Histoire poétique des Mérovingiens
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HISTOIRE POÉTIQUE
DES
MÉROVINGIENS
PAR
GODEFROID KURTH
PROFESSEUR A L’UNIVERSITÉ DE LIÈGE
PARIS
ALPHONSE PICARD ET FILS, ÉDITEURS
82, Rue Bonaparte, 82
BRUXELLES
Société belge de librairie
O. SCHEPENS, directeur
16, Rue Treurenberg, 16
LEIPZIG
F.-A. BROCKHAUS
16, Querstrasse, 16
Même maison à Berlin et à Vienne
1893
NAMUR.—IMPRIMERIE LAMBERT DE ROISIN, ÉDITEUR
RUE DE L’ANGE, 26
A Monsieur
LE MARQUIS DE BEAUCOURT
Auteur de l’HISTOIRE DE CHARLES VII
Recevez, cher ami, l’hommage de ce livre, auquel vous avez bien voulu m’autoriser à attacher votre nom. En vous l’offrant, il me semble que je paie une vieille dette, non seulement d’amitié mais encore de reconnaissance. Vous vous êtes créé des titres durables à la gratitude de tous les travailleurs qui ne séparent pas l’amour de la science de celui de la religion. La SOCIÉTÉ BIBLIOGRAPHIQUE, dont nous célébrons aujourd’hui le 25e anniversaire, est devenue pour beaucoup d’eux une famille qui salue en vous son chef aimé. Je suis sûr de n’être désavoué par aucun en vous offrant ce modeste cadeau de fête comme un témoignage de nos sentiments unanimes d’affection.
Paris, le 6 février 1893.
PRÉFACE
En 1887, pendant que je lisais avec mes élèves la chronique de Grégoire de Tours, je fus frappé de la différence de couleur et d’accent qui règne dans les diverses parties du livre II, consacré, comme on sait, à l’histoire des premiers rois mérovingiens.
Cette différence me parut surtout remarquable dans les pages qui racontent le règne de Clovis; elles me faisaient l’effet d’une vraie mosaïque, formée des morceaux les plus disparates. Je voulus me rendre compte de l’origine de ce phénomène, et des recherches auxquelles je me livrai résulta un mémoire intitulé: les sources de l’histoire de Clovis dans Grégoire de Tours, qui fut lu le 9 avril 1888 à Paris, au premier Congrès scientifique international des catholiques. A ce travail se rattachèrent plus tard une étude sur l’_histoire de Clovis dans Frédégaire_ et une autre sur le Gesta Regum Francorum, qui achevèrent de me convaincre de l’existence d’un important élément traditionnel et oral dans l’historiographie mérovingienne. Je m’attachai alors à dégager cet élément, en remontant le cours de l’histoire des Francs jusqu’aux origines de la nation, et en le redescendant jusqu’au dernier rejeton de Mérovée. Ce fut un long et minutieux travail, souvent interrompu par des besognes professionnelles: il est venu finalement aboutir à ce livre, dont j’ai suffisamment fait connaître la nature et le plan dans l’introduction. Qu’il me soit permis d’ajouter que dans l’étude de questions si délicates et, sous certains rapports, si neuves, l’écrivain a quelque droit de compter sur l’indulgence du lecteur.
Liège, le 19 janvier 1893.