FNA 0302 - Le soleil de glace
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CHAPITRE VI
D’autres fois encore, la neige vivante avait fait des ravages à travers la galaxie.
On avait eu à déplorer les deux modes d’assaut, soit glaciation générale, soit bombardement d’icebergs, sur des planètes du système d’Orion, ou des constellations de l’Hydre et du Poisson Volant.
Le monde entier haletait.
Les travaux du professeur Walkinson étaient de notoriété publique et tous les humains étaient suspendus à ses possibilités de réussite, puisqu’il était avéré qu’on ne se trouvait plus en sûreté nulle part.
Dans les gouffres du ciel, les astronefs n’avançaient qu’avec précaution mais, une seule fois, un navire spatial avait été attaqué, un croiseur évoluant dans le monde de Sirius, qui avait victorieusement bloqué l’assaut de glace en utilisant un réseau d’ondes bleues.
Certes, on pouvait quelquefois se défendre, mais la menace créait, à travers l’univers, une dangereuse psychose.
Aussi, la presse interstellaire était-elle suivie avec la plus grande fébrilité.
Jamais les journalistes des quotidiens, de la radio et de la télé n’avaient eu tant à faire. Les éditions se succédaient, les émissions étaient regardées ou écoutées par plusieurs milliards d’hommes.
Les noms de Bruno Coqdor, de Robin Muscat et du docteur Stewe, qui avaient déjà défrayé la chronique, volaient sur toutes les lèvres. Mais le public, le grand public mondial, voulait savoir, savoir encore.
Walkinson n’aimait guère la publicité. C’était un vrai savant, non un cabotin, et il eût préféré continuer son entreprise dans le silence. Il dut à plusieurs reprises recevoir les reporters. Finalement, quand il fut près du résultat, il obtint des autorités du Présidium qu’un seul délégué de la télé fût présent.
Muscat, Coqdor et Stewe furent d’autant plus aimables avec le reporter qu’il s’agissait d’Assia K’myra, une délicieuse fille née des amours d’un Terrien avec une charmante créature de la planète Neptune. Assia K’myra était bien connue des sidéro-téléspectateurs et naturellement les trois amis savaient qui elle était.
Flanquée de deux cameramen, portant une sorte d’anorak à la mode antique qui mettait en valeur ses formes sveltes, son visage rosé aux grands yeux curieusement piquetés d’or, Assia se retrouva, amenée par un hélico spécial, dans les plaines de Syrtis Major.
Et c’est là que le reportage se déroula :
— Vous voyez devant vous, chers amis sidéraux, l’installation préfabriquée qui a été élevée en quelques jours martiens par les autorités, sous la direction du professeur Walkinson et de ses assistants. Ces bâtiments immenses ne sont, en fait, qu’un laboratoire. Un laboratoire qui reproduit, en trente fois plus vaste, celui que dirige le professeur à Syrtis-City.
« … Ces vingt-quatre couchettes, qui vous font immanquablement évoquer des tables d’opération, vont recevoir les vingt-quatre combattants que le monde galactique envoie contre la force inconnue qui utilise, nous ne savons encore comment, la lumière inversée, la lumière froide qui émane du soleil de glace.
« … Ils sont deux douzaines. Des hommes et des femmes. Parmi eux se trouvent le chevalier Coqdor, l’inspecteur Robin Muscat, le docteur Stewe, M. Azzovk et Mlle Libella, respectivement assistant et laborantine du professeur Walkinson.
« … Nous vous avons expliqué, dans des émissions précédentes, en quoi consistait le principe d’une exploration du micromonde par envoi de bactéries radio-psychiquement reliées à un cerveau humain. Fort de ses succès dans ce domaine, le professeur Walkinson a mis au point un système infiniment plus important, quoique le principe en soit rigoureusement le même. On sait maintenant qu’un humain, par le truchement d’un protozoaire, peut évoluer à travers les cristaux de neige. On sait aussi, et cette découverte est due tout particulièrement au chevalier Coqdor, que nos ennemis sont, en réalité, une seule et unique entité, une puissance qu’on a pu comparer à celle d’une ruche, où une volonté totale anime les éléments divers. Il s’agit donc, pour nos combattants, d’attendre le moment où passera, dans la neige vivante, le courant annonciateur d’une attaque en un point quelconque, de la galaxie.
« … Le docteur Stewe est le véritable promoteur du système envisagé. Et là, chers amis sidéraux, nous devons vous dire combien il ne faut pas se leurrer. L’expérience est, non pas risquée, mais aléatoire quant au résultat ».
Au fur et à mesure qu’Assia parlait, les sidéro-téléspectateurs avaient pu voir les mornes plaines de Syrtis Major et de Phison, le labo de la cité puis l’immense bâtiment préfabriqué qui s’était élevé près du bois de conifères où s’était déroulée la capture des hommes-neige, les visages des héros en jeu, les diverses salles du grand labo.
Maintenant, c’était le docteur Stewe lui-même qui apparaissait auprès de la speakerine.
— Il s’agit, dit-il, de provoquer un gigantesque court-circuit. Un court-circuit d’une envergure inconnue dans l’histoire de l’univers. Certes, vous savez tous de quoi il s’agit et un électricien amateur est capable de le provoquer, fût-ce involontairement. En la circonstance, puisque le chevalier Coqdor a déterminé l’existence d’un formidable courant qui semble unir, à travers le cosmos, tous les cristaux, dont le nombre est fantastique, composant la neige vivante, j’ai songé à créer, au moment convenable, un formidable court-circuit. Pourquoi ? Parce que ce courant, dont nous ignorons l’origine, la nature, les modalités de transmission, ne peut dans notre cosmos, être autre chose qu’une application inconnue de l’électricité.
Sa voix sèche, nette, précisait les détails. Le monde l’écoutait, le souffle coupé.
Assia, après l’interview de Stewe, fit projeter sur les petits écrans un bien triste spectacle.
Un conglomérat de monstres blancs apparaissait auprès du bois, et à présent à l’intérieur des bâtiments. C’était le groupe des douze hommes du commando entourant Jean-Loup, tous transformés en hybrides neigeux. On avait construit autour d’eux, tout en maintenant la coupe d’ondes bleues. On les maintenait ainsi, en constatant qu’ils continuaient à vivre, de cette vie latente, quasi végétative, déjà observée sur le malheureux étudiant en sciences ex.
Assia, de sa voix claire, fit frémir le monde en assurant que les savants espéraient bien les rendre, avant peu, à leur nature première.
Quand le soleil de glace serait vaincu.
Après ce reportage, il y eut un peu de détente. Mais la speakerine avait précisé, pour finir, un point important.
Tout était prêt, mais on ne pourrait agir qu’au moment où la neige vivante recommencerait à vibrer, annonçant une attaque sur une planète ou contre un astronef.
Alors, selon le plan du docteur Stewe, Walkinson déclencherait ce qu’on appelait déjà le contre-courant.
En permanence, sur les vingt-quatre tables d’opération, il y en avait deux d’occupées.
Deux des délégués, tous volontaires, veillaient, le casque à électrodes sur la tête, évoluant sous forme microbienne-psychique dans un peu de neige vivante entretenue dans un des bacs du labo.
Les vingt-deux autres vivaient en état d’alerte. On ne quittait pas l’installation, qui contenait, auprès des labos, une génératrice électrique d’une puissance formidable. C’était l’arme secrète des humains contre le soleil de glace.
On s’énervait, ou, au contraire, l’abattement régnait. Des jours passaient. Certes, on avait décelé les diverses attaques, mais alors qu’il était trop tôt pour agir. On avait pu prévenir les planètes, puis l’astronef visé, ce qui avait limité les dégâts, sans plus.
À présent, le grand piège électrique était prêt. On attendait.
Il y eut encore, après le reportage d’Assia K’myra, trois mortelles journées martiennes.
Libella était de permanence, en compagnie d’un étudiant vénusien venu suivre les cours de Walkinson. Ils donnèrent l’alerte. Dans le monde merveilleux des cristaux de neige, quelque chose se préparait.
Alors commença le suprême combat.
Prompts comme des soldats sur le pied de guerre, comme des pompiers attentifs à l’appel du feu, les vingt-quatre se trouvèrent étendus sur leurs couchettes, le casque sur le crâne.
Simultanément, dans le bac du professeur Walkinson, ce petit bac où subsistait la neige diabolique, on laissa tomber un peu de ce plasma philo-microbien nécessaire à l’expérience et, aux deux bactéries déjà en action, représentant Libella et son compagnon, on ajouta vingt-deux autres flagellés, correspondant aux cerveaux des vingt-deux combattants.
Râx pleura un peu, en voyant Coqdor immobile. Mais le chevalier ne pouvait, présentement, penser au fidèle pstôr.
Annihilés dans leur chair, les vingt-quatre quittèrent provisoirement le monde des hommes pour celui des microbes.
Deux groupes, bien distincts, s’étaient formés dans le conglomérat de flocons sur lequel veillait Walkinson.
Stewe en dirigeait un, qui comprenait aussi Libella et les autres laborantines, toutes volontaires. Muscat menait le second, avec Coqdor, Azzovk et l’Éridanais Zoa, venu les rejoindre à Syrtis Major. Parmi les membres du double commando, diverses planètes étaient représentées.
Coqdor, le superéclaireur de l’expédition, ressentait plus subtilement que tous les autres le courant qui se déclenchait en effet. Sa voix s’élevait dans l’immense labo.
Non seulement Walkinson et vingt-trois combattants pouvaient l’entendre, mais aussi Assia K’myra. Toutefois, en raison des circonstances, elle ne procédait qu’à un enregistrement, l’autorisation lui ayant été refusée de prendre en direct. On ne savait, après tout, quelle puissance psychique utilisait le soleil de glace et il était inutile de faire savoir à l’ennemi, s’il était autre chose qu’une force aveugle, ce qu’on tentait contre lui. Déjà, les savants avaient reçu Assia à leur corps défendant, en dépit de sa gentillesse.
Deux assistants de Walkinson l’entouraient. L’un et l’autre avaient pour mission, quand le professeur ferait un signe, de lui passer chacun un électrode relié à un long fil.
Deux plots, dans le bac où stagnaient quelques flocons de neige, des flocons où se promenaient vingt-quatre microbes, parmi des myriades d’autres, mais vingt-quatre bactéries véhiculant l’esprit d’un nombre égal d’humains, attendaient le branchement.
Coqdor progressait en tête, sous forme d’un flagellé semblable à des millions de flagellés. Muscat, près de lui, menait son groupe et tous deux discutaient – par leurs organismes humains – tout en renseignant Walkinson au fur et à mesure.
Ils constituaient le groupe dit des « plus ». Un procédé spécial, mis au point fébrilement depuis la triste aventure des douze hommes changés en monstres de neige, avait permis de muter les bactéries en de véritables ions, chargés d’électricité positive.
Stewe menait le second groupe, dit des « moins ». Ceux-là, par le même mode d’électrification statique, étaient négativement chargés.
On avait trouvé un immense avantage, à peine soupçonné au moment de la mise en route de l’invention, à cette ionisation des bactéries.
Les flagellés n’étaient plus de simples protozoaires pouvant, à tout instant, être avalés par des microbes plus voraces, mais ils résistaient victorieusement à toute attaque, leur état particulier les mettant à l’abri des tentatives de leurs congénères.
La mort d’un flagellé-vecteur était sans péril pour l’humain qui lui déléguait son psychisme, Coqdor, Stewe et Muscat en avaient fait l’expérience.
Seulement, en la circonstance, Walkinson avait besoin, pour l’action, de ce qu’il appelait ses forces. Ses vingt-quatre microbes, ses « plus » et ses « moins », devaient être au complet.
Plongés dans le plasma, guidés par les trois d’entre eux qui avaient déjà exploré le micromonde, les « plus » et les « moins » étaient rapidement passés dans la neige proprement dite.
Libella et ses compagnes avaient, certes, été émerveillées par le spectacle, mais ce n’était pas le moment de s’extasier.
On était là comme des soldats et le moment du combat approchait.
En effet, la neige était en pleine effervescence. Il s’agissait bien de la mystérieuse vibration des cristaux infinitésimaux déjà observée dès les premiers effets de la neige vivante. Le courant passait, et maintenant Coqdor n’était plus le seul à s’en rendre compte.
Saisis dans cet univers si particulier, faisant corps avec lui, traversés par le formidable courant, les microbes-humains percevaient tous avec précision, l’appel lointain émanant de la force inconnue qui utilisait comme génératrice le fantastique soleil de glace.
— Si, comme le disait le professeur Walkinson à Assia, qui enregistrait et filmait l’expérience (projetée en grand sur l’écran du labo), notre tentative réussit, il se produira une réaction en chaîne à travers la neige vivante.
— Oui, professeur. Dans le bac, je le comprends, mais les réactions en chaîne n’exigent-elles pas une continuité de matière ?
— En principe, oui. Mais la preuve a été faite que la neige vivante émanant du soleil de glace constitue un tout. Oh ! je sais que nous ne jouons pas sur du velours, cela peut encore rater. Mais si le procédé imaginé par le docteur Stewe est logique – et je crois qu’il l’est – nous agirons d’un seul coup, non seulement sur les quelques flocons que je maintiens à la température convenable dans ce bac, mais aussi sur les treize hybrides que nous gardons prisonniers des ondes bleues, sur l’ensemble glaciaire qui va attaquer la planète dont nous ne savons pas encore qui elle sera, et sur tous les cristaux de neige représentant, à travers le cosmos, le formidable monstre qui s’attaque à l’humanité.
— Cette réaction peut-elle remonter jusqu’au soleil de glace ?
Walkinson regarda la speakerine et fit un signe de la tête :
— Je le crois.
Mais Coqdor, sur sa couchette, élevait la voix :
— Alerte ! la planète visée est Ax 33, dans la constellation du Bélier !
Aussitôt, un représentant de l’Interplan, présent dans le labo, transmit à travers les ondes subspatiales. Ax 33 se mit aussitôt en état de défense, à des milliers d’années de lumière de Mars.
C’était imminent. Chacun retenait son souffle, dans le labo.
Walkinson, visage immobile, se penchait sur le bac. Assia K’myra, qui avait vu cependant bien des choses, sentait son cœur se serrer. Jamais elle n’avait fait un tel reportage.
Les « plus » et les « moins » étaient totalement incorporés aux cristaux de neige et ils en ressentaient les moindres vibrations, si subtilement qu’ils savaient tous qu’une pluie de glaçons géants allaient s’abattre sur les cités de la planète Ax 33.
Et puis ce fut le moment crucial.
Muscat-humain jeta un cri bref, suggéré par le flagellé-Muscat :
— Feu !
Walkinson recevait, de ses deux aides, les deux fils électriques et les branchait sur les plots du petit bac.
Les génératrices hâtivement transportées à Syrtis Major et montées en pleine nature, sous les toits préfabriqués, envoyaient une décharge électrique – plus et moins – d’un voltage sans doute jamais atteint par des machines dues aux humains.
En même temps, dans le micromonde, sous l’impulsion de Muscat d’une part, de Stewe d’autre part, les microbes « plus » et « moins » se ruaient les uns contre les autres et s’anéantissaient mutuellement en provoquant, sous la force dont ils étaient les catalyseurs vivants, une étincelle incroyable.
Une explosion se produisait dans le labo. Le bac éclata, dans une gerbe de feu.
Le professeur Walkinson avait été tué sur le coup, un fragment de verre dépolex lui entrant dans le crâne.
Assia K’myra, domptant son émotion, sans se soucier du sang qui coulait de sa tempe meurtrie par un éclat, continuait à enregistrer :
— Le professeur vient de tomber et les aides le relèvent, mais il ne donne plus signe de vie. La lueur a été fantastique et je me suis crue aveuglée. Mais on me signale que, dans la coupole d’ondes bleues, les treize hommes-neige ont été auréolés, eux aussi, par cette même fulgurante lueur. Chers amis sidéraux, une nouvelle formidable ! La neige vivante fond à vue d’œil. Les hommes-neige sortent de leur cocon vibrant ; ils sont encore inertes, mais ils reprennent forme humaine…
Quelques instants plus tard, la sidérotélé, par ondes subspatiales, annonçait que l’attaque d’Ax 33 semblait subitement avoir avorté, et les glaçons qui tombaient se volatilisaient en plein vol, avant même d’avoir subi l’action des rayons dirigés vers eux pour les détruire. Ax 33 s’en tirait avec un déluge, toute cette glace fondant instantanément. Dans le labo, parmi la consternation générale, on entourait le cadavre du professeur Walkinson, victime de la science et de son dévouement à l’humanité, mort au moment où il contribuait à sauver le monde.
Les vingt-quatre se relevaient. Leur corps microbien anéanti, ils étaient encore un peu ahuris, mais ils revivaient, après l’étincelle vivante qu’ils avaient provoquée dans le micromonde.
Ils étaient cependant moins abasourdis que les treize rescapés de l’hybridation neige-biologie humaine, qu’on soignait déjà activement. Jean-Loup fut un des premiers à revenir à la raison. Mais il ne se rendait pas encore bien compte de ce qui était arrivé. Il constatait qu’il vivait, qu’il semblait intact, comme après un long sommeil. Ses nerfs craquèrent encore une fois et il eut une crise de sanglots.
Il en fut tiré par une formidable gifle. Aussitôt ramené à la réalité, il en identifia l’auteur :
— Oh ! C’est vous, Inspecteur ?
Muscat, dès qu’il s’était libéré du casque à électrodes, averti de ce qui se passait, s’était en effet précipité au chevet de son poulain et avait eu la satisfaction de le voir sorti de sa gangue de neige vibrante.
Walkinson avait péri. Mais Ax 33 était sauvée. Et aussi les treize hommes mutés par la monstrueuse puissance.
L’entité allait-elle récidiver ? Faudrait-il combattre encore ?
La réponse, on ne tarda pas à la connaître. Elle s’inscrivait dans le ciel, comme une fulgurance inouïe.
Les télescopes de l’univers signalaient en effet, quelque part dans la direction de la Polaire, une formidable nova, apparue spontanément (on fit le calcul nécessaire), au moment même où le professeur Walkinson lançait le contre-courant qui devait détruire la neige vivante, par le truchement des microbes humains, des « plus » et des « moins » qui se suicidaient provisoirement pour provoquer le court-circuit le plus incroyable de l’histoire de l’électricité.
Dans le soir glacé de Mars, bien emmitouflés, suivis de Râx auquel Libella avait tricoté un manteau en laine de la Terre, Muscat et Coqdor regardaient, dans le firmament, le point lumineux formé par la nova.
— Une étoile a explosé, Muscat.
— Oui, Coqdor. C’est le soleil de glace. Je ne pensais tout de même pas que la réaction en chaîne donnerait un tel résultat.
— Savons-nous jamais, mon cher Inspecteur, quelles sont les conséquences de nos actes, en bien ou en mal ?
Ils marchaient lentement, au clair de Phobos et de Deimos.
Jean-Loup, déjà sur pied, avait repris l’astronef à destination de Paris-sur-Terre. Mais sans doute ne s’attarderait-il pas là. Il irait ensuite vers Joigny, retrouver Catherine.
— Ce n’est déjà plus la saison des coquelicots, dit encore Muscat. Pour reprendre sa promenade sentimentale dans les mêmes conditions, il lui faudra attendre l’été prochain.
Le chevalier sourit, en pensant aux retrouvailles des deux jeunes gens, premières victimes de la neige vivante :
— Oh ! dit-il, je pense que d’ici là…
FIN
Notes bas de page
[1]Voir : Le flambeau du monde, Particule Zéro, La Terre n’est pas ronde. [2]
Postes Planétaires et Télécommunications.
Vous avez terminé FNA 0302 - Le soleil de glace
Maurice Limat