Tu es à moi !
Chapitre 9
Le regard perdu vers mes mains, j’observe le cœur serré, mon alliance et ma bague de fiançailles.
Où est-ce que les choses ont merdé, Anton ?
Je regrette qu’il ait perdu son âme sur le front de guerre, qu’il en soit arrivé à lever la main sur moi, qu’il ne soit plus celui dont je suis tombée amoureuse à une époque où il suffisait d’une seule attention pour qu’on se comprenne mais, à présent, s’il est toujours vivant et si malheureusement, nos chemins se croisent à nouveau, son regard me tuera sur place. Ma main tremble et je me sens vulnérable.
Sans m’en rendre compte, l’homme qui est devenu bien plus important que je ne le pensais dans ma vie, a dû déchiffrer que je me sentais au plus mal car, et cela sans quitter la route des yeux, il prend ma main dans la sienne et la serre avec tendresse et protection.
Mon cœur se gonfle de quelque chose que je ne devrais pas ressentir mais j’ai à peine le temps d’y songer que la voix de Johnny s’exclame. — Mais putain, que font Les Scorpions ici !
CHAPITRE 9
Nash Est-ce qu’il serait possible que, pour une fois dans sa vie, Johnny ne soit pas plongé dans une sale histoire ?
Je viens de me prendre une droite dans la mâchoire et même si, sur le coup, je ne suis pas sonné, il est quand même douloureux de subir une frappe. Ce n’est ni la première ni la dernière fois que je me bats mais j’avoue que je suis toujours dans ce genre d'affaires, à cause de mon pote.
Du coin de l’œil, je vois que Johnny en assomme un à terre alors qu’Al a sorti le fusil, menaçant le chef de bande des Scorpions.
Gang de motards de la vallée frontalière de la ville de Billings, ils font la loi, rare sont ceux qui les provoque mais Johnny, qui aime être à la fois partout et nulle part, sur ce coup, je ne sais pas ce qu’il a pu leur faire pour qu’aujourd’hui, ils désirent lui faire la peau.
Nous sommes à peine sortis de ma voiture que cinq d’entre eux nous ont sauté dessus et même si sur le coup j’ai envisagé de me défendre, j’ai commencé à voir rouge quand l’un d’entre eux voulait faire du mal à Riley et à Abby. Mais heureusement, les filles sont à présent à l’intérieur du truck et donc à l’abri.
Deux bikers me bloquent les bras tandis qu’un troisième en profite pour m’octroyer un coup de poing dans le ventre. Cela me coupe immédiatement le souffle.
— Enfoiré, je grogne entre les dents, en tombant à genoux.
On me tire les cheveux en arrière, relevant mon visage vers celui qui m’attribue une énième impulsion dans la poitrine.
Je dérouille mais je ne peux pas faire autrement. Ils sont beaucoup trop nombreux et, même si Al tient le principal chef au bout de son fusil, il ne peut pas le buter car, s’il le fait, nous sommes tous morts.
Malheureusement pour lui, il doit laisser son fils assumer ses conneries, même si je me prends une correction au passage mais c’est ça, la loi du plus fort, des clans et à part subir ainsi que fermer nos gueules, on le fait.
Je reçois encore deux autres coups m’ouvrant le dessus du crâne, le haut du nez ainsi que ma lèvre inférieure mais heureusement pour nous, des gyrophares de police se font voir au loin de la route unique et le gang ne perd pas une seconde supplémentaire pour s’enfuir.
Mais sans omettre de menacer à nouveau Johnny qui est autant amoché que moi, totalement allongé dans le sol poussiéreux du parking.
— La prochaine fois que tu nous voles de la marchandise, on te bute. La voix cinglante d’Andrea, le chef des Scorpions, de son air agressif, son pouce traçant une ligne sur son cou, veut clairement signifier le sérieux de ses propos et j’espère que mon pote le prend ainsi car, pour ma part, je refuse de le savoir six pieds sous terre avant de nombreuses années. Le véhicule du shérif se gare tout près de nous tandis que deux autres voitures partent en chasse, poursuivant le gang à moto mais ils se trompent s’ils pensent les rattraper et encore plus les arrêter car Les Scorpions sont aussi dangereux qu’inaccessibles.
Je ne les connais que par réputation mais la raclée que je viens de me prendre, le prouve également. Ils sont indestructibles. Doucement, je me relève et la première chose que je vois quand mon visage pivote vers le truck, c’est le regard remplit de crainte et de larmes de Riley et, sans comprendre pourquoi, je m’en veux soudainement d’avoir craqué et de l’avoir embrassé car cela lui apporte une certaine légitimité envers moi. Je ne souhaite pas de son inquiétude et encore moins qu’elle s’approche de moi, avec l’intention de me soigner, comme toutes les femmes font après une bagarre.
Elle n’a même pas le temps de poser une main sur ma joue que je la chasse brusquement. Je m’enfuie à l’intérieur de la caravane, me cachant dans ma cuisine, mon coin de repos privé, bousculant, au passage mes casseroles en chopant le premier torchon qui me tombe sous la main puis me dirige vers le congélateur pour y prendre plusieurs glaçons, les fourrent dans le tissu avant de poser le tout sur le haut de mon crâne. Je sais que j’ai plusieurs plaies ouvertes, saignant faiblement. Je devrais désinfecter tout cela et pourtant, j’ai juste besoin de retirer ce mal de tête qui vrille ma conscience. J’ai envie d’une bonne bouteille de whisky pour me faire oublier cette fin de soirée merdique mais surtout, de me retrouver seul, à grande distance de tout le monde et loin de ses yeux sombres qui reflètent quelque chose que je ne veux pas ressentir. Mon dos appuyé contre la gazinière, je grimace quand le froid du tissu s’impacte sur mon crâne.
Et c’est à ce moment-là que mon patron entre dans la cuisine. — Comment vas-tu ? Se sent-il obligé de me demander. Ses cheveux mi-longs plaqués en arrière, le regard dure mais en alerte vers moi, je visualise à travers sa barbe touffue qu’il a les lèvres pincées par l’énervement et je peux le comprendre car, même au-delà du fait que son fils unique s’est encore attiré des ennuis, la bagarre a fait fuir tous les clients de ce soir et cela va engendrer une mauvaise réputation au restaurant.
— Comme quelqu’un qui vient de se prendre une bonne raclée. Al se dirige vers moi puis pose une main paternelle sur mon épaule gauche. Je vois dans son regard qu’il s’excuse pour Johnny mais nous nous connaissons assez pour ne pas être obligés d’y mettre des mots. — Je vais ramener Abby et Johnny, me prévient-il, en indiquant que ce soir et, au vu de ce qu’il s’est passé, il ferme plus tôt que prévu. Est-ce que tu veux que je dépose Dorothy a ton appartement ?
Al me connait tellement qu’il sait que j’ai envie d’être seul pour avaler cette frustration de ne pas avoir réussi à remettre mon pote dans le droit chemin et que j’ai juste besoin d’être dans ma cuisine, qui est l’endroit que je préfère, pour y réfléchir correctement.
Mais, pour une fois, je sais que j’ai besoin d’autre chose pour aller mieux et il n’y a qu’une seule personne qui peut me le donner. — Non, c’est bon et tu veux bien lui dire de venir me rejoindre. Al courbe avec interrogation un de ses sourcils. L’air étonné que j’accepte qu’on me rejoigne ici, le surprend. Je le suis tout autant que lui. Par la suite, nous nous mettons d’accord pour la fermeture de la boutique, avant que, quelques minutes plus tard, une main indécise pousse la porte. Je vois ses yeux de biche et son corps, qui damnerais le plus chaste des moines, entrer dans mon palais de la malbouffe. Le regard un peu timoré, je déteste qu’elle puisse me craindre. Elle s’avance, hésitante vers moi, jusqu’à ce qu’elle se retrouve face à moi et qu’une lueur empathique apparaît dans ses pupilles quand elle découvre mon visage meurtri par les coups.
Son cœur doit se serrer à cette vision et je m’en veux soudainement de lui faire vivre ça alors qu’elle-même a expérimenté bien pire, il n’y a pas si longtemps.
Je ne bouge pas, ne parle pas et encore moins quand elle me prend des mains, la seule chose qui me soulage.
Dans un geste rempli de douceur, elle y retire un glaçon qu’elle glisse à présent, sur tous les endroits où le sang a dû sécher. A des moments, je crispe mon visage, face à la douleur du froid sur mes blessures mais je ne lui en veux aucunement de vouloir me soigner. Nos regards s’accrochent de temps en temps, avec chacun, des flammes de désirs qui dansent à l’intérieur et je sais que je suis à deux doigts de l’embrasser fougueusement.
Nous sommes seuls, dans l’endroit que j’affectionne le plus, nous venons de vivre une soirée des plus étranges et, pendant que je me prenais des coups, l’unique chose qui m’a obsédé, c’est de la savoir en sécurité. Je comprends, avec une certaine évidence, que je refuse qu’elle soit en danger, que je veux la protéger de n’importe quel mal et que, si un jour il lui arrive quoi que ce soit, je ne m’en remettrais pas. J’attrape son poignet et suspends l’attention soigneuse qu’elle a sur mon visage. Nos regards se capturent et, dans un mouvement brusque, je l’attire vers moi. Mon autre main se plaque sur sa nuque, ma bouche attrape la sienne et je l’embrasse comme si ce soir était la fin du monde. C’est dévorant, douloureusement bon et je double l’intensité de mon baiser au moment où nos langues se touchent.
Mes doigts s’échappent dans ses cheveux et, dans la passion qui m’anime, je tire dessus. Mes dents mordillent ses lèvres et nos gémissements s’entrechoquent. Je l’approche davantage contre moi. J’ai besoin que l’on soit peau contre peau.
J’écarte nos visages, je laisse parler la précipitation de mon cœur et le désir que j’ai pour elle. Mon t-shirt disparaît de mon torse, je fais descendre les bretelles de sa robe et la dévore du regard. Elle est juste superbe avec son soutien-gorge à dentelle émeraude, illuminé par les faibles néons blancs de ma cuisine, dans la pénombre du local avec les reflets de couleurs roses et bleu de l’autre pièce.
Les lèvres gonflées, la respiration qui s’entrecoupent de l’intensité de l’instant, je ne lui laisse pas le temps de réfléchir à ce que j’envisage avec elle qu’à nouveau, je l’embrasse furieusement. J’ai mal au visage, la douleur de l’altercation est toujours sur ma peau mais je m’en contrefiche, je m’abandonne à mon fantasme pour elle.
Je la désire et je vais le faire. Oui, je vais la baiser ici même. Elle est à moi et ce soir, je vais faire ce que je veux d’elle.
Sa peau douce et brûlante entre mes bras accentue la grosseur de ma queue. Je bande comme un fou et j’ai hâte de me glisser dans sa moiteur. Je ressens encore son goût sur ma langue et, rien qu’à ce souvenir, ma trique augmente. Mes mains s’agrippent partout sur son corps merveilleux, je ne coupe pas le contact avec elle quand je la soulève subitement puis l’installe sur mon plan de travail. Heureusement qu’il n’y a aucun ustensile dangereux au moment où ses fesses se placent dessus car c’est à cet endroit exact que je vais la baiser, comme il me tarde de le faire, depuis que mes yeux se sont posés sur elle.
Dans une précipitation sauvage, je hisse sa jupe jusqu’à sa taille et, dans un geste rempli d’une envie rageuse, je déchire sa lingerie qui est encore de trop sur elle.
Ses mains se baladent sur mon jean mais là encore, je souhaite garder le contrôle. C’est moi qui prends les décisions, c’est moi qui manipule ma queue car je sais parfaitement que si elle me touche, je vais partir au quart de tour.
Je suis en feu, complètement fou de ce que je vis, de tout ce qu’elle me fait éprouver. Je perds le suivi de mon désir mais je reste maître de tout ce que je veux lui faire ressentir. Nous nous dévorons les lèvres encore et davantage. Mes mains glissent sur son dos, puis ses cuisses jusqu’à ce que je ramène son entrejambe contre la proéminence de mon sexe. Je bande tellement que ça en devient douloureux. C’est maintenant. Je m’écarte pour que nous reprenions notre souffle. Nous sommes dans un état de transpiration incroyable tellement notre excitation est au summum. Je plante mon regard dans le sien, pour y chercher une inquiétude ou un doute mais seule son envie pour moi me répond. Je déboutonne mon jean, elle se mord la lèvre inférieure. Je la trouve sexy, tellement plus belle que les femmes de mon âge. J’aime qu’elle soit plus expérimentée que moi, même si je suis quasi sûre que, sexuellement parlant, elle n’a pratiquement rien vu.
Je prends mon portefeuille en cuir marron à l'arrière de mon pantalon, en retire un carré de protection que l’on arrive à avoir gratuitement dans certaine pharmacie à l’heure actuelle car je rappelle que nous sommes en 1995 et que malheureusement, le sida est encore bien trop présent dans nos échanges charnels et, même si je déteste ce bout de plastique qui me comprime la bite, comme je le pense depuis que je connais Riley, je ne lui veux aucun mal et ça passe également dans le côté transmission de MST. Puissant, de toute sa vigueur, je sors mon engin devant son regard à la fois envieux et timide. J’arrache de mes dents, la protection puis déroule le visqueux condom sur mon sexe.
Prêt à conquérir sa féminine et fragile partie la plus intime, je ressens un doux élan m’envahir. J’encercle son visage, plonge mon regard dans le sien et effleure ses lèvres, si légèrement que j’en sens un courant électrique me prendre entièrement.
Nous nous embrassons longuement, très longuement, comme pour notre premier baiser puis l’ardeur nous gagne, nous possède. Je place mon sexe devant son entrée et, toujours en l’embrassant passionnément, je la pénètre d’un coup sec, capturant son premier cri de plaisir et bordel qu’est-ce que c’est bon d’être en elle.
J’aimerais connaître l’effet que je lui fais à travers son regard mais je sais parfaitement que si je le fais, je ne pourrais pas retenir ma jouissance, qui est à deux doigts d’exploser.
Ma bouche se fait dévorante et je commence un va-et-vient aussi puissant, qu’intense. Je sens ses poils pubiens chatouiller ma queue, ses seins se plaquer sur mon torse nu et il me démange de les extirper de son soutien-gorge puis de capturer ses tétons entre mes dents, pour l’entendre soupirait de plaisir mais je préfère lui faire du bien, en ne faisant qu’un avec elle. Je redouble ma force de la prendre sur cet endroit inconfortable et accélère quand elle se dégage de mes lèvres, pour arquer son dos, poussant un cri de jouissance interminable.
Je l’observe prendre son pied et cela me prodigue une impulsion d’orage dévastateur en moi.
Putain, elle est tout simplement sublime à se délecter comme ça. — Riley… Je ne peux m’empêcher de grogner. Elle ouvre ses paupières, son regard remplit de la vague orgasmique qu’elle éprouve encore, les lèvres gonflées par mes baisers, ses seins prêts à sortir de sa lingerie, les cheveux ébouriffés, tout cela me rend complètement fou et, c’est le visage crispé, au bord de la félicité que je me laisse aller à mon tour au plaisir, dans un dernier coup de rein, qui lui donne à nouveau un gémissement exquis à mes oreilles.
Le souffle court, chacun savoure le délice, le tourbillon de la jouissance suprême. Nos regards ne se détachent pas et le corps perlant de sueur, je me penche jusqu’à de nouveau prendre sa bouche dans un baiser plus lent, juste pour finaliser la partie de jambes en l’air la plus torride que j’ai pu vivre de toute ma vie.