Tu es à moi !
Chapitre 10
Et c’est l’haleine chaude contre la commissure de ses lèvres que je m’avoue, qu’une seule fois ne suffira pas avec elle. Elle est à moi ce soir et je la désire encore, pour de nombreuses nuits. Mais maintenant, je dois lui dire qu’il ne faut pas qu’elle pense, qu’elle et moi c’est plus qu’une question de sexe.
L’amour, je n’en souhaite pas et je n’en voudrais jamais.
CHAPITRE 10
Riley
Je plonge mes deux mains dans l’eau froide. J’en fais une petite mare avant de baigner mon visage dedans. La fraîcheur me fait du bien et j’en parsème d’ailleurs sur ma nuque et mes épaules. J’ai horriblement chaud.
Mais comment ne pas le ressentir après ce que je viens de faire ? Je rencontre mon regard dans le miroir d’en face et ce que je découvre me statufie sur place.
Les cheveux ébouriffés, les joues colorées, les pupilles brillantes, un sourire jusqu’aux oreilles et ma bouche gonflée par la force des baisers que m’a prodigué Nash.
Nash. Oh, mon dieu, je viens de coucher avec lui dans sa cuisine. Il m’a saisie brutalement sur sa table de travail et j’ai joui comme jamais. C’était puissant, intense, si… fantastique !
Je vois quelques traces rouges sur ma peau, dû aux suçons qu’il m’a faits et je me remémore tous les cris et soupirs que je n’ai absolument pas contrôlés.
Je me sens bien, comme si je venais de me rendre compte que la vie, la vraie, c’est ça mais, je sais parfaitement que je me comporte comme une novice écervelée qui vient juste de vivre le meilleur moment de toute son existence.
Car un jeune de 29 ans vient de me prendre sauvagement dans un endroit des plus insolites, sur son lieu de travail, chose qui ne m’est jamais arrivée. Avec Anton, nous avions déjà pratiqué quelques attouchements dans un véhicule mais à part le faire dans un lit, aussi religieusement que possible en tant que mari et femme, nous n’avions jamais eu la frivolité ou la folie de nous laisser aller dans un endroit public.
Je passe à nouveau de l’eau sur mon visage quand j’entends Nash préparer une collation au comptoir du restaurant. Je me remets à rougir de plus belle. Que va-t-il se produire entre nous maintenant ? Il serait bien dingue de ma part, d’imaginer plus qu’une nuit entre nous, sachant que je suis toujours mariée à un homme dont je ne sais toujours pas s’il est encore en vie ou pas mais, ce qui est certain, je ressens bien qu’entre mon collègue et moi, ce n’est pas un coup d’un soir ou une histoire de sexe. Nash est protecteur, adorable, prévenant et, tout ce qu’il m’a fait, a été provoqué avec passion et fièvre et, même si c’est un amant exceptionnel, pour moi, il est impensable d’agir ainsi, sans un minimum de sentiment pour l’autre.
C’est le cœur battant la chamade, me rendant compte que je fais n’importe quoi, l’air incertain pour la suite des événements, que je sors des toilettes et me dirige vers celui qui m’accueille avec un visage neutre, ses yeux azur me dévorant, m’apportant une nouvelle onde de chaleur dans le bas de mon ventre m’affirmant de cette manière, qu’une seule fois ne me suffira pas. Je désire cet homme, qui m’entraîne dans une existence dangereuse mais vibrante à la fois et, qu'à ses côtés, je ne me suis jamais sentie aussi belle. Aussi femme.
— Chocolat, fraise ou vanille ? me demande-t-il, avec une cuillère à glace dans une main et une coupe en verre dans l’autre. Take my breath away de Berlin en fond sonore, mes yeux ne loupent pas une miette de la superbe attention de Nash. Il a l’air d’être un homme ayant l’habitude de faire des choses intimes n’importe où et pourtant, une lueur brillante dans ses pupilles me donne l’impression qu’il apprécie de me voir. Je trouve l’ambiance encore plus érotique en cet instant. Je ne sais pas si c’est le fait d’entendre cette chanson ou de savoir qu’à nouveau, il va m’exciter quand il léchera sa cuillère remplie de glace mais, à cet instant précis, j’ai besoin de le sentir encore une fois, en moi. M’approchant de lui, je sais déjà que je ne peux plus contrôler mes prochains mots alors je m’abandonne à mes fantasmes. Si ce soir doit être le seul moment où l’on peut tout se permettre, je dois en profiter.
—Prends-moi, ici et maintenant.
Je ne sais pas d’où sort cette voix rauque et remplie de désir mais elle a le don de lui faire de l’effet car une flamme d’excitation brille à présent dans ses yeux, il pose doucement tous les ustensiles sur le comptoir, avant de plonger dans mon regard pour y voir la conviction de mes propos. C’est lui. Il me rend folle de lui.
Oui, je suis dingue de tout cela et pour rien au monde je ne veux que ça s’arrête.
Je ne peux plus analyser ce que je ressens, laissant place à l’attention dangereuse mais pleine de promesses que je découvre dans le regard de Nash, au moment où il arrive vers moi. Mon corps tremble entièrement, se préparant déjà à tout le tumulte luxuriant que vont me procurer ses mains, sa bouche, son corps.
Je m’apprête à recevoir un baiser que j’apprécie à l’avance beaucoup trop mais, contre toute attente, Nash place ses mains sur mes épaules et me retourne brusquement. Mon dos lui fait face tandis que mon visage est tourné vers le comptoir.
Il pousse mon corps jusqu’à ce que je bascule en avant, mon souffle se coupe et, tout en mordillant mes lèvres fasse à ses intentions fiévreuses, je sens qu’il ne va pas être tendre avec moi mais est-ce que je veux qu’il le soit ?
Non, aucunement.
— Tu n’en as pas eu assez tout à l’heure ? me provoque-t-il, en ajoutant un grondement sexy contre mon oreille.
Je tremble à la fois d’appréhension et d’excitation. Sa langue passe sur moi, il arrive à me rendre fébrile, nerveuse tellement que je suis en demande de toutes les sensations qu’il me prodigue. Je me laisse aller à sa bouche qui envahit ma peau, me donne de temps en temps des morsures ou des succions divines.
Sur mes fesses, je ressens la dureté de son anatomie masculine et, comme tout à l’heure, je suis heureuse qu’elle soit à proportion raisonnable car je ne sais pas si j’aurais supporté ses assauts si elle avait été de longueur ou de grosseur hors norme. Elle est juste parfaite pour moi, pour être en moi et j’avoue que l’idée qu’un jour, elle soit dans ma bouche, m’excite au plus haut point.
Une des mains de Nash se presse sur ma gorge, son corps s’appuie davantage vers mon dos, m’apportant toute sa chaleur physique qui me rend indéniablement plus sensible à tout ce qu’il me fait. — J’en veux plus, j’échappe de mes lèvres, sentant que mon cœur bat anormalement, tellement mon envie de lui est puissante. Mon flux sanguin est centralisé entre mes jambes et il me démange de passer ma main sur mon clitoris gonflé pour assouvir toute cette tension sexuelle. J’ai ce besoin extrême de jouir immédiatement mais je ne suis pas encore assez à l’aise pour exploiter cette éventualité, de le faire devant lui. Nash sourit contre ma nuque et je pousse une exclamation plaisante quand il relève une de mes jambes qu’il positionne sur un des tabourets puis remonte ma jupe, présentant mes lèvres intimes à sa vue. Je n’ai plus de lingerie puisqu’il l’a déchirée tout à l’heure mais je n’ai pas froid, bien au contraire, je suis en feu de l’intérieur, il est impossible de l’éteindre car il fait monter la température entre nous. Me sentir coincé par son corps et le comptoir, avec sa main sur ma gorge, pourrait m’apporter un vent de panique mais Nash a le pouvoir de me donner confiance envers lui.
Ça aurait été Anton, dans la même position, il est certain que j’aurais été plus qu’effrayée qu’il me fasse du mal.
Nash devient plus pressant, ses caresses sont plus audacieuses, il passe ses mains sous mon soutien-gorge jusqu’à trouver mes mamelons, qu’ils pincent tout en grognant contre mon oreille.
Il m’excite tellement que je suis prête à jouir sur le champ.
Il suffirait qu’il touche la partie la plus sensible de mon corps pour que je parte aussitôt.
— Dis-moi ce que tu veux Riley, me demande-t-il, de sa voix rauque. J’aimerais répondre, tout ce qu’il souhaite mais, pour la première fois de ma vie, un homme se soucie de ce que je ressens, de ce qu’il me fait envie et il m’aura fallu atteindre 36 ans et, de surcroît avec quelqu’un de 7 ans plus jeune que moi, pour avoir cette possibilité.
— Je veux te sentir en moi immédiatement. Un long frisson me parcourt. Et je ne sais pas si c’est d’être à l'affût de chacune de mes émotions mais, sans le savoir, il avait déjà préparé sa queue avec un préservatif, et l’enfile de suite en moi, à peine après avoir prononcé mon vœu. Il me pénètre jusqu’à la garde, suivi d’un râle si excitant. — Oh oui, Nash !
— Vas-y poupée, exprime-toi, m’accompagne-t-il avec délice. Avec moi, tu peux tout te permettre.
Mon Dieu, comme sa voix, ses promesses me font tourner la tête. Je me sens si bien, si heureuse et tellement reconnaissante de cette rencontre qui bouleverse totalement ma vie.
Alors j’ose.
— Nash, prends-moi fort !
Il s’enfonce d’un millimètre supplémentaire rendant presque douloureuse cette pénétration mais de le ressentir davantage en moi, me fait mouiller encore plus.
Il agrippe ma taille de ses deux mains, lèche mon oreille, ma nuque puis mordille mon épaule, avant de s’aligner droitement pour être en position de force et c’est là que tout s'enchaîne.
Il commence par des coups de reins puissants, aussi secs qu’intransigeants et, à chaque fois, je pousse des cris de plaisir tellement fort qu’ils couvrent la musique qui sort du juke-box.
— Nash, oh, mon dieu ! je ne peux m’empêcher de gémir. Il étouffe ses sons rauques, si sexy tandis que moi, je laisse échapper les miens, à de nombreuses reprises.
C’est si bon, comment pourrais-je me retenir ? J’aime respirer son parfum bon marché, sa chaleur, la moiteur de ses mains qui travaillent ma peau, son haleine fraîche à la senteur d’un chewing-gum qu’il mâchouille, après chaque clope qu’il fume. J’adore qu’il fasse tout pour me donner de multiples orgasmes et quand le prochain arrive, je ne peux m’empêcher de me pencher davantage en avant, pour qu’il progresse en puissance et en vitesse.
— Bordel, tu mouilles tellement Riley. C’est le signal qu’il est au bord de la félicité. — Nashhhhhhhh, je crie, en m’abandonnant à la jouissance. C’est exceptionnellement bon.
Mon amant me tanne de trois va-et-vient puissants, avant de me rejoindre dans l’abîme luxuriant du plaisir, en s’écroulant en avant, plaquant son t-shirt trempé de sueur dans mon dos.
Nos respirations s’entrecoupent par l’intensité du moment que nous venons de vivre. Je ressens les martèlements de son cœur cognant contre mon corps et, si je n’étais pas dans la vague du bonheur, je saurais qu’il bat exactement au même rythme que le mien.
Ses mains s’accrochent à mes hanches, son souffle chaud sur le haut de mon dos m’apporte des milliers de frissons.
La position est franchement désagréable mais je me dis que, pour rien au monde je n’aimerais être ailleurs qu’ici et cette pensée me fait soudainement peur.
Est-ce que je suis en train de tomber amoureuse de Nash ? Le sang pulse brusquement dans les veines de mon cou, un étau contracte ma gorge et je me laisse envahir par une panique surréaliste. Il faut absolument que je retire cette idée de ma tête parce que ce serait à la fois idiot et complètement inconscient que je puisse penser, une seule seconde, de me mettre en couple avec un homme de 29 ans et de surcroit, collègue et colocataire par la même occasion.
Oui mais si lui le veut ? Je me demande la seconde suivante. Mais arrête tes bêtises, tu as 36 ans, tu es marié et il faut que tu fuies encore plus loin, dans un État que même Anton n'ait pas l’idée de venir me chercher.
Il n’y a donc clairement pas la place pour une amourette avec Nash et plus tôt je me détache de cette situation, profitant seulement d’ébats sexuels forts et intenses, plus facilement je pourrais reprendre mon but premier. Fuir le plus loin possible de mon époux.
Je sens le corps de Nash se séparer du mien, me rhabille comme tout gentleman devrait le faire et, alors que je me rassoie sur le tabouret, redressant les bouteilles de ketchup et de moutarde sur le comptoir, tombés pendant notre échange enfiévré.
Du coin de l’œil, je vois mon amant partir vers les toilettes pour, je pense, jeter le préservatif et, j’ai à peine le temps de me coiffer correctement que Nash revient avec un regard encore rempli de désir. Mon Dieu mais il n’en a pas eu assez, me dis-je, en sentant que mes joues rougissent davantage, même si elles y étaient déjà de par notre ébat sauvage et, sans que je puisse effectuer un seul geste, il se place face à moi, encercle mon visage de ses mains brûlantes et plongeant ses yeux dans les miens, il me sourit.