Voyage à Madagascar et aux îles Comores - Tome I
Notice Géographique et Historique sur L’île de Madagascar.
NOTICE GÉOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE
SUR L’ÎLE DE MADAGASCAR.
PRÉCIS GÉOGRAPHIQUE.
§ 1. Étendue de l’île. – Montagnes et rivières. –
Insalubrité des côtes. – Vents. – Marées. –
Température. – Minéraux. – Mines d’or et d’argent. –
Houille. – Fertilité du sol. – Forêts. – Productions
végétales. – Animaux.
L’île de Madagascar, située dans la mer des Indes, est sépa-rée de l’Afrique par le canal Mozambique. Sa longueur est de 285 lieues et sa largeur moyenne de 40 lieues ; la partie du nord se rétrécit considérablement et se termine en pointe au cap d’Ambre par 12° 12’ lat. S. La distance de Madagascar à l’Île-de-France (Maurice), colonie anglaise, est de 190 lieues, et à l’Île-Bourbon, colonie française, de 150 seulement.
On conçoit que l’aspect d’un pays aussi étendu doit varier comme son climat. Madagascar, vu de la mer, présente trois chaînes successives de montagnes dont les nuances passent, en s’affaiblissant, du vert, propre aux végétaux qui y croissent, à une teinte bleuâtre à peine distincte des nuages.
Ces montagnes, dont la chaîne principale s’appelle les Am-bohitsmènes (montagnes rouges), traversent toute l’île du nord au sud. Les plus élevées sont celles d’Ankaratra, au sud d’Ancove ; d’Iangougoura ou Vigagoura, au nord d’Antscianac ; de Mataoula, près de la baie de Passundava (côte N.-O.). Les monts Vouipitou dans Ancaye, Miangara dans Ancove, de Bé-fourne dans la province des Bétanimènes, et d’Ambohifoutsi dans le sud de l’île, sont encore remarquables par leur hauteur.
– 5 –
Les missionnaires anglais doutent de l’existence des mènes et affirment que ce nom est inconnu chez les Malgaches. Des renseignements dignes de foi ne nous permettent pas de partager leur doute. Quant à l’absence de cette dénomination dans la langue malgache, les missionnaires se trompent très certainement ; ce nom peut ne pas exister dans le dialecte hova qu’ils paraissent avoir étudié plus particulièrement, il peut mê-me ne pas être connu du peuple chez qui on place ces monta-gnes, mais il est positif que les habitants des côtes, depuis l’extrémité la plus méridionale de l’île jusque vers la latitude de Tamatave, désignent, sous le nom d’Ambohitsmènes, les princi-paux pitons de la chaîne qui occupe le centre de l’île, et souvent toute la chaîne elle-même.
Du plateau central s’abaissent vers chaque flanc de l’île de nombreuses ramifications, qui forment d’admirables vallées arrosées par une innombrable quantité de rivières et de ruis-seaux. Plusieurs de ces cours d’eaux sont navigables pour des bateaux jusque dans l’intérieur des terres ; mais leurs embou-chures sont presque toujours obstruées par les sables qu’amoncèlent, sur la côte orientale, le mouvement général de la mer d’orient en occident et la continuité des vents d’est pen-dant plusieurs mois de l’année, et sur la côte occidentale, les courants qui portent tous avec force vers les terres.
Le refoulement des sables, en s’opposant à l’écoulement des eaux dans la mer, forme sur une grande partie du littoral des marais où le luxe de la végétation activée par la chaleur et l’humidité est prodigieux. La décomposition des plantes et la stagnation des eaux y produisent des miasmes pestilentiels, causes du fléau connu sous le nom de fièvre de Madagascar dont tout étranger devient bientôt victime. C’est à ces miasmes mortifères, qui enveloppent l’île presque en entier durant envi-ron six mois de l’année, que Madagascar doit son funèbre sur-nom de cimetière des Européens.
L’intérieur de l’île, dont le sol est fort élevé au-dessus du niveau de la mer, est au contraire très sain. Ses habitants, en
– 6 – arrivant sur la côte, n’en sont pas moins soumis, comme les ropéens, à l’influence malfaisante de l’air qu’on y respire, et rapportent souvent en eux les principes du mal dont ils suc-comberont dans le climat salubre de leur pays. Un étranger échappe quelquefois à la violence des premières atteintes de la fièvre, qui, après une courte disparition, le surprend de nouveau et l’emporte subitement.
Il y a deux saisons sur le littoral oriental de Madagascar : la première, nommée par les traitants européens la bonne saison, commence en mai et finit vers le milieu du mois d’octobre. La chaleur est alors tempérée ; de très fortes brises soufflent pen-dant le jour du S. au S.-E., et la nuit du S. au S.-O. ; elles renou-vellent l’air et empêchent les eaux stagnantes de s’évaporer. La seconde, ou la mauvaise saison, commence vers la fin du mois d’octobre et continue jusqu’à la fin du mois d’avril. Le temps le plus chaud et le plus malsain est en janvier, février et mars ; les pluies d’orage font déborder les ruisseaux et les rivières qui inondent tout le pays. Les vents qui règnent pendant cette sai-son sont ceux du N. au N.-E. pendant le jour et du N. au N.-O. pendant la nuit ; ils sont faibles et entremêlés de calmes. La chaleur, dont rien ne combat l’intensité, développe alors, dans les immenses marécages où les matières végétales et animales sont en pleine décomposition, des vapeurs infectes et le plus souvent mortelles.
À la Côte de l’Ouest, la brise du N.-E. règne perpétuelle-ment d’octobre en avril ; le reste de l’année elle varie du S. à l’O. depuis midi jusqu’au soir ; pendant la nuit, elle passe du S. à l’E. et se fixe le matin dans cette dernière aire de vent.
Quant aux marées, elles sont très inégales : sur la côte oc-cidentale, elles montent de six à neuf pieds, tandis que sur la côte orientale elles n’en dépassent jamais trois.
La température des provinces de l’intérieur est moins éle-vée que celle des côtes. Le froid est très vif dans les vallées d’Antscianac, d’Ancove, des Betsilos, depuis juin jusqu’en sep-tembre, et on y éprouve même en décembre et en janvier un
– 7 – froid souvent piquant. Pendant l’été, c’est-à-dire d’octobre en mai, le thermomètre atteint 29 degrés centigr. ; dans l’hiver il descend à 4 degrés. La grêle tombe souvent en grande quantité dans les montagnes et nuit beaucoup aux récoltes ; les grêlons sont quelquefois de la grosseur d’un œuf de pigeon. Les gelées blanches, le givre, les brouillards, y sont très communs, mais on n’y voit jamais de neige, même sur les pics les plus élevés.
Les ouragans, ce fléau de Maurice et de Bourbon, viennent quelquefois ravager la partie de Madagascar située sous la mê-me latitude que ces îles.
Le sol de la plus grande partie de l’île est d’une formation primitive ; le granite, la siénite, des blocs énormes de quartz blanc et rose, s’y rencontrent fréquemment. Des traces de vol-can éteint existent surtout chez les Betsilos, et M. Leguével de Lacombe en a vu dans la province de Ménabé, près du mont Tangoury, auquel se rattachent des traditions curieuses qui viennent confirmer ces conjectures tirées de l’état actuel du ter-rain. Des voyageurs ont assuré à Dumaine qu’il existait un vol-can au nord de la baie de Diégo-Suarès, près d’une petite île nommée par les navigateurs européens île boisée ou woody ; mais personne n’a vérifié ce fait.
Les tremblements de terre sont assez fréquents à Madagas-car. Lorsque ce phénomène se manifeste, les naturels sortent de leurs cases et se mettent à frapper avec la main de petits coups contre les murs ; pour agir ainsi, ils ne donnent aucune raison, sinon que c’est la coutume. Un usage analogue et tout aussi inexplicable s’observe pendant les éclipses de lune et de soleil : on tire des coups de fusil à balle contre ces astres, et chacun al-lume un petit feu clair devant sa porte.
On trouve dans les montagnes des blocs de cristal de la plus grande beauté et de dimensions extraordinaires. On en voit, selon Fressange, qui ont jusqu’à vingt pieds de circonfé-rence. Une des montagnes de Béfourne en est toute parsemée ; lorsque le soleil y darde ses rayons, elle brille d’un éclat magni-fique. La grande quantité de sable dont le sol de l’île est couvert
– 8 – doit sa présence aux débris de ces cristaux ; on pourrait en rer un verre d’une très belle qualité, précieux surtout par sa grande limpidité.
Un traitant nommé Valigny possédait un morceau de cris-tal long d’environ un pied et demi sur huit pouces de large, au milieu duquel on voyait, les ailes déployées, une mouche com-mune qui semblait vivante. Dans un petit village nommé Ma-chouara, situé à environ trois lieues de Manahar (baie d’Antongil), M. Leguével de Lacombe en a vu un bloc à sept fa-ces de trois pieds de haut sur quinze pouces de large, d’une transparence admirable. Ce qui lui donne une grande valeur, c’est que deux poissons s’y trouvent cristallisés et conservent dans ce prisme l’éclat et la fraîcheur de la vie. Tous les deux pa-raissent être des poissons d’eau douce ; le plus grand est rouge, il a environ sept pouces de longueur et ressemble aux poissons rouges qu’on voit en Europe dans des bocaux ; l’autre est blanc et n’a pas plus de quatre pouces. Les habitants du village ratta-chent à ce bloc des croyances superstitieuses et ne permet-traient pas qu’on l’enlevât.
Les pierres précieuses que l’on trouve à Madagascar ne sont ni très belles ni très variées ; ce sont, entre autres, des amé-thystes, des aigues-marines et des opales.
Madagascar est riche en minéraux utiles ; on y a trouvé du cuivre, de l’étain et du plomb ; les naturels assurent que leur île possède des mines d’argent. Quelques Français, qui ancienne-ment parcouraient le sud de l’île, rapportent avoir vu de la pou-dre d’or entre les mains des naturels. Un Anglais, nommé Fran-cis Lloyd, affirme avoir été témoin de l’essai que l’on fit, dans le XVIIe siècle, devant le conseil privé, de sable aurifère apporté de
Madagascar, et dont la qualité fut trouvée bonne 1. M. Leguével
1 A Briefe Discovery, or Description of the most famous island of Madagascar or Saint-Laurence in Asia neere unto East-India by Ri-
– 9 – de Lacombe a recueilli chez les Sakalaves de Menabé des tions qu’il a consignées dans son voyage, et qui concordent as-sez avec les détails rapportés par Flacourt dans son Histoire de la grande isle Madagascar :
« J’ai appris, dit ce vieil écrivain, que vers le nord de la ri-vière d’Yonghe-lahé, il y a un pays où l’on fouille de l’or. Et j’ay tousiours ouy dire par les grands d’Anossi (province de la côte orientale, partie sud), que c’est vers ces pays-là qu’est la source de l’or… »
Les provinces centrales abondent en minerais de fer que les naturels, et particulièrement les Hovas, savent fondre et travail-ler avec habileté. Suivant un Arabe qui avait été envoyé par le sultan de Mascate comme ambassadeur auprès de la reine d’Ancove, une mine de houille existerait à peu de distance de Tananarivo, capitale de cette contrée.
Le récit de cet homme, qui, en 1835, était à Londres, et communiqua à plusieurs savants les détails qu’il avait recueillis pendant ses voyages, a toute l’apparence de la vérité ; il donne avec exactitude le nom des rivières et des villages qu’il avait tra-versés en se rendant à Tananarivo. C’est à Andavi, à environ une lieue au N. ou N.-O. de la capitale, qu’il vit d’immenses forges dirigées par un Français du nom de « Doroïte », suivant la pro-nonciation arabe ; 380 jeunes Malgaches y apprenaient l’art de fabriquer des fusils ; le combustible qu’on y employait pour la fonte du fer était bien de la houille, et cette assertion est d’autant moins suspecte que le voyageur examina cette produc-
tion dans les forges et dans la mine elle-même 1.
chard Boothby, merchant, London, printed by E. G. for John Hardesty. 1646 4° p. 6.
1 Par un singulier hasard, M. Leguével de Lacombe a connu le Fran-çais dont il s’agit ici ; voici ce qu’il nous écrit à ce sujet : « J’ai reconnu immédiatement par votre récit le personnage que l’ambassadeur arabe a rencontré près de Tananarivo : c’est un jeune homme de la Franche-
– 10 –
Le sol de Madagascar est en général fertile et susceptible de cultures très variées. Les terres des provinces du nord sont noi-res et vigoureuses. Celles du milieu de la Côte de l’Est sont sa-blonneuses jusqu’à une ou deux lieues de la mer ; plus loin la végétation devient très riche ; le sol rouge des Bétanimènes est très productif. Dans le sud, c’est-à-dire vers Sainte-Luce, le ter-rain est mêlé de sable, mais il est supérieur aux terres qui avoi-sinent le Fort-Dauphin et le cap Sainte-Marie. La partie peu montagneuse du pays des Sakalaves-du-Nord est fertile surtout près des rivières et des marais, et abonde en fataka et en esqui-ne, fourrages excellents. La plus grande partie des plateaux de l’intérieur est au contraire rocailleuse et stérile ; le terrain y est en général ocreux et ferrugineux. Dans la province d’Andrantsaï qu’habitent les Betsilos, les terres sont noires, brunes, rouges, jaunes et blanches. Le sol rouge y est extrêmement productif et le plus commun.
D’immenses forêts vierges traversent l’île dans plusieurs directions. La difficulté d’y pénétrer, provenant soit des inextri-cables lacis des broussailles et des arbrisseaux qui croissent sous les grands arbres, soit de l’insalubrité de ces retraites pro-fondes où l’air ne parvient qu’à peine, en rendra les innombra-bles productions longtemps inconnues aux botanistes euro-péens.
Voici le fragment d’une lettre que le naturaliste Commer-son écrivait à Lalande en 1771, après avoir passé quatre mois à Madagascar : « Quel admirable pays que Madagascar ! Il méri-terait seul non pas un observateur ambulant, mais des acadé-
Comté nommé Droit, excellent armurier, que j’ai adressé et recommandé en 1829 au sultan d’Anjouan, Abdalla-ben-Aloï. Je le fis partir de Bour-bon avec le jeune Abdallah-ben-Ali, mon hôte ; celui-ci me promit de le présenter lui-même à son cousin le sultan, qui devait l’employer à la ré-paration de ses armes. C’est un garçon entreprenant, brave et très adroit. Il paraît que n’ayant pas réussi à Anjouan il aura été chercher fortune à Madagascar ; il avait des connaissances en minéralogie, et son éducation avait été moins négligée que celle de la plupart des ouvriers… »
– 11 – mies entières. C’est à Madagascar que je puis annoncer aux turalistes qu’est la terre de promission pour eux ; c’est là que la nature semble s’être retirée comme dans un sanctuaire particu-lier pour y travailler sur d’autres modèles que sur ceux où elle s’est asservie ailleurs : les formes les plus insolites, les plus mer-veilleuses, s’y rencontrent à chaque pas. Le Dioscoride du Nord (Linné) y trouverait de quoi faire dix éditions de son Système de la nature, et finirait par convenir de bonne foi que l’on n’a enco-re soulevé qu’un coin du voile qui la couvre… » En effet, MM. Hilsenberg et Bojer, qui ont les premiers visité l’intérieur de l’île dans un but scientifique, avouent qu’ils n’ont fait que tracer une bien faible esquisse de ces inépuisables richesses na-
turelles que l’imagination même ne saurait se représenter 1. Contentons-nous de citer parmi les productions végétales le ra-vinala (urania speciosa), le filao (casuarina equisetifolia), l’ambaravatsi (cytisus cajan), arbre sur lequel on élève des vers-à-soie, le rafia, sorte de sagus, l’avoha (dais madagascarien-sis), dont on a tiré une espèce de papier grossier, l’arékier, le vakoa (pandanus), l’azign (chrysopia fasciculata) et le vounou-tre ou arbre chevelu, employés dans la construction des piro-gues, le tandrou-roho (hymanea) qui fournit la gomme copale, plusieurs espèces d’hibiscus et de mimosa, le songo-songo, belle espèce d’euphorbe qui sert à défendre l’enceinte des terres cultivées, le ravintsara ( agathophyllum aromaticum), sorte de
1 Le laborieux secrétaire de la Société d’histoire naturelle de l’île Maurice, M. Julien Desjardins, a réuni un nombre immense de docu-ments propres à une description générale des richesses scientifiques de Madagascar et des îles avoisinantes ; mais cet estimable naturaliste pa-raît plus désireux d’acquérir des connaissances nouvelles que de faire part au monde savant de celles qu’il possède déjà. On ne peut s’empêcher de regretter que ce penchant, digne des plus grands éloges lorsqu’il a pour but de mûrir des travaux auxquels la précipitation a toujours été funeste, prive la science des renseignements précieux que la persévé-rance de M. Desjardins lui a permis d’amasser, et dont son savoir tirerait, nous n’en doutons pas, un grand parti.
– 12 – canelle dont la noix et la feuille ont un parfum exquis, le poivre sauvage, le gingembre, le tabac, la canne à sucre, le coton, le tanghin (tanghinia veneniflua), qui tient une place si terrible dans la procédure criminelle des indigènes, le bélahé dont l’écorce amère est estimée des naturels pour ses vertus médici-nales, l’arrivou-taon-velou (ce nom signifie mille ans de vie) (exacum var.), panacée des Malgaches, le maïs, le mil ; enfin la plus utile production de cette terre, le riz, dont les botanistes ont énuméré onze variétés. Le cocotier, le bananier, différentes sortes d’ignames, le manioc, des haricots et des plantes cucurbi-tacées et crucifères, etc., servent aussi à la nourriture des natu-rels.
Les forêts et les lacs sont habités par une foule d’oiseaux imparfaitement connus encore ; en outre, les perroquets, les pigeons, les sarcelles, les pintades, les faisans, y volent par mil-liers. Parmi les oiseaux de proie, il faut mentionner le vouroun-doule (l’effraye) qui inspire aux Malgaches une terreur supersti-tieuse, et le vouroun-mahère, sorte de grand-faucon dont l’image, portée en décoration par Radama, est figurée sur le pa-villon hova.
L’île renferme les animaux les plus utiles à l’homme : les troupeaux de bœufs sauvages ou domestiques y sont nombreux. Ce sont des bœufs à bosse, ou zébus, dont il existe trois espèces, le zébu ordinaire, le bœuf sans cornes, appelé bouri, et le bœuf à cornes pendantes. Ces animaux sont la principale richesse de l’île d’où il s’en exporte une grande quantité pour l’approvisionnement des îles Bourbon et Maurice. Les moutons à grosse queue de l’espèce de ceux du Cap, les cochons, les san-gliers, les chiens, les chats domestiques et sauvages, y sont aussi en grand nombre, ainsi qu’une foule de plus petits quadrupèdes, entre autres, l’aye-aye (sciurus madagascariensis) et le tandrec, qui sont propres à Madagascar ; les makis (lemur) abondent dans les forêts.
Le monstrueux caïman (crocodile), qui infeste les lacs et les rivières, joue un grand rôle dans les traditions et les mœurs
– 13 – malgaches. L’exposition aux caïmans remplace l’épreuve du tanghin chez les Anta-ymours. Les lézards, les caméléons, des serpents énormes, mais peu ou point venimeux, doivent être cités parmi les reptiles ; parmi les insectes, des papillons magni-fiques, le précieux ver-à-soie, les scorpions, les sauterelles dé-vastatrices, une araignée extrêmement venimeuse.