Outer Banks

Alyssa Sheinmel · Capítulo 20 de 42

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Outer Banks

Chapitre 20 - JJ

MON REGARD SE POSE SUR LA LANTERNE DU PHARE. J’ÉTAIS

tellement fier d’avoir réussi à l’allumer, mais c’est elle qui a attiré les trafiquants jusqu’à nous.

Si mon père était là, il serait en train de me le reprocher.

Je serre les poings et les enfouis dans mes poches.

On s’installe par terre. C’est plus facile de tenir en place qu’en restant debout, et il y a moins de chances que les pirates nous entendent.

On ne les entend pas non plus. Leurs voix sont recouvertes par le sifflement du vent et la pluie qui bat le toit. Je repense à ce qu’a dit Savannah tout à l’heure, à propos des bâtiments construits pour résister aux catastrophes naturelles. Cette tour n’oscille pas. Elle ne bouge pas d’un poil.

Contrairement à moi. Une énergie incontrôlable coule dans mes veines.

J’ai l’impression que je vais exploser. Après ma dispute avec John B, je me suis défoulé en tapant sur le tableau de bord et en me concentrant sur les réparations, mais rester assis, immobile, dans le silence ne m’aide pas du tout.

Au contraire.

Je n’en veux pas à mon meilleur ami. Ses remarques m’ont froissé, mais il y a plus urgent. Et puis, je m’étais déjà calmé avant l’arrivée des pirates.

Je ne reste jamais énervé contre John B plus de quelques minutes.

Je l’observe du coin de l’œil. Je ne sais pas s’il est encore en colère contre moi.

Je me retourne vers Savannah. Je l’ai traitée d’idiote. Elle doit me détester.

Toutes ces pensées me donnent encore plus envie de bouger.

Savannah et John B ont l’air beaucoup plus calmes que moi. Ils sont adossés contre la base de la lanterne, les jambes étendues devant eux.

Savannah croise les chevilles. John B rejette la tête en arrière. Sa casquette tient miraculeusement en équilibre. Il joue avec les bracelets à son poignet droit.

Moi, je suis accroupi, aux aguets, prêt à bondir.

Savannah pose une main sur ma jambe. Surpris, je manque de tomber en arrière.

— Tu n’arrêtes pas de gigoter, murmure-t-elle.

— C’est vrai ? demandé-je, surpris.

Je pensais que j’étais immobile.

— Assieds-toi, suggère-t-elle. C’est plus facile.

Sa remarque sous-entend qu’elle a peut-être autant de mal que moi à tenir en place.

Je m’assois en tailleur à côté d’elle. Nos genoux s’effleurent.

— Ils vont peut-être finir par s’en aller, espère John B.

— On pourrait les inciter à s’en aller, proposé-je.

— Et les renvoyer dans cette tempête ? proteste Savannah. C’est trop dangereux.

Elle me rappelle Kiara et ses opinions tranchées sur le bien et le mal.

— Les secours sont peut-être en train de nous chercher, ajoute-t-elle.

Hunter sait à peu près dans quel coin on se trouve.

— Je pensais que tu n’avais pas besoin qu’on te sauve, grogné-je.

— Pas tout à l’heure, mais maintenant, c’est différent. On a besoin d’aide.

— Tu penses vraiment qu’Hunter va traverser une tempête pour venir à ta rescousse ? Il est sûrement en train de siroter une coupe de champagne à l’hôtel, sain et sauf.

— J’espère bien qu’il est sain et sauf ! s’agace Savannah. Ils ont dû faire face à la tempête pour rentrer, comme nous.

— On n’est pas rentrés, remarque John B.

— Je sais. Ce que je voulais dire, c’est qu’il y a des gens qui savent où on est. Pas seulement Hunter, les autres aussi. Meghan, Alexandria, George, Dave…

— De vrais noms de Kooks, la coupé-je.

Savannah me lance un regard noir.

— Ce sont tous des témoins, reprend-elle. S’il nous arrivait quelque chose, les pirates seraient des suspects, pas vrai ?

Je secoue la tête.

— Tes amis savent qu’on a été piégés par la tempête, pas qu’on est ici, dans ce phare. Les pirates pourraient nous tuer, jeter nos corps à l’eau et détacher le Pogue. Personne ne soupçonnerait quoi que ce soit. Si on meurt, ce sera rapporté comme un accident tragique, un groupe d’ados imprudents qui n’ont pas eu de chance.

Savannah frissonne à côté de moi. J’aurais dû être plus délicat, mais entendre parler de Hunter comme d’un potentiel sauveur m’a énervé.

— Vous avez tous les deux raison, décide John B. Il faut qu’on prouve qu’on était là, et que les trafiquants étaient là, pour qu’ils soient arrêtés s’il nous arrive quelque chose.

— Comment ? demandé-je. La radio est en panne.

Un sourire illumine son visage.

— Notre radio, peut-être. Mais pas la leur.

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