[Guilhem d’Ussel 2] Paris 1199

Jean d'Aillon · Chapitre 34 sur 35

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[Guilhem d’Ussel 2] Paris 1199

Chapitre 33

 

 

Ils attendaient depuis plus d’une heure dans la galerie mercière du Palais quand ils aperçurent Maurice de Bracy. Cela faisait un moment que leurs entrailles criaient de malefaim, car Robert de Locksley n’avait eu qu’un bol de bouillie d’avoine dans son cachot et Guilhem n’avait rien avalé depuis la veille. De plus, ils étaient tourmentés par une soif inextinguible.

Bracy les rejoignit. Lui-même s’était rassasié dans une auberge avant de venir et il leur proposa de leur faire porter des pâtés chauds et du vin des cuisines. Il assura connaître suffisamment de domestiques pour qu’on satisfasse ses demandes et, effectivement, peu après son départ, un esclave apporta rapidement ce qu’il avait demandé.

Rassasiés et désaltérés, ils attendirent encore une heure quand enfin un serviteur vint les chercher. L’entretien eut lieu dans une salle des appartements du roi, face aux jardins. Cadoc, Montfort et frère Guérin étaient auprès de Philippe Auguste ainsi que son jeune fils.

Le roi interrogea d’abord Robert de Locksley sur son rang et sur l’origine des Huntington. Locksley ne lui cacha rien de sa jeunesse, de sa lutte contre le prince Jean et le shérif de Nottingham quand il était Robin Hood — Robin au Capuchon –, l’archer le plus habile d’Angleterre. Il lui parla de sa rencontre avec Richard, de sa réhabilitation et pourquoi il était allé à Châlus avec la duchesse Aliénor. Il raconta ensuite qu’il avait été injustement accusé de vol, qu’il avait dû s’enfuir et comment il avait connu les cathares de Paris. Il fit silence sur la statuette d’or, mais il remarqua combien Cadoc l’observait attentivement.

Ensuite Philippe interrogea Guilhem sur Mercadier et sur la vie qu’il menait à la cour de Saint-Gilles. Comme Cadoc intervenait pour dire que Guilhem était aussi troubadour, le roi lui fit porter une viole et lui demanda de jouer et de chanter. Tout le monde parut apprécier, sauf Simon de Montfort qui gardait un visage fermé.

Mais toutes les questions du roi étaient en vérité de peu d’intérêt pour lui, Guilhem devinait qu’il cherchait simplement à mieux les connaître, et à savoir quel genre d’hommes ils étaient.

— Qu’allez-vous faire, maintenant, comte de Huntington ?

— Je ne sais trop, sire. Je ne prendrai pas le risque de rentrer en Angleterre, car le roi Jean cherchera à se venger de moi. J’irai donc chercher mon escorte à Fontevrault et raconter à dame Aliénor ce que j’ai appris...

— Lui direz-vous que Jean a fait tuer son frère ?

— Non, je ne lui parlerai que d’une vengeance de Templiers que Richard avait chassés. Ensuite, j’accompagnerai mon ami Guilhem à Toulouse. Après, Dieu guidera mes pas...

— Si vous cherchez un loyal suzerain, comte, vous l’avez trouvé en ma personne, déclara solennellement Philippe Auguste.

— Je vous rends grâce, sire, j’accepte votre proposition qui me réchauffe le cœur, mais je ne resterai pas à Paris, pour l’instant.

— Peu importe, il me suffit de connaître votre dévouement. Et vous, Guilhem d’Ussel ?

— Je conduirai les tisserands à Toulouse comme je m’y suis engagé, après quoi je m’occuperai de mon fief pour lequel je rendrai hommage au comte d’Armagnac et à l’archevêque d’Auch. Comme le château a été incendié, tout est à reconstruire.

— Ussel, je vous fais la même proposition qu’au comte de Huntington. Cadoc m’a parlé de vous au dîner. Restez le fidèle vassal de Raymond, mais rendez-moi hommage. Et si un jour vous me

rejoignez, vous trouverez à mon service richesse et honneur{65}.

Un silence poignant tomba dans la pièce tant la proposition du roi était généreuse et inattendue. Locksley regarda Guilhem qui opina lentement. Alors le comte de Huntington fit deux pas vers le roi qui lui ouvrit les bras. Locksley plaça ses mains jointes dans celles de Philippe Auguste, se donnant ainsi à lui. Il n’y eut pas de serment,

seulement cet acte de commende{66} qui dura quelques instants. Puis le Saxon revint à sa place. Guilhem fit ensuite comme lui.

Ils étaient désormais des fidèles du roi de France. Ils ignoraient que cela changerait leur vie.

Mais quand tout fut terminé, Simon de Montfort intervint :

— Si j’ai un conseil à vous donner, Ussel, c’est de reprendre votre liberté avec Toulouse. Notre roi vous cédera facilement un fief. Ne vous compromettez pas avec Raymond de Saint-Gilles qui protège des hérétiques. Un jour, la colère de Dieu s’abattra sur son pays et sur tous ses vassaux.

— J’ai donné sincèrement ma foi à Raymond de Saint-Gilles, seigneur de Montfort, et je ne crois pas que les cathares offensent Notre Seigneur. Vous devriez mieux les connaître.

— Mettez-vous en doute la parole de notre Saint Pontife ?

— Ce n’est ni le lieu ni l’heure pour une discussion théologique, Simon ! le coupa le roi. Locksley et Ussel, frère Guérin vous remettra une lettre pour Raymond de Saint-Gilles que je lui ai fait préparer, ainsi qu’une somme suffisante pour votre voyage et un laissez-passer. Que Dieu vous garde !

L’entretien était terminé. Ils saluèrent le roi, Montfort et Cadoc et sortirent, accompagnés par frère Guérin. Une heure plus tard, ils étaient à la Corne de Fer.

Anna Maria et Bartolomeo avaient fait le nécessaire. Le prévôt de Paris avait rendu à Bartolomeo les clefs des maisons des tisserands, mais aussi l’équipement qu’avait Locksley quand il avait été pris dans la crypte. Les chevaux, armes, bagages et provisions étaient prêts et déjà plusieurs cathares attendaient le départ avec impatience. Parmi eux, Enguerrand qui n’avait rien emporté, et sa fille qui n’avait qu’un sac de vêtements. En revanche, Geoffroi le tavemier avait un chariot plein de tonneaux venant de son auberge.

Locksley, Guilhem et Anna Maria montèrent dans la chambre. Là, Locksley poussa le coffre, puis creusa le mur à grands coups d’épée. Guilhem dégagea les débris et sortit la statuette avec le sac de pièces d’or d’Aliénor.

— Cette statue pèse au moins une centaine d’onces{67}, fit-il en la soupesant, un sourire aux lèvres.

Il la tendit à Anna Maria qui la mit dans le sac quelle avait apporté.

— Peut-être plus, fit-elle.

— Elle représente quinze marcs d’or ou cent cinquante marcs d’argent, confirma Locksley. Une belle rançon. Partons rapidement maintenant. Je connais suffisamment Cadoc pour craindre qu’il ne tente de se l’approprier.

Laissant le trou béant, ils rejoignirent les tisserands. Les derniers cathares étaient arrivés, quelques voisins les avaient accompagnés. Ce furent les derniers adieux et le convoi se mit pesamment en route.

Parmi les cathares, et bien que leur religion refuse la violence, Jehan le Flamand, Estienne – le gendre de Bertaut –, Thomas le cordonnier et Geoffroi le tavemier acceptèrent de prendre un épieu ferré. Bartolomeo leur remit aussi deux cuirasses achetées à un haubergier. Ils seraient donc sept armés pour le voyage jusqu’à Fontevrault. Une force suffisante pour éloigner quelques croquants, mais bien faible face à une compagnie de routiers ou de brigands. Ils devraient donc prier Dieu pour qu’il les aide.

De l’autre côté de l’île de la Cité, ils découvrirent qu’on les attendait devant le Petit-Châtelet. Il y avait là Cadoc avec une dizaine d’hommes à lui, tous à pied avec des arbalètes, le prévôt de Paris et l’official avec des archers de l’évêché.

Cadoc était devant le passage, ses arbalétriers derrière lui. Guilhem fit arrêter le convoi et s’approcha seul.

— Le roi a-t-il changé d’avis ? demanda-t-il en plissant les yeux sous son casque à nasal.

— Non, mais vous avez bien trop de bagages. Ces hérétiques ont été chassés comme les juifs, sans rien. Je vais les fouiller et prendre ce dont ils n’ont pas besoin. Il serait dommage qu’ils emportent ce qui revient de droit à la couronne.

— Le roi n’a rien dit de tel, remarqua Guilhem après un bref silence durant lequel il avait évalué les forces en face d’eux. Il m’a remis un laissez-passer. Tu le sais, Lambert, puisque tu étais avec moi. Tente de toucher à nos biens et tu perdras la vie.

Robert de Locksley tenait déjà une poignée de flèches avec son arc. L’une était encochée.

Cadoc grimaça, n’ayant pas prévu que les exilés se rebellent. Il ne portait d’ailleurs ni haubert ni casque, étant juste en robe avec son baudrier et son épée. Il hésita, non qu’il craignît pour sa vie, car il était certain que ses arbalétriers cloueraient ces rebelles avant qu’ils ne bougent, mais ces deux-là avaient prêté hommage au roi. Qui pouvait savoir comment Philippe réagirait s’il les tuait ?

D’un autre côté, il était convaincu que la statue d’or était là, à portée de main, et que s’il l’offrait à Philippe, il aurait une récompense royale.

Guilhem avait perçu l’hésitation. Dans un défi, il savait que celui qui atermoyait était le perdant. Il tira lentement son épée et planta son regard dans celui de Cadoc.

— Corne bouc ! Écarte-toi, Lambert, ou tout finira dans le sang, gronda-t-il. Ne nous sous-estime pas, mon ami...

Le silence tomba, aussi pesant que celui qui précédait une mise en terre au cimetière des Innocents. Les arbalétriers levèrent subrepticement leurs armes dans leur direction. Bartolomeo dégaina à son tour son épée dans un froissement de métal et les cathares serrèrent leurs épieux dans leur main. Les femmes et les enfants, terrorisés, avaient reculé derrière les chariots. Quelques badauds, comprenant qu’il allait y avoir une sanglante bataille, s’étaient approchés pour y assister, restant quand même à l’abri derrière des piliers de maisons.

La tension était extrême et l’official, qui s’était aussi écarté avec ses archers, affichait un grand sourire. Que Cadoc tue ces impies et il reprendrait les hérétiques, se disait-il.

C’est alors que le prévôt Hamelin s’interposa.

— Noble seigneur de Gaillon, notre sire roi n’a jamais dit que les cathares devaient partir sans rien. Encore moins que soient dépouillés le comte de Huntington et le noble Guilhem d’Ussel qui sont ses vassaux. Comme prévôt de cette ville, je vous demande de les laisser passer.

Cadoc considéra Hamelin avec un mélange de colère et de surprise, persuadé, jusque-là, que le prévôt de Paris lui prêterait main-forte. En même temps, il était soulagé, car cette intervention lui permettait de sauver la face.

— Dieu me damne, Hamelin ! Je saurai m’en souvenir ! cracha-t-il avec une expression courroucée pour se donner une contenance.

Il s’écarta et fit ranger ses arbalétriers.

Tout en les surveillant, car une traîtrise était normale chez Cadoc, Guilhem fit signe aux cathares d’avancer. Ils s’engagèrent sur le pont et, quand ils furent de l’autre côté, Locksley passa à son tour.

— Que Dieu vous garde, noble prévôt, dit Guilhem avant de quitter l’île. Quant à toi, Lambert, que le Seigneur te protège aussi. Tu sais que je reste ton ami.

Cadoc hocha faiblement la tête et Guilhem franchit le pont.

Ils passèrent la nuit dans une grange du bourg Saint-Marcel, bien à l’abri derrière les murs d’enceinte. Le lendemain, ils purent acheter deux vieilles broignes maclées et trois masses d’armes à un forgeron pour compléter leur équipement.

Ils mirent deux semaines pour gagner Fontevrault. Ils étaient une trentaine avec les enfants et les nouveau-nés. En général, Locksley, Bartolomeo et Jehan le Flamand, revêtu d’une des broignes, chevauchaient en tête. Guilhem fermait la marche avec Thomas le cordonnier, le plus âgé des cathares, mais aussi le plus robuste après Jehan le Flamand. Parfois Sanceline, à qui Guilhem avait laissé leur second cheval de bât, les rejoignait, sous le regard désapprobateur de son père.

Les autres hommes marchaient à pied. Les femmes cathares, c’est-à-dire les servantes, dame Bertaut et les épouses de Jehan le Flamand, d’Aignan le libraire et d’Estienne, ainsi que les enfants, faisaient le chemin sur les chariots, les ânes et les mules.

Leur convoi comptait quatre charrettes à deux roues et le chariot de Geoffroi où les exilés, sauf Enguerrand qui n’avait rien emporté, avaient mis leur matelas, leur literie et leurs meilleurs vêtements. Ils avaient laissé toutes leurs possessions, certains ayant cependant pu vendre quelques objets à leurs voisins. Seul Noël de Champeaux avait emporté son métier à tisser dans sa charrette.

Les premiers jours, les cathares restèrent muets, tant ils avaient le cœur serré de quitter une existence durant laquelle ils avaient connu des moments heureux. Ils étaient aussi inquiets sur leur avenir, n’ayant plus ni demeure ni travail. Les plus jeunes enfants pleuraient souvent, ne comprenant pas pourquoi ils marchaient sur des chemins inconnus. Mais la soif d’aventure pour quelques-uns, l’espoir de prier librement pour d’autres, compensèrent peu à peu leur peine, surtout quand Enguerrand leur dit qu’ils marchaient vers la terre promise.

La femme de Jehan le Flamand, rousse comme lui, s’occupait de ses deux filles et de son nourrisson. Son mari apprenait vite le métier des armes. Locksley lui enseigna comment tendre son grand arc saxon, avant de lui montrer comment s’en fabriquer un.

Sanceline acceptait désormais l’amour de Guilhem, refusant pourtant de s’engager à l’épouser. Elle faisait souvent la route avec Anna Maria avec qui elle avait noué une franche amitié. Parmi les cathares, le gros Bertaut et sa femme étaient les plus bienveillants. Ils s’occupaient des repas, consolaient les plus malheureux et soignaient les blessés, car beaucoup n’avaient que de mauvaises chaussures, même si Thomas le cordonnier faisait tout ce qu’il pouvait pour les réparer.

Geoffroi le tavemier, veuf sans enfant, s’occupait des approvisionnements avec Aignan le libraire et sa femme, aidés eux de leurs grands garçons. Chaque jour, leur troupe devait trouver du fourrage, de la farine pour les bouillies, du lait et des fromages. Et bien sûr de la viande pour ceux qui n’étaient pas cathares. Il fut plus difficile d’avoir du poisson, jusqu’à ce qu’ils atteignent la Loire.

Estienne, le gendre de Bertaut, était le plus doux des hommes avec sa jeune femme et leur nourrisson, mais il possédait aussi une fronde avec laquelle il était très adroit. Thomas le cordonnier en fabriqua une pour chacun d’entre eux, même pour les enfants, et Estienne leur apprit à s’en servir. Quelques-uns devinrent rapidement très adroits.

Thomas le cordonnier s’occupait aussi de l’entretien des équipages des mules et des chevaux. Quant à Noël de Champeaux, qui était veuf, il avait beaucoup à faire avec ses deux jeunes garçons et sa petite fille, sa servante ayant refusé de quitter Paris.

Chaque fin d’après-midi, Guilhem partait devant. Il connaissait le pays et savait où ils pourraient faire étape. Quand il montrait la lettre du roi, les monastères les accueillaient. Les petits bourgs étaient plus réticents mais on leur laissait toujours occuper quelque grange.

Ils ne firent aucune mauvaise rencontre jusqu’à la Loire, sauf quelques Brabançons sans engagement que Robert de Locksley mit en fuite avec ses flèches. Ensuite, ils pénétrèrent dans un pays ravagé par les gens de Mercadier. Plusieurs fois, ils croisèrent des troupes plus fortes qu’eux mais, par chance, il y eut à chaque fois parmi eux un chevalier capable de lire le laissez-passer d’Aliénor. Ce fut l’un d’eux qui les conduisit à Fontevrault où les deux écuyers de Locksley et ses hommes d’armes l’attendaient. De là, ils firent route jusqu’à Poitiers où la duchesse d’Aquitaine s’était installée pour recevoir les hommages de ses vassaux.

La mort de son fils et la fréquentation de Mercadier avaient changé Aliénor d’Aquitaine. À soixante-quinze ans, celle qui avait décidé de finir ses jours comme religieuse à Fontevrault était devenue un chef de guerre sans pitié, combattant avec une rare férocité ceux qui soutenaient les droits de son petit-fils Arthur.

Mercadier étant en Guyenne, Robert de Locksley fut reçu seul par la duchesse. Il lui remit la statuette, lui raconta les événements qu’il avait vécus et lui affirma que le trait qui avait tué Richard avait été empoisonné par deux Templiers félons, l’un d’eux avait été tué en ordalie par son ami Guilhem, l’autre était en fuite.

Elle resta longtemps silencieuse après ce récit, tenant serré son chapelet entre ses doigts décharnés.

— Seigneur de Locksley, j’aurais aimé vous connaître plus tôt, dit-elle enfin. Je comprends pourquoi mon fils vous aimait. J’ai eu une longue vie, et j’ai vu bien des ignominies. Je sais que j’en verrai d’autres avant ma mort. Je devine que vous ne voulez pas tout me dire, mais je préfère ne pas savoir. Désormais seul m’importe que l’héritage des Plantagenêt ne tombe pas dans l’escarcelle du roi de France. Voulez-vous rester à mon service ? C’est moi qui m’occuperai désormais du duché d’Aquitaine. J’ai besoin d’hommes tels que vous en ce temps d’épreuve.

— Ma reine, s’il n’y avait Mercadier et votre fils Jean, vous savez que ce serait mon plus cher désir...

— Je comprends, fit-elle, le visage inexpressif. Jean a mis votre tête à prix, mais en lui remettant cette statue, je parviendrai peut-être à le faire changer d’avis. Je vous protégerai en Aquitaine tant que je le pourrai. Qu’allez-vous devenir ?

— J’accompagne mon ami à Toulouse avec des hommes et des femmes que le roi de France a chassés de Paris.

— Des hérétiques, m’a-t-on rapporté.

— Des chrétiens, ma dame.

— Je ne crois pas qu’ils le soient, fit-elle durement. On m’a parlé d’eux et je crains qu’ils ne soient la cause de grands malheurs à venir.

Elle ferma les yeux un moment avant d’ajouter :

— Je ne sais si nous nous reverrons, comte de Huntington. Mon trésorier vous remettra cinq cents pièces d’or. Avez-vous un souhait ?

— On m’a dit que l’abbé du Pin est à Poitiers. Pourrait-il être témoin d’un acte devant notaire afin de mandater l’évêque de Hereford de vendre quelques-uns de mes biens ? J’ai confiance en lui et je sais qu’il me fera parvenir mon argent.

— Je le ferai chercher et je serai aussi témoin. Puis-je faire plus ?

Il tomba à genoux.

— Donnez-moi votre bénédiction, ma dame.

Ils partirent le lendemain.

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