Festival de crêpe
Chapitre X
Lorsque Sondgard-Chax eut quitté la salle, ils se mirent tous à parler à la fois, tous sauf le fou. Il resta affalé sur sa chaise, à se mâchonner l’intérieur de la joue, tout en essayant de réfléchir.
Il avait pas mal de sujets de cogitations. Sondgard-Chax le traquait, l’attaquait sur tous les points à la fois.
La perquisition. Voilà qui donnait à penser. Il s’imagina sa chambre, là-haut, en cherchant à voir s’il n’y avait rien qui pût orienter Sondgard-Chax dans ses recherches.
Pas le mobilier, en tout cas. Aucun meuble n’était à lui, tout était là quand il avait emménagé l’avant-veille.
Pas les vêtements, ni la valise. Tout cela appartenait au conducteur de la voiture qu’il avait tué ; rien ne pouvait le mettre sur la piste de Robert Ellington.
Qu’est-ce qu’il y avait encore dans la chambre ? Rien.
Si, encore une chose. La brochure de la pièce qu’ils devaient répéter, avec ses répliques soulignées. Mais ça ne pouvait pas servir non plus.
Il y avait les vêtements qu’il portait la veille. Les chaussures étaient encore mouillées, par exemple. Mais elles étaient sur le parquet de la penderie, il avait des chaussures sèches aux pieds et il n’y avait aucune raison pour que Sondgard-Chax prît ces chaussures-là. Il se contenterait d’ouvrir la penderie, de jeter un coup d’œil, de voir des vêtements pendus aux cintres, des chaussures par terre, et ce serait tout. Aucune raison de toucher à ces chaussures.
Et même s’il le faisait ? Ses chaussures étaient humides. Il pourrait inventer une histoire pour l’expliquer. Il avait… il avait…
Il avait pris une douche. La veille au soir, il était rentré ivre avec les autres et, au lieu de se coucher tout de suite, il avait pris une douche, mais il était tellement ivre qu’il s’était mis sous le jet sans commencer par se déshabiller. Il avait ensuite ôté ses vêtements. Ça n’était pas plus compliqué que ça.
Ça expliquerait aussi pourquoi ses affaires étaient mouillées. La chemise, le linge de corps, les chaussettes fourrées tout humides dans le sac. Le pantalon trempé pendu dans un coin du placard. Il n’y avait plus, nulle part, de tache de sang, alors ils seraient bien obligés d’accepter sa version. Sans compter qu’il y avait pas mal de gens pour témoigner qu’ils avaient tous passablement picolé la veille au soir.
Voilà pour la perquisition. Il n’y avait rien à trouver, que des vêtements mouillés ; Sondgard-Chax ne les remarquerait sans doute même pas ; et même s’il les remarquait, le fou avait une explication plausible ; par conséquent, la perquisition ne serait pas si redoutable, après tout. Sondgard-Chax perdrait son temps, tout bonnement.
Mais ensuite, il y avait l’empreinte. Ce n’était vraiment pas malin de sa part. Il n’avait à aucun moment songé aux empreintes digitales. Bien sûr, Sondgard-Chax avait reconnu que l’empreinte risquait fort de n’être d’aucune utilité, mais c’était une bien faible possibilité.
Cette histoire d’empreinte était vraiment idiote. Pourquoi avoir écrit sur la glace ? Il ne parvenait maintenant presque plus à se souvenir de ce qui l’avait incité à faire ça à ce moment-là. Il avait été stupide de ne plus penser aux empreintes. Mais il avait oublié tant de choses qu’il avait sues jadis, avant d’être interné ! Il fallait absolument se montrer extrêmement prudent avant d’avoir rappris tout ça !
Mais que faire pour les empreintes ? Ils surveillaient sûrement la maison ; alors il ne serait pas malin – et ce serait même très risqué – de filer maintenant. S’il existait un moyen de modifier ses propres empreintes digitales d’ici trois heures, cet après-midi, il ne le connaissait pas.
Neuf chances sur dix. C’est ce qu’avait dit Sondgard-Chax.
Mais était-ce vrai ? Ce n’était peut-être pas neuf chances sur dix. C’était peut-être une chance contre une. Sondgard espérait peut-être seulement que l’empreinte serait lisible. Il essayait sans doute de bluffer pour inciter le fou à s’enfuir.
Sinon, pourquoi effectuer une perquisition ? S’il avait neuf chances sur dix d’identifier l’empreinte, pourquoi perdrait-il autant de temps et d’énergie à perquisitionner ?
Il avait reconnu, oui parfaitement, reconnu, qu’ils ne pourraient être sûrs que quand ils auraient fait agrandir la photo de l’empreinte. Alors, comment savait-il qu’il y avait neuf chances sur dix ?
Peu importait. La seule chose à faire, c’était d’espérer. Espérer que Sondgard-Chax s’était trompé dans son évaluation des chances et espérer que ces chances seraient contre tous les docteurs Chax. C’était la seule façon de parer à cette menace ; attendre de voir si cette comparaison des empreintes allait s’avérer une véritable menace. Ne pas bouger avant trois heures. Mais si les policiers de l’État arrivaient effectivement à trois heures et se mettaient à prendre les empreintes de tout le monde, cela indiquerait que l’agrandissement était bon ; dans ces conditions-là, le fou n’aurait qu’à prendre ses dispositions pour s’échapper avant qu’on prenne ses empreintes. Il y aurait pas mal de pagaille quand les policiers de l’État arriveraient, pas mal de confusion. Il pourrait toujours sauter par une fenêtre du premier étage et prendre ses jambes à son cou.
Voilà qui réglait le second problème. Il n’y avait pas à s’affoler pour la perquisition. Pour les empreintes, attendre et voir. Mais il restait un troisième point à considérer, et c’était le plus dangereux.
C’est Bobby.
Qui avait écrit ça ? Qui avait bien pu aller dans la cuisine, une fois lui couché, pour tracer ces mots dans la confiture dont il avait barbouillé la table ? Qui, dans ce groupe, connaissait ses secrets ? Il y avait quelqu’un certainement. Quelqu’un qui savait que c’était lui qui les avait tués ; et ce quelqu’un, ce même quelqu’un sournois connaissait même son vrai nom !
Était-ce possible ? Il ne connaissait aucun de ces gens-là, il n’en avait jamais rencontré aucun avant mercredi ; alors, comment l’un d’eux pouvait-il en savoir si long sur son compte ?
Il n’avait pas écrit ces mots-là lui-même, il ne pouvait pas. Il repensa à la nuit précédente, et il se rappelait bien avoir, à deux reprises, tracé des lignes au hasard avec ses doigts, mais il n’avait rien écrit. Une fois, c’était au bord du lac, juste avant de laver le sang. Et l’autre fois, c’était dans la cuisine, après avoir répandu de la confiture sur la table. Mais il n’avait rien écrit. Il n’avait aucune raison de faire ça. Il ne se demanda même pas pourquoi il avait barbouillé la table de confiture, il n’y songea même pas.
Quelqu’un savait. C’était la seule explication. D’une façon quelconque, quelqu’un était au courant. La seule explication du : C’est Bobby , c’était qu’il y avait vraiment dans les parages un agent du docteur Chax qui ne cessait de le guetter.
Sondgard le traquait, se rapprochait de lui sans cesse. Et voilà maintenant qu’un autre encore le surveillait en silence.
Qui ? Comment pourrait-il faire face à Sondgard s’il lui fallait aussi tenir compte de cet autre ennemi ? Il était indispensable de découvrir qui c’était.
Il regarda les visages qui l’entouraient. Ralph Schoen ? Il avait une sale tête ; il avait l’air assez cruel assurément pour être un de ces espions-là. Mais il devait être trop direct ; il n’aurait pas été homme à prendre des voies aussi détournées. Non, pas Schoen.
Pas Alden March non plus ; il était trop faible ; ç’aurait été plus vraisemblablement un candidat à opposer au docteur Chax plutôt qu’un allié du docteur.
Pas Arnie Kapow, ni Perry Kent ; tous deux étaient trop manifestement ce qu’ils étaient, et rien de plus.
Tom Burns ? Non, trop cynique ; le docteur Chax et ses agents étaient tous d’une sincérité qui sentait la vertu satisfaite et contente d’elle, sans le moindre sens de l’humour.
Un comédien, alors ? Le fou examina les visages et son regard vint se poser sur Mel Daniels.
Mel Daniels.
Il était très jeune, oui, plus jeune que le fou, mais cela ne voulait rien dire. Ils auraient fort bien pu choisir exprès un jeune pour endormir ses soupçons.
Mel Daniels était arrivé avec un jour de retard, comme s’ils n’avaient pas su où l’expédier tant que le fou ne s’y trouvait pas lui-même.
En outre, c’était Mel Daniels qui avait « découvert » le corps de Prude Walker.
Mais oui ! Mais oui ! C’était aussi Mel Daniels qui avait « découvert » le message sur la table de la cuisine !
Après l’avoir écrit lui-même !
Ça se tenait parfaitement : arriver en retard, découvrir « par hasard » tout ce qui était important. Le fou acquiesça en se souvenant de la soirée de la veille ; Daniels le dévisageait quand ils étaient ensemble à l’Auberge. Daniels l’avait asticoté ; il lui avait posé des tas de questions sur le passé qu’il s’était inventé. Il l’avait obligé à se livrer à de prodigieux efforts de mémoire pour se souvenir de ce que lui avait dit le défunt acteur.
Daniels s’était joué de lui ! Il étudiait ses « réactions » ; tout comme ils le faisaient à l’hôpital, les salauds ! Et ce matin encore, avec cette allusion grossière, avec ce « C’est Bobby ! »
C’était donc Daniels dont il fallait s’occuper, c’était Daniels et non pas Sondgard qui était l’allié du docteur Chax.
Eh bien, il allait leur régler leur compte, à tous deux. À Daniels-Chax, à cause de ce qu’il avait fait et de ce qu’il pourrait encore faire, et à Sondgard parce qu’il « brûlait » parce qu’il commençait à approcher un peu trop près de la vérité.
Et le plus tôt serait le mieux !
Sur ces entrefaites, Karen Leacock, la maigre, apparut sur le seuil pour leur annoncer que le petit déjeuner était prêt. Ils gagnèrent tous la pièce voisine de la cuisine où se trouvait la longue table. La table de cuisine où on avait « trouvé » le message n’était pas assez grande pour eux tous. Le fou se joignit donc à eux. Il avait fait quelques découvertes tout en réfléchissant, et il était parvenu à certaines conclusions. Aussi avait-il fort bon appétit. Il prit quatre galettes pour commencer et s’assit.
Sondgard arriva quelques minutes après et s’installa à la place qu’on lui avait laissée, au milieu de la table, en face du fou. À voir l’air crispé et las de Sondgard, le fou devina que son vis-à-vis n’avait rien trouvé. Pas même les vêtements mouillés. Le fou observa son persécuteur – ses deux persécuteurs – il les surveilla attentivement pendant que lui-même terminait ses quatre premières crêpes et en prenait trois autres.
Sondgard mangeait lentement, sans entrain ; il enfournait machinalement les mets dans sa bouche, à intervalles lents et réguliers. Il avait l’air renfrogné ; de toute évidence, il n’avait pas faim, mais il essayait de son mieux de donner le change.
Le fou était ravi. Sondgard avait bien bluffé à propos de l’empreinte. Il n’y avait absolument pas neuf chances sur dix. C’était plutôt moitié-moitié, peut-être même pas. Sinon, l’échec de la perquisition n’aurait pas à ce point déprimé le policier.
Mais Daniels, lui, ce n’était pas la même chose ! Il mangeait avec appétit, buvait une tasse de café après l’autre, avalait ses crêpes encore plus vite que le dément, et ne cessait de bavarder avec Mary Ann Mc Kendrick, assise à sa droite. Daniels agitait son couteau et sa fourchette tout en discutant, et Mary Ann McKendrick riait parfois de ce qu’il racontait. À un moment, elle regarda le fou, tout en riant, et il compris aussitôt.
Elle riait de lui !
Daniels la mettait au courant ! Il lui parlait d’« expériences », de « recherches », et de toutes ses fascinantes « réactions ».
Le fou serra son couteau et sa fourchette ; ce qu’il avait dans la bouche lui parut soudain avoir un goût de carton humide. Il se maîtrisa avec peine et se contraignit à rester assis, au lieu de se lever d’un bond pour leur ouvrir la gorge, à tous les deux. Mais ce serait stupide, ce serait le genre de gestes ridicules qu’il s’était permis avant d’être expédié à l’hôpital psychiatrique. C’était parce qu’il avait obéi à ses instincts sans tenir compte des conséquences, qu’il avait été interné. Il avait beaucoup appris depuis lors ; et il était bien résolu à profiter de son expérience.
Ne pas suivre ses impulsions sans songer aux conséquences.
Attendre.
Ne suivre ses impulsions que si on est sûr qu’il n’y aura pas de
conséquences.
Prévoir.
Agir.
Suivre toujours ses impulsions à condition qu’elles ne vous fassent pas
renier votre vrai moi.
Se montrer adroit et intelligent.
Ce n’était donc pas le moment. Il ne pouvait pas s’occuper d’eux pour l’instant, malgré toute son envie, malgré la façon dont le rire idiot de cette fille lui écorchait les oreilles, malgré les remarques désobligeantes que lui murmurait Mel Daniels à propos du fou.
Et dire qu’il avait voulu gagner l’amitié de cette fille !
Son attention se trouva détournée de Daniels-Chax et de la jeune fille par une conversation qui venait de s’engager à l’autre bout de la table. Arnie Kapow avait posé à Sondgard une question du genre : « Est-ce que l’assassin doit être fatalement l’un des convives ? » et le capitaine répondait :
— Il n’y a plus aucun doute, Arnie. Plus depuis hier soir. La maison était entièrement bouclée, fermée à clé de partout. Le message sur la table n’a pu être tracé que par quelqu’un habitant ici.
— Je croyais, lança Tom Burns, que vous disiez que c’était peut-être un autre, pas forcément l’assassin. Quelqu’un qui serait au courant de quelque chose.
— C’est possible, reconnut Sondgard. Mais je ne pense pas que ce soit probable.
« Moi, je pourrais vous le dire, songea le fou. Vous seriez surpris. C’est Daniels-Chax qui l’a tracé, ce message ! » Le fou éprouvait le violent besoin de lâcher le paquet, de voir leur tête quand il leur dirait ce qu’il savait, pourquoi il le savait ; mais il se contint. Il connaissait bien cette espèce de besoin ; c’était le besoin destructeur, le même instinct qui pousse un homme qui regarde par une fenêtre ou par-dessus le parapet d’un pont à vouloir soudain sauter. Ce besoin était maléfique ; il ne faisait pas partie de son vrai moi ; il pouvait et devait donc ne pas en tenir compte.
Il fallait pourtant dire quelque chose. Il en avait une telle envie ! Il chercha quelques mots, qui ne risquaient pas d’être dangereux et finit par lancer :
— Mais est-ce qu’il n’aurait pas pu s’enfuir déjà ?
Sondgard tourna la tête pour le regarder. « Il a tourné la tête comme un serpent qui va lancer son dard, se dit le fou. Ses yeux sont froids, bleus avec des points gris. Il a le visage osseux. C’est la Mort personnifiée. »
— Je ne pense pas qu’il ait fait ça, dit Sondgard. Il se croit en sûreté parce que nous ne l’avons pas encore pris !
Ralph Schoen intervint alors dans la conversation.
— Il va essayer maintenant, non ? Il faudra bien qu’il file avant que la photo de l’empreinte arrive ici.
Sondgard tourna de nouveau sa tête de mort.
— Il essaiera peut-être, dit-il. D’un autre côté, j’ai dit qu’il y avait une faible chance que le cliché fût mauvais et il peut se décider à courir le risque et à rester. Je l’espère. Je ne voudrais pas le savoir dans la nature. Mais s’il prend quand même le risque, s’il reste, je suis certain que tout se réglera cet après-midi.
Sondgard avait parlé d’une voix sourde mais vibrante, comme certains speakers de la radio. Certains docteurs Chax avaient aussi des voix et des visages de ce genre-là.
Le petit déjeuner touchait à sa fin. On continuait de poser des questions à Sondgard et il répondait à chacun avec la même lenteur appliquée ; sa tête maigre et osseuse se tournait chaque fois vers son interlocuteur ; ses yeux pailletés de gris scrutaient gravement chaque visage.
« Il est dangereux », se dit le fou. Tl faut que je lui fasse son affaire aussi. D’abord Daniels-Chax et sa sale garce. Ensuite, Sondgard. »
Tout d’un coup, Daniels prit la parole.
— Dites donc, capitaine, est-ce qu’on peut aller faire un tour, Mary Ann et moi ?
Cette question déplut à Sondgard, le fou le sentit. Le policier hésita puis finit par acquiescer en disant :
— D’accord. Où allez-vous, en ville ?
— Non, en bateau.
— Bon. Mais… (Il passa lentement en revue les visages autour de la table.) Mais, si quelqu’un d’autre veut l’autorisation de quitter la maison un moment, veuillez ne pas me le demander maintenant. Je vais rester encore ici un moment ; vous pourrez venir me trouver individuellement.
« Il ne veut pas me refuser devant tout le monde, se dit le fou. Après tout, est-ce qu’il ne serait pas au courant, par hasard ? »
Daniels sortit de la maison, dorénavant hors d’atteinte. Le lâche ! Il devait savoir qu’il avait été démasqué, que le fou était sur sa piste. Et il devait avoir peur, être terrifié comme ça leur arrivait toujours, quand il était trop tard. Ainsi donc il emmenait avec lui cette idiote, et il fuyait la maison.
Et Sondgard le laissait faire ! Est-ce que ça ne prouvait pas qu’ils étaient de mèche ?
Le fou sentait le désarroi monter en lui, comme de la brume filtrant par une crevasse du plancher. Qui étaient ses ennemis ? Lesquels, parmi ces gens-là ? Combien y en avait-il ? Que savaient-ils au juste ? Dans quelle mesure s’étaient-ils entendus entre eux ?
Daniels était-il vraiment l’agent ? Ou alors était-ce une autre personne, quelqu’un à qui il n’avait même pas pensé ?
Sondgard connaissait-il la vérité ? Temporisait-il simplement pour mieux se prêter aux expériences du docteur Chax ? Ou alors était-il vraiment tout désorienté et, ne sachant plus à quel saint se vouer, attendait-il la photo d’une empreinte qui ne vaudrait peut-être rien ?
Est-ce que Sondgard et Daniels travaillaient ensemble ? Ou alors Sondgard n’avait-il aucun rapport avec le docteur Chax ? Qui sait ! Peut-être était-il en cheville avec un agent du docteur Chax qui n’était pas Daniels et que le fou n’avait pas encore démasqué ?
Il y avait trop de questions, trop de points obscurs.
Il se dit : « Il faut que je parvienne à me maîtriser jusqu’à trois heures. À ce moment-là, je saurai à quoi m’en tenir en ce qui concerne cette histoire d’empreinte ; je saurai quoi faire et l’autre, la créature, sera bien obligée de patienter encore. Mais il faut que je tienne jusqu’à trois heures, sinon, je vais faire un malheur. »
Oui, un malheur…
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