Audacieuse Emily

Debbi Rawlins · Chapitre 8 sur 16

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Audacieuse Emily

Chapitre 8

 

Nick adorait Chinatown. Pas seulement à cause de la nourriture, mais aussi parce qu’il bénéficiait d’une plus grande liberté dans ce quartier de New York que dans nul autre. Les propriétaires des magasins étaient trop occupés à vendre leurs bibelots, le personnel des restaurants s’affairait trop en cuisine, à préparer des canards laqués et autres spécialités locales, et les touristes avaient trop à voir pour le remarquer.

Une paire de lunettes de soleil et un chapeau de pêcheur fourni par Tony, voilà tout ce dont il avait besoin, pour obtenir un peu de paix et d’anonymat.

— ça te dit ? demanda-t-il à Emily, s’attendant à ce qu’elle fasse une moue de dégoût

— Qu’est-ce que c’est ?

— Des travers de porc laqués. C’est la marinade qui leur donne cette couleur rouge. C’est bon, mais un peu sucré.

— Je crois que je n’en ai encore jamais mangé. Je m’en souviendrais, si c’était le cas !

Il sourit.

— Et les Dim Sum ? Tu en as déjà mangé ?

— Non, mais j’en ai entendu parler. Ça m’a toujours semblé exotique et délicieux.

— Alors, tu es partante ?

— Bien sûr, répondit-elle avec un grand sourire.

Il aimait ce côté aventureux chez elle, un côté bien plus développé que chez lui, quand il était arrivé dans cette ville. Sur le chemin du restaurant, ils s’étaient arrêtés de nombreuses fois pour qu’Emily puisse regarder les bibelots, les herbes médicinales chinoises et il put remarquer qu’elle n’avait pas peur de poser des questions. Il avait dû lui promettre de suivre le même itinéraire au retour, car il mourait de faim et ne supportait plus de flâner, le ventre vide.

Une fois installés à leur table, il commanda des nouilles ainsi qu’une soupe et une sélection de Dim Sum, puis il appela Tony pour lui dire qu’ils seraient plus longs que prévu.

— Où est-il ? demanda Emily, fascinée par les petits paniers en bambou qui contenaient les Dim Sum.

— Je lui ai proposé de se joindre à nous, mais il a préféré faire ses courses de Noël.

Elle sentit le rose lui monter aux joues.

— Etant donné notre conduite sur le siège arrière, tu crois vraiment qu’il allait nous accompagner ? lui fit-elle remarquer, avant de détourner les yeux. A moins, bien sûr, ajouta-t-elle, qu’il n’ait l’habitude de ce genre de choses…

Il la regarda fixement, ne sachant trop s’il devait s’amuser ou s’agacer de sa remarque.

— Quel genre de choses ?

— Tu as très bien compris ce que je veux dire.

— J’avais juste l’impression que tu prêchais le faux pour savoir le vrai.

Elle resta interdite quelques instants, presque indignée, puis elle se mit à rire.

— Tu as raison. Désolée !

Il sourit.

— Comme tu as été honnête, je vais répondre à ta question. Non, ce n’est pas quelque chose que j’ai l’habitude de faire. Et non, il n’a rien vu. Je n’aurais pas voulu te mettre dans l’embarras de cette façon. Et pour ce qui est du déjeuner, Tony ne raffole pas d’une nourriture qui ne soit pas diététique, en tout cas quand il ne s’agit pas de pâtes.

— Ah ! je vois.

— En plus, sa femme est une formidable cuisinière. Je n’ai jamais mangé de meilleures boulettes de bœuf à la sauce tomate que celles faites par Gina. C’est bien meilleur que dans les restaurants italiens quatre étoiles.

— Tu as mangé chez eux ?

— Très souvent. En fait, Tony m’a invité pour Thanksgiving, et je lui ai dit que j’allais chez mes parents pour les fêtes. A ce stade, il sait que je n’y vais pas, et je suppose que je lui dois une explication…

Elle pencha la tête sur le côté, ce qui était le signe — il commençait à le savoir — qu’elle s’apprêtait à poser de nombreuses questions.

— Et pourquoi tu ne vas pas chez tes parents ?

— Il n’y aura personne. Toute ma famille a décidé de partir en vacances de neige, cette année.

Elle sembla un peu surprise.

— Mais… Pourquoi n’as-tu pas… Tu aurais pu les rejoindre sur place, non ?

Il haussa les épaules.

— Oui, j’aurais pu. Mais j’aurais préféré passer les fêtes chez eux, manger les restes et regarder le foot à la télé. En fait, ça n’a pas grande importance…

Il jeta un coup d’œil vers l’entrée des cuisines, espérant que leur repas ne tarderait pas. Une serveuse s’était arrêtée à la table juste à côté de la leur avec son chariot. C’étaient surtout des Chinois qui venaient dans ce restaurant, ce qui était le gage d’une nourriture authentique, mais, manque de chance, les gens à la table en question avaient l’air d’être des touristes. Ils avaient du mal à communiquer avec la serveuse qui ne parlait que le chinois. Ils n’avaient pas encore compris que tout ce qu’ils avaient à faire était de montrer du doigt ce qu’ils voulaient. C’était tout l’intérêt du chariot qui présentait les différents plats, bon sang !

— Tu as l’habitude d’aller chez tes parents pour les fêtes ? reprit Emily.

— Non, admit-il après un petit silence. C’est pour ça que je ne peux pas leur en vouloir d’avoir prévu ce voyage. Ils ne s’attendaient pas que je vienne. Et toi ? Pourquoi est-ce que tu es venue ici seule pour Thanksgiving ?

Elle fit une moue, l’air pensif, puis elle dit :

— J’ai le problème inverse du tien… Ma mère et mes sœurs ont supposé que je resterais à la maison, que je ferais les courses, la cuisine et… maintenant que j’y pense, le ménage aussi !

— Parce que c’est ce que tu fais toujours ?

— Exactement.

— Alors tu as eu l’impression que tout ce que tu faisais était considéré comme acquis, et ça t’a mise en colère ?

— Je suppose que oui. En fait oui, tout à fait en colère, sur le moment. Mais la vérité c’est que j’aime faire tout ça. Pas le ménage, quand même, mais j’aime cuisiner, essayer de nouvelles recettes, décorer la table et…

Elle marqua une pause et leva les yeux sur lui avec un air de chien battu, avant d’ajouter :

— Toutes ces choses ennuyeuses que je regrette déjà de t’avoir avouées !

— Pourquoi ? fit-il en riant.

— J’ai vu ces photos de toi dans le magazine, tu te souviens ?

— Et alors ? Tu crois que je passe ma vie autour de piscines de luxe, de night-clubs à la mode, à boire du champagne avec des top models ?

— Plus ou moins, oui.

— O.K., peut-être qu’en dehors de la saison sportive j’en profite un peu, mais dès que le printemps arrive je me tue à l’entraînement, je passe des heures au club de gym et je surveille la moindre calorie que j’ingère.

— Vraiment ?

— Non, avoua-t-il en souriant, lorsqu’il eut la sensation de l’avoir déstabilisée un peu. C’est vrai à soixante-quinze pour cent seulement. Ah ! enfin ! dit-il en voyant le chariot s’approcher de leur table.

Il commanda les trois plats dont il savait prononcer le nom en chinois, et il en montra du doigt deux autres. Il supposait qu’Emily le laisserait commander pour elle, étant donné que ce type de cuisine ne lui était pas familier, mais elle le surprit en montrant à son tour quelques plats du doigt.

— Il y a d’autres chariots qui vont arriver, avec des plats différents. Il faut absolument que tu goûtes les tartelettes à la crème ! lui conseilla-t-il, une fois qu’ils furent servis.

— Il y en a encore ? Tu es sérieux ? s’écria-t-elle en regardant tout ce qui se trouvait déjà sur la table. C’est de la folie !

Une minute plus tard, un autre chariot leur fut présenté en effet et ils commandèrent de nouveau de la nourriture. Puis ils goûtèrent les plats dans un silence religieux. Nick aurait pensé qu’elle allait lui demander de quoi chaque plat était composé avant de le goûter, mais non… Elle y allait franchement, ce qui le poussa à se demander, un peu incongrûment, si elle était aussi audacieuse au lit.

Et son esprit une fois lancé dans cette direction, il fut incapable de penser à autre chose.

Il songea au petit livre rose. Pourquoi Emily l’avait-elle réellement acheté ? Il espérait que le soir même, il en saurait davantage…

 

***

 

— J’ai besoin de marcher un peu, lui annonça Emily, dès qu’ils eurent quitté le restaurant.

Ils venaient d’y passer deux heures et elle avait goûté à peu près tous les plats qui lui avaient été présentés. A présent, elle avait la sensation que son ventre était sur le point d’exploser.

— Sérieusement, il faut vraiment que je marche, Nick !

— Je n’en doute pas. Tu manges comme un défenseur de base-ball !

— Pas toujours, mais j’étais curieuse de découvrir tous ces plats. Et puis, quand est-ce que je vais avoir de nouveau l’occasion de manger des Dim Sum ?

— Demain, si tu veux…

Elle lui fit un petit sourire gêné, ne sachant pas trop comment réagir à cette réponse. Le fait qu’il ait mentionné le lendemain ne voulait pas dire qu’il lui demandait de sortir avec lui. Il signifiait simplement qu’elle était libre de revenir manger à Chinatown si elle le souhaitait.

Ils étaient arrivés à la limousine, où Tony les attendait.

Nick ôta son chapeau et passa les doigts dans ses cheveux courts.

— Tu as entendu ça, Tony ?

— Quoi donc, monsieur ?

— Emily n’avait jamais mangé de Dim Sum avant, et elle a adoré ça. Elle est prête à revenir demain…

Ils s’installèrent dans la voiture et Nick fit un clin d’œil à Emily, tout en posant une main sur sa cuisse.

— Où est-ce que nous allons ? s’enquit Tony.

— Tu as toujours envie de marcher ? demanda Nick à Emily, avant de répondre au chauffeur.

Ce n’était pas très fair-play. Avec sa main sur sa cuisse, elle était incapable de penser à quoi que ce soit d’autre que de retourner immédiatement dans sa chambre avec lui !

— Je n’ai pas envie que tu te retrouves assailli par la foule, dit-elle.

— Que diriez-vous de Coney Island ? suggéra Tony.

— C’est fermé, répondirent-ils à l’unisson, en se regardant dans les yeux.

Emily pensait bien à une autre façon de faire un peu d’exercice et de dépenser des calories, et elle était à peu près sûre que Nick pensait à la même chose qu’elle.

— Je ne parle pas de la plage, ni de la promenade, mais du parc d’attractions, qui est le seul à être ouvert. Ce qui veut dire qu’il y aura peu de monde, reprit Tony.

Après quelques instants de silence, il ajouta :

— Il y a aussi l’allée qui borde l’Hudson. Vous y croiserez quelques joggeurs, mais c’est tout. En revanche, je ne vous conseille pas Central Park !

— Je ne sais pas, dit Emily en regardant Nick. Qu’en penses-tu ?

— Comme tu veux, fit-il en se penchant vers elle avec un sourire malicieux. Il est encore tôt…

— Je crois que j’aimerais bien voir Coney Island, se décida-t-elle alors, déjà excitée à l’idée de ce qui allait certainement se passer ensuite.

— Tu as entendu ça, Tony ?

— Oui, monsieur Corrigan.

Nick marmonna un juron.

— Tu m’en veux, parce que je t’ai dit que je ne serais pas là pour Thanksgiving, c’est ça, Tony ? Je ne t’ai pas menti, à ce moment-là ; je pensais réellement que je ne serais pas là.

Tony grommela entre ses dents, puis il traversa un carrefour où la circulation était dense.

— Alors tu restes en ville, finalement ? demanda-t-il enfin.

— Je ne sais pas, répondit Nick en s’enfonçant au creux de la banquette.

Puis il se tourna vers Emily et lui demanda :

— Et toi ? Que fais-tu pour les fêtes ?

Le cœur d’Emily se mit à battre à cent à l’heure. Elle n’avait pas osé se demander ce qu’il se passerait, après cette nuit. Et si c’était un désastre ? Nick était sorti avec tant de mannequins sublimement belles…

Et puis elle se dit aussitôt qu’elle était sotte de penser à ce genre de choses. Elle n’était pas le genre de femme à se comparer aux autres. Pourquoi commencerait-elle maintenant ? Elle n’allait quand même pas disséquer toutes les parties de son corps, parce qu’elle n’avait pas passé sa vie à poser devant un appareil photo ! Pas même pour un homme tel que Nick.

Il semblait attendre sa réponse, ce que, pendant quelques secondes, elle semblait avoir oublié.

— Rien d’extraordinaire, finit-elle par lui dire. J’avais prévu de trouver un restaurant qui serve un brunch et de passer directement aux desserts, de remplir mon assiette de gâteaux tous plus décadents les uns que les autres.

— Tu plaisantes ?

— Non, je suis tout à fait sérieuse.

— Thanksgiving sans la dinde ? ça n’est pas très américain. C’est peut-être même contre la loi !

Elle se mit à rire.

— Vraiment ? Est-ce que ça veut dire que tu vas cuisiner une dinde ?

— Tu m’as eu sur ce coup-là, dit-il en lui caressant distraitement la cuisse du bout des doigts.

Elle frémit, stupéfaite qu’une caresse aussi innocente puisse la troubler à ce point et lui inspirer des pensées aussi inavouables.

Mais lorsqu’elle plongea son regard dans celui de Nick, il fut évident pour elle qu’il savait exactement ce qu’il faisait et que cette petite caresse qui semblait n’avoir l’air de rien était en réalité parfaitement calculée.

— Tu es toujours invité à la maison, Nick, lui rappela Tony. Et vous aussi Emily, si vous le souhaitez. Ma femme Gina cuisine très bien…

Emily regarda Nick, attendant qu’il réponde. Elle n’était censée passer que la journée avec lui, peut-être la nuit, mais il était entendu que ça ne devait pas aller plus loin, et elle se demanda ce qui pouvait bien faire penser à Tony que Nick aurait envie de s’encombrer de quelqu’un comme elle pour les fêtes. Elle n’était d’ailleurs pas sûre elle-même de vouloir assister à un dîner de famille où elle ne connaîtrait personne.

Elle aurait voulu que Nick réponde quelque chose. Ou du moins qu’il manifeste, d’une manière ou d’une autre, ce que l’invitation de Tony lui inspirait. Au lieu de cela, il avait toujours les yeux fixés sur elle. Avait-il peur de la blesser, en signifiant qu’il n’avait pas envie de s’engager à la revoir ?

— Merci Tony, finit-elle par dire. C’est très gentil à vous d’inviter une étrangère chez vous, et j’en suis vraiment touchée, mais je suis très impatiente à l’idée de déguster mon orgie de desserts !

— Gina et sa mère sont toutes les deux les reines des desserts, reprit Tony en jetant un bref coup d’œil dans le rétroviseur pour observer la réaction de Nick. Vous pourrez toujours changer d’avis au dernier moment, ajouta-t-il d’un ton moins enthousiaste, comme s’il avait vu sur le visage de Nick quelque chose lui indiquant de ne pas insister.

A présent, Emily se sentait gênée. Allait-elle oser regarder Nick ? Oui, il le fallait…

Lentement, elle se tourna vers lui. Il l’observait.

Il la caressait aussi avec plus d’insistance, remontant lentement le long de sa cuisse.

Il se rapprocha d’elle, et murmura :

— J’ai envie de te faire l’amour.

 

***

 

Il avait beaucoup de mal à contenir son excitation. Rarement une femme lui avait fait autant d’effet. Pourtant, depuis ses débuts de joueur de base-ball professionnel, les belles femmes qui se jetaient à ses pieds n’avaient pas manqué. Comment un jeune homme d’une vingtaine d’années aurait-il pu résister, lorsque l’une d’elles lui glissait la clé de sa chambre d’hôtel dans la main, à la fin d’un match ? Pendant de nombreuses années, il avait été comme un gamin dans un magasin de sucreries.

Mais à trente-deux ans il s’était assagi. Il était devenu plus sélectif, même si certains magazines à scandale aimaient à dépeindre de sa vie privée un tout autre tableau.

A présent, il dînait seul plus souvent qu’en compagnie d’une femme, et il avait même eu une histoire de plus d’un an avec un mannequin suédois. Kara et lui avaient même failli fêter leurs deux ans, si leurs plannings respectifs très chargés n’avaient eu raison de leur relation. Entre la saison de base-ball et les défilés à l’étranger, il leur était arrivé de ne pas se voir pendant deux mois d’affilée. C’était peut-être pour cette raison que leur liaison avait presque duré deux ans ! Kara avait des qualités, mais un train de vie trop élevé pour lui sur le long terme.

Au moins, Emily n’avait pas ce travers. Elle avait déjà prouvé qu’elle n’avait rien d’une diva. Elle était courageuse et curieuse, et Nick doutait fort qu’elle ait le moindre intérêt pour le dernier vêtement à la mode.

— Arrête…, murmura-t-elle.

— Arrête quoi ?

— Arrête de me regarder comme ça. Et de me dire ce genre de choses.

— Qu’est-ce que… ? Oh ! Ça ? Désolé, mais c’est la stricte vérité. Tu veux que je te le prouve ? ajouta-t-il, lui prenant la main, avant de la poser sur son entrejambe.

Emily en resta une seconde interloquée, puis elle ôta sa main, comme s’il l’avait mise au-dessus d’un feu ardent.

— Je t’avais dit que je pouvais le prouver !

Elle se mit à rire puis, jetant un coup d’œil en direction de Tony, elle dit à voix basse :

— Est-ce que tu souffres d’une maladie incontrôlable dont je devrais être informée ?

— Je ne sais pas. Peut-être que tu devrais m’examiner, répondit-il d’une voix enjôleuse, accentuant la pression de ses doigts sur sa cuisse.

Elle le regarda d’un air implorant, indiquant la présence de Tony d’un signe de la tête.

Il avait peut-être parlé trop fort ? Peut-être qu’ils feraient mieux de faire l’impasse sur la visite de Coney Island, pour aller directement chez lui, avant que son comportement ne devienne vraiment incontrôlable et qu’il ne se tourne davantage en ridicule !

La voiture s’arrêta, mais ce n’était pas à cause de la circulation. Ils étaient arrivés. Comment avaient-ils pu faire si vite ?

Tony se retourna pour leur demander :

— Vous voulez m’appeler quand vous aurez fini votre promenade ou préférez-vous que j’attende ?

Nick fut sur le point de lui dire qu’il avait changé d’avis et de lui demander de faire demi-tour, mais Emily ouvrit sa portière. Apparemment, c’était trop tard. Promenade, donc… Le reste attendrait encore un peu.

 

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