Voyage à Madagascar et aux îles Comores - Tome I

B. F. Leguével de Lacombe · Chapitre 38 sur 39

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Voyage à Madagascar et aux îles Comores - Tome I

Chapitre XX.

 

 

Départ de Foulpointe. – Village de Mahambou. –

Rade de Fénérif. – Singulier traitement de la rougeole. – Retour de plusieurs pirogues malgaches

de la pêche de la baleine. – Culture et commerce

des environs de Fénérif. – Habileté des indigènes

dans la navigation. – Leur bonne foi dans les transactions avec les Européens. – Île Sainte-Marie.

– Climat funeste et aspect désolé de cet

établissement français. – Tristes restes de

l’expédition de 1820. – Résidence et bureaux du

commandant. – Fortifications. – Anciens habitants

de l’île. – Habitants actuels. – Abondance des

baleines sur les côtes. – Passion des Malgaches

pour la chair des baleineaux. – L’héritier

présomptif du chef de Tintingue. – Améliorations

de rétablissement sous l’administration de

M. Tourette. – Seconde visite à Kalou. – Horreur

des femmes malgaches pour le caméléon. –

Description et mœurs de ce joli animal. – Dernière

entrevue avec Rafaralah’. – Relâche à l’île aux

Prunes. – Aspect de cet îlot inhabité. – Chasse aux

chauves-souris. – Retour à Tamatave. – Détails sur

la famille de Jean René. – Portrait du prince

Coroller.

 

Le lendemain, 17 septembre, nous reçûmes, au moment où nous allions nous embarquer, un billet de Rafaralah’, écrit par lui-même en créole ; il était ainsi conçu : « Moi appelle vous

 

– 297 – pour dézener. » Nous chargeâmes l’officier qui nous le remit de remercier pour nous son général, nos affaires ne nous permettant pas un plus long séjour à Foulpointe.

Nous appareillâmes vers midi, et quelques heures après nous étions en vue de Mahambou où nous donnâmes un pied d’ancre. Le mouillage est peu distant de la terre, et le village, bâti sur un monticule à cent pas tout au plus du rivage, est composé de quarante à cinquante cases. Arnous, qui avait là un poste pour la traite du riz, fit présent au chef de son bonnet de laine rouge que celui-ci trouvait magnifique.

Nous ne nous arrêtâmes à Mahambou que le temps nécessaire pour débarquer quelques marchandises, et nous suivîmes la côte jusqu’à Fénérif où nous nous rendîmes en quelques heures.

La rade de Fénérif est la plus mauvaise de la Côte de l’Est ; le mouillage est très loin de la terre ; les courants sont si violents que les bâtiments y sont sans cesse ballotés par le tangage et par le roulis. À la moindre apparence de mauvais temps ils sont obligés de prendre le large, car cette côte est entourée d’écueils, ce qui rend les communications avec la terre très difficiles et l’embarquement toujours lent. On voit dans le N.-O., entre le mouillage et la terre, une petite île qui servait de sépulture aux Malates ; aujourd’hui encore tous les chefs de la contrée y sont enterrés. On y avait transporté, la veille de notre arrivée, le corps du dernier chef de Fénérif, qui, pour se guérir de la rougeole, se plongeait, jusqu’au cou, dans les eaux vives d’un bassin formé par une source qui n’est pas éloignée du village et qu’une ceinture d’arbres au feuillage épais privait entièrement des rayons du soleil.

En allant à terre dans le canot de l’Alcyon, nous vîmes rentrer cinq grandes pirogues qui ramenaient chacune un baleineau harponné par les Malgaches ; plus de six cents personnes qui poussaient des cris de joie les attendaient sur la grève. Ces pirogues avaient à la proue un pavillon blanc, qui n’est hissé que lorsque la pêche a été heureuse. Plusieurs

 

– 298 –

Malgaches se jetèrent à la nage à l’approche des pirogues, afin d’aider, en tirant sur le cable, à mettre les baleines au plein. Les harponneurs étaient debout sur l’avant des embarcations, la tête haute, le regard fier et leur harpon à la main ; lorsque les baleines furent échouées ils leur lancèrent presque tous en même temps leurs harpons, et s’élancèrent sur le sable. À peine furent-ils à terre que la foule les entoura ; chacun exalta leur adresse et leur courage ; puis plusieurs hommes s’emparèrent d’eux et les portèrent en triomphe au village.

Arnous avait à Fénérif un établissement pour la traite des riz, dirigé par un vieux marin nommé Jollet. Ce fut là que nous couchâmes. Les environs de Fénérif sont moins marécageux que ceux de Foulpointe ; aussi ce pays passe-t-il pour être moins malsain ; on y cultive beaucoup de riz de marais et de terre, mais le dernier est préféré dans le commerce ; les deux récoltes de riz que l’on fait tous les ans suffisent pour charger quatre ou cinq bâtiments du port de deux mille tonneaux ; on y traite aussi de la cire et des pagnes.

Les habitants de Fénérif sont les meilleurs marins de la Côte de l’Est et même de l’île entière ; ils construisent de belles pirogues qu’ils vont vendre à Foulpointe, à Tamatave et plus avant dans le sud ; ils prennent sur les récifs des hourites (espèce de sèches) et les vendent sur la côte aux Malgaches qui sont en général très friands de ce mets.

Nous nous reposâmes un jour à Fénérif où Arnous avait quelques affaires d’intérêt à régler avec les Malgaches ; là, je fus témoin de la bonne foi des indigènes dans leurs relations avec les blancs.

Arnous avait vendu à crédit depuis trois ans des marchandises à un habitant de l’intérieur qui demeurait à plusieurs lieues de Fénérif et qu’il connaissait à peine ; cet homme, ayant appris l’arrivée de son créancier, lui amena fidèlement le nombre de bœufs qu’il avait promis de lui fournir.

 

– 299 –

Le 19 septembre, nous appareillâmes de Fénérif et nous fîmes route pour Sainte-Marie où nous mouillâmes dans l’après-midi. Un pharmacien, nommé Marcage, délégué du chirurgien-major, vint faire la visite de santé et nous annonça que le docteur Marquis, médecin en chef de la colonie, venait d’être arrêté. Il était, en effet, détenu sur l’aviso le Colibri, mouillé à une petite distance de nous. Ce médecin, accusé d’avoir enlevé les fonds de la caisse du gouvernement, après la mort du commandant Sylvain Roux, fut traduit depuis à l’île Bourbon devant un conseil de guerre et acquitté.

Nous n’allâmes que le lendemain faire une visite au commandant qui nous reçut fort bien et nous invita à dîner ; il était arrivé depuis peu de temps à Sainte-Marie pour remplacer M. Sylvain Roux.

L’île Sainte-Marie ne produit presque rien, n’est utile à rien, et cependant elle figure encore sur le budget de nos colonies pour une somme annuelle de soixante mille francs qu’il serait possible de mieux employer. Des chevaux, des bœufs, des ânes que l’on y avait transportés d’Europe y sont tombés victimes des influences du climat ou des plantes vénéneuses qui leur servent de pâture. On a remarqué que les bœufs venus de la grande terre, qui n’est qu’à trois lieues de Sainte-Marie, dépérissaient et mouraient s’ils restaient quelque temps dans cette petite île ; le gibier, dont les espèces sont si nombreuses et si variées à Madagascar, n’y existe pas ; on n’y entend même pas les oiseaux babillards qui égaient les solitudes et divertissent le colon de ses douloureuses pensées.

Il restait à peine cinquante hommes de l’expédition de 1820 et la plupart étaient dans un état maladif. L’hôpital, situé sur une hauteur de l’îlot Louquez et battu par les vents du large, était plein de malades ou plutôt de mourants ; quelques-uns étaient affectés d’hydropisie, d’autres d’obstructions au foie ; les convalescents, appuyés sur un bâton, se traînaient avec peine ; des jeunes gens de vingt-cinq ans, qui, trois ans auparavant, étaient pleins de santé et de vigueur, paraissaient en avoir

 

– 300 – soixante, tant ils avaient souffert des suites de la fièvre et du régime malsain auquel ils avaient été soumis.

L’aspect de Sainte-Marie avait dû contribuer aussi à porter le découragement dans le cœur des Français que l’on y avait envoyés. Son rivage désert, ses campagnes sans la moindre trace d’habitation ni de culture, ses forêts d’arbres du voyageur dont les larges feuilles, lentement balancées par la brise, faisaient entendre leur triste sifflement, avaient dû leur inspirer des idées mélancoliques et des pensées de mort.

Les bureaux du gouvernement, situés sur l’îlot Louquez, étaient établis dans une misérable case malgache composée de deux pièces. Celle du fond servait de cabinet au commandant ; elle n’avait pas de plancher ni même de natte ; deux ou trois ouvertures pratiquées dans le frêle mur en ravinala livraient passage à l’air, et, quand le soleil incommodait, étaient masquées par des rideaux de rabane qui tenaient lieu de persiennes. Cette case n’avait pas de portes, mais des panneaux de feuilles entrelacées à la manière du pays (tamiens).

Je m’étonnai que les administrateurs de Sainte-Marie n’eussent pas cherché, depuis trois ans que la colonie était établie, à se procurer un local plus digne de la France.

Aucunes fortifications n’avaient été commencées sur l’îlot ; mais le commandant avait le projet d’y faire un ouvrage à cornes qu’il a, je crois, exécuté depuis ; il avait fait placer un poste sur une montagne très élevée qui dominait le gouver-nement ; quelques pierriers que l’on y avait montés mettaient à l’abri d’une surprise et pouvaient en imposer aux Hovas, si Radama, comme on paraissait le croire, se décidait à faire un débarquement dans l’île.

Je vis sur la rade la gabare la Normande qui servait de ponton ; elle était couverte de feuilles de ravinala qui lui donnaient un aspect lugubre. Lorsque la fièvre s’était manifestée pour la première fois à Sainte-Marie, l’hôpital n’étant pas encore construit, les malades avaient été entassés

 

– 301 – dans son entrepont et presque tous y étaient morts, ce qui la faisait regarder en quelque sorte comme un cercueil par ceux qui avaient survécu.

Ce bâtiment qu’on avait ainsi abandonné était cependant encore neuf et avait dû coûter beaucoup à la France ; il aurait pu servir pendant un grand nombre d’années si on avait voulu veiller à sa conservation ; j’ai appris que, par suite de cet état de délaissement, on avait été forcé de le démolir.

Sainte-Marie, connue anciennement sous le nom de Nossi-Ibrahim, île d’Abraham, était habitée autrefois par une colonie d’Arabes que l’on appelait Zaffe-Ibrahim, lignée d’Abraham, sans doute parcequ’ils se disaient les descendants de ce patriarche. Je demandai st ces hommes, qui devaient avoir la même origine et les mêmes usages que les Zafféraminians, étaient encore dans l’île ; on me répondit que presque tous l’avaient quittée depuis longtemps et s’étaient établis sur divers points de la côte de Madagascar ; il me fut impossible d’en voir un seul.

La plupart des habitants de Sainte-Marie étaient des Antavarts ou des Betsimsaracs réfugiés sur cette île pour se soustraire au joug des Hovas ; quelques-uns étaient venus s’y établir pour la pêche. On trouve sur les côtes de Sainte-Marie une grande quantité de poissons, et pendant la mousson du S.-O. les baleines y sont nombreuses. Les Européens pourraient en prendre une grande quantité, s’ils voulaient se tenir, dans la saison où elles passent, à l’entrée du canal qui sépare Sainte-Marie de la grande île, mais ils ne pourraient pas compter pour cette pêche sur l’assistance des Malgaches qui s’occupent eux-mêmes à poursuivre les baleineaux.

MM. Albrand et Carayon, planteurs européens établis à Sainte-Marie, avaient eu l’idée d’acheter aux Malgaches tous les baleineaux qu’ils prendraient. Après avoir contracté un marché avec les indigènes, ils avaient fait venir de Bourbon des chaudières et tous les ustensiles nécessaires à la pêche des baleines dont ils se proposaient d’extraire de l’huile.

 

– 302 –

La saison de la pêche arrivée et le premier baleineau pris, les Européens offrirent aux pêcheurs soixante piastres qu’ils étaient convenus de leur donner pour chacun de ces cétacés ; mais ceux-ci se prirent à rire en leur disant que pour quatre fois autant d’argent ils ne livreraient pas les produits de leur pêche, parcequ’ils aimaient mieux faire bonne chère que d’accumuler des piastres dont ils n’avaient aucun besoin. Cette réponse peut donner une idée de l’insouciance des Malgaches et du peu de valeur des engagements qu’ils contractent avec les blancs.

Nous vîmes à Sainte-Marie le jeune Manditsara, fils d’un traitant malabare nommé Glon ; ce jeune homme devait hériter de Tsifanin’, chef de Tintingue, dont il était le petit-fils. Son état de faiblesse et d’apathie ne promettait pas beaucoup au gouvernement français qui l’avait fait élever à ses frais.

Pendant trois jours que nous restâmes à Sainte-Marie, il plut presque continuellement, ce qui nous empêcha de visiter l’établissement de M. Albrand, situé à quelques lieues du port. Ce mauvais temps n’étonnait pas les colons : ils nous dirent qu’il durait les trois quarts de l’année et que souvent l’on était plus d’un mois sans voir le soleil. Le capitaine Arnous traita avant notre départ de quelques pagnes et de très beaux coquillages : c’est à peu près tout ce que l’île produit. Les bœufs, les poules et les canards, qui viennent de la grande terre, y sont presque aussi chers qu’à Bourbon.

On assure que l’état de Sainte-Marie s’est beaucoup amélioré depuis cette époque, que des maisons solides et commodes comme celles de Bourbon y ont été bâties, qu’une immense quantité de terres a été défrichée et plusieurs chemins pratiqués pour communiquer avec l’intérieur ; enfin que la population s’est considérablement accrue par l’émigration des Malgaches qui s’étaient mis sous la protection des Français en 1829, et qui s’embarquèrent avec eux en 1832 lorsqu’ils abandonnèrent aux Hovas le fort de Tintingue. Toutes ces améliorations sont dues, dit-on, au courage, à l’activité et à la persévérance de M. Tourette, dernier commandant, qui était

 

– 303 – parvenu à faire construire, avec quelques ouvriers militaires de la marine, un brick de deux cents tonneaux employé aujourd’hui à faire le cabotage pour l’approvisionnement de la colonie. Malheureusement cet administrateur habile n’a pu résister longtemps aux influences pernicieuses du climat ; sa mort a été une calamité pour l’établissement et une véritable perte pour la France.

On rencontre dans les forêts de Sainte-Marie de beaux arbres propres à la construction des vaisseaux. Si la rade était plus grande et plus sûre, et le climat moins mauvais, nos bâtiments, qui font la navigation de l’Inde, pourraient être réparés, dans cette île, à bien meilleur compte qu’à Maurice où une mâture coûte quelquefois le quart de la valeur du navire ; mais le mouillage n’y est pas sûr pendant l’hivernage, et la fièvre y enlève presque tous les Européens.

Nous étions si contents de l’accueil que nous avait fait Rafaralah’, à Foulpointe, qu’en quittant Sainte-Marie nous nous dirigeâmes encore une fois vers ce port. En nous rendant à la case de Kalou que nous voulions charger d’annoncer notre arrivée au gouverneur, je remarquai un caméléon suspendu par la queue à une branche d’arbre ; il était plus beau que tous ceux que j’avais vus jusqu’alors à Madagascar. Ses belles teintes vertes, rouges, bleues et jaunes, produisaient, au soleil, un effet admirable. Je lui présentai mon parasol, et il s’y posa comme s’il eût été privé. Je le portai ainsi jusque chez Kalou où plusieurs

femmes étaient assemblées pour jouer au fifanga1. Dès qu’elles aperçurent mon caméléon, elles se sauvèrent en poussant des cris ; Kalou, quoique plus civilisée, paraissait saisie de la même épouvante que ses compagnes, et il me fallut, pour les décider à

 

1 Le fifanga est l’unique jeu des Malgaches ; c’est un carré long en bois rouge dans lequel il y a un grand nombre de trous régulièrement disposés ; on y met des espèces de noix de Galles qui servent de pions et que l’on prend comme au jeu de dames.

 

– 304 – rentrer, emporter mon caméléon chez Arnous où je l’enfermai dans un sac.

Je leur demandai, à mon retour, pourquoi elles craignaient toutes cet animal qui me paraissait inoffensif : « Parcequ’avec sa langue, me répondirent-elles, il perce les yeux des femmes, et les met hors d’état de trouver des maris. » J’ai appris depuis, par Jean René, que l’antipathie des femmes malgaches pour le caméléon avait un autre motif, et qu’elle se rattachait à quelque tradition superstitieuse dont je n’ai pu avoir l’explication.

Le caméléon est commun à Madagascar. Il m’est arrivé plusieurs fois d’en irriter sur des toiles de diverses couleurs, et je ne les ai jamais vus changer la leur ainsi qu’on l’a prétendu. J’ai remarqué seulement qu’ils pouvaient vivre longtemps sans prendre de nourriture. Avant mon départ de Tamatave pour le pays des Vourimes, un officier de la marine marchande, nommé Danton, qui avait été mon ami d’enfance, me pria de lui rapporter un caméléon. Je ne tardai pas à en prendre un que j’enfermai dans un sac de natte, et que j’oubliai tout-à-fait durant tout le voyage. À mon retour à Tamatave, je n’y pensais pas davantage, quand une visite de Danton vint me rappeler ma promesse ; je fis chercher parmi mes paquets et l’on trouva le sac que je me hâtai d’ouvrir ; à mon grand étonnement, le caméléon vivait encore et ne paraissait pas avoir perdu ses forces, car ses couleurs étaient aussi vives que quand je l’avais pris plus de deux mois auparavant.

Le caméléon de Madagascar se nourrit de mouches ; il les prend avec sa langue qu’il darde à la distance de plus d’un pied ; il lance avec une vitesse étonnante cette langue qui creuse et aspire aussitôt la mouche qui se trouve prise dans cette cavité. Les belles couleurs du caméléon se ternissent dès qu’il est mort. Sa marche est très lente ; on le voit presque toujours suspendu à des branches d’arbres, par sa queue qui est très longue ; il n’est pas obligé de tourner la tête de côté pour chercher sa proie, car ses yeux sont mobiles dans leurs orbites, et se dirigent dans tous

 

– 305 – les sens avec la plus grande facilité ; sa tête est plate et relevée au-dessus des yeux.

Nous ne restâmes qu’un jour à Foulpointe, où Rafaralah’ voulait nous retenir pour une partie de chasse qui devait avoir lieu le surlendemain ; il nous fallut lui promettre que, dans quelque temps, nous viendrions le visiter. Il est tombé sous les coups de la veuve de Radama avant que j’aie pu exécuter ma promesse.

Le jour de notre départ, nous étant trouvés retenus par des calmes devant Tamatave, Arnous me proposa d’aller dans son canot visiter l’Île-aux-Prunes dont nous étions très près. Cet îlot, bien situé pour la pêche, serait habité par les Malgaches si l’on y trouvait de l’eau douce. Nous vîmes, en abordant, plusieurs grandes pirogues au mouillage ; elles étaient pleines de poissons ; tous les soirs ces pirogues retournaient à Tamatave.

L’Île-aux-Prunes, qui n’a pas plus d’une lieue de circuit, est couverte de mangliers ; on voit suspendues, à leurs branches, des milliers de grosses chauves-souris dont les Européens eux-mêmes trouvent la chair délicate ; nous tuâmes, en un instant, plus de cinquante de ces animaux. Le sol de l’île était couvert de coquillages brisés qui ne tardèrent pas à déchirer nos souliers. Après avoir chassé pendant quelques heures, nous rejoignîmes l’Alcyon, et la brise étant venue, nous entrâmes à Tamatave avant la nuit.

Je retrouvai là mes amis, Jean René, Coroller et Philibert. Coroller, qui n’était avant mon départ que capitaine d’état-major de Jean René, venait d’être nommé colonel ; ce jeune homme, dont l’existence frêle et maladive était déjà usée par les veilles et l’étude, est devenu l’homme le plus influent de Madagascar, et ce n’était pas sans raisons que Jean René avait mis en lui toutes ses espérances. Favorisé par la nature, sous le rapport de l’esprit et de l’adresse, Coroller connaissait les hommes et les choses, et n’eût pas été déplacé parmi nos meilleurs diplomates européens. C’est à lui que la France doit

 

– 306 – attribuer les tristes résultats de son expédition de 1829. Il était sobre, rangé, sincèrement attaché à sa patrie adoptive, mais peut-être un peu trop ambitieux. Il n’avait pas un caractère impétueux comme Radama et René, et faisait tout avec calme et réflexion. C’est à tort qu’on lui a reproché sa partialité pour les Anglais, car il n’aimait que son pays et il aurait voulu le voir prospérer.

Il n’avait alors que vingt-et-un ans ; il était né à Maurice, d’une femme malgache qui était sœur de Jean René ; son père était un Bas-Breton orfèvre à Maurice ; il était à son aise, et n’avait rien négligé pour l’éducation de son fils. Coroller mourut en 1836 ; il était alors régent de Tamatave, gouverneur-général de la province des Bétanimènes, et conseiller privé de la reine d’Émirne dont il dirigeait toutes les affaires.

Jean René avait deux autres neveux, Berora, fils de Fiche, chef d’Yvondrou, et Philibert qui est encore grand-juge à Tamatave. Le premier, emmené en France par Sylvain Roux, avait été élevé à Paris, aux frais du gouvernement, et allait retourner à Madagascar lorsqu’il mourut en 1832. L’autre est aujourd’hui le seul héritier mâle de la famille de Jean René.

 

– 307 –

Table des matières

 

 

PRÉFACE. ................................................................................. 3

NOTICE GÉOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE SUR L’ÎLE

DE MADAGASCAR. .................................................................. 5

PRÉCIS GÉOGRAPHIQUE. ........................................................ 5

§ 1. Étendue de l’île. – Montagnes et rivières. – Insalubrité des

côtes. – Vents. – Marées. – Température. – Minéraux. – Mines d’or

et d’argent. – Houille. – Fertilité du sol. – Forêts. – Productions

végétales. – Animaux. ......................................................................... 5

§ 2. Population probable. – Peuples divers de l’île. – Origine de

cette diversité. – Dénomination des divers peuples. – Caractères

physiques qui les distinguent. – Caractère général des Malgaches. –

Indolence. – Superstitions. – Qualités morales. – Serments du sang.

– Hospitalité. – Amour maternel. – Vénération pour les morts. –

Religion. – Fêtes. – Musique. – Poésie. ............................................ 14

PRÉCIS HISTORIQUE. ............................................................. 37

I. RELATION DES EUROPÉENS AVEC MADAGASCAR,

DEPUIS LA DÉCOUVERTE JUSQU’À LA CESSION DE

L’ÎLE-DE-FRANCE AUX ANGLAIS, EN 1814. ......................... 37

§ 1. – Notions des Arabes sur Madagascar. – Découverte de l’île

par les Portugais. – Visite de Tristan d’Acunha. – Expédition

portugaise et premières relations avec les Malgaches. – Les Anglais et

les Hollandais. ................................................................................... 37

§ 2. – Établissement d’une compagnie française pour

l’exploitation du commerce de l’île. – Pronis et Fouquembourg. –

Fondation du Fort-Dauphin. – Étienne de Flacourt. –

Champmargou. .................................................................................. 42

§ 3. – De Maudave rétablit le Fort-Dauphin. – Histoire de la

colonisation de Benyowsky. – Établissement dans la baie d’Antongil.

– Obstacles et revers. – Retour de fortune. – Grand kabar des

naturels. – Élévation de Benyowsky au pouvoir souverain. –

Séparation d’avec la France. – Départ de Benyowsky. – Son retour et

 

– 308 –

sa mort. – Appréciation de son caractère. – Tentative du général de

Caen à Tamatave. .............................................................................. 45

II. RÉCIT DES ÉVÉNEMENTS SURVENUS À

MADAGASCAR DEPUIS 1814 JUSQU’À CE JOUR (1840). ..... 53

§ 1. – Prétentions des Anglais sur Madagascar. – Établissement

des Français à Sainte-Marie. – Désastres de cette expédition. – Vues

ambitieuses des Anglais. – Première tentative d’établissement au

port Louquez. – Projets de sir Robert Farquhar. .............................. 53

§ 2. – Histoire de Dianampouine, roi d’Émirne. –Étendue de

son autorité. – Avènement de Radama, son fils, en 1810. – Mission

de Chardenaux à Émirne. – Radama confie l’instruction de ses jeunes

frères au gouvernement anglais. – Mission du capitaine Lesage. –

Obstacles qu’il rencontre à Tamatave. – Sa réception à Tananarivo. –

Signature d’un traité secret avec Radama. – Retour de Lesage à

Maurice. ............................................................................................ 57

§ 3. – Retour des frères de Radama avec leur gouverneur

Hastie. – Portrait de cet agent secret du gouvernement de Maurice. –

Il trouve Radama à Tamatave. – Conquêtes du jeune monarque. –

Envahissement du territoire de Jean René. – Traité de paix de

Manaarez. – Entrée de Radama à Tamatave et fuite de Fiche à l’Île-

aux-Prunes. ....................................................................................... 62

§ 4. – Départ d’Hastie pour Tananarivo. – Réception de l’agent

anglais. – Premières négociations pour l’abolition de la traite des

esclaves. – Kabar convoqué à cet effet. – Succès d’Hastie. – Traité

signé avec Radama. – Retour d’Hastie à Maurice. – Fidélité

rigoureuse du roi d’Émirne. – Honteuse rupture du traité par les

Anglais. – Occasion d’influence offerte au gouvernement français. . 65

§ 5. – Nouvelle mission d’Hastie. – Première apparition des

missionnaires anglais. – Appréhensions du révérend Jones. –

Progrès rapides de la civilisation à Émirne. – Le Grand-Maréchal

Robin. – Tentative d’Hastie pour renouveler le traité rompu. –

Sanglants reproches de Radama. – Sage discours d’un vieux

conseiller du prince. – Grand kabar convoqué à Émirne. – Éloquence

de Rafaralah’. – Radama redoute le sort de Louis XVI. – Signature

d’un nouveau traité. – Campagne désastreuse contre les Sakalaves-

du-Sud. .............................................................................................. 70

§ 6. – Premiers travaux des missionnaires. – École publique. –

Progrès de la mission. – Mort d’Hastie. – Regrets publics de Radama.

– Appréciation de l’agent anglais. ..................................................... 76

 

– 309 –

§ 7. Maladie et mort de Radama (1828). –Avènement de

Ranavalou, sa femme et sa sœur. – Récit officiel des funérailles du

roi. – Richesses enfouies dans son tombeau. – Portrait de Radama,

par le prince Corroller. – Lettre autographe du roi malgache. ......... 79

§ 8. Position critique des missionnaires. – Départ de deux

d’entre eux. – Rencontre du prince Ratef et de sa femme. – Mort

violente de ces deux infortunés. – Sanglants auspices du nouveau

règne. – Arrivée de Robert Lyall, successeur d’Hastie. – Expulsion de

l’agent anglais. – Rupture solennelle du traité de Radama. –

Cérémonie du sacre de la reine. – Discours d’intronisation. –

Serment de fidélité. ........................................................................... 85

§ 9. Expédition française sur la Côte de l’Est. – Précis des

événements qui avaient amené cette attaque. – Protestation de

Radama contre les prétentions françaises. – Prise du fort Dauphin

par les troupes Hovas. – Avanie de la reine contre les traitants

français. ............................................................................................. 89

§ 10. Arrivée du capitaine Gourbeyre à Tamatave. – Refus de

passeports pour les commissaires français. – Fortifications de

Tintingue. – Commencement des hostilités – Prise de Tamatave. –

Désastre de Foulpointe. – Revanche de la Pointe-à-Larrée. – Le

général Tazo. – Diplomatie des Hovas. – Évacuation de Tintingue. –

Causes probables de cet échec. .......................................................... 99

§ 11. Haine croissante de Ranavalou contre les missionnaires. –

Anecdote. – Projets d’expulsion des Anglais. – Discours violent d’un

chef à la reine. – Effet de son éloquence. – Édit royal qui interdit la

pratique du christianisme. – Nouvel édit de proscription contre les

chrétiens. – Exécution rigoureuse de l’édit. – Départ des

missionnaires (1835). – Appréciation de leurs travaux et motifs de

leur expulsion. ................................................................................. 106

§ 12. État actuel de l’île. – Nouvel échec d’un envoyé français à

Tananarivo. – Situation précaire des traitants européens. –

M. Delastelle. – Expédition anglaise de 1838. – Persistance de la

reine à refuser toute relation avec les étrangers. – Position

menaçante de Ramanétak à Anjouan. – Révolution imminente à

Madagascar. ..................................................................................... 114

 

– 310 –

VOYAGES A MADAGASCAR ET AUX COMORES

 

 

CHAPITRE Ier. ...................................................................... 118

Arrivée à Madagascar. – Jean René. – Tamatave. – Les chiens

malgaches. – Les maremites. ................................................... 118

CHAPITRE II. ....................................................................... 127

Départ pour Vobouaze. – Yvondrou. – Costumes et pirogues

des indigènes. .......................................................................... 127

CHAPITRE III. ...................................................................... 138

Le coq du voyageur. – Le houchouk. – La rivière d’Yvondrou.

– L’urne sacrée. – Le vouroun’-saranoun, oiseau immortel. .. 138

CHAPITRE IV. ...................................................................... 146

Les Ampanires. – Un pangalame. – La sorcière du lac Nossi-

bé. – Les Kimosses. – Les lacs Rassoua-bé et Rassoua-

massaye. – Un kabar. – Village de Vavoune. – Repas servi

dans un vase affecté par les blancs à un autre usage. ............. 146

CHAPITRE V. ........................................................................ 157

Forêt de Vavoune. – Le baba-koute. – Les makis. – Le vari. –

Les tendracs. – Le voun-t’sira. – Réunion des chasseurs

malgaches. – Rencontre de deux serpents monstrueux. –

Chasse aux caïmans. – Moyen employé par les naturels pour

les prendre. – Pipée malgache.................................................. 157

CHAPITRE VI. ...................................................................... 166

Grande chasse au sanglier. – La curée. – Les exploits de

Mara-mass’. – Vénération pour les chasseurs du sanglier. –

La chasse recommence. – Nuée de sauterelles. – Un esclave

empoisonné par la piqûre d’une araignée. – Traitement du

 

– 311 –

malade par le massage. – Pêche du caret à l’embouchure de

l’Andévourante. – Trafic de l’écaille. – Le corbigeau. – Pêche

de la baleine. – Fêtes, cérémonies et conjurations des naturels

à cette occasion. – Départ pour Vobouaze par Andévourante. 166

CHAPITRE VII. ..................................................................... 178

Andévourante. – Portrait des Bétanimènes. – Réception faite

au voyageur par les jeunes filles. – Chants et danses à ce sujet.

– Visite de Sirira, fille de Siavok, et de sa mère. – Le ralouba.

– Danseurs de profession ; leurs costumes et leurs mœurs. –

Rencontre singulière de la maîtresse de Benyowsky. –

Attachement des Malgaches à leurs coutumes. – Histoire d’un

jeune prêtre indigène. – Le serment du sang ; détails de cette

cérémonie solennelle. – Liste civile du chef. – Comment les

Malgaches entendent le droit de propriété. ............................ 178

CHAPITRE VIII. ................................................................... 187

Fêtes et réjouissances à la naissance d’un garçon ;

indifférence pour les filles. – Cérémonie du mampila ou

horoscope. – Danses guerrières. – Funérailles d’un grand

personnage. – Le bobre africain. – Chants improvisés et repas

funèbres. – Procès criminels. – Le tanghin. – Épreuves

préparatoires. – Grand kabar. – Détails du sahali. – Le

traon’fadi ou case du repentir. – L’ampan’anghin ; sa bonne

foi et son incorruptibilité. – Prompts effets du poison. –

Allocution au patient. – Influence de cette coutume sur la

population. – Les délateurs et la confiscation. – Pénalité

infligée à l’accusateur. – Histoires de la veuve de Zaka-vola et

du prince Ratef. – Opinion de Radama sur le tanghin. –

Distinction du tanghin civil et du tanghin criminel. ............... 187

CHAPITRE IX. ...................................................................... 196

Adieux et cadeaux faits à Siavok et à Sirira. – Village de

Maramandia. – Takon ou brancard de voyage. – Arrivée à

Vobouaze. – Description de la ville. – Conjurations d’un

enchanteur contre l’orage. – Le résident anglais, M. Hastie. –

Présentation à Radama. – Portrait du jeune conquérant. – Ses

 

– 312 –

aides-de-camp et ses pages. – Luxe de la cour malgache. –

Dîner à la table royale. – Ordre et détails de service. –

Musique militaire entendue pour la première fois par

Radama. – Effets inattendus de la musique sur son

organisation nerveuse. – Grande fête religieuse du Bain. –

Croyances des Hovas. .............................................................. 196

CHAPITRE X. .......................................................................205

Grande revue de l’armée hova. – Disposition des tribus

vaincues. – L’infanterie ; son uniforme. – Les artilleurs. – La

garde royale des sirondas. – Les chanteuses de l’armée

célèbrent les hauts-faits de Dianampouine et de Radama. –

Les ombiaches et le fanfoudi-bé. – L’étendard de Tippou-

Saëb. – Radama et son cortège. – Maladresse des artilleurs. –

Le roi reçoit le serment de fidélité des nations vaincues. –

Promulgation du code militaire des Hovas. – Les soldats

commerçants. – Pénalité des déserteurs. – Exigences de

l’étiquette hiérarchique. – Privilèges des soldats. ................... 205

CHAPITRE XI. ...................................................................... 212

Mœurs privées des Hovas. – La polygamie leur est permise. –

La prostitution en honneur dans les premières familles du

pays. – Formalités du mariage et de la répudiation. –

Prééminence de la vadi-bé ou première femme. – Trésors

enterrés avec les morts ; conséquences de cette coutume. –

Lois criminelles. – Trait de justice et de générosité de Radama

envers des marchands étrangers. ............................................ 212

CHAPITRE XII...................................................................... 217

Caractère des fièvres de Madagascar. – Maladie et souffrances

du voyageur. – Retour à Tamatave. – Expédition de Jean

René contre les Vourimes. – Mœurs de cette peuplade

belliqueuse. – Intrépidité de son chef Jakamaef. – Départ

avec l’armée. – Jean René au village de Mitinandre. –

Réunion de Jean René avec la division du prince Ratef. –

Portrait de ce général et du major Ratsi-atou. – Rataf, frère de

Radama. – Description de l’armée d’expédition. – L’avant-

 

– 313 –

garde hova. – Les corps des Betsimsaracs et des Bétanimènes.

– Première étape à Vatou-mandré. ......................................... 217

CHAPITRE XIII. ................................................................... 225

Entrée à Maroussic – Engagement avec les Affravarts sur la

place du village. – Effets d’une pièce de canon dans cette

attaque. – Abondance et voracité des rats. – Préjugés des

Malgaches à l’égard des chats et des porcs. – Kabar convoqué

par Jean René. – Les chefs de Maroussic se soumettent à

Radama. – Cérémonie à cette occasion. – Forêt et rivière de

Maroussic. – Préparatifs d’une chasse au bison. – Halte dans

la forêt. ..................................................................................... 225

CHAPITRE XIV. ................................................................... 231

Rencontre dans la forêt. – Le chasseur noir. – Histoire de

Simandré. – Éloquence naturelle aux Malgaches. – Leurs

orateurs, exercés dès l’enfance, égalent les plus célèbres de

l’Europe. – Exemples et autorités citées à l’appui de cette

assertion. – Les Malates. – Origine de Simandré. – Il épouse

la fille de Sialan. – Portrait de Volalande. – Rivalité avec Jean

René. – Piège qu’il tend à Simandré et à Sialan. – Funestes

effets de l’engagement solennel pris par ceux-ci. – Ils sont

dépossédés par René et Fiche. – Fuite et malheurs de

Simandré. – Vains efforts qu’il fait pour se venger de René. –

Il surprend Fiche et le tue. – Terribles représailles. – Fin du

récit de Simandré. ................................................................... 231

CHAPITRE XV. ..................................................................... 252

Chasse au bison. – Départ de Maroussic. – Riant aspect du

pays. – Village et port de Manourou. – Commerce qui s’y fait

avec Maurice et Bourbon. – Le chef Fouhi et sa religion. –

Entrée dans le territoire des Antatschimes. – Le chef

Fouhirandre. – Ordre de l’armée. – Village de Taleva-lahé. –

Arrivée à Amboudéhar. – Réception au son du cor. – Le pont-

levis. – Entrée au conseil de Fouhirandre. Portrait du vieux

chef. – Apparente soumission des Antatschimes. – Attaque

soudaine et impétueuse de Fouhirandre. – Déroute de

 

– 314 –

l’armée. – Simandré dans la mêlée. – Le voyageur rejoint

René à Ombé-madinic. – Pertes de l’armée. – Bravoure des

Bétanimènes et des Betsimsaracs. – On traverse les villages

de Mahitzy, Zaza-kout, Benguy-mahia. – Le Mangourou. –

Amboua-massiac, Azon-lahé, Ranou-vola, Raharaha,

Ompissa. – Descente en pirogue jusqu’à Mananzari. ............. 252

CHAPITRE XVI. ................................................................... 262

Mananzari et son mouillage. – Visite à l’établissement du

capitaine Arnous. – Mahéla, et son commerce de riz. – Départ

pour le pays des Ranoumènes. – Île Karmichouk. –

Dispersion subite des Ranoumènes. – Arrivée à Namour. –

Accueil du chef de ce village. – Faraon. – Présage funeste

pour les Malgaches. – L’armée manque de vivres. – Le

voyageur se rend seul à Faraon pour traiter des provisions. –

Description de Faraon. – Résolution de Dianansaïe ; dialecte

particulier de son peuple. – L’armée continue sa route en

brûlant les villages des Antaymours. ....................................... 262

CHAPITRE XVII. .................................................................. 269

Rivière et village de Matatane. – Honteuses coutumes des

Anta-ymours importées par les Arabes. – Leur respect pour

l’autorité des chefs. – Différence des épreuves subies dans les

procès criminels suivant les localités. – Épreuve du flot de la

marée au Fort-Dauphin. – Exposition aux caïmans chez les

Anta-ymours. – Histoire de la jeune Rakar, accusée de

relations criminelles avec un esclave. – Courage héroïque de

la jeune fille. – Issue de l’épreuve épouvantable qu’elle subit.269

CHAPITRE XVIII. ................................................................. 274

L’armée continue sa marche. – Villages de Sahada et d’Ampa-

minta. – Montagnes des Chavoaïes. – Indices de mines

ferrugineuses. – Huttes des Chavoaïes. – État grossier et

misérable de cette peuplade. – Ignorance où ils sont des

autres habitants de l’île. – Leur origine probable. – Leurs

croyances. – Pays des Chaffates. – État sauvage dans lequel

ils vivent. – Excursion à Fahandza, leur principal village. –

 

– 315 –

Panique des habitants. – Entrevue avec un vieillard Chaffatte.

– Discours singulier du vieux sauvage. – Terreur

superstitieuse des Chaffates à la vue du voyageur à cheval. –

Nourriture de ces peuples. –Mission de Ratsiatou. – Entrée

dans les montagnes des Vourimes. –Village de Hantsy-lava. –

Froid excessif du climat. – Jean René sur le point

d’abandonner la campagne. – Nouvelles de Ratsiatou. – Le

bourreau malgache. – Trahison des ministres de Jakamaëf. –

Entrée à Mononga-bé, capitale des Vourimes. – Retour de

l’armée. – Halte à Sakaléon. – Ombé-marou, ville principale

de ce district. – Richesse du chef Vouaré. – Les Vourimes

prêtent le serment de fidélité. – Fouhirandre s’oppose au

passage de l’armée sur son territoire. – Maladie grave et

guérison merveilleuse de Jean René. – Arrivée à Tamatave. . 274

CHAPITRE XIX. ................................................................... 285

Accueil gracieux et reconnaissant des neveux de Jean René. –

Départ pour le Nord avec Arnous. – Débarquement à

Foulpointe. – Kalou, la mulâtresse. – Visite au gouverneur de

Foulpointe. – Sa maison. – Sa garnison. – Histoire de sa lutte

contre Radama. – Paroles héroïques qu’il adresse à son

vainqueur. – Sa fin malheureuse. – Caractère de cet homme

remarquable. – Présentation à ses femmes. – Son portrait en

costume de chef antscianac. – Accueil qu’il fait aux Français.

– Gravité noble de ses manières. – Case élégante du

gouverneur. – Environs et village de Foulpointe. – Industrie

des tisserands antscianacs établis auprès de Rafaralah’. –

Comment ils lissent leurs admirables pagnes. – Lépreux. –

Maladie plus hideuse encore que la lèpre. – Horreur des

indigènes pour les malheureux affectés de cette maladie. –

Cimetière de l’ancien établissement français. – Dîner chez le

gouverneur. – Toilette européenne de ses femmes. –

Occupation du dessert. – Nouveau moyen de transport. ........ 285

CHAPITRE XX. ..................................................................... 297

Départ de Foulpointe. – Village de Mahambou. – Rade de

Fénérif. – Singulier traitement de la rougeole. – Retour de

plusieurs pirogues malgaches de la pêche de la baleine. –

 

– 316 –

Culture et commerce des environs de Fénérif. – Habileté des

indigènes dans la navigation. – Leur bonne foi dans les

transactions avec les Européens. – Île Sainte-Marie. – Climat

funeste et aspect désolé de cet établissement français. –

Tristes restes de l’expédition de 1820. – Résidence et bureaux

du commandant. – Fortifications. – Anciens habitants de l’île.

– Habitants actuels. – Abondance des baleines sur les côtes. –

Passion des Malgaches pour la chair des baleineaux. –

L’héritier présomptif du chef de Tintingue. – Améliorations

de rétablissement sous l’administration de M. Tourette. –

Seconde visite à Kalou. – Horreur des femmes malgaches

pour le caméléon. – Description et mœurs de ce joli animal. –

Dernière entrevue avec Rafaralah’. – Relâche à l’île aux

Prunes. – Aspect de cet îlot inhabité. – Chasse aux chauves-

souris. – Retour à Tamatave. – Détails sur la famille de Jean

René. – Portrait du prince Coroller. ........................................ 297

 

– 317 –