grandes vacances scolaires ont commencé, il fait extrêmement chaud en ce moment, avoisinant les 30°. Vêtue d’un short en jean, d’un t-shirt blanc avec un tablier, que je viens d’enfiler, prête à préparer le dîner pour ce soir. Je m’approche de mon époux, qui n’a toujours pas bougé d’un pouce et qui regarde la rediffusion d’un match de base-ball, je ne sais lequel mais, surtout de quelle équipe puisque c’est quelque chose qui ne m’intéresse nullement.
Plusieurs bouteilles de bière ainsi qu’un paquet de chips traînent au sol. Je m’évertue à faire constamment le ménage ici, enfin je veux dire, je fais tout dans cette baraque et, sur le coup, je me retiens fortement de lui dire le fond de mes pensées, de l’accumulation des revues sur la table basse, de ses chaussettes sur le canapé, qu’il se gratte les testicules en grognant comme un ours, de la brillance grasse de ses cheveux car il n’a pas encore pris sa douche alors qu’il n’a strictement rien fait de la journée.
Il est comme ça depuis ce fameux retour et, même si au début j’ai tout accepté par amour, même le fait qu’il ne désire pas prendre rendez-vous avec un psychothérapeute qui pourtant, aurait pu l’aider à se sentir mieux et bien là, j’avoue que je me sens impuissante et, ce qu’il sort de ma bouche par la suite, devient incontrôlable car j’en ai plus que marre de cette situation.
— Est-ce que tu pourrais, pour une fois, me répondre sans que je sois obligée de venir jusqu’à toi et, surtout, d’avoir le respect de te tourner vers moi quand je te parle, je suis ta femme et non ton chien Anton, j’en ai plus que marre de te voir ne rien faire de tes journées, à part regarder la télévision et que tu ne fasses aucun effort pour m’aider dans cette baraque !
Voilà, tout est dit, au même degré qu’une bombe qui vient de se déclencher après les 10 secondes de suspense que l'on peut visualiser comme dans les films d’espion et maintenant, j’appréhende de savoir si je vais survivre au retour de bâton car, je peux affirmer que l’individu gentil que j’ai connu à ses débuts a totalement disparu. Laissant place à un homme qui est tout le temps de mauvais poil, qui ne fait que de se plaindre, de grogner et parfois même, élève la voix sur moi puisque j’ai l’audace de lui répondre.
Mais là, ce que je viens de faire pourrait être comparé à du suicide. Quand j’observe son corps se raidir de tout son long, ses doigts se crisper sur les accoudoirs du fauteuil couleur pêche et, modérément, voire trop doucement, ses yeux bifurquer vers moi et que je croise son regard noir, m’indiquant que, s’il avait un fusil à la place des yeux, je serais morte sur le coup.
— Je te demande pardon ? crache-t-il d’une voix sombre, presque tranchante.
Mon corps se fige instantanément, tandis qu’il se lève de sa grandeur impressionnante.
A l'époque, elle m’a confortée sur son côté protecteur et fort comme un roc, me montrant plus d’une fois que j’avais raison, dans nos premiers mois de relation mais, à présent, le pas lent se dirigeant vers moi, les poings serrés le long de son corps, le visage contracté et sec, avec la regard menaçant dans ma direction, je me sens plus que vulnérable face à lui et davantage quand il s’arrête à quelques centimètres de moi et que son mètre quatre-vingt-dix surplombe mon mètre soixante-dix.
— Alors ? gronde-t-il une nouvelle fois.
Anton ne m’a jamais fait du mal à proprement parler. Nous nous sommes déjà disputés, comme chaque couple sur terre, des engueulades avec quelques assiettes cassées et, occasionnellement, l’obligation de faire des câlins poussés quand je n’en avais pas envie, pour ne pas me prendre la tête mais, l’attitude qu’il a en cet instant, c’est la première fois que je le découvre ainsi. Tout en avalant péniblement ma salive et qu’un long frisson de peur me submerge, j’avais juste la volonté de prouver que je ne suis pas sa boniche et, encore moins sa mère. Mais toute mes convictions s'envolent rapidement.
— Je voulais juste savoir ce que tu désirais manger ce soir, je réponds la voix légèrement tremblante, n’osant pratiquement plus le regarder droit dans les yeux, tellement j’éprouve comme une chute vertigineuse par son attention mauvaise et sa musculature oppressante envers moi. Je me sens si minuscule, comme une fourmi qui a le poids d’un aliment sur tout son corps et, que la seconde suivante, elle se fait écraser par une énorme botte, sans pouvoir rien y faire.
— Bah, alors, ma très chère femme, raille-t-il, avec un sourire carnassier sur le visage mat à cause du soleil imposant des terres paysannes de l’État. Tu n’oses plus dire ce que tu penses de ton minable et fainéant mari que je suis… — Je n’ai jamais…
— La ferme ! me coupe-t-il aussi sec que dangereux, avant de me pousser dos contre le mur du salon.
Le choc est tellement violent que j’en ferme les yeux sur le coup, le cœur battant à un rythme effrayant et mon souffle se coupe quand ses mains restent sur mes épaules avec une force menaçante, m’apportant une douleur dans l’ensemble du corps.
La peur me gagne.
Ce geste est une première et je sais qu’en face de moi, je n’ai pas l’homme que j’aime, celui qui est devenu mon époux doux et serviable. Non, là, j’ai le militaire meurtri qui a perdu la meilleure partie de lui-même et qui, aujourd’hui, n’est qu’un fantôme de l'oubli qui ne vit à présent que dans le passé et dans l’impact que lui a fait cette grenade.
J’observe, dans ses yeux, une lueur d’ivresse et le flou d’une intention incontrôlable. Il est saoul et je suis effrayée à la suite des événements. — Tu as intérêt à ne plus jamais dire des choses comme ça envers moi, grogne-t-il contre mon
oreille, appuyant davantage son corps contre le mien, pressant avec douleur sa poigne sur ma peau et envahissant mon espace de son odeur d’alcool et de sueur.
Un haut-le-cœur me coupe le souffle, en même temps que mes jambes sont prêtes à se dérober tellement je crains ses prochains gestes et paroles. La seconde suivante, il mordille le lobe de mon oreille avant de glisser sa langue sur ma nuque tout en faisant entendre un rire presque démoniaque. Je n’ai qu’une envie, c’est de m’enfermer dans la salle de bain et de prendre une douche, nettoyer sa respiration sur ma peau, son regard lubrique et insistant. Je n’aime pas ce qu’il se passe et, pour une fois, j’ai le pressentiment que cela va très mal se terminer. — Lâche-moi, Anton, je supplie d’une voix faible. — Tu n’as aucun droit de me demander quoi que ce soit, virule-t-il en me bousculant à nouveau contre le mur.
Mon dos souffre de l’impact et je pousse un cri d’effroi. Mais quand est-ce que ça a dérapé, mais surtout pourquoi ? Peut-être parce que d’habitude, tu fermes ta gueule et que, pour une fois, tu as balancé tes profondes pensées, tu l’as vexé et Monsieur n’apprécie pas de perdre cette autorité qu’il avait jusqu’ici sur toi. — Lâche-moi, j’insiste sèchement.
Mon époux retire ses lèvres de mon épiderme, passe lentement son visage jusqu’à ce que son regard remplît d’orage, me lance un intérêt dangereux. Sa mâchoire se contracte, il effectue un pas en arrière, me lâchant de sa puissante pression de ses doigts. Là, en cette seconde précise, je sais, je sens, qu’il va faire quelque chose qui va me détruire à vie, qui va briser l’amour que je ressens pour lui. La panique me gagne face à son attitude sérieuse et malsaine et, sans que j’ai eu le temps de m’enfuir, son poing heurte le coin de mon œil gauche.
Je m’effondre aussitôt au sol.
— LA FERME, BORDEL ! hurle-t-il avec hargne. Une pluie de baffes suit. Je place mes bras sur mon visage pour me protéger mais cela n’empêche en rien les insultes qui percutent mon âme et je suis en état de choc de tout ce que je suis en train de vivre.
C’est la première fois qu’il me fait du mal physiquement. Anton a déjà eu un comportement mauvais envers moi mais uniquement par les mots et, toujours pendant une dispute, pas gratuitement. Jamais. Sa hargne, ses coups, cette virulence, malheureusement c’est une première mais c’est celle de trop. Il vient de tuer notre mariage et moi par la même occasion.
Je subis de trop longues secondes encore, jusqu’à ce que je ne ressente plus rien. Il stoppe ses poings sur mon corps et sa voix n’est plus qu’un interminable grognement dangereux.
Des pas résonnent. Il s’écarte.
Je souffre des coups mais je suis assez consciente pour comprendre qu’il faut que je fuis le plus loin possible d’ici, le plus isolé de lui avant qu’il recommence, avant qu’il ne soit trop tard.
Alors malgré la douleur, je le fixe assis sur son fauteuil buvant la fin d’une bouteille de bière comme si tout cela ne venait pas de se produire. Il ne me regarde pas, m’ignore même totalement lorsque je visualise toute la tension furieuse sur la courbure de sa nuque bien droite et ses épaules carrées. J’en profite donc pour me relever, reste figée une fraction de seconde de trop à le fixer avec la peur dans le bide, avant que je ne me mette à courir vers la porte, prenant au passage les clefs de la voiture, prête à m'échapper de cet enfer mais, malheureusement pour moi et mon corps, mon mari est plus rapide que moi.
D’une poigne virulente, il attrape mes fins cheveux, tire brusquement dessus jusqu’à ce que mon corps tombe en arrière. Je chute lourdement sur les fesses, l’impact est douloureux. J’oscille aussitôt vers lui et je recule aussi vite sur le sol jusqu’à ce que mon dos percute le fauteuil du salon. La gorge serrée par la violence choquante que je suis en train de vivre, je le regarde s’approcher vers moi, les traits menaçants sur son visage et son regard rempli de fureur m’annoncent que cette fois, il ira trop loin. Le cœur battant la chamade, ma respiration rapide et incontrôlable, je n’ai qu’une fraction de seconde pour réagir et je crois que le destin ou un ange protecteur a dû entendre mon appel à l’aide car, de ma main droite, je touche les cadavres des bouteilles en verre, je m’en saisis d’une avec la volonté de l'utiliser et, c’est ce que je fais en l’éclatant sur le crâne d’Anton au moment où il m’agrippe pour me relever, avec l’intention de m’en mettre une.
Mes yeux s’écarquillent face à lui qui, sous le choc de l’attaque, vacille, les mains sur son visage. Il hurle, tangue et je vois, qu’avec l’accumulation d’alcool plus l'effet de l’impact, il s’écroule. Sa tête percute le sol et il s’évanouit ou pire. Car quand, dans ma vision, je vois un énorme bout de verre planté au niveau de son front et qu’une vague de sang s’y soustrait et longe la moitié de son profil en ce moment même, mon cœur saute dans ma poitrine et je songe soudainement que je viens, probablement, de le tuer. Ma respiration saccadée, le corps tremblant, incontrôlable, je laisse celui-ci prendre la prochaine décision.
Sans attendre qu’il se réveille s’il le fait un jour je récupère mes affaires, jaillit prestement de ma maison, m’engouffre dans ma voiture, démarre et passe la marche arrière à grande vitesse, avant de me hâter précipitamment sur la route, ce qui engendre un bruit catastrophique et une fumée qui sort de mon pot d’échappement de ma vieille Cadillac rouge de 75. Je ne regarde pas une seule fois derrière moi, ni visualise dans mon rétroviseur, avec l’angoisse de le découvrir toujours menaçant, furieux et dangereux pour ma vie. J’appuie sur l’accélérateur avec l’inconscience de ne pas m’arrêter au prochain stop.
J’ai peur, je fuis, il est vital que je parte loin.
Les premiers kilomètres s’écoulent, les battements de mon cœur cognent avec virulence et je n’ai toujours pas repris mon souffle mais, au moment où je dépasse le panneau m’indiquant que je sors de la ville, il y a comme un fil électrique dans mon cerveau qui m’avertit que je suis enfin en sécurité et que je peux laisser mon corps se détendre. A partir de maintenant, je dois aller dans un endroit où jamais il ne me retrouvera. Mais où ?
Mes seuls amis sont mes collègues de travail, je n’ai plus mes parents depuis plusieurs années, je n’ai ni frère ni sœur, je ne connais pas le reste de ma famille qui habite au Canada et, socialement parlant, je ne suis pas vraiment à l’aise pour me faire des connaissances. La réalité me foudroie instantanément.
Je suis seule et je ne sais pas où je vais mais, peu importe, là où la route m’entrainera ou l’essence me le permettra, je vais devoir faire avec. Adieu Idaho, plus jamais je ne reviendrais.