Voyage à Madagascar et aux îles Comores - Tome I
Chapitre XV.
Chasse au bison. – Départ de Maroussic. – Riant
aspect du pays. – Village et port de Manourou. –
Commerce qui s’y fait avec Maurice et Bourbon. –
Le chef Fouhi et sa religion. – Entrée dans le territoire des Antatschimes. – Le chef Fouhirandre.
– Ordre de l’armée. – Village de Taleva-lahé. –
Arrivée à Amboudéhar. – Réception au son du cor.
– Le pont-levis. – Entrée au conseil de Fouhirandre.
Portrait du vieux chef. – Apparente soumission des
Antatschimes. – Attaque soudaine et impétueuse de
Fouhirandre. – Déroute de l’armée. – Simandré
dans la mêlée. – Le voyageur rejoint René à Ombé-
madinic. – Pertes de l’armée. – Bravoure des Bétanimènes et des Betsimsaracs. – On traverse les villages de Mahitzy, Zaza-kout, Benguy-mahia. – Le Mangourou. – Amboua-massiac, Azon-lahé, Ranou-
vola, Raharaha, Ompissa. – Descente en pirogue
jusqu’à Mananzari.
Le chant des coqs sauvages (akoho ala) éveilla bientôt les Malgaches qui se disposèrent à entrer en chasse ; la fatigue de la nuit et le souvenir du chasseur noir, dont le récit touchant m’avait profondément attristé, m’empêchèrent d’y prendre beaucoup de part.
Plusieurs bisons furent lancés et poursuivis par nos chiens, mais un seul tomba sous les coups des chasseurs. Cet animal ne diffère pas des autres bœufs de Madagascar ; cependant je lui trouvai les cornes plus courtes, le poil plus lisse, les crins plus
– 252 – longs et mieux fournis ; quand il est excité par les chiens, son œil devient ardent et féroce. Sa chair est maigre, sèche et coriace.
Nous rentrâmes de bonne heure à Maroussic ; je me gardai bien de parler à Jean René de ma rencontre de la forêt ; il m’annonça que nous partirions le lendemain pour Manourou, les Affravarts ayant rempli tous leurs engagements envers lui. Il était déjà tard lorsque nous quittâmes Maroussic pour nous rendre à Manourou qui n’en est qu’à une journée de marche au S.-O.
Nous suivîmes encore la côte et nous eûmes bientôt dépassé la forêt de Maroussic qui s’étend dans une autre direction que celle où nous étions. Je m’aperçus que le pays dans lequel nous entrions ne ressemblait pas à celui que nous venions de traverser. Nous avions devant nous des plaines immenses et des marais couverts de riz ; l’eau des rivières était jaune comme les terres où elles coulaient, et leurs bords, dégarnis d’arbres, n’étaient couverts que de quelques herbes courtes qui semblaient n’y croître qu’avec peine ; les campagnes n’étaient pas mieux boisées que le rivage. Je voyais beaucoup de villages dont les maisons me paraissaient nombreuses et mieux construites que celles des Bétanimènes ; des plantations de cannes à sucre et de tabac, des champs de maïs, de choux, d’ognons, annonçaient que les peuplades que j’allais visiter avaient quelques idées d’agriculture.
Jean René, certain d’être bien accueilli à Manourou dont le chef était son ami, se disposa à y aller coucher ; mais il nous fallut beaucoup de temps pour gravir avec nos bagages le rocher escarpé et presque inaccessible au sommet duquel ce village est bâti.
Le district de Manourou est peu considérable ; son mouillage est très mauvais, sa passe étroite et difficile est entourée de brisants dont l’aspect fait frémir ; cependant les récoltes des environs étant abondantes, quelques bâtiments de Bourbon et de Maurice s’exposent à mouiller sur un fond de
– 253 – corail où ils perdent souvent des ancres, pour enlever le riz, la cire, le tabac et la gomme copal, qu’on obtient là pour des marchandises de peu de valeur. Le riz que l’on traite à Manourou est très blanc et de bonne qualité ; c’est le plus beau de Madagascar et le plus estimé des marchands.
Avant d’entrer à Manourou, l’armée fit halte dans une grande plaine marécageuse où Jean René reçut un messager du chef Fouhi. Une demi-heure après, nous étions au village de Manourou, situé sur la rive droite de la rivière du même nom. C’est la résidence du chef. Un autre village est bâti sur une montagne près de la mer et sur la rive gauche ; c’est sur cette montagne que sont construites les cases de traite des Européens.
Jean René voulant passer la nuit dans ce dernier village, où l’air est plus salubre que dans les marais, nous traversâmes la rivière en pirogues.
Le chef, nommé Fouhi, vint nous faire une visite. C’était un petit vieillard abruti par l’usage immodéré qu’il faisait de l’arak ; il ne manqua pas de nous montrer, ainsi qu’il le faisait à tous les étrangers qui s’arrêtaient dans son village, un gobelet d’argent qu’il conservait comme une relique, n’osant pas s’en servir dans la crainte d’altérer le brillant du métal ; il le tenait de M. Boucher, père de Jean René, devenu son frère de serment, pendant qu’il voyageait à Madagascar pour la Compagnie des Indes.
La nièce du chef l’accompagnait ; cette femme, nommée Calou, était célèbre par sa beauté et par ses aventures : elle avait plus de trente ans au moment où je la vis, et cependant elle était remarquable encore par ses formes admirables et qui rappelaient les lignes élégantes et pures des statues antiques. Elle était veuve d’un vieux négociant arabe que le commerce avait conduit à Madagascar.
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Nous étions chez les Antatschimes et nous allions entrer, en quittant Manourou, sur les terres de Fouhirandre, principal chef de cette peuplade.
Nous ne restâmes qu’un jour à Manourou. En quittant ce village, nous fîmes route au sud. Fouhirandre, quoique très âgé, aimait encore la guerre ; il était redouté des Malgaches et surtout des Bétanimènes qu’il avait attaqués et vaincus plusieurs fois. L’accueil qu’il venait de faire à trois envoyés d’Émirne, chargés par Radama de demander sa soumission, donnait lieu de croire qu’il était disposé à lui résister : après avoir brûlé en leur présence le pavillon qu’ils avaient ordre de lui donner, il avait fait zagaïer les deux messagers plus âgés et renvoyer l’autre à Tananarivo pour rendre compte des résultats de leur mission.
Jean René, qui s’attendait à un combat, eut soin de visiter les armes et de les faire charger avant le départ. L’armée marchait dans le même ordre que pour l’attaque de Maroussic ; les volontaires du Grec Nicolle, qui, nouveau Léonidas, avait choisi le poste le plus périlleux, servaient d’éclaireurs et précédaient l’avant-garde composée d’Hovas et commandée par Ratef ; les Affravarts, divisés en deux détachements, marchaient en tirailleurs et couvraient ses flancs ; Jean René se tenait à l’arrière-garde où il avait conservé une compagnie d’élite de la division hova pour résister au premier choc de l’ennemi en cas de surprise, si, tournant la position, il venait attaquer les derrières. L’armée n’allait pas vite ; on était forcé de faire souvent des haltes ; les Malgaches, n’étant pas assez vêtus, souffraient beaucoup de la pluie qui tombait continuellement. Après avoir fait environ une lieue au S.-O., nous nous arrêtâmes
au village de Taléva-lahé1, à l’entrée de la forêt de Fandrona ; le chef de ce village, nommé Labavat, nous offrit du miel et des bananes.
1 C’est le nom du mâle de la poule d’eau de Madagascar.
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Après une demi-heure de repos, nous continuâmes notre route au sud pendant une heure environ dans la forêt de Fandrona ; nous entrâmes ensuite dans des plaines fertiles couvertes de villages et de plantations de riz, de maïs et de tabac ; nous couchâmes dans le plus considérable de ces villages, que les Malgaches nomment Filoufac ; il est situé à un quart de lieue environ dans le sud de la forêt ; ses cases sont grandes et plus solidement construites que celles du nord.
Le lendemain, au point du jour, nous partîmes du village, et après avoir marché pendant quatre heures dans la même direction que la veille, nous aperçûmes Amboudéhar.
Amboudéhar, situé sur la rive droite du Mangourou1, ne diffère pas des autres villages malgaches ; ses vastes magasins à riz et la maison du chef sont seuls remarquables ; les fortifications qui entourent ce village annonçaient qu’il avait été construit par un guerrier. Il était défendu par un fossé profond et par un triple rang de palissades garnies de raquettes.
Les sons du cor qui partirent du fort m’étonnèrent lorsque nous fîmes notre entrée dans la ville, car c’était pour la première fois que j’entendais cet instrument à Madagascar. Les maisons étaient presque toutes abandonnées, ce qui nous porta à croire que tous les hommes propres au combat s’étaient retirés dans la place. Jean René, après avoir choisi des positions et placé des postes, envoya Ratef et Ratsi-atou en parlementaires auprès de Fouhirandre ; je demandai à les accompagner, ce qui me fut accordé.
Lorsque nous nous présentâmes aux portes du fort, le cor se fit encore entendre, et peu d’instants après un Malgache parut à une large meurtrière pratiquée dans une espèce de guérite qui dominait la palissade extérieure.
1 Le Mangourou prend sa source au N.-O. dans les montagnes d’Ancove ; l’un de ses bras passe dans les montagnes des Antatschimes qui sont situées dans le S.-O. de la ville d’Amboudéhar.
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Dès qu’il connut l’objet de notre mission, il fut en rendre compte au chef qui donna l’ordre de nous recevoir. On abattit sur le fossé un pont-levis, si l’on peut donner ce nom à un faible châssis composé d’un cadre garni de feuillages, sur lequel nous passâmes ; on nous fit traverser une cour spacieuse où étaient un grand nombre de Malgaches armés de fusils et de zagaïes ; au bout on voyait une case étroite et élevée surmontée d’une espèce de donjon ; là demeurait le chef ; on nous y fit monter par une échelle qui servait d’escalier.
Fouhirandre présidait alors son conseil composé de plus de vingt guerriers ; une chaise en bois grossièrement sculptée lui servait de trône, un esclave à genoux tenait au-dessus de sa tête un parasol à carreaux blancs, bleus et rouges. Ce chef était aussi noir qu’un Cafre ; ses yeux louches et faux donnaient à son visage balafré une expression dure et repoussante. Il n’était pas mieux vêtu que le plus pauvre des Malgaches ; un mauvais seidik de grosse toile le couvrait depuis les genoux jusqu’à la ceinture ; son sim’bou, de la même étoffe, déjà usé, n’était pas assez grand pour le couvrir entièrement et laissait voir de larges cicatrices sur sa poitrine velue ; il avait une barbe grise épaisse, et sa tête était couverte d’une forêt de cheveux laineux ; il paraissait avoir au moins soixante ans et était encore robuste, quoiqu’il eût passé la plus grande partie de sa vie à la guerre. Ce chef était aimé des Antatschimes, qu’il traitait plutôt comme des camarades que comme des sujets ; il leur distribuait toujours le butin qu’il rapportait de ses expéditions et ne gardait de son propre bien que ce qu’il lui fallait pour vivre. Il était d’une sobriété assez rare chez les Malgaches ; la plupart du temps, un peu de riz suffisait à ses besoins.
Non-seulement Fouhirandre ne se leva pas pour recevoir les officiers hovas, mais il ne daigna pas même répondre à leur salut ; il chargea l’un de ses ministres de s’expliquer avec eux. Il eut pour moi plus d’égards, sans doute parceque j’étais un blanc, car il m’invita à m’asseoir près de lui sur un petit tabouret ; sa sœur qu’il avait fait appeler nous servit d’interprète : elle était fille d’un blanc et avait résidé plusieurs
– 257 – années à l’île de France où elle avait appris le français ; un fils qu’elle avait eu d’un médecin de cette colonie est aujourd’hui grand-juge à Foulpointe ; il s’appelle Henri Senec du nom de
son père1.
Après de longues discussions, Ratef et Ratsi-atou se retirèrent ; ils paraissaient satisfaits de leur entrevue. Je restai à dîner avec le chef qui avait fait beaucoup d’instances pour me retenir et qui chargea sa sœur de nous apprêter un repas créole.
Jean René m’annonça, lorsque je rentrai, que Fouhirandre avait consenti à reconnaître l’autorité de Radama ; en effet le lendemain ce chef parut au kabar qu’on avait réuni sur la place ; il n’était suivi que d’une faible escorte. Lorsqu’il se retira après les cérémonies du serment, Jean René ordonna aux Betsimsaracs de faire une décharge de mousqueterie, mais une balle, qui se trouvait sans doute par hasard dans l’un des fusils, traversa la cuisse d’un jeune homme qui marchait auprès du chef d’Amboudéhar.
Ce fut le signal d’un combat terrible qui ne tarda pas à s’engager ; Fouhirandre, croyant ou feignant de croire qu’on avait voulu l’assassiner, se mit à la tête de ses troupes qui sortirent du fort et nous attaquèrent avec tant de furie que les Hovas eux-mêmes, culbutés par le premier choc, furent forcés de battre en retraite.
Jean René se hâta de prendre la fuite et perdit une grande partie de ses bagages. J’aperçus Simandré dans la mêlée ; il faisait un carnage affreux et cherchait des yeux le général en chef qui n’était déjà plus à portée de sa carabine. Quoique je n’eusse rien à craindre de Fouhirandre, je regrettais de n’avoir
1 On a dit que Henri Senec était un affranchi de l’île Maurice ; c’est, comme on le voit, une erreur. Ce jeune homme, que l’on a représenté comme détestant les Français, est, au contraire, un de leurs plus chauds partisans et a su se faire aimer de tous les Européens qui habitent Foul-pointe.
– 258 – pas pu suivre l’armée ; mais la case que j’habitais se trouvant à l’une des extrémités du village, je n’eus pas le temps de réunir mes maremites. Je fus donc obligé d’avoir recours à la sœur du chef qui était restée presque seule dans le fort, car les Antatschimes étaient encore à la poursuite de l’armée de Jean René. Cette femme me procura une mauvaise pirogue dans laquelle je traversai le Mangourou ; après avoir marché jusqu’au soir vers le sud, en suivant la rive gauche du Mangourou, je m’arrêtai pour coucher au village de Ratsar-Zanaar, où je me décidai à attendre des nouvelles de l’armée.
Ratsar-Zanaar, situé sur la rive gauche du Mangourou, est un petit village qui ne contient pas plus de trente cabanes, et dont les environs sont couverts de rizières.
Le jour suivant un maremite que j’avais envoyé à la découverte de l’année de René étant venu m’annoncer qu’elle était campée près du village de Ombé-madinic (le petit-bœuf), je quittai Ratsar-Zanaar vers midi, et je marchai jusqu’au soir à l’ouest, en suivant toujours la rive gauche du Mangourou ; je rencontrai les avant-postes de l’armée où je pris un guide qui me conduisit à Ombé-madinic.
Ce village est composé d’environ soixante cases ; c’est un chef-lieu de district ; la pente des montagnes des Antatschimes commence à s’y faire sentir.
J’appris là que les pertes de l’armée étaient considérables ; mais les Hovas et les Affravarts seuls avaient souffert ; car les Betsimsaracs et les Bétanimènes avaient fui avec tant de vitesse que les balles n’avaient pu les atteindre.
Le 12 juillet nous nous mîmes en marche vers l’ouest dans les montagnes et nous nous arrêtâmes au petit village de Mahitzy, situé sur la rive gauche du Mangourou ; nous continuâmes à marcher jusqu’au soir dans la même direction, et le soleil était couché quand l’armée campa près du village de Zaza-kout où nous passâmes la nuit.
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Le village de Zaza-kout est situé sur la rive gauche du Mangourou ; ses cases sont petites et malpropres ; ses habitants, sans industrie comme tous les montagnards antatschimes, ne vivent guère que de lait et de fruits ; les bananes y sont très abondantes.
Le 13, nous levâmes le camp et nous arrivâmes pour dîner au village de Benguy-mahia où je vis beaucoup de chèvres d’une petite espèce que l’on appelle cabris aux îles Maurice et Bourbon ; leurs cornes sont courtes, leur poil est ras, et presque toujours de couleur fauve ; elles donnent très peu de lait. Benguy-mahia signifie chèvre-maigre.
Après un instant de repos, nous suivîmes un bras du Mangourou qui court au sud-est ; nous arrivâmes la nuit au village de Voulou-mas où nous couchâmes.
Le 14, nous marchâmes au sud-ouest et nous campâmes pour dîner au village d’Amboua-massiac (ou chien dangereux), situé sur la rive droite du Mangourou ; d’Amboua-massiac, nous suivîmes toujours au sud le cours du Mangourou. Nous nous arrêtâmes pour la nuit près de Vouï-bé (beaucoup de montagnes), village situé sur la rive droite du Mangourou, et plus grand que tous ceux que nous avions rencontrés jusqu’alors dans les montagnes des Antatschimes.
Nous traversâmes le Mangourou dès qu’il fit jour, et après avoir marché au sud jusqu’à une heure environ, nous fîmes halte un instant au village d’Azon-lahé, ou du tambour.
Le soir nous rencontrâmes de belles cascades formées par la rivière de Mananzari ; c’est près de ces cascades qu’est situé le grand village de Ranou-vola, ou eau d’argent ; nous y couchâmes.
Le 16, nous suivîmes le cours de la rivière de Mananzari, qui se dirige au sud-est ; nous nous arrêtâmes vers une heure au village de Raharaha et nous campâmes le soir près du village de Fihiratse, ou de la veillée.
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Le 17, nous continuâmes à marcher au sud-est, nous dînâmes au village de Monhali ; le soir nous arrivâmes à Ompissa, ou la chanteuse.
Le chef du village nous apprit que la rivière de Mananzari était navigable en pirogue jusqu’à la côte. Jean René donna l’ordre au major Ratsiatou de nous rejoindre à Mananzari, et le prince Ratef ayant remis le commandement à cet officier, nous nous embarquâmes tous les trois dans une grande pirogue et nous descendîmes la rivière, sans nous arrêter, jusqu’à
Mananzari 1.
1 Ce nom, qui signifie : qui a du bonheur, a été sans doute donne à ce village, parceque les Zafféraminians y sont influents ; leur présence est réputée un bonheur chez les naturels qui ont une foi entière en leur puis-sance surnaturelle.
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