FNA 0302 - Le soleil de glace
Chapitre VI
Jamais sans doute des yeux humains n’avaient contemplé un tel soleil.
Muscat, Jean-Loup et Oxxa, fascinés, poursuivaient leur route vers l’astre inconnu qui se révélait à eux.
Sans doute cette progression était-elle lourde de conséquences, fertile en périls inédits. Cependant, ils allaient toujours.
L’Albinos ne songeait nullement à arrêter le mouvement de la soucoupe volante et ni Muscat, ni son jeune compagnon ne l’y encourageaient.
Ils se trouvaient devant une énigme, une de ces grandes énigmes que le cosmos propose aux hommes et dont, jusqu’à la fin des siècles, allant de galaxie en galaxie, ils ne pourront déchiffrer tous les mystères.
Leur engin filant presque aussi vite que la lumière, ils se rapprochaient sensiblement de l’étoile inconnue. Et, au fur et à mesure qu’ils franchissaient d’incommensurables distances, elle se révélait à eux dans sa redoutable beauté.
Le froid, ils ne le sentaient guère. Pourtant, il régnait sur leur petit vaisseau spatial. Il gelait tous les liquides, il meurtrissait leurs visages, il condensait l’atmosphère interne en un givrage rapide le long des hublots et de la coupole, si bien qu’ils devaient faire fonctionner en permanence le système d’essuie-glaces thermique, branché sur les moteurs, pour permettre la visibilité.
Rubis titanesque, l’astre offrait une rutilance dont le spectre jouait curieusement, selon l’angle sous lequel ils le voyaient.
Tantôt il flambait comme le cratère d’un volcan insensé, ou bien il prenait des tons plus violacés, aux douceurs de mauve, et tantôt il fonçait vers le rouge le plus sombre avant de revenir à des tons atténués, quoique encore vivaces, et toujours enchanteurs.
Mais ce soleil, ce feu céleste, cette étoile, ne faisait qu’engendrer le froid.
Les cosmonautes, saisis dans son rayonnement, à moins d’une heure de lumière sans doute, en subissaient l’immense fascination, car ses dimensions devaient être gigantesques et approcher Antarès ou Aldébaran.
Ils ne parlaient plus. Ils regardaient, sans souffrir du gel qui sévissait dangereusement à leur bord.
Baignés de clarté, irradiés d’une dangereuse émanation photonique, inverse de celle qui obéit à la norme de l’univers, les Terriens et l’Albinos se jetaient, comme des insensés, dans l’éblouissement du soleil de glace.
Car Jean-Loup ne se trompait certainement pas. Ce qui provoquait l’incroyable refroidissement, ce qui devait, dans cette portion de l’espace, faire régner une température qui ridiculisait ce que les savants de la planète-patrie avaient cru pouvoir appeler le zéro absolu, c’était incontestablement le fait de la nature de cette étoile, défi aux règles cosmiques.
Totalement subjugués, ils allaient, ils allaient. La soucoupe, dirigée par Oxxa, fonçait et, s’ils continuaient ainsi, ils tomberaient sous la force gravitationnelle du soleil pourpre, ils ne pourraient plus s’en arracher.
Alors ils tomberaient.
Sur une étoile. Dans ce qui est, normalement, la fournaise d’un foyer solaire.
Seulement, ils ne périraient pas carbonisés, volatilisés par la fantastique puissance thermique.
Au contraire, ils seraient gelés, hypergelés. Leur être serait annihilé par une puissance d’autant plus redoutable qu’elle était l’inversion idéale de la force luminique, tout en offrant, à l’œil, un aspect semblable.
Robin Muscat s’en rendit compte le premier.
Malgré la fascination du soleil de glace, il demeurait lui-même, un de ceux dont on disait en riant, même quand ils allaient de planète en planète, qu’ils gardaient toujours, avec la tête dans les étoiles, les pieds sur la Terre.
Il possédait la faculté – bien qu’il ne fût pas un superpsychique comme son ami Coqdor – de sentir un petit déclic en lui aux moments difficiles, une sorte de sonnette d’alarme qui le faisait réagir contre les mirages, si fréquents au cours des randonnées interstellaires.
Il se reprit donc et, si peu que ce fût, il eut froid.
Cela l’arracha à la contemplation.
Mais quand il voulut bouger, ce fut terrible. Ses membres gourds, ses doigts violacés, refusaient presque de remplir leur office.
— Jean-Loup, Oxxa, hurla-t-il, d’une gorge contractée, émettant à chaque syllabe un nuage de buée qui se changeait immédiatement en une petite neige poétique, remuez-vous, sortez de là, vous allez crever de gel.
Les trois se regardèrent et ils eurent peur de ce qu’ils voyaient.
Même l’Albinos au teint blafard, ils étaient avec des faces violettes. Leurs oreilles, à présent qu’ils s’arrachaient à la vision, se mettaient à ressentir mille pointes d’aiguille. Leurs nez étaient indolores et le liquide cristallin gelait presque à leurs cils.
Ils luttèrent, gourds, maladroits, lents, grotesques et désespérés. Ils se frappèrent, s’agrippèrent, cherchèrent à manœuvrer pour faire machine arrière. Ils déclenchèrent tous les appareils thermiques du bord pour lutter contre l’horreur froide.
La soucoupe marchait toujours et le soleil grandissait à vue d’œil, offrant son disque éblouissant, formidable gemme étincelante qui semblait un lac de sang vermeil dans son exceptionnel rayonnement.
— Ne regardez plus, parvint à dire Muscat.
Oxxa, de ses pauvres mains meurtries, réussit à donner un tour complet à la barre et l’engin, exécutant un demi-cercle dans l’espace, échappa à la lancée vers l’astre maudit.
Tout, autour d’eux, leur paraissait maintenant ensanglanté. Ils ne s’en étaient pas encore rendu compte, absorbés par la contemplation de l’étonnante étoile. La clarté régnait partout mais, maintenant, elle allait diminuer d’intensité.
Le réchauffement fut lent et difficile. Ils absorbèrent des breuvages bouillants, se frictionnèrent mutuellement, et Muscat préconisa d’avaler des comprimés à action thermique interne, prévus pour les lancées individuelles dans l’espace, là où, justement, règne le zéro absolu.
Ainsi, s’éloignant à toute vitesse du soleil de glace, encore abasourdis de cette incroyable découverte, ils reprirent un aspect normal, tandis que leur sang se réchauffait, que la circulation, très douloureuse au début, leur rendait un peu de vitalité.
Mais ils étaient gercés, crevassés, mordus d’engelures et Muscat, qui en avait vu d’autres, se mit à soigner ses deux compagnons, qui lui rendirent un service analogue.
Pourtant, l’aventure était d’importance.
— Ici, dit Muscat, est le centre probable de ce qui désole le cosmos. Il existe donc un soleil, unique en son genre, c’est probable, qui inverse la thermie.
— Mais, dit Jean-Loup, si je ne peux en douter, je ne vois pas le rapport avec la naissance spontanée d’icebergs en plein ciel, ou l’apport subit de l’hiver sur une planète en cours estival.
— Moi non plus, boy. Mais mon métier est de le trouver, ce rapport.
Derrière eux, ils voyaient, en se retournant parfois, l’étoile pourpre qui s’éloignait. Parallèlement, ils constataient que la soucoupe, bien que plongée dans l’espace glaciaire, retrouvait une ambiance normale.
— C’était donc bien la lumière qui refroidissait tout, et qui allait nous geler vivants.
Ils respiraient un peu. Le traitement les libérerait bientôt des effets du froid. Oxxa reprenait l’engin en main et les deux Terriens discutaient sur l’invraisemblable observation.
Ce fut le pilote qui les tira de cette passionnante discussion :
— Le radar décèle des objets bizarres. Comme des météores, mais…
Ce qui clochait, c’est que, justement, ces objets aux formes disparates, signalés par le radar, étaient invisibles à l’œil et, surtout, au télescope électronique qui fut mis en batterie.
Muscat donna ordre à l’Albinos de diriger la soucoupe de ce côté. On avait marché plus de trois heures depuis le demi-tour et le soleil de glace, à formidable distance, n’était qu’un fantôme d’étoile. D’ailleurs, si on avait échappé au gigantesque bain de lumière froide, on retrouvait l’espace triste déjà traversé, les gouffres d’imprécis et les déserts sans soleil qui les avaient conduits vers l’étoile pourpre.
Jean-Loup, étudiant les mystérieux météores, en arriva promptement à une conclusion que Muscat ne contra pas :
— Des icebergs, des banquises de l’espace, comme celles qui ont détruit l’astronef d’Éridan qui a été repéré par le Fulgurant.
C’était cela, sans doute. Il pouvait y avoir péril à rencontrer de pareils errants de l’espace, mais le navire d’Éridan, lui, avait été surpris par la banquise-météore, alors que la soucoupe d’Oxxa, naviguant habilement, permettrait sans doute d’observer en évitant le contact.
Du moins étaient-ils d’accord sur ce point.
Toujours prudent, Muscat mit l’engin en état de défense, au moyen d’un petit canon à laser, arme redoutable à la portée illimitée.
— Vous ne croyez pas, Monsieur Muscat, que les icebergs vont nous attaquer ? dit Jean-Loup en riant un peu pour se détendre.
— La neige ne vous a-t-elle pas attaqué, en Bourgogne ?
L’étudiant se gratta le nez, son pauvre nez encore marqué de gel. Et il ne sut que dire.
Oxxa rapprocha sa soucoupe des icebergs. Car il y en avait plusieurs. Le radar les avait détectés. Le laseradar les contacta. Le sonoradar en attesta la nature aqueuse.
— Des banquises dans la région du soleil de glace, après tout, c’est logique, dit l’homme de l’Interplan.
Jean-Loup avait peur. Il était effaré de tout ce qu’il découvrait mais à présent il était totalement possédé par l’aventure spatiale. Et c’était à peine si, parfois, la pensée de Catherine, Catherine la si lointaine, l’effleurait encore.
Ils durent se rapprocher à très courte distance pour pouvoir enfin découvrir les mystérieuses météorites de glace. C’étaient bien des banquises projetées dans le vide et qui, selon la loi universelle, progressaient dans une direction précise, quoique indéterminable pour les cosmonautes.
— Un train de bolides, en somme.
— Oui, si vous voulez bien que…Muscat, qui observait, pâlit soudain.
— Oxxa, 80 degrés bâbord. Vite ! Vite !
L’albinos obéit mais Jean-Loup, qui avait vu lui aussi, râla :
— Les météores de glace changent de direction.
À l’œil nu, on pouvait maintenant les distinguer en dépit de leur nature transparente.
La faible clarté des lointaines étoiles ne parvenait guère à les irradier, mais on était si proche. Comme des fantômes, ces montagnes d’aspect immatériel – mais cependant indurées – tournaient dans le grand vide.
Elles tournaient si bien qu’elles arrachèrent cette exclamation à Robin Muscat :
— Par tous les démons du cosmos ! mais c’est une vraie formation militaire.
— Ou un ballet bien réglé, émit Jean-Loup, qui fréquentait l’Opéra.
— En fait de ballet, mon jeune ami, il faut éviter le pas de quatre.
Car, autour de la soucoupe, trois gigantesques bolides de glace formaient un triangle parfait, si parfait qu’on ne pouvait admettre que ce fût l’effet du hasard, ou de la seule force gravitationnelle.
Les bolides-banquises évoluaient avec précision. Ils avaient quitté leur route naturelle pour encadrer l’engin des cosmonautes et, à présent, équidistants, ils lui faisaient une véritable escorte.
— Je n’aime guère cela, gronda le policier des étoiles.
Il avait l’impression, une fois encore, d’une hostilité déclarée.
Jean-Loup, comprenant lui aussi le danger, ne songeait plus aux ballerines qu’il évoquait un peu plus tôt. Son esprit lucide de jeune scientifique le mettait sur la voie de la vérité.
— Ils vont nous attaquer, râla-t-il.
Il devenait presque aussi blafard qu’Oxxa.
Mais Robin Muscat, la main sur la détente du canon-laser, ne se préoccupait plus d’autre chose que des extraordinaires fragments glaciaires.
Et quand il les vit rétrécir la surface du triangle idéal qu’ils formaient dans l’espace, il n’hésita pas à faire feu contre celui de bâbord.
Le jet thermique pénétra de plein fouet dans la masse de l’iceberg, provoquant une véritable fragmentation.
Aussitôt, les deux autres s’éloignèrent.
Muscat jeta un cri de triomphe :
— Plus d’erreur, ils sont bien vivants…
— Ou menés par une force, une volonté. Attention ! Muscat.
Les deux autres fonçaient en même temps contre la soucoupe, pour la prendre en sandwich.
Cette fois, ce fut Oxxa qui sauva la situation, de justesse, grâce à un mouvement rapide et hardi qu’il fit exécuter à son appareil, lequel échappa à l’étreinte, tandis que le coup de laser envoyé par Robin Muscat, déréglé par la manoeuvre, se perdait dans le vide.
Mais, derrière eux, les cosmonautes pouvaient apercevoir le résultat de l’assaut et frémissaient à l’idée qu’ils venaient de lui échapper.
Les icebergs se fracassaient littéralement l’un contre l’autre, se brisant en une foule de petits météores de glace qui recommençaient à essaimer dans le vide, mais semblaient totalement désorientés.
— S’éloigner, s’éloigner à tout prix, dit Muscat.
Oxxa ne dit rien mais il lança son engin à toute allure.
Les autres icebergs, qui n’avaient pas participé à l’attaque, s’élançaient, eux aussi.
Ils poursuivaient la soucoupe et on put bientôt les voir naviguer de conserve avec le petit vaisseau spatial.
— Je peux leur échapper, dit Oxxa. En plongeant dans le subespace.
Muscat fit signe qu’il était d’accord.
À ce moment, Jean-Loup, qui luttait pour dominer la peur qui s’infiltrait de plus en plus en lui, tendit un doigt tremblant vers un point de l’espace :
— Là, entre ce grand bloc et ce petit qui semble l’accompagner comme un pilote devant un requin. Muscat regarda et fronça le sourcil.
— Un cocon…
Il y avait, flottant dans le grand vide, un de ces mystérieux objets comme celui qui s’était manifesté dans la vallée bourguignonne, et qu’on retrouvait partout où le phénomène mystérieux se reproduisait. Un de ces conglomérats vivants, ou semblant tels, qu’Oxxa avait détruit sur la petite planète qu’ils avaient visitée.
— Pas d’erreur, dit Muscat, on en retrouve un chaque fois. C’est un de ces objets… je n’ose dire : êtres, qui provoque les effets mystérieux de ce refroidissement.
Il avait fait signe à Oxxa de ralentir son action pour observer la chose.
Oxxa ne plongea donc pas et les icebergs réussirent autour de la soucoupe une formation nouvelle.
Non plus un triangle cette fois, mais un véritable cercle fait de dix éléments différents.
— Trop tard pour la plongée, dit la voix neutre de l’Albinos.
Muscat se mordit les lèvres. Jean-Loup, à bout de nerfs, éclata en sanglots.
— Non ! j’en ai assez ! Ils vont nous tuer. On va mourir là, bêtement, dans le vide, dans le néant ! c’est l’enfer ! l’enfer du soleil de glace, c’est…
Il disait des sottises. Muscat ne perdit pas de temps et lui envoya une si formidable gifle que l’étudiant en sciences expérimentales, désaxé, alla rouler contre la paroi.
— Oxxa, impossible de plonger ?
— Non, ils sont trop près.
L’Albinos très calme, ne donnait aucun signe d’émotion.
Par la coupole, Muscat jugea la situation.
Elle était désespérée. Les blocs géants se rapprochaient. Ils formaient petit à petit, non plus un cercle comme au départ, mais un véritable puzzle. On eût dit qu’une volonté mystérieuse et parfaitement lucide travaillait à les emboîter les uns dans les autres en utilisant grossièrement leurs formes de façon à provoquer l’ajustage des aspérités dans les anfractuosités, en gigantesques mortaises recevant de formidables tenons.
Une masse géante de glace, perdue en plein espace au mépris de toutes les lois naturelles connues, évoluant avec une précision et une docilité parfaites, enfermait totalement la malheureuse petite soucoupe.
Loin, très loin, brillait, comme un œil magnifique et sinistre, une étoile de pourpre qui était le soleil de glace, couvant à distance ces mystérieux et étranges forfaits.
Muscat gronda :
— Dans un instant, il sera trop tard. La soucoupe sera broyée. Mais il est encore possible…Oxxa ! les scaphandres !
L’Albinos, qui avait appris à lui faire confiance, abandonna les commandes. Au surplus, enserrée par ses ennemis géants, la soucoupe ne pouvait plus manœuvrer.
Rapidement, les deux hommes endossèrent les scaphandres de plongée spatiale individuelle, véritables petits microcosmes, munis d’armes, d’appareils respiratoires de longue durée, et outre la radio, d’un système de mobilité.
Cela fait, ils se penchèrent sur Jean-Loup. Muscat eut un soupir.
Il regrettait de l’avoir emmené. Jean-Loup était trop jeune, trop inexpérimenté. Il lui avait rendu de grands services pour l’établissement de ses rapports et de ses observations, certes, mais c’était insuffisant.
Du moins voulait-il le sauver à tout prix. Aidé de l’Albinos, il lui fit enfiler de force un troisième scaphandre. Jean-Loup, qui revenait à lui et avait subitement honte de sa conduite, se relevait, pâle, mais déjà plus résolu :
— Monsieur Muscat…
— Tais-toi, mon petit, et écoute. Dans un instant, une minute, nous serons broyés, regarde !
Jean-Loup obéit. Il ne pouvait pas aller plus loin dans la peur. On ne distinguait plus le ciel, le vide. Rien que la glace. Les blocs encastrés approximativement les uns dans les autres formaient écran, et tout cela se rapprochait, se resserrait.
Des angles de banquises, des aiguilles de glace touchaient déjà par instants le cockpit de la soucoupe, s’y brisaient, éclataient. Mais d’autres plus formidables, ne se feraient qu’un jeu d’écraser ce microbe.
— Nous sommes perdus, dit calmement l’Albinos.
La présence de la mort rendait la dignité à Jean-Loup. Il pria, tout haut, Muscat et Oxxa de lui pardonner sa faiblesse.
— Ce n’est rien, boy. Maintenant, si tu vis, tu seras un homme, puisque tu ne pourras pas avoir plus peur.
— Si je vis !
— Diable du Cosmos ! il ne sera pas dit que nous serons écrasés ainsi comme des rats.
Il finit là son discours car le cockpit craquait sinistrement et la coupole éclata.
La soucoupe volante n’était déjà plus qu’une épave fracassée par un formidable choc.
Mais les trois cosmonautes s’échappaient par l’ouverture. Propulsés par leurs réacteurs, ils évoluaient entre les gigantesques glaçons, menés par Robin Muscat, et se faufilaient littéralement entre leurs ennemis.