Enfants de l'époque
Chapitre III
Mais pourquoi celer la vérité… tout était loin d’être comme il convenait entre les époux de Segelfoss. Les dissen-timents avaient seulement été étouffés un court moment lors de la naissance de l’enfant ; ils reparurent à mesure que le temps passait, et maintenant ils étaient de nouveau en pleine floraison. Le lieutenant n’aurait-il pas dû, en homme mûr, s’accommoder d’une chose et d’une autre qu’il se refusait à tolérer et dont, au contraire, il faisait de petits incidents ? « Mon fils », disait Madame ; cela blessait Monsieur. « Mon petit Moritz », disait-elle, pour voir jusqu’où elle pouvait al-ler ; cela blessait Monsieur, et il répondait :
— Il s’appelle Willatz, comme ses ancêtres.
— Oui, mais il s’appelle aussi Moritz.
— Non, presque pas.
Alors Madame riait et disait :
— Mais quand il deviendra plus grand et que je l’appellerai Willatz, il pourra se faire que ce soit le faux Wil-latz qui vienne ?
— Quand vous… répondit Monsieur ironiquement, quand vous appellerez Willatz, mon homonyme et moi, nous comprendrons certainement à votre intonation, lequel de nous vous voulez dire.
Alors Madame rit et dit :
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— Oui, ce n’est pas invraisemblable… Tout à coup je me souviens : vous avez eu la bonté d’adjoindre une aide à la gouvernante, une nouvelle servante, elle vient d’un des cha-lets de montagne, je crois, elle est jeune et jolie, elle s’appelle Marcilie. Mais elle doit être un peu folle.
— Elle est un peu folle ?
— Pouvez-vous comprendre cela… elle monte et des-cend votre escalier la nuit.
Pause.
— Elle monte tard le soir et redescend après un mo-ment. Après un bon moment.
Pause.
— Vous ne trouvez sans doute pas cela aussi étonnant que moi ; sinon vous diriez quelque chose.
— Je me tais, répond Monsieur, parce que vous le dési-rez ainsi. Sinon vous ne m’accableriez pas de la sorte. Vous me rendez muet.
Madame rit aux éclats :
— Je vous rends muet ?
— Presque muet. Cela m’accable d’avoir été si maladroit dans le choix d’une aide de cuisine pour la gouvernante. Ain-si la fille ne fait pas son service ?
Madame ne répond pas, elle réfléchit. Tous deux réflé-chissent, tous deux s’arment pour une nouvelle escar-mouche. Madame abandonne et demande :
— Désirez-vous me dire encore quelque chose ?
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— Non… J’ai frappé chez vous il y a une semaine.
— J’étais occupée, je vous ai prié de m’excuser.
— J’ai frappé à votre porte, il y a trois semaines. J’ai frappé cette année, l’année dernière, je vous ai demandé un entretien, quelques minutes.
— Je vous ai, chaque fois, prié de m’excuser.
Monsieur s’incline, sans bouger de place.
— Et je vous prie de m’excuser ! dit Madame, pour être tout à fait aimable, et elle le regarde.
Monsieur ne la comprend pas bien. Sinon pourquoi reste-t-il là ? Il avait inquiété Madame, elle avait peut-être craint quelque chose, elle a voulu le prévenir, c’est pourquoi elle a dit : « Et je vous prie de m’excuser ! »
Alors Monsieur rit : « Haha ! » fait-il. C’est un son tout extérieur, la bouche s’ouvre, le gosier se contracte, il se pro-duit un rire. Puis Monsieur s’en va, il sort de la maison, tra-verse la cour, va à l’écurie, prend son cheval et se met en selle.
Sans doute Madame n’a-t-elle plus grand sentiment pour l’homme qui vient de sortir, plus d’excès de tendresse, à ce qu’il semble. C’est incompréhensible, car c’est son mari, et ne doit-on pas aimer son mari ? Il y a une bonne petite place à la fenêtre, c’est là qu’elle se tient et elle regarde jusqu’à ce qu’il se soit éloigné, alors elle paraît tranquille. Il y a une clef à sa porte, elle ne voudrait peut-être pas la perdre pour une clef en or, elle a coutume d’en user, de la tourner, de l’intérieur.
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Comme tout est incompréhensible ! Que lui avait-il fait ? Était-ce la vie commune en général qui lui répugnait, l’habitude, l’impudicité ? Peut-être ses longues mains, son haleine ?
Elle va à son secrétaire et elle écrit : ce sont des considé-rations, des notes, c’est un journal. Ses mains manient avec tendresse les feuillets et la plume. Çà et là elle insère des mots norvégiens dans son allemand ; c’est une mauvaise ha-bitude et elle s’en irrite, mais ne gâte pas son livre par des corrections. Ce sont sans doute de petites choses quoti-diennes qu’elle note, des bagatelles, comme une semblable fille de colonel peut en inventer ; mais cela l’intéresse peut-être parfois de feuilleter en arrière, de relire et de rappeler en son âme un écho ancien.
Là-dessus elle retourne à sa place à la fenêtre et regarde si quelqu’un descend la pente, si quelqu’un peut avoir fait demi-tour… puis elle va en fredonnant à son petit piano Mo-zart et fond dessus pour ainsi dire.
Elle fond sur la joie.
N’était-ce pas elle qui avait quitté une maison noble dans la grande ville de Hanovre pour venir s’enterrer vivante ici à Segelfoss ? C’est à elle que le malheureux roi aveugle a dit une fois, quand elle était jeune fille : « J’entends à votre voix combien vous êtes charmante, mon enfant ! » Sa voix, mais oui, grande et douce, somptueuse… elle chante les mé-lodies de sa patrie, elle chante à pleine poitrine. Dieu l’assiste, il y a dans cette voix des sonorités de gong, le piano s’y marie en sourdine, elle rejette la nuque en arrière, son dos oscille…
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Tout à coup, elle s’interrompt et se hâte, à travers deux pièces, vers la chambre d’enfant, vers son garçon…
Cette scène se répétait souvent à mesure que le temps passait. À part les domestiques à la cuisine, il n’y avait per-sonne dans toute la maison qui ouvrît les portes et prêtât l’oreille à son chant, Madame en était certaine ; elle n’était avec son mari que pendant les repas et elle n’avait aucune relation non plus avec les voisins. Le vieux propriétaire ter-rien Coldevin et sa femme avaient encore conservé le souve-nir de Segelfoss, du temps des maîtres précédents ; ils ve-naient en bateau à voile de leur grande île, une fois par an, et restaient une semaine. C’était presque toute sa fréquenta-tion. Et puis, Madame Adelheid recevait ses lettres d’Allemagne et ses journaux allemands ; mais il n’y avait là aucune voix vivante.
* * *
Et le lieutenant faisait sa promenade à cheval posément, son long tour quotidien. Il avait des métayers et des journa-liers, de la montagne à la plage ; il descendait jusque vers les pêcheurs au bord de la mer et, du haut de son cheval, il re-gardait leur travail, leurs maisons et leurs filles. Le lieutenant était loin d’être sans cœur ; parfois il aidait une fille à entrer en service au domaine, parfois il envoyait des pommes de terre et du lard à une famille dans la gêne.
Il se penche de côté sur sa selle et frappe à une fenêtre avec sa cravache. C’est chez le pêcheur Lars Manuelsen. L’homme vient jusque dans la porte et salue ; c’est plein de visages derrière lui, et tout au fond la femme qui pose une main sur sa poitrine comme pour se cacher derrière.
— Pêches-tu en ce moment ? demande le lieutenant.
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L’homme secoue humblement la tête :
— Vous pouvez croire qu’il n’y a pas moyen d’attraper bête qui vive.
— J’ai besoin de quelques hommes à la rivière. Tu peux prendre une couple d’autres hommes avec toi et mettre le barrage en état.
— Bon. Alors vous allez déjà vider les estacades ? La ri-vière est en forte crue ?
— Donc, nous commençons lundi prochain… Qu’est-ce que c’est que ce grand garçon qui se tient là ?
— Lui ? C’est mon fils. Tu ne salues pas, Lars ?… Il s’appelle Lars. Il a été confirmé l’année dernière et il était le deuxième au catéchisme, ce n’est donc pas la tête qui lui manque. Mais à quoi ça sert-il ?
— Et celle-là, c’est ta fille ? Qu’as-tu besoin d’une grande fille à la maison ? Pourquoi diable as-tu tant de grandes personnes chez toi ?
— Ils ne trouvent pas à s’en aller. Où iraient-ils ? Et où prendraient-ils des nippes pour se montrer devant le monde ?
— Balivernes ! dit le lieutenant… C’est Lars qu’il s’appelle ?
— Le gars, oui. Il est la punition de mes péchés, il n’est bon qu’à lire. Dieu lui a donné de bonnes grandes mains, mais il n’en fait rien et ne gagne rien.
— As-tu envie d’étudier ? demande le lieutenant.
— Tu ne réponds pas, Lars ? crie le père, menaçant.
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Lars se tortillait et ricanait avec embarras, sans pouvoir sortir un mot convenable.
Le lieutenant demande :
— Ce sont tes enfants, tous ceux-là ? Le petit aussi ?
— Oui, ça va de soi, répond Lars. Cinq ans à l’automne dernier. Il s’appelle Julius.
Tout à coup le lieutenant dit :
— Elle, là, elle peut venir en service au domaine. Com-ment s’appelle-t-elle ?
— Daverdana.
— Daverdana ?
— Il faut aller t’attifer un peu, Daverdana, au lieu de res-ter là, comme ça.
— Est-ce que je peux voir tes mains ? dit le lieutenant d’un ton bref.
Daverdana a rougi jusqu’à la racine de ses cheveux roux, mais elle montre ingénument ses mains.
— Sais-tu lire ?
— Alors, tu ne peux pas ouvrir la bouche ? menace le père aussitôt. Elle court à travers un livre exactement comme un renne, répond-il pour elle. Numéro 3 au caté-chisme.
— Non, numéro 14, dit le gosse Lars qui a fini par re-trouver sa langue.
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— Numéro 3, dit le père. Tu le sais bien toi-même, Daverdana.
Le lieutenant hoche la tête.
— Fais-toi coudre quelques vêtements et monte au do-maine. Je paierai les vêtements. Viens de dimanche en huit. Fais-moi voir tes mains encore une fois. Bon, lave-les bien… Daverdana ?
— Oui, Daverdana, dit le père.
Le lieutenant tourne son cheval et dit :
— Donc, nous piquons les troncs de flottage lundi pro-chain.
Puis il repartit à cheval, un peu voûté, un peu étriqué dans son uniforme râpé, mais ferme et maigre et « arabe », comme s’il était prêt à franchir d’un bond toute résistance.
Sans doute il vendait du bois ; on en donnait un bon prix ; il débitait des madriers et des planches dans sa propre scierie et l’argent foisonnait ? Pourquoi cela n’irait-il pas ? La terre ne rapportait rien, non, une grande culture n’était bonne qu’à vous ruiner quand on n’avait pas de capitaux. Mais, quand on avait des capitaux, alors ! Et la tuilerie…, il perdait de moins en moins dessus, parce qu’elle tenait. Le moulin filait de l’or, un petit fil d’or ténu, le moulin faisait ses frais, plus que ses frais, si l’on tenait compte de la mouture qu’il exécutait pour les tenanciers, sans aucune rémunéra-tion. Cela irait !
Si seulement il n’y avait pas eu la construction de cette église. C’était une affaire coûteuse. Une année avait suivi l’autre depuis qu’elle était bâtie, cependant le lieutenant en
– 35 – avait encore de temps à autre un dur rappel. Mais la char-pente et la forêt, c’était une immense bénédiction du ciel.
* * *
Le lieutenant rentre à la maison. Il y a quelque chose qui tinte, tinte, qu’est-ce ? Klingeling ! Madame joue avec son fils dans la cour ; elle le conduit comme un cheval. Il a une clo-chette à son cou, elle le conduit avec des rênes. C’est terri-blement amusant, tous deux rient et courent. À l’arrivée du lieutenant, le jeu s’arrête et le gamin commence à pleurni-cher. Ces pleurs fendent le cœur de son père ; mais quand la mère dit : « Ne pleure pas, petit Moritz ! » la bouche du lieu-tenant se pince aussitôt ; il reste là sur son cheval, sans mot dire. En employant ce nom de Moritz, Madame voulait sans doute faire sentir au lieutenant qu’elle était de meilleure fa-mille que lui ; noblesse, Moritz von Platz.
— Hem ! dit le lieutenant. Cette clochette… enlevez-la lui !
— C’est seulement pour jouer, répond Madame.
— On n’accroche pas une clochette au cou d’un Willatz Holmsen, même pour jouer.
— Comme vous y allez ! dit Madame. Quand je le per-mets, vous pouvez à plus forte raison… Viens, petit Moritz, rentrons.
Bon, voilà qu’ils s’étaient mis déjà à jouer du piano là-dedans. Madame apprenait à son fils à lire, à jouer du piano et à être pour elle une perpétuelle source de joie ; parfois aussi ils dessinaient avec des crayons de couleur, parfois ils chantaient de petites mélodies ; l’enfant avait des facilités pour tout. Oh ! somme toute, il était un don du ciel dans la
– 36 – maison, ce petit Willatz en jaquette de velours bleu et en col brodé rabattu sur les épaules.
Quand le lieutenant vint se mettre à table, il régnait de nouveau une paisible affabilité et une politesse exquise. Et pendant ces heures pacifiques le petit Willatz n’était plus Moritz ; tant s’en fallait. La mère, ou bien évitait de l’appeler par son nom ou bien l’appelait carrément Willatz, comme elle le devait. Et, reconnaissant de cet esprit de conciliation, le lieutenant ne criait pas non plus sans cesse « Willatz » par-ci, « Willatz » par-là. « Mon ami », disait-il, « mon garçon », disait-il de préférence, en évitant de prononcer son nom.
Mais le lieutenant n’en abandonnait nullement la partie pour cela. Il éliminait le nom de Moritz chaque fois que par hasard il l’entendait dire aux servantes ou à la gouvernante.
— Pardon, Demoiselle, disait-il, de qui parlez-vous ? Qui est Moritz ici au domaine ? Est-ce mon fils Willatz Holmsen que vous voulez dire ?
— Excusez, répondait-elle, Madame a… parfois Madame dit : Moritz.
— C’est simplement un lapsus de la part de Madame. Aucun de nous ne veut que l’enfant ait un sobriquet.
Là-dessus, le lieutenant hoche la tête et s’en va.
— À propos, Demoiselle, dit-il en se retournant, Lars de Sagvika a sa maison pleine de grands enfants qui ne font rien. Une de ses filles viendra vous demander si vous pouvez l’employer au lieu et place de Marcilie.
— Est-ce que Marcilie doit partir ?
— Je l’ai compris ainsi.
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— Ah ! et il en vient une nouvelle ?
— Son père a trop de monde à nourrir, dit le lieutenant.
Il soupçonne peut-être la gouvernante d’avoir sa petite idée au sujet de cette conversation, aussi ajoute-t-il sur-le-champ :
— Il y a aussi un grand fils qui n’est bon qu’à lire. Je l’enverrai à Tromsö.
Ainsi le bon Lars Manuelsen serait en tout cas joliment allégé de ses charges ! Le lieutenant avait déjà eu la même idée là-bas à Sagvika, mais il s’était retenu ; maintenant la parole était dite, le gamin Lars entrerait au séminaire de Tromsö. Rien que des dépenses de tous les côtés. Comment donc s’appelait la fille ? Daverdana ? comme la merveilleuse jeune fille du conte. Des cheveux roux, de longues mains.
Quand le lieutenant traverse la cour, il aperçoit quelque chose à ses pieds. Il marche toujours la tête baissée, il re-garde la terre, aussi voit-il tout sur son chemin.
— Quel est l’étranger qui est venu ici ? demande-t-il à un des valets.
— Un étranger ? Non.
— Il y a là-bas un cigare à moitié fumé.
— Alors ce doit être le docteur qui l’a jeté là, dit un autre des valets.
— Oui, ça doit être ça, dit à son tour le premier.
Le lieutenant s’en va. Ainsi, le docteur est venu ici ce matin ! Comme Madame pouvait être oublieuse, durant tout le dîner elle n’avait pas soufflé mot de la visite du docteur.
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Le lieutenant eut envie de retourner vers Madame et de lui dire : « Est-ce que le docteur est venu ici ? Que voulait-il ? » Tout à coup une idée lui vint : Comme c’était drôle à en-tendre, il n’était pas venu d’étranger, mais le docteur était venu. Le docteur n’était-il donc pas un étranger à Segelfoss ?
Au repas du soir, le petit Willatz raconta que le docteur l’avait levé très haut vers le plafond, plus haut que le lustre.
— Le docteur ? demande le père.
Madame répond aussitôt :
— Le docteur était dans la paroisse et nous l’avons fait venir ici ce matin.
— Qui est malade ?
— Marcilie.
— Je n’en savais rien.
— Elle s’est enrhumée. Le docteur a dit que c’était sé-rieux.
— Je n’en savais rien, se contente de répondre le lieute-nant.
— Je ne voulais pas le dire. Ce n’était rien d’intéressant à vous raconter.
Le lieutenant sourit.
— Vous vouliez m’épargner ?
Mais, puisqu’il prend la chose de cette façon et ne veut pas voir sa délicatesse, Madame est blessée et dit :
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— Oui, je voulais vous épargner. La servante Marcilie n’a certainement pas eu à se louer de ses promenades noc-turnes dans les escaliers.
Pause.
— La servante Marcilie aurait bien surmonté cela sans docteur, dit le lieutenant. Il est vrai qu’alors vous n’auriez pas pu faire de démonstration.
— Démonstration… moi ? si vous saviez comme tout m’est indifférent, en dehors de mon petit Moritz. Grand bien vous fasse.
Madame se leva de table.
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