Audacieuse Emily

Debbi Rawlins · Chapitre 1 sur 16

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Audacieuse Emily

Chapitre 1

 

— Tu t’es fait teindre en blonde ?

— Oui, hier… Qu’est-ce que tu en penses ?

Emily fit entrer sa sœur, tout en la débarrassant de deux grands sacs en papier.

— ça te va bien, et ça fait très naturel.

— Oui, n’est-ce pas ? approuva Pam en passant devant elle pour s’admirer dans le miroir du grand-père Carter qui était dans la famille depuis plusieurs générations.

Un vent d’automne s’engouffra dans la pièce, entraînant sur le sol une poignée de feuilles. Emily jeta un coup d’œil à l’extérieur, pour s’assurer que ses nièces ne suivaient pas leur mère, puis elle referma la porte. Pam était de ces personnes qui semblent occuper tout l’espace dès qu’elles sont quelque part, au détriment des autres et parfois même de leurs propres enfants. Ce n’était pas intentionnel, chez elle, mais le résultat était là…

— Mais j’aimais aussi tes cheveux roux, ajouta Emily en suivant sa sœur dans le séjour, enviant sa silhouette et sa jupe crayon grise, qui mettait ses longues jambes en valeur.

Des trois filles Carter, Pam était la plus grande et la plus élégante. Denise, la benjamine, était aussi la plus petite en taille, mais elle possédait un minois tout à fait adorable. Tandis qu’Emily s’était retrouvée juste entre les deux, moyenne en tout. Cela n’avait plus d’importance à présent — à vingt-huit ans, on a dépassé ce genre de rivalités sororales —, mais cela en avait eu beaucoup, quand elle était plus jeune.

— J’étais auburn, pas rousse, corrigea Pam. Où est maman ?

— Sortie cueillir les dernières roses dans la serre… Qu’est-ce qu’il y a dans ces paquets ? lui demanda-t-elle en posant les deux sacs sur le canapé en cuir.

— Des cadeaux de Noël.

— Et tu les as apportés ici plutôt que chez toi pour… ?

— Pour que tu puisses les emballer. Mais ça ne presse pas…

Emily leva les yeux au ciel. Elle l’aurait parié !

— C’est vrai, j’ai le temps, ironisa-t-elle. Thanksgiving n’est que dans trois semaines…

Ignorant ses sarcasmes, Pam jeta un coup d’œil à sa montre, visiblement contrariée.

— J’espère que Denise ne sera pas en retard ; Mark et moi avons une réservation pour dîner au Club ce soir.

— Denise vient aussi ?

— On ne t’a pas dit que tout le monde se réunissait aujourd’hui ?

Emily secoua la tête avec un long soupir. Pourquoi l’aurait-on prévenue d’un débarquement en force dans sa propre maison ? Elle était toujours là ! Non seulement elle travaillait chez elle, mais elle passait encore tout son temps libre à lire ou à cuisiner, et ne sortait le samedi soir que lorsqu’on avait besoin d’elle pour jouer la baby-sitter auprès de ses neveux et nièces.

— Pourquoi cette réunion ?

— Pour discuter du dîner de Thanksgiving…

Pam se dirigea vers le bar et se servit un Martini. Puis elle jeta un coup d’œil critique sur le survêtement favori de sa sœur.

— Je n’arrive pas à croire que tu aies encore ce vieux truc !

Mais, avant qu’Emily ait pu répondre quoi que ce soit, le regard de sa sœur se posa sur ses chaussons roses.

— Oh ! non ! Là tu exagères, Emily !

— Où est le problème ? Je suis chez moi, ce n’est pas comme si je sortais comme ça !

Elle ne put toutefois s’empêcher de baisser les yeux vers ses chaussons. Hum. C’était vrai que ce n’était pas très glorieux…

— Et si quelqu’un sonnait à la porte ? demanda sa sœur.

— Qui veux-tu qui vienne sonner ?

— Je ne sais pas, moi, le livreur super canon de chez UPS qui t’apporte tes manuscrits, par exemple.

Emily se sentit rosir à la pensée que cet homme avait été, à une certaine période, l’événement le plus important de sa semaine… peut-être même de sa vie ! Elle avait même été jusqu’à mettre du mascara, lorsqu’elle attendait son passage.

— Ce n’est plus lui qui fait la tournée.

— Mince, et qui a pris sa place ?

— Une femme.

— C’est pas de chance, voilà ton seul espoir envolé, dit Pam avant de boire une gorgée de Martini. Sans rire, Emily, il faut vraiment que tu sortes davantage !

— Ma vie me convient très bien telle qu’elle est. Et puis, en travaillant chez moi, j’économise sur mon budget vêtements.

— Apparemment…

Emily leva les yeux au ciel. Elle adorait sa sœur, mais par moments Pam avait vraiment le don de l’agacer.

— Je crois que j’ai entendu une voiture…, dit-elle en se dirigeant vers la fenêtre.

Leur benjamine, extrêmement élégante dans un tailleur mauve et juchée sur des talons d’une hauteur vertigineuse, se précipitait dans l’allée pour échapper aux rafales de vent.

— C’est Denise ?

— Oui.

— Super… Tu veux bien aller chercher maman, s’il te plaît, pendant que je passe un rapide coup de fil à Mark ?

Avec plaisir. Ensuite, on la laisserait enfin en paix…

Emily entendit la porte d’entrée s’ouvrir, tandis qu’elle se dirigeait d’un pas traînant vers la cuisine, à l’arrière de la maison. Discuter du dîner de Thanksgiving ! Elle aurait décidément tout entendu ! Elle savait exactement comment cela allait se passer. Comme cela se passait toujours : c’était elle qui finirait par préparer tout le dîner.

Avant qu’elle ait eu le temps d’arriver dans le jardin, sa mère entra, avec une brassée de roses odorantes jaunes et roses.

— Tes sœurs sont arrivées ? demanda Laura Carter en dégageant une mèche blonde de son visage.

— Oui, répondit Emily en attrapant un vase en cristal. Tu ne m’avais pas dit qu’elles venaient.

— Je ne te l’avais pas dit ? Désolée, ma chérie… Peux-tu remplir le vase à moitié, s’il te plaît ?

Emily s’exécuta, puis déclara :

— Pam et Mark ont une réservation pour le dîner, alors ils sont pressés…

— Elle peut quand même attendre quelques minutes ! maugréa Laura, en prenant le temps d’arranger le bouquet dans le vase.

Emily s’accouda au comptoir de la cuisine et observa sa mère à l’œuvre. Le spectacle était touchant. D’une certaine façon, elles se ressemblaient beaucoup, toutes les deux. Elles étaient beaucoup plus zen que Denise et Pam, elles aimaient les films romantiques et les livres poignants qui les tenaient en haleine jusqu’à trois heures du matin.

A l’inverse, ses deux sœurs étaient plus sociables et ambitieuses, ressemblant davantage à leur père, enfin, d’après les informations qu’elle avait pu glaner au fil des ans, car son père était mort lorsqu’elle avait huit ans.

Sa mère prit un peu de recul pour admirer son arrangement floral.

— J’aurais dû cueillir davantage de feuillage, non ?

— Maman, tu es consciente que Pam et Denise vont se mettre à hurler après nous d’une seconde à l’autre ?

— Je suis même surprise de ne pas les avoir déjà entendues, répondit Laura, imperturbable, tout en mettant la dernière main à son bouquet.

Emily ne put s’empêcher de rire. Sa mère avait toujours eu un certain cran. Sous son apparence douce et frêle, elle était coriace et elle savait ce qu’elle voulait. Excepté en ce qui concernait les hommes… Dans ce domaine, elle flanchait à la moindre occasion. C’était même plutôt triste — comme si elle cherchait à retrouver le grand amour qu’elle avait connu avec le père de ses filles.

De ce point de vue, Emily était très différente d’elle. Les rendez-vous galants ne faisaient tout simplement pas partie de son vocabulaire. Essentiellement par manque d’opportunités, il fallait bien le reconnaître, mais elle ne s’endormait pas non plus le soir en rêvant au prince charmant ni même au très sexy livreur de chez UPS. Elle avait passé ses années de lycée plongée dans ses lectures, et elle pouvait compter ses rendez-vous avec des garçons sur les doigts d’une seule main. A l’université, elle n’avait pas non plus eu beaucoup de relations, à part deux très bons amis. Peu lui importait : sa vie lui convenait telle qu’elle était ; elle avait son travail, ses livres, mais elle était seule et, parfois, le sexe lui manquait.

Elle repensa au message de Marnie. Peut-être que l’année prochaine, elle tenterait l’aventure… Pourquoi pas une croisière ou une visite guidée en France ou en Italie ? Elle avait suffisamment d’économies pour se le permettre — partager la maison avec sa mère présentait certains avantages. Laura Carter avait eu des difficultés financières après son troisième divorce, et Emily lui avait proposé de revenir vivre dans la grande maison coloniale de son enfance, pour l’aider à payer le crédit et les dépenses courantes.

Deux ans plus tard, elles s’entendaient toujours à merveille, et n’avaient guère l’occasion de se gêner. Sans doute parce qu’elle-même passait la majorité de son temps dans son bureau et que sa mère était sortie le plus souvent. Quelle ironie ! A cinquante-quatre ans, sa mère avait une vie sociale plus active que la sienne…

— Je n’ai pas toute la nuit ! cria Pam depuis le séjour. Est-ce qu’on pourrait régler ça maintenant ?

— Elle a sans doute raison, fit Emily avec un soupir en se tournant vers sa mère. Finissons-en une bonne fois pour toutes.

Sa mère jeta un coup d’œil à l’horloge.

— Et si nous nous y mettons maintenant, j’ai peut-être même une chance d’être à l’heure pour le bridge chez Sheila.

— Je ne vois pas pourquoi tu ne serais pas à l’heure, marmonna Emily, on ne devrait pas en avoir pour longtemps.

Elle se sentait soudain terriblement agacée, sans trop savoir à quoi attribuer son énervement. Elle se moquait bien que tout le monde ait une sortie de prévue dans la soirée, sauf elle. Son irritation était plutôt due à la façon dont cette prétendue discussion allait se dérouler.

Sans avoir remarqué sa mauvaise humeur, sa mère se dirigea vers le séjour, puis directement vers le bar. Pam et Denise étaient assises sur le canapé en cuir, sirotant leur apéritif. Emily s’installa dans la chaise longue et regarda sa mère se servir un verre de vin blanc.

— Je veux bien la même chose, lui dit-elle, consciente que tous les regards s’étaient tournés vers elle.

Elle buvait rarement, généralement lorsqu’elle était en vacances ou pour une occasion spéciale.

Pamela regarda ses chaussons avec dédain.

— Je suppose que nous savons toutes ce que tu vas commander au Père Noël, cette année.

— Une nouvelle sœur aînée ? répondit Emily du tac au tac.

Denise ne put réprimer un éclat de rire.

— Soyez sympas, les filles ! dit leur mère avec un air de reproche, tout en tendant un verre à Emily.

Pam eut un petit rire gêné, termina son verre et regarda sa montre.

— Je sais que c’est une tradition, mais franchement on aurait dû régler ça au téléphone. Je suppose que le dîner de Thanksgiving commencera à 4 heures.Elle les regarda toutes, puis, sans attendre leur assentiment, elle ajouta :

— Cette année, je m’occuperai des boissons pour les adultes et les enfants… Il y a un nouveau boulanger fabuleux près de mon bureau, à qui on peut commander des tartes et des petits pains délicieux ! Je m’en occuperai aussi.

— Tu comptes prendre des tartes toutes faites ? lui demanda Denise, l’air ébahi.

— Ecoute, la plupart du temps, on n’a plus faim quand arrive le dessert, et puis on peut laisser Emily souffler un peu, non ? A moins que tu n’aies l’intention de préparer la dinde, les pommes de terre et les patates douces ?

Denise rougit, puis elle jeta un petit regard contrit à Emily.

— Je pensais apporter la salade, la sauce cranberry et des noix, comme d’habitude. Nous rentrerons le matin même de nos vacances de neige, alors je n’aurai pas le temps de cuisiner.

— Et toi, maman, reprit Pam, tu t’occuperas des petits pois et des oignons caramélisés ?

— Je serai moi aussi partie la veille. J’ai promis à Carla de faire mes achats de Noël avec elle à Chicago, mais je pense que je pourrai faire les petits pois aux oignons… Je sais à quel point Mark les attend avec impatience.

— C’est super d’aller à Chicago. Je parie qu’il y aura des décorations de Noël partout, dit encore Pam, avant de poursuivre sur la surprise qu’elle réservait à son mari.

Emily les écouta discuter de leurs projets de shopping, de visites à leurs amis et de leurs vacances de neige, avec un sentiment de frustration grandissant, et le fait de se rappeler que tout cela était autant de sa faute que de la leur ne l’aida pas beaucoup.

Comme d’habitude, personne ne s’était donné la peine de lui demander ce qu’elle voulait faire, ni même si elle se sentait le courage de préparer ce repas gargantuesque. Elles avaient supposé qu’elle s’occuperait de tout, puisqu’elle avait toujours accepté, sans jamais se plaindre !

Elle s’éclaircit la gorge discrètement.

— Je ne serai pas là…

Pam et Denise se tournèrent brusquement vers elle, éberluées.

— Tu peux répéter ça ?

Pam avait presque crié.

— Je ne serai pas là pour Thanksgiving, répéta Emily.

Le simple fait de répéter ces mots lui flanqua une peur bleue, mais le sort en était jeté.

— Tu plaisantes ? demanda Denise sur le ton de la désapprobation. Et où seras-tu ?

Emily hésita, le cœur battant à tout rompre.

— A New York.

— Non, sérieusement… Emily…, continua Denise d’une voix suspicieuse. Tu ne vas jamais nulle part et, tout à coup, tu irais dans une ville comme New York ?

— J’ai pensé que ça pourrait être amusant, pour une fois, de faire mes achats de Noël à New York.

Sa mère et Pam la regardaient d’un air amusé, pensant visiblement qu’elle bluffait. Elle ne pouvait plus reculer à présent.

— Et quand comptais-tu nous dire que tu avais d’autres projets pour Thanksgiving ? demanda Pam avec un soupçon de reproche dans la voix.

Le genre de ton auquel Emily aurait dû être habituée, depuis le temps…

— Dès que vous vous seriez donné la peine de me le demander, répliqua-t-elle.

Pam eut un geste exaspéré de la main.

— Mais tu prépares toujours le dîner de Thanksgiving… C’est à cause du livreur d’UPS ? Tu dois avoir besoin de sexe, alors…

— ça suffit les filles ! leur intima Laura, avec un regard sévère qu’Emily ne lui avait pas vu depuis qu’elle et ses sœurs étaient au lycée.

Elle se retint de rire. Elle ne l’aurait jamais admis, mais sa sœur avait raison, c’était exactement ce dont elle avait besoin, et New York lui semblait le lieu idéal pour cela.

***

 

Le vol avait été agité, l’escale à Detroit interminable et, à présent, des nuages menaçants pesaient sur l’aéroport de La Guardia… Emily attendait la navette qui allait la conduire dans l’hôtel hors de prix où elle avait réservé une chambre sur un coup de tête, au cœur de Manhattan. Au moins, ses bagages étaient arrivés à destination, contrairement à ceux des deux femmes qui se tenaient près d’elle, et qui venaient de découvrir que leurs valises s’étaient retrouvées en Floride par erreur.

Mais, même si ses bagages avaient été égarés, songea-t-elle, la perte aurait été minime. Elle n’avait emporté ni survêtement trop grand, ni chaussons pelucheux, ni T-shirt plein de trous, juste un jean, deux chemisiers et la quantité de sous-vêtements suffisante pour tenir le temps de se rendre dans le magasin Victoria’s Secret le plus proche. Elle se connaissait par cœur, et si elle ne se forçait pas à faire du shopping elle allait continuer à porter les mêmes vêtements confortables et usés.

Cette fois, elle avait repéré sur Internet les magasins où elle allait pouvoir faire ses emplettes et elle avait déjà prévu un itinéraire pour le lendemain, sa première journée à New York. La deuxième chose qu’elle allait faire serait de trouver un guide pour ses premiers jours dans la ville. Marnie lui avait bien recommandé quelques adresses où elle trouverait le guide idéal. C’était hors de prix, mais elle était bien décidée à se faire plaisir.

Enfin, elle espérait surtout que, pendant son séjour, elle rencontrerait un homme qui lui plairait assez pour étrenner la boîte de préservatifs qu’elle avait l’intention d’acheter pour l’occasion. A condition d’avoir le courage d’aller jusqu’au bout…

L’idée d’une aventure de vacances était pour elle aussi effrayante qu’exaltante. Mais peut-être qu’ici, où tout était si différent de chez elle, elle découvrirait des aspects inconnus d’elle-même. Après tout, elle avait une merveilleuse semaine devant elle — c’était en tout cas ce qu’elle n’avait cessé de se répéter durant le voyage pour que la peur et l’incertitude ne lui fassent pas regretter cette petite rébellion, en pleine réunion familiale.

Son appréhension était tout à fait irrationnelle, et elle en était bien consciente. Elle n’avait même pas trente ans, et elle était déjà engluée dans ses petites habitudes, incapable de prendre le moindre risque et d’accueillir ce qui pourrait apporter un changement dans sa vie.

A vrai dire, la seule idée d’élargir son horizon ne lui avait même jamais traversé l’esprit… C’était tout simplement pathétique ! Au cours des cinq dernières années, elle s’était contentée de vivre en ermite, se refermant chaque jour un peu plus sur elle-même. Et c’était fou, parce qu’elle était curieuse de nature. Elle aimait apprendre des choses nouvelles. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’elle adorait son travail de secrétaire d’édition en free-lance.

La navette approchait et elle se sentit ragaillardie. Ce voyage allait lui être bénéfique ; c’était exactement ce dont elle avait besoin pour prendre un nouveau départ. Au lieu de s’escrimer devant les fourneaux toute la matinée de Thanksgiving, pendant que sa famille prendrait du bon temps, elle allait s’offrir un brunch décadent dans un hôtel de luxe ! Peut-être même une assiette composée uniquement de desserts, plus caloriques les uns que les autres !

Pour une fois, aucune aventure ne serait trop intimidante ou trop exotique, et elle était bien décidée à s’attaquer, chaque jour, à quelque chose d’inédit. Louer les services d’un guide beau comme un dieu pour visiter la ville. Dîner seule dans un hôtel cinq étoiles.

Elle n’aurait pas peur d’essayer quoi que ce soit ! décida-t-elle soudain avec conviction.

 

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