Tu es à moi !
Chapitre 7
C’est un baiser exigeant, profond, presque brutal, je peux ressentir toute la frustration accumulée des deux derniers mois et j’y réponds avec la même ferveur.
S’il n’y avait pas eu la barrière de nos vêtements, nous baiserions, à l’endroit exact où nous sommes, chose qu’il est impensable pour moi de faire et pourtant, avec Nash, j’ai l’impression que je dirais oui à tout, quitte à le suivre jusqu’au bout du monde.
Mais je crois que le contrôle, qui apparaît la plupart du temps entre nous, se réveille au moment où il se détache de mes lèvres. Nous reprenons silencieusement notre souffle. Fébrile, en pâmoison sur cet échange torride, je ne dompte pas le sourire que j’ai aux lèvres et, à mon plus grand soulagement, il fait de même. — Reste encore quelques jours, me demande-t-il à nouveau. Cet homme aura ma peau.
Je ne peux clairement pas dire non, après ce qu’il vient de se passer. Alors d’un signe de tête, je lui signifie que je reste, en espérant ne pas avoir commis une autre erreur qui malheureusement, pourrait mal se terminer. Autant pour lui. Que pour moi.
CHAPITRE 7
Nash Mais qu’est-ce qui m’est passé par la tête ? Je ne suis qu’un putain d’égoïste ! Un connard qui a agi comme un enfant capricieux parce qu’il ne voulait pas voir son futur passe-temps partir au loin, sans avoir eu la possibilité d’y goûter au moins une fois et ça, j’ai su le faire hier soir. Quelle divinité !
La passion, ça me connait. Le nombre incalculable de filles que j’ai pu embrasser m'a prouvé qu’il faut jouer d’intensité pour que celles-ci se pavanent d’excitation pour toi mais, avec Riley, c’est elle qui m’a complètement retourné le cerveau.
C’est simple dès qu’elle m’a annoncé son départ, c’est comme si j’avais reçu un camion en pleine face.
A l’idée qu’elle s’en aille, cela m’a apporté une douleur si vive et puissante que j’ai cru mourir sur place. J’ai donc compris qu’il était impossible qu’elle s’éloigne de moi, sans que je puisse être plus intime avec elle. J’ai ce besoin viscéral de lui faire l’amour, sans m’avouer que je veux plus mais je n’accepte pas qu’elle parte, c’est trop tôt pour moi. Ma réaction pour la moindre, très intense, c’est quelque chose dont j’avais envie depuis des semaines mais cela a été également la seule solution trouvée pour qu’elle puisse rester.
J’espère pas qu’elle s’imagine que c’est le début d’une liaison entre nous. Ce n’est pas que je ne veux pas et, surtout, qu’elle croit que ce serait à cause de son âge ou autre jugement que certaines personnes pourraient avoir pour notre couple mais, je sais que ma vie future est ailleurs. Une idylle amoureuse pourrait me gêner et je me suis promis d’atteindre un unique but et, ce chemin, je dois le faire seul.
Mais, au moment où Riley arrive dans le salon vêtu uniquement d’une culotte rouge et du t-shirt que je lui ai prêté la première nuit dans mon appartement, alors que je suis en train de prendre mon petit-déjeuner, je sens toutes mes convictions disparaître subitement. Hier soir, après cette passion dévorante de nos baisers, dans la voiture puis dans l’appartement, ni l’un ni l’autre n’a voulu en débattre. Pour ma part, je voulais juste une simple diversion pour qu'elle ne parte pas de suite alors que même si l’envie était là, coucher ensemble aurait été bien trop significatif.
Mais là, elle me cherche, ce n’est pas possible autrement. Elle me fixe, les joues légèrement roses que j’imagine dues à son réveil tardif. Je comprends que mon attitude doit être étrange avec ma cuillère remplie de lait froid et de céréales, suspendue en l’air près de ma bouche ouverte et que je suis en train de la dévorer des yeux car, la seule chose que je pense, à l’instant même, est de la prendre ici et maintenant. — Bonjour, me dit-elle d’une voix douce.
Je prends conscience de la gêne que je lui transmet avec mon regard insistant donc je tourne mon regard vers la boîte de céréales où j’élucide un jeu de labyrinthe inscrit dessus, tout en maugréant une solution, entrecoupée par la cuillère que je viens de rentrer dans ma bouche. Oui, nous n’avons pas parlé de ce baiser et oui, à présent, il y a un malaise chez l’un comme chez l’autre.
Moi, il me démange de la baiser dans les quatre coins de l’appartement, mais elle ? Que veut-elle ?
C’est une femme qui approche de la quarantaine, marié de surcroît, elle ne peut m’avoir qu’en tant qu’amant, mais est-ce vraiment le rôle que je désire auprès d’elle ?
Dans mon dos, je l’entends toaster du pain, se faire couler du café dans une tasse. Ces choses simples de la vie m’avaient manqué et je me rends compte soudainement, que je n’avais pas habité avec quelqu’un depuis ma mère et mon petit frère et, ce n’est pas la cohabitation épisodique avec Johnny qui n’a donc rien à voir avec le fait de vivre avec quelqu’un et je peux dire qu’avec Riley, c’est tellement facile. Trop facile même et je m’y habitue tant.
Il faut que je m'enlève de la tête ces idées de me taper Riley sinon, je serais capable de la demander en mariage dans la seconde et le mieux, c'est de partir d’ici déjà. Pourquoi pas aller faire ma séance de sport quotidienne par exemple.
Sans plus attendre, je prends mon bol pour le déposer dans l’évier mais, ce que je n’avais pas prédit, c’est qu’au moment où je me tourne, c’est la vision des fesses rebondies de ma colocataire qui m’accueille. Celle-ci est sur la pointe des pieds à la recherche de je ne sais quoi dans le placard du haut et, le fait de lever les bras, relève le t-shirt qu’elle a sur elle. La vue incroyable sur sa culotte de grand-mère et franchement, même si ce n’est pas sexy, moi je suis omnibulé par le grain de peau qui s’en échappe et bordel, il me démange de lui retirer tout ce qu’elle porte pour avoir accès à l'ensemble de son corps que je lécherai, centimètre par centimètre. Ça me brûle de l’intérieur tellement l’envie que j’ai d’elle est puissante. Cette femme va me rendre fou.
Je ne peux pas craquer, je n’ai pas le droit. Je ne sais pas ce qu’elle a vécu, je ne veux ni la brusquer ni lui faire du mal.
Mais c’est plus fort que moi, j’ai besoin de la tester, de la toucher, de commencer un jeu malsain entre elle et moi et c’est comme ça que mon torse se pose sur son dos et, d’un geste souple mais assez lent pour que je profite de ce contact indispensable à présent dans ma vie, j’attrape un bol et le lui donne, avec la perversité de souffler dans ses cheveux. Elle frissonne immédiatement. Je souris contre son crâne. Je lui fais ressentir mon membre dur de désir pour elle contre ses fesses magnifiques, si parfaites que la première chose que j’ai pensé en les voyant, c’est qu’elles seraient encore plus superbes en levrette.
Je ne bouge pas. Je m’y refuse. Tant qu’elle ne dit rien, j’en profite donc pour passer mes mains sous le t-shirt qu’elle porte et je savoure la douceur sublime de son ventre plat jusqu’à ses hanches que j’agrippe, tout en poussant un râle d’excitation.
— Nash, soupire-t-elle d’une voix si sexy que cela fait tressauter ma bite dans mon jogging.
Je vais devenir dingue, si je ne la baise pas immédiatement et je suis prêt à le faire quand, soudainement, la porte d’entrée de l’appartement s’ouvre sur mon salopard de pote qui arrive.
Franchement mauvais timing là !
Chose qu’il constate en nous voyant tous les deux, dans une position qui veut clairement dire que j’allais baisser sa culotte pour la pénétrer, la seconde suivante.
Un sourire amusé sur les lèvres, Johnny nous regarde de la tête aux pieds et à tour de rôle.
Nous nous écartons de l’un et de l’autre presque aussitôt. Moi, torse nu, je présente une gaule pas possible dans mon survêt alors que Riley, honteuse, trop troublée également, laisse en plan son petit déjeuner pour aller s’enfermer dans ma chambre.
Et c’est sur le son du claquement de la porte que Johnny éclate de rire. — Ah bah, voilà, tu l’as enfin baisé, franchement je t’ai connu plus rapide pour conclure mon pote. Attention, tu te ramollis. Vous désirez un cours de délicatesse, ne demandez surtout pas à ce biker. Il se marre de plus belle, ce qui m’énerve grandement. J’ai une trique du diable, il vient probablement de nous freiner dans un début d’une putain de baise pas croyable, surtout que je fais ceinture depuis qu’elle est présente dans ma vie, allez savoir pourquoi, alors que j’ai une file d’attente de gonzesses qui n’attendent que ça de ma part et en plus, merde, je n’ai plus de clopes.
J’écrase le paquet vide et fixe mon pote, qui m’en lance une, en découvrant mon désespoir et énervement.
La première bouffée est une délivrance.
— Tu te trompes.
Johnny se sert une tasse de café.
Je me tourne vers lui et lui reproche d’être arrivé au mauvais moment. — Désolé mec, grimace-t-il, avant de s'affaler sur le canapé. Et c’est là, que je découvre sa mine soucieuse, et ça, ça ne ressemble pas à Johnny, l’intrépide, le casse-cou, le bagarreur, l’homme qu’on ne doit pas faire chier et je sais de quoi je parle puisque, notre première rencontre a fini à coup de poing, bien évidemment, pour une histoire de gonzesse. — Il y a un problème ? Je demande avant de tirer une taf sur ma cigarette. Le biker me fixe d’une attention qui ne me dit rien qui vaille. — J’avoue que cette fois j’ai été trop loin.
Un nœud anxieux se place aussitôt au creux de mon ventre et tout de suite, je pense à sa bande de tocard qui lui sert de gang de motards mais ce qu’il m’annonce par la suite, me fous littéralement sur le cul. — Je crois que je suis amoureux, mec.
Il glisse une main nerveuse dans ses cheveux blonds, hésitant à nouveau à me regarder droit dans les yeux mais je suis tellement sous le choc que je mets plusieurs secondes avant de demander qui est l’heureuse élue ? Il ne répond pas, fuyant davantage mon regard et soudainement, ça fait tilt dans ma tête.
— Ne me dis pas que c’est Abby ?
Un fin sourire niais s’affiche au coin de ses lèvres. Sur le coup, j’ai envie de pouffer de rire, sachant que la jeune fille est folle de lui depuis leur première rencontre et il a suffi d’une soirée d’ivresse pour qu’il la remarque enfin.
Mais connaissant le loustic et Abby, avec son comportement de vierge bien sous tous rapports, je ne vois clairement pas Johnny patienter jusqu’au mariage pour s'occuper de sa petite fleur.
— Il faut que tu m’aides mon pote, déclare-t-il la seconde suivante, en positionnant un pied sur son genou qu’il secoue nerveusement. — Comment ça ?
— Eh bien, je ne sais pas comment procéder avec elle. Alors, sachant que tu bosses avec, je me suis dit que…
— Non, mais attends, je le coupe soudainement. Tu es vraiment sérieux quand tu m’annonces que tu es amoureux d’Abby ? Il fait une moue de mec tout doux et tendre et je crois que c’est la première fois que je le vois comme ça. J’éclate aussitôt de rire, ce qui l’énerve ; c’est pour cela, que la seconde suivante, il me saute dessus, prêt à en découdre et c’est nos deux corps roulants au sol, que nous retrouve Riley, habillée et magnifique pour notre sortie de ce soir.
Et je peux dire que de la voir vêtue d’une jolie robe fleurie jaune et blanche avec des petites baskets aux pieds, les cheveux attachés en queue de cheval, un maquillage très léger sur le visage, elle paraît 10 ans de moins comme ça.
J’arrête immédiatement notre combat complètement débile, me lève tout en toussotant de gêne, face à nos gamineries tandis que Johnny se barre à la fenêtre clope au bec. Il n’y a plus de temps pour ma séance sportive donc je les informe que je m’habille rapidement et nous pourrons donc, tous y aller ensuite.
Et c’est comme ça, qu’une heure plus tard, nous nous retrouvons en plein désert, la nuit revêt tranquillement son manteau sombre et les étoiles s’invitent à la fête.
Le drive-in est l’un des lieux où tu dragues et conclu le plus. J’avoue qu’avec le film en fond, l’intimité de la voiture pour nous protéger, l’alcool qui se passe de bagnole en bagnole et l’euphorie d’un premier rendez-vous, ça concrétise à chaque fois et, même si je ne compte pas avoir une relation sexuelle avec Riley, surtout pour une première fois, dans la carcasse de métal, il n’est pas interdit non plus de flirter ou un peu plus, si affinités.
Mais ce soir il ne se passera rien entre elle et moi puisqu’il a fallu que l’on emmène Abby et Johnny avec nous et on peut dire, qu’eux, ils ont pris de l’avance à l’arrière. Ils se roulent des galoches depuis que nous avons récupéré ma collègue chez elle.
Et j'avoue que je ne pensais pas être témoin de cela un jour. Surtout de la part de la prude et innocente Abby.
— Et sinon, tu en penses quoi d’attendre le mariage pour forniquer, mon pote ? Je taquine avec un sourire ironique sur le visage.
Aussitôt qu'il se met à tousser, Abby devient toute rouge et me lance un gros regard surpris à travers le rétroviseur central de la voiture tandis que Riley s’empêche de rire, face à ma connerie.
Le film ne commence que dans 15 minutes donc nous avons le temps d'aller chercher de quoi grignoter et boire, c’est pour cela que je me retrouve avec Johnny, devant un food truck et j’en profite pour lui faire une petite demande.
— Tu serais d’accord de genre… emmener Abby dans un autre coin ou tu vois ce que je veux dire car, tu comprends, j’aimerais bien un peu d’intimité avec Dorothy.
Je laisse mes sourcils jouer significativement. Le message est lancé et dès que j’aperçois un sourire approbateur sur le visage de mon pote, je crie déjà victoire.
Quand nous retrouvons les filles, Johnny demande illico à sa partenaire de sortir de la bagnole. D’un regard, je le remercie silencieusement puis m’installe au côté de Riley qui me fixe étrangement.
— Où vont-ils ?
Je lui tends son maxi gobelet de Cherry-Coke. — Johnny avait besoin d’intimité avec Abby donc, sachant que c’est ma voiture, ils vont sûrement se trouver un coin, à l’abri des regards.
La jeune femme ne pose pas plus de questions et aspire dans sa paille, en pivotant son profil vers le grand écran où débute le film.
Pour ma part, je suis déjà sur les rotules. Elle est si sexy dans sa robe d’été et sur le coup, je me demande ce que l’on fout ici alors que l’on devrait être à l’abri de tous ces regards, tranquillement dans mon loft, à baiser comme des dingues et cela, pendant des heures.
La frustration me fait grogner.
— Nash, ça va ? s’inquiète ma partenaire de soirée. Je ne pensais pas avoir gémi à voix haute. — Non, ça ne va pas, j’avoue en accrochant mon regard au sien.
Dans la pénombre de la nuit, le reflet de la pellicule cinématographique apportant des ombres magnifiques sur sa peau, je sens mon cœur partir à la dérive.
— Qu’est-ce que qui ne va pas ?
Sa question au suffrage fragile me donne une pulsion animale. J’approche ma main jusqu’à caresser son genou gauche.
— J’ai envie de toi, Riley.
Son corps entier tremble brusquement face à mon aveu. Sa poitrine se lève et se baisse rapidement et je vois une flamme de désir qui brille dans ses yeux.
Je n’attends pas une seconde supplémentaire pour glisser ma main jusqu'à toucher sa lingerie et, du bout des doigts, je sens au préalable à quel point elle est excitée et ça me fout une trique monumentale.
Ses yeux m’appellent à aller plus loin mais déjà, dans ma tête, une autre idée se trame.
— Riley, écarte les jambes, je veux t’offrir du plaisir et sache ma belle, que ma langue va te donner le plus bel orgasme que tu connaîtras de toute ta vie.