Tu es à moi !

Athéna Jacob's · Chapitre 15 sur 15

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Tu es à moi !

Chapitre 14

Riley

Je tremble de partout.

J’ai horriblement froid, j’ai peur, je me sens anémique, fatiguée, j'empeste la fragilité et je suis poisseuse de honte.

Le moindre bruit me fait sursauter, je sens que ma poitrine se comprime et que la petite lumière, que je vise du regard, me vrille le cerveau. J’ai subitement envie de vomir mais je me retiens car, ce n’est ni l’endroit ni l’occasion pour être plus faible que je ne le suis déjà. Soudain, on me place une sorte de couverture sur mes épaules et la seconde suivante, c’est le parfum savoureux de Nash que je sens autour de moi, avant qu’une vive chaleur inonde mes deux mains, grâce à celui qui les tient, à présent, dans les siennes.

Son regard bleu me percute de plein fouet dès l’instant où je lève mon visage vers lui.

Mon Dieu, même s’il a le visage bien amoché, je le trouve magnifiquement beau. Il est là et il va assez bien pour être auprès de moi, au moment où l’inspecteur Bob Bucket ferme la porte de la salle où nous sommes, en ce moment même, au commissariat de la ville.

Anton, mon mari a été arrêté, il y a une bonne heure maintenant et on m’a laissé du temps pour que je m’habille et que je me sente assez forte pour venir jusqu’ici.

Nash a expressément interdit ma venue parce que j’avais d’abord besoin d’aller à l'hôpital et que j’étais encore sous le choc de cette confrontation mais j’ai vivement fait comprendre que je me sentais assez bien et que je n’avais nullement besoin d’aller aux urgences et donc, plus vite j’irais déposer plainte, plus vite il sera emprisonné pour une longue période. Mais maintenant que le policier s’assoit en face de nous, tenant un calepin dans ses mains, pour noter mon accusation, j’éprouve une grosse fatigue et toute la tension de ce que nous venons de vivre s'abat sur mes épaules. Je donnerais n’importe quoi pour que tout ceci ne soit qu’un cauchemar et que ma présence ici ne concerne pas les violences que je viens de subir de la part de mon mari car si la police n’était pas arrivée à temps, je serais peut-être morte à l’heure actuelle et Nash aussi, probablement. Quand je regarde les blessures sur son visage, des larmes s’infiltrent aux coins de mes yeux.

Mon Dieu, j’ai failli le perdre à cause de moi, me dis-je, au moment où son regard se rive au mien.

Mon cœur effectue un salto en découvrant de la tendresse et de l’inquiétude dans ses yeux et davantage quand ses mains se resserrent sur les miennes. Toute son attention, sa bravoure, sa détermination à me protéger et le faible sourire qu’il m’offre, en cet instant, m’apporte tout le courage pour la suite à venir.

Et c’est avec une vague soudaine d’ardeur que je commence à raconter mon histoire, ma vie auprès d’Anton et ce n’est qu’après avoir tout narré qu’une heure plus tard, nous sortons enfin de la salle d’interrogatoire. Je ne sais aucunement l’heure qu’il est mais je suis agréablement surprise de découvrir Al, Cassy, Walt, Abby et Johnny dans le hall du commissariat. Je n’échappe pas au câlin et bonne intention, même de ma plus exécrable collègue qui me dit, d’une voix énervée que, si elle avait su, elle aurait immédiatement castré mon mari, au moment même où il est entré dans le truck.

Tout cet amour me comble de bonheur et me prodigue une force vaillante, au point que j’accepte de prendre un verre sur notre lieu de travail, au lieu d’aller nous coucher.

Nous y allons, Nash récupère son véhicule que Johnny lui a ramené. Pendant tout le trajet, aucun mot ne sort de sa bouche mais sa main ne lâche une seule seconde la mienne, même pas quand nous sommes tous ensemble. Là-bas aussi, je raconte mon histoire pendant que nous mangeons un hamburger préparé par Al et des milk-shakes par Walt. Nous écoutons de la musique, discutons encore et encore jusqu’à ce que le soleil se lève sur les plaines sableuses du Montana. Al décide de ne pas ouvrir le truck, ni aujourd’hui, ni demain, au moment où chacun décide de rentrer chez soi. Et c’est avec un dernier câlin de sa part que je rejoins mon amant et colocataire, qui fume tranquillement une cigarette, son corps accoudé sur le toit de sa voiture. Je laisse la fraîcheur du matin glisser sur la peau nue de mes jambes. Mon cœur battant la chamade, je regarde Nash qui contemple la magnifique vue de la fin d’été du Montain.

Je le trouve incroyablement beau et séduisant en cet instant et mon cœur se serre subitement à l’idée que, bientôt, il ne fera plus partie de ma vie. Je me remémore notre première rencontre et l’envie que j’ai eue à ce moment-là, de découvrir cet homme si grand, avec un look un peu négligé mais étudié, sans le vouloir car Nash est un individu simple, qui ne se prend pas la tête. C’est un homme sexy tout naturellement.

J’ai su de suite qu’il était exactement le genre de personne qui me retournerait le cœur, avec un seul de ses regards ténébreux. Et je n’y échappe pas encore en cet instant.

Une peur profonde me capture entièrement à la pensée de cette révélation stupéfiante. Je suis follement amoureuse de lui et tout a failli mal finir, il y a quelques heures et tout ça à cause de moi.

Parce que même si actuellement, mon futur ex-mari dont je compte demander le divorce dès que possible, qu’il soit sous les verrous, je pourrais parfaitement travailler et refaire ma vie dans l’Idaho mais je sais déjà que je veux tourner cette page de ma vie et reprendre quelque chose de nouveau par ici, sachant qu’une nouvelle famille est présente pour moi, mais, malheureusement, ce ne serait pas la même chose puisqu’il ne serait plus là. Nash va partir. Et sans moi.

Arrivé face à lui, je lis immédiatement de l’inquiétude dans son regard et, avec beaucoup de tendresse, il glisse sa main sur ma joue. Je frissonne sous son contact et grimace quand un de ses doigts touche faiblement le coin de ma lèvre meurtrie. — Tu es sûre de ne pas vouloir aller à l’hôpital ? Sa voix rauque et tremblante me prodigue un nœud dans l’estomac. Son attention bienveillante va terriblement me manquer et je sens une certaine panique de savoir que prochainement il partira loin de moi. Sur le coup de l’émotion, je laisse échapper ma plus grande peur et ne réponds même pas à sa question. — J’ai lu la lettre de ton frère, je lui confie de but en blanc, en plongeant mon regard dans le sien.

Un voile de surprise s’invite dans ses yeux et ses deux mains se figent sur mes bras.

— À la laverie, je l’ai trouvée au sol et, au lieu de te la rendre, je l’ai gardée sur moi.

Mon aveu fait contracter sa mâchoire et, dans ses yeux, je ne sais pas si je lis de la colère ou de l'interrogation.

— Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça Nash mais, avec tout ce que nous avons vécus tous les deux et surtout, avec le danger que je t’ai fait courir à cause de moi, sache que tu as raison de partir d’ici et surtout, loin de moi car je ne te cause que des soucis, depuis que nous nous sommes rencontrés et je…

Mais je ne peux finir mes explications car les lèvres de l’homme qui fait battre mon cœur, se plaquent sur les miennes et un baiser passionné, aussi dévastateur qu’intense, s’ensuit.

Je m’accroche volontairement à ses épaules pour ne pas basculer en arrière car il y met tellement de puissance et de ferveur que j’ai l’impression qu’il veut me faire taire quoi qu’il arrive.

Je souris mentalement, avec mon cœur qui vibre en fusion avec les tremblements que ressent mon corps, en cet instant précis. Son baiser est si fiévreux et profond que cela m’englobe dans une bulle de plaisir, chassant tout ce qu’il y a autour de nous. Je ne m’aperçois pas du départ de Al et encore moins des voitures passant sur cette route que nous prenons par la suite, avec l’envie de nous retrouver dans l’appartement. Et, à peine arrivés, nos vêtements gisent déjà au sol. Nus tous les deux, mon dos se plaque contre le mur entre sa chambre et le salon. Il lève ma jambe gauche, la garde en l'air et me dévore la bouche avec la sienne. Il fait chaud, terriblement chaud et pourtant, pour rien au monde, je n’aimerais être ailleurs qu’ici.

Je m’abandonne pleinement à cette passion qui nous consume et j’ai comme une impression d’un adieu à la fois incandescent, modérément excessif. Les minutes voraces de notre échange nous obligent à reprendre notre souffle. Je lève mon regard vers le sien et ce que j’y vois, me bouleverse totalement. A cet instant, il n’y a pas besoin de mot, je lis parfaitement les intentions ardentes qu’il a envers moi et les réalise la seconde suivante quand il lâche ma jambe et que, soudainement, je me retrouve debout, mes mains à plat sur le mur, la joue apposée supérieurement et mon derrière légèrement relevé, en sentant son érection proéminente dessus. Son souffle chaud se balade sur le haut de mon dos, jusqu'à l'arrière de mon oreille et je sens des frissons recouvrir entièrement mon corps. — J’exige de t’entendre jouir comme jamais, me prévient-il d’une voix si rauque que ça m’en accélère le rythme cardiaque. Je laisse échapper un gémissement d’excitation mais aucune appréhension ne me gagne quand ses mains écartent mes fesses pour passer audacieusement un doigt sur mon orifice le plus intime. Sa bouche parsème des baisers sur ma peau, ce qui m’embrase davantage. Je me cambre un peu plus, lui signifiant que je veux le sentir en moi rapidement et, heureusement pour moi, il accède à ma prière silencieuse. Je sens son gland au bord de mon vagin et, avant qu’il me pénètre une première fois, sa bouche me murmure :

— Tu es à moi.

Des va-et-vient aussi puissants que frénétiques suivent sa déclaration. A chaque coup de rein, je pousse des cris de plaisir qui accompagnent des sons rauques vibrant contre ma peau.

Nous ne faisons pas l’amour, nous baisons contre ce mur et ça me rend complètement folle de désir pour lui. Je me sens libre. Je m’abandonne, je ne songe plus à rien. Même pas au fait que nous ne nous sommes pas protégés sexuellement.

Non. Je n’entends que sa domination sur moi. Plus jamais personne ne me donnera autant de félicité et de satisfaction que Nash et, sans que je ne puisse le contrôler, sachant que c’est probablement la dernière fois que nous le ferons, une larme s’échappe de mes yeux et roule sur ma joue tandis qu’une vague chaude se profile en bas de mon ventre.

— Ne t’arrête pas, j’halète. Plus fort, je vais jouir. Il double d’intensité, nous sommes au bord, tous deux, de l’extase et, avant que nous nous laissions dépasser par le bonheur suprême, j’entends la voix rauque et remplit de désir de Nash.

— Bordel, Riley, tu es à moi pour toujours.

La fièvre nous gagne et nous nous abandonnons ensemble et en même temps à un râle de plaisir. Ses mots s’imprègnent en moi mais je suis tellement dans la jouissance qu’ils se répercutent seulement, dans mon esprit, que plusieurs minutes plus tard.

Pour l’instant, mon cœur explose dans ma poitrine et je m’empêche de lui dire trois mots interdits et trop rapides dans la relation que nous vivons tous les deux.

Son corps brûlant contre mon dos, la respiration qu’il récupère tout doucement, je ressens sa force faiblir et, avec les lents mais subtils baisers qu’il me prodigue encore sur la peau, je souris, mon front toujours sur le mur et j’attends qu’il me libère, pour que je puisse retrouver mon corps en activité.

Mais d’un coup, la peur que tout se finisse immédiatement, me parvient dans mon brouillard orgasmique. Je sens sa queue palpiter une dernière fois avant que son liquide blanc et gluant, coule le long de mes jambes quand il se retire.

Sans un mot ou un regard entre nous, je me dirige vers la salle de bain pour me nettoyer, l’abandonnant dans le couloir mais quand je reviens, je le trouve dans la cuisine, buvant, à grande gorgée, une bière fraîche. En cet instant, je le trouve encore plus sexy que d’habitude. Il est encore tout nu et oh, mon dieu, une boule d’excitation m’emplit. Je viens de prendre totalement mon pied et pourtant il arrive à me rendre folle de désir, quelques minutes plus tard, juste en présentant sa nudité magnifique.

Mon corps bouillonne et une vague irrésistible de lui sauter dessus me submerge mais c’est autre chose qui m’anime, en cet instant. Nous n’avons pas fini notre conversation de tout à l’heure et, même s’il me démange de lui parler à cœur ouvert, j’appréhende qu’il me repousse et que tout cela finisse par gâcher nos derniers instants ensemble. Mais soudainement, les mots qu’il a prononcés précédemment, me reviennent subitement en mémoire.

Tu es à moi pour toujours.

Est-ce quelque chose de sincère et de profondément révélateur ou est-ce juste des mots dits comme cela, parce qu’on est dans un moment de faiblesse et de délivrance à la fois ?

Ma trouille ne me permet pas de le savoir, je ne dis rien et m’avance également nue jusqu'à lui. Une flamme de désir jaillit dans son regard quand il me découvre encore en tenue d’Eve et c’est avec une intense envie que nous faisons, à nouveau, l’amour dans la cuisine puis dans son lit, jusqu’à ce que le sommeil me gagne dans ses bras avec le fol espoir que, demain peut-être lui et moi, nous aurons un avenir.

NASH

Elle est tellement belle.

Je ne sais pas l’heure qu’il est mais, après notre folle passion dans le couloir, dans la cuisine et dans la chambre, elle s’est endormie totalement épuisée dans mes bras, après un énième orgasme et j’avoue que, moi-même, je suis également exténué. Pourtant, j’ai un million de questions dans ma tête et je sais, je sens, que je ne vais pas pouvoir m’assoupir tant que je n’aurais pas les réponses.

Je sais que ce serait si cruel de la réveiller pour tout savoir alors que j’ai fortement abusé d’elle mais, après tout ce qu’elle a vécu avec son mari, comment lui résister.

Je ne peux pas contrôler plus longtemps, les sentiments et la dépendance que je ressens pour elle.

Et dans mon cerveau tout devient une évidence. Je ne peux pas la laisser ici, je refuse qu’elle s’en aille également. Je veux qu’elle vienne au Mexique et je souhaite qu’elle reste avec moi pour toujours.

Je l’aime et elle doit le savoir.

 

EPILOGUE

Nash

Mexique— Mexico

 

Deux ans plus tard.

La chaleur est assez insoutenable en cette période de l’année et la sueur coule sur mon front, après l’effort que je viens de fournir.

Je recule d’un pas et admire le travail effectué. Voilà, la dernière couche de peinture est mise sur le mur de la nouvelle école, construite avec plusieurs bénévoles, pour les enfants en difficulté de scolarisation d’un petit village perdu, sur les terres de Mexico.

Je souris et j’en suis d’autant plus fière car c’est ici, qu’à présent, Riley va pouvoir exercer sa profession et, en pensant à elle, c’est son regard que je croise quand je me tourne vers la porte de la salle de classe. Mon cœur fait un looping dans ma poitrine. Elle est si sublime. Vêtue d’une magnifique et légère robe de lin blanc, avec des sandalettes à cordes crème, les cheveux un peu plus longs par rapport à notre première rencontre, je la trouve superbe surtout quand elle pose ses deux mains sur le ventre arrondi qu’elle arbore, de son sixième mois de grossesse. Je n’arrive toujours pas à croire que je vais bientôt être père mais une chose manque au bonheur qui est le nôtre.

Malheureusement toujours marié à Anton qui refuse catégoriquement le divorce, le jugement sera quand même forcé et établi à la fin de l’année à venir et nous pourrons enfin être mariés car, pour moi, je veux absolument qu’elle porte mon nom.

Riley est à moi et à personne d’autre. Et je suis également à elle et elle le sait.

— Nash, c’est incroyable, me complimente-t-elle, en s’avançant jusqu'à moi.

Je l’enlace aussitôt et pose mes lèvres sur les siennes, dans un léger baiser. Nos regards sont tous deux pétillants d’amour l’un pour l’autre. Je me laisse aller à ce simple échange, qui m’apporte tout ce dont j’ai besoin pour être heureux.

Voilà. Il y a un peu plus de deux ans, le destin a fait que cette femme, qui a fui un homme dangereux, s’est arrêté dans un endroit que j’ai affectionné pendant longtemps et qui a de suite capturé mon cœur, sans que je ne le sache et depuis, elle l’a toujours en main et n’a plus jamais quitté ma vie. Je sais que je l’aime et l’aimerais pour toujours. Notre vie est maintenant ici, en compagnie de mon petit frère, à aider les plus démunis et faibles ainsi que de construire notre propre famille, je me sens enfin en paix avec la vie et surtout comblé et tout cela c’est grâce à eux deux.

Je peux l’affirmer. Je suis un homme heureux. Rien ne pourra gâcher ma joie et c’est en posant mes mains sur le ventre arrondi de Riley, sachant qu’il y a un petit garçon qui va bientôt naître et dont nous n’avons pas encore trouvé le prénom. Nous ne sommes pas encore en accord sur le sujet, je souris et transmets mon bonheur à celle qui me regarde amoureusement, en cet instant.

— Je t’aime, je murmure, tout en me penchant à nouveau vers ses lèvres. — Je t’aime Nash.

— Tu es à moi !

Elle sourit et son regard brûle soudainement d’une intensité désirable. — Ah oui !?

Mon cœur cesse de battre et mon membre grossit. — Alors, prouve-le-moi !

FIN

 

REMERCIEMENTS

Je crois que je vais d’abord remercier mon cerveau d’avoir autant d’imagination. Waouh, j’en suis à ma 16ème création et je ne me lasse toujours pas de créer des histoires d’amour. J'espère sincèrement continuer encore de nombreuses années.

Vous apportez du bonheur est ma priorité.

Je remercie de tout mon être ma Team d’amour. Pourquoi je vous dédie ce roman, car on l’a construit ensemble sans que vous ne le sachiez vraiment. Je puise sur nos échanges, notre amour pour la lecture, l’énergie que vous me donnez chaque jour. Nous avons créé tous les personnages ensemble et je vous en remercie encore. Cette histoire ne serait rien sans vous.

Merci du fond du cœur à Myriam pour la correction, je sais que je te donne beaucoup de travail et un jour j’arriverais à te remercier à ta juste valeur. 3ème baby’s !

Merci des millions de fois à la talentueuse créatrice de cover. Eleonora sous le sigle de Caribal Design. Tu es à l’écoute, une imagination aussi folle que la mienne et surtout tu es adorable. Merci de représenter mon histoire aussi bien.

Merci ma fille. Mon amour, ma princesse, ma jolie Valentina. Tu me fais rire chaque jour. Tu m’éblouis par ton intelligence et surtout ton grand cœur. Ma petite fille ne change jamais. Je t’aime. Ta maman, qui est si fière de toi.

Pour toujours. A éna Jacob’s

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 Printemps 2024 : Hurt Me ( Romance M.M )

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ALORS...

 

Embrasse-Moi!

A éna Jacob’s

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Prologue

Jill

York,RoyaumeUni. Findel'été2012

Moi ? C’est Jill Fischer !

Un mètre soixante-cinq, brune d’une longueur qui m’arrive jusqu’aux fesses, la couleur de mes iris est, comme le dirait si bien ma mère, d’une note perle de coquillage. J’ai dix-sept ans, dix-huit dans moins d’un mois. Mon corps est fin, trop mince même et d’ailleurs, je devrais peut-être m’en soucier surtout que mes seins ne dépassent pas les 85B, mais bon, je suis encore en pleine croissance et, avant de m'inquiéter de mon poids, je devrais, peut-être plus, être au fait qu'à mon âge, je ne sois toujours pas sortie avec un seul gars, donc n’a jamais eu, en outre, la possibilité de coucher avec un garçon et encore moins d’en embrasser un et ça, c’est vraiment la honte.

Un rock des années 90 me vrille les tympans, alors que je regarde mes deux meilleures amies sur la piste de danse duPopword, un bar-club dans la petite ville de York en Angleterre.

Les murs aux multiples teints, des vieilles affiches des années 2000 parsemées un peu partout, avec la spécialité des cocktails excessivement fort en alcool, trop colorés également mais, avec les filles, on ne va pas trop se plaindre car ici, on ne paye rien puisque l’établissement appartient au père d’Oliver, le copain de Violet.

Celle-ci d’ailleurs revient, avec Arabella qui l’entoure de son bras sur la hanche et, toutes deux dans un éclat de rire communicatif, me bouscule pour que je glisse sur la banquette de nuance rose et s’installant presque essoufflées et en même temps, elles aspirent, avec leurs pailles respectives, dans le verre d’un litre d’Indiana, nom du cocktail, qui est un nectar à l'ananas, l’orange, sirop de grenadine et de vodka. Une bonne quantité, assez suffisante pour que cela dure toute la soirée. Moi-même, je ressaisis mon verre, à taille normale et à la boisson moins exotique, une simple vodka Red bull et sirote pendant que je les observe ricaner d’un gars qui se prend râteau sur râteau depuis le début de la soirée. Violet Beeshop, d’origine Mexico-Vietnamienne, un joli mélange, fait exactement l’égale mesure que moi. Brune dans une coupe au carré lisse, des yeux étirés dans une sombre pupille, une peau plutôt mate, une belle créature pour une jeune fille de 18 ans et je me dis qu’à l’âge de 30, elle sera une vraie bombe.

Volontaire, toujours prête à repousser les mecs trop collants, plutôt que de danser jusqu’au bout de la nuit. Très intelligente, un exact p’tit Einstein à l’école - ses parents sont très stricts sur les notes - ça ne l’empêche pas d’être une fille guillerette et extravertie et, quand je la vois crier de joie en entendant la nouvelle musique que passe le DJ, je suis plus qu’heureuse de connaître Violet depuis cinq ans maintenant.

Sa voisine de droite, ma belle Espagnole, Arabella Lopez. Taureau ascendant Bélier. Je peux vous dire que c’est la plus responsable de nous trois enfin, pendant nos sorties car en cours, à part envoyer des textos à son correspondant français, Martin Lenôtre, elle n’en fiche pas une, au grand dam de ses géniteurs migrants qui vivent dans l’identique pôle de rue que ma mère et moi donc on se fréquente depuis que nous sommes toutes petites et, malgré qu’elle fasse une tête de plus que nous deux, elle est également la sportive du trio, pratiquant à la fois le patinage artistique, le soccer en salle, de la natation et aussi du curling, bref c’est une warrior fairplay, beaucoup moins intellectuelle mais, même si nous sommes toutes les trois assez différentes, ça ne change rien au fait que nous nous sommes trouvées , pour le meilleur et pour le pire.

— Oh Mon Dieu ! s’exclame brusquement Violet en scrutant quelque chose ou plutôt, quelqu’un au loin.

Arabella fixe à son tour mais avec un peu moins d’intérêt et je pivote dans la direction hypnotisante, tout en aspirant dans ma paille, quand je comprends l’émerveillement soudain de mon amie. Brun, une chevelure indomptable, un regard ténébreux, un sourire plus que charmeur sur un visage carré qui doit faire approximativement dans les un mètre quatre-vingt-dix, donc beaucoup trop grand pour moi, une allure folle avec un t-shirt vert sapin qui lui colle à la peau, pouvant parfaitement cibler une musculature entretenue, de longues jambes dans un jean tout aussi serré, je ne peux clairement pas dire qu’il n’est pas canon. Ce gars est une bombe et il le sait car il s’autorise de marcher la tête haute jusqu’au bar de l’établissement et s’octroie même de snober une fille qui le salue à son passage.

Sexy, OK mais un connard de première et ce genre de mec, je ne supporte pas ça.

— Calme-toi Violet ! Je me moque gentiment. Tu as déjà Oliver ! Celui-ci d’ailleurs est en train de servir le bellâtre au bar. Étant plus vieux de deux ans que moi, il peut se permettre de bosser dans le club de son père. — Être en couple ne veut pas dire être aveugle, se défend mon amie avec entrain. Ne me dis pas que tu ne le trouves pas canon !? Je me mets à le regarder à nouveau, louchant un peu trop sur son fessier si bien moulé dans son jean que je ne vois plus presque aussitôt puisqu’un mec vient de le rejoindre au bar, lui ébouriffant la tête au passage, souriant et très complice, alors qu’Oliver fait un check bien précis. Je pense que les deux nouveaux arrivants sont dans le même cursus étudiant car leurs joies de se voir sont indéniables mais, si c’était le cas, Violet nous auraient déjà parlé d’eux.

— Pas mal, je réagis faussement en aspirant de nouveau dans mon verre. — Non mais il va falloir que tu consultes un ophtalmo Jill ! me houspille celle-ci en agrippant la main d’Arabella. Hey, meuf, nous sommes d’accord ?

Notre camarade, qui n'a pas encore prit part à la discussion, n’en a explicitement rien à faire du mec et préfère répondre à son coup de cœur Frenchy plutôt que de valider les propos de Violet. — Oui, si tu le dis.

Comme toujours, notre amie hispanique ne se met jamais dans le clan de l’une et de l'autre en cas de clash, ce qui arrive de nombreuses fois. Violet repart dans sa contemplation en silence et j’avoue faire de même mais, du coin de l’œil, d’une, parce que je n’ai pas l’ambition qu’elle me prenne en flagrant délit de « Tu vois j'te l’avais dit » et, de deux, parce que même si je sors ce soir, surtout que je n’ai que 17 ans et que lundi prochain c’est la rentrée des classes, dans quelques heures, j’ai un nouveau beau-père que j’ai déjà rencontré et son fils, donc mon futur demi-frère que je ne connais pas encore, vont emménager chez nous, du coup, je n’ai catégoriquement pas l’envie, ni le besoin d’avoir un petit copain dans ma vie qui me larguera au bout de quelques jours puisque que j’aurais eu la trouille de coucher avec lui.

Et c’est clairement ce qu’il se passe dans notre adolescence pourrie et futile. Les garçons de notre âge ne veulent que ça et cela en devient extrêmement gênant pour moi qui suis toujours vierge et qui n’ai même jamais expérimenté un simple baiser alors, même si ce beau brun au charme qui ne me laisse pas insensible et qu’il puisse un jour croiser mon regard, jamais je n’oserais l’aborder et encore moins l’embrasser. Mais ça, c’est sans compter sur mes copines qui, après un énorme cocktail et à plus de minuit passé, nous sommes maintenant en train de nous faire un petit délire de shot tout en jouant à action ou vérité, je me sens assez à l’aise, totalement euphorique, prête à tout quand Violet me donne un gage auquel je ne m’attendais clairement pas.

— Alors Action Jill ! s’excite-t-elle avec un sourire malsain au coin de ses lèvres, ce qui ne me dit rien qui vaille. Tu vas voir le brun canon et tu vas l’embrasser !

Je fais immédiatement de grands yeux ronds, limite choquée par sa demande alors qu’elle sait parfaitement que je n’ai jamais embrassé aucun mec mais je sais qu’elle fait ça justement pour me dévergonder un peu, me poussant dans mes retranchements mais, là, elle exagère. — C’est hors de question ! je m’emporte alors que son regard brille de malice, tellement qu’elle est fière de sa connerie. Arabella, qui a arrêté de boire depuis plus d’une heure vue que c’est elle qui nous ramène, encore une fois se retrouve à faire l’arbitre entre nous deux. Mais cette fois elle a choisi un clan.

— Violet, tu exagères de lui imposer cela et… d’un autre côté, Jill, c’est le jeu !

Je l’ai regardée, complètement choquée par son intervention ennemie. Je me vengerai alors que du coin de l’œil, je le repère qui danse sensuellement avec une grande blonde qu’on découvre plus de peau que de vêtements sur elle.

Malgré que, ce soir, je sois en petit talon, pantalon en simili cuir et croque-top blanc, bougant mes longs cheveux virevoltants sur mes épaules nues, je suis clairement moins jolie que cette pouffe qui s'esclaffe de rire toutes les trentes secondes dès qu’il lui susurre je ne sais quoi à l'oreille. — Alors ? insiste Violet.

Ma meilleure amie sait que je ne déroge pas à une promesse parce que je suis beaucoup trop joueuse mais surtout, nous avons toutes des dossiers compromettants sur l’une et l’autre et, nous sommes capables de les utiliser contre nous, si nous

n’accomplissons pas un gage ou un pari.

Je les regarde à tour de rôle, observe de nouveau le mec beaucoup trop sûr de lui, qui fixe son pote qui est au bar, au lieu de mettre toute sa concentration sur la fille avec qui il danse.

Je le déteste déjà et pourtant, je sens qu’il m’attire. Sans perdre de temps, je saisis le shot de vodka tagada qui est en face de moi et le bois aussi sec, sans omettre de faire une grimace tellement l’alcool me brûle l’œsophage. Normalement, je ne bois pas autant mais là, nous fêtons la fin de l’été avec les filles, ma mère a totalement confiance en moi pour ne pas rentrer dans un état minable mais, quand je pense que je vais devoir attirer l’attention de ce mystérieux mec que je dois aborder, je me dis qu’un autre verre de ce mélange ne serait pas de trop pour me donner plus de courage car, au moment où je me lève de notre table devant l’air ahuri de mes copines qui ne pensaient clairement pas que je le ferais, un nœud se forme dans mon estomac et la panique se coince dans ma gorge. Comme un automate, ne me rendant pas compte que je me dirige vers lui, le son puissant deQuit Playing gamesdes Backstreet Boys guide mon chemin sur ma probablement plus grande honte de tous les temps car il est indéniable que je vais me prendre un vent monumental. Convaincue de cela, je me mets à danser au rythme de la musique, jetant quelques coups d’œil innocents mais pas du tout discrets vers le couple et, très rapidement, je me fais prendre au piège du regard. Il m’a détecté. Enfin, il a repéré mon petit manège débile que je pense regretter fortement par la suite. Je retourne en direction de mes copines qui affichent, pour leur part, un large sourire sur leurs lèvres, impatientent à mon avis que j’effectue le premier pas mais comment faire alors que la grande blondasse ne le lâche pas depuis plusieurs minutes maintenant. La fin de la musique se décline et je suis prête à abandonner la partie lorsque, soudainement, je sens une main puissante sur la mienne. Je me tourne vers la personne qui me stoppe et un courant électrique me transperce quand je croise le regard brillant de ma cible. Il n’y a plus de pimbêche blonde. Juste lui et moi et la voix de Mariah Carey sous la chansonMy All, qui nous oblige à nous rapprocher instinctivement l’un contre l’autre. Sans que je comprenne ce qu’il se passe, ma joue s’offre un oreiller moelleux sur ses pectoraux, ses mains m’encerclent et les miennes se posent sur ses bras. Un balancement sensuel et chaleureux qui dure deux refrains, je ne compte pas les minutes mais plutôt les battements de son cœur que je ressens contre ma peau mais je doute que je sois prête à mettre en place mon gage, mon côté maladroit s’empare de moi.

Je lève mon visage vers lui, mon cœur fait un salto dans ma poitrine quand nos yeux se cherchent puis se trouvent, je sens que le rouge me monte aux joues et je prends mon courage à deux mains, même si j’ai la voix tremblante à la seconde suivante.

— Tu as une copine ?

La puissance de son regard me déstabilise mais le sourire qu’il fait ensuite, embelli son visage dur et mystérieux. On ne peut pas être aussi beau, ce n’est pas possible.

Il répond par la négative en bougeant sa tête de droite à gauche et fait de même à ma prochaine question.

— Tu es gay ?

Et là, je prends une grande inspiration.

— Je te plais ?

Mon souffle se coupe. Une lueur intense enflamme son regard et je sens que ses mains se baladent sur la peau nue de mes bras. Je frissonne de la tête aux pieds. — Oui, tu me plais.

Ces quelques mots qu’il vient de me chuchoter au coin de mon oreille, alors que je ne m’étais pas aperçu qu’il était si près de moi, exhalant à présent la chaleur de son corps magnifique, joue contre joue, il relève son visage lentement, ses lèvres si proches des miennes que je ne résiste pas. — Alors, embrasse-moi.

Oui, c’est moi cette voix rauque, remplit de désir, décrétant la chose que je rêve de faire depuis que je m’intéresse aux garçons et, alors que sa bouche est suspendue au-dessus de la mienne, attendant le cœur battant la chamade de la sentir sur moi, je me dis, au moment où je reçois mon tout premier baiser, qu’il a fallu trois questions et un seul ordre pour que je tombe amoureuse pour la première fois de ma vie et que ce mec, dont je sais parfaitement qu’il ne se passera rien de plus que ce baiser entre lui et moi, je vais le revoir bien plus vite que je ne le pensais mais pas du tout dans la situation que j’imaginais.

Et cela va être une véritable catastrophe pour une adolescente de mon âge dans la ville de York, où malheureusement le destin est plus proche qu’on ne le pense.

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