Histoire poétique des Mérovingiens

Godefroid Kurth · Chapitre 28 sur 28

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Histoire poétique des Mérovingiens

Introduction 1-27

L’épopée est, chez toutes les nations, la forme primitive de

l’histoire, 1.—L’histoire ne commence qu’à partir du moment où

les peuples acquièrent la notion de sa différence d’avec l’épopée,

3.—Cette notion ne s’acquiert que lentement et graduellement,

ibid.—Quand on a commencé à pénétrer dans la vraie nature de

l’épopée, 7.—Premières lueurs de la critique dans le domaine

de l’épopée franque, 8.—Rôle des philologues. Les frères Grimm,

11.—Fauriel, ibid.—Ampère et Schlegel, 12.—Témérités de Rathaïl,

13.—Les historiens restent étrangers aux vues des philologues,

14.—Kries, Loebell, 15, Augustin Thierry, Henri Martin, 16,

Charles Lenormant, l’abbé Gorini, 17.—Rôle de Junghans, 18, et de

Lecoy de la Marche, 19.—Indifférence persistante des historiens:

Ranke, Fustel de Coulanges, 22.—Constatations des philologues:

G. Paris, 23, A. Darmesteter, 24.—Importance du livre de Rajna,

25.—Ce qui restait à faire après lui, 26.

 

LIVRE I.

Les ancêtres de Clovis.

 

CHAPITRE I.—Les Sources 31-84

 

L’épopée a existé chez tous les peuples germaniques, 31.—Témoignages

historiques qui en attestent l’existence chez les Ostrogoths,

34.—Les Lombards, 37.—Les Vandales, 41.—Les Anglo-Saxons, 42.—Les

Frisons, 46.—Les Saxons du continent, ibid.—Les Scandinaves,

49.—Témoignages spéciaux établissant l’existence de chants épiques

chez les Francs des premiers siècles, 51.—Le recueil de Charlemagne,

54.—Les chroniqueurs mérovingiens ont-ils connu et utilisé les

chants épiques de leur nation? 57.—Arguments qui permettent de

résoudre cette question d’une manière affirmative pour Grégoire

de Tours, 59, pour Frédégaire, 72, pour le Liber Historiae

(_Gesta Francorum_), 76.—Dans quelle mesure ont-ils connu et

utilisé ces chants? 77.—Le Gesta Dagoberti et le Vita Remigii,

81.—Différence entre la tradition ecclésiastique et la tradition

populaire, 83.

 

CHAPITRE II.—La plus ancienne chanson germanique 85-99

 

Chant généalogique des anciens Germains signalé par Tacite, 85.—Le

contenu de ce chant s’est conservé au moyen âge, 86.—Ce n’est

point par Tacite que le moyen âge l’a connu, 88.—Remaniements

qu’il a subis, 89.—On y a rattaché la généalogie de tous les

peuples compris dans l’empire franc, 95.—La date probable de ce

remaniement est le VIe siècle, 96.

 

CHAPITRE III.—La plus ancienne chanson franque 101-131

 

Difficulté qu’il y a de discerner dans Grégoire de Tours les

traditions franques des renseignements annalistiques, 102.—Où

commencent les premières et à quoi on les reconnaît chez lui,

102, et chez les autres chroniqueurs, 104.—Comparaison de ces

traditions avec celles des autres nations barbares sur leurs

origines, 106.—La Thoringia, 110.—Diverses interprétations de

ce nom, 110.—Preuve que c’est une contrée cis-rhénane et qu’elle

doit être identifiée avec le pays des Tungri, 112.—Dispargum,

118.—La Pannonia, 119.—Autres documents sur les traditions

franques: les deux prologues de la Loi Salique, 120.—Leur date,

123.—Leurs caractères, 124.—Ils contiennent la substance d’un

chant populaire très ancien, ibid.—Preuves, 125.—Accord de leur

tradition avec celle de Grégoire sur les origines, 129.

 

CHAPITRE IV.—Clodion 133-146

 

Traditions diverses sur les origines de la dynastie mérovingienne,

133.—Leur valeur, 134.—Histoire populaire de Clodion,

139.—Comparaison de l’histoire et de la tradition, 140.

 

CHAPITRE V.—Mérovée 147-159

 

Légende relative à la naissance de Mérovée, 147.—Frédégaire a

altéré la forme primitive de cette légende, 148.—Son caractère

antéchrétien. Hésitations qu’elle a causées à Grégoire de Tours,

151.—Origine de la légende, 153.—Historicité de Mérovée, 156.

 

CHAPITRE VI.—La jeunesse de Childéric 161-178

 

Légende populaire sur ses aventures d’enfance pendant l’invasion

d’Attila, 161.—Comparaison de cette légende avec d’autres traditions

germaniques du même genre, 162.—Récits Lombards, 165, Walther et

Hildegonde, 169, Attale, 171.—Ce qu’il y a d’historique dans la

légende childéricienne, 176.

 

CHAPITRE VII.—Childéric (suite) 179-208

 

Histoire de l’expulsion de Childéric par les Francs et de

ses amours avec la reine Basine, 179.—Caractère germanique

de cette histoire, 181.—Ce qu’en a pensé Grégoire de Tours,

ibid.—Forme qu’elle revêt dans Frédégaire, 185.—Interpolations

manifestes de celui-ci, 187, et preuves de la date récente de

ces interpolations, 189.—Influence de l’histoire du prétendant

Gundovald sur leur formation, 190.—Leur lien de provenance,

193.—Ce qu’il y a d’historique et ce qu’il y a de fictif dans

l’histoire de Basine, 194.—Que faut-il croire de la royauté franque

d’Aegidius? 201.—Examen de la légende de la vision nuptiale,

202.—Interprétation de celle-ci, 204.—Sa date, 205.—Conclusion,

206.—Note sur saint Basinus, 207.

 

LIVRE II.

Clovis et ses fils.

 

CHAPITRE I.—La guerre de Syagrius 211-224

 

Cette histoire est racontée par Grégoire d’après des Annales,

211.—Toutefois, il a eu connaissance aussi d’une tradition

orale franque dont il se remarque des reflets dans son récit,

213.—L’épisode du vase de Soissons n’est pas légendaire, mais

historique, 218.—Il est emprunté à une source contemporaine,

qui paraît être le Vita Remigii, 222.

 

CHAPITRE II.—Le mariage de Clovis 225-251

 

Pourquoi la tradition épique laisse de côté les événements

principaux de l’histoire de Clovis et s’attache à des épisodes

individuels, 225.—Histoire du mariage de Clovis d’après les

trois chroniqueurs francs. Variantes qu’elle présente et origine

de celles-ci, 227.—Grégoire de Tours a déjà connu l’histoire

légendaire, mais en a effacé les traits les plus invraisemblables,

233.—Cette histoire était taillée sur le patron de toutes les

légendes sur les fiançailles et le mariage des héros, 237.—Analyse

de l’histoire et examen des types qu’elle met en scène. Aurélien,

240, Aridius, ibid.—Ce qui en reste d’historique, 242.—Les

crimes attribués à Gondebaud sont légendaires, ibid.—Comment

ont-ils été inventés? 245.—Influence de l’histoire de sainte

Radegonde sur la formation de la légende de Clotilde, 248.

 

CHAPITRE III.—La première guerre de Burgondie 253-264

 

Histoire de cette guerre d’après Grégoire et Marius d’Avenches,

253.—Leur accord, ibid.—Interpolation de l’épisode du siège

d’Avignon par Grégoire, 254.—Cet épisode est légendaire, 255.—Il

a été imaginé en pays franc, 258.—Il ne provient pas d’un chant

épique proprement dit, 260.—Historicité de l’épisode de la prise

de Vienne, ibid.

 

CHAPITRE IV.—La guerre des Visigoths 265-292

 

Grégoire rapporte sur cette guerre quantité de traditions orales,

265.—Leur énumération, 268.—Elles sont d’origine romane et

ecclésiastique, et elles n’ont rien d’épique, 269.—Examen critique

de ces traditions: I. La construction de l’église Sainte-Geneviève,

270.—II. Le respect de Clovis pour saint Martin. III. L’oracle rendu

par saint Martin à Clovis, 274.—IV. La biche qui montre le gué de

la Vienne, 275.—V. Le rayon lumineux de la basilique Saint-Hilaire,

277.—VI. La chute des murs d’Angoulême, ibid.—VII. Le cheval de

Clovis, 278.—Autres données traditionnelles, 279.—En quoi elles

se distinguent des traditions épiques franques, 281.—Il existait

pourtant des traditions barbares sur la guerre d’Aquitaine, à preuve

l’histoire de la présence de Chlodéric à la bataille de Vouillé,

282, celle de la blessure reçue par Clovis, 284, et surtout celle

de l’origine de la guerre entre Clovis et Alaric II, 285.

 

CHAPITRE V.—Les meurtres de Clovis 293-317

 

Le récit de ces meurtres nous transporte sur un terrain épique par

excellence, 293.—Premier récit: Mort de Sigebert et de Chlodéric.

Caractère épique de ce récit. Ses contradictions internes,

294.—Comment Grégoire l’a conçu, et comment il a essayé de

l’humaniser, 300.—Date du récit, 302.—Deuxième récit: Mort de

Chararic et de son fils, ibid.—Preuve de sa provenance orale:

les traits barbares et archaïques, 303.—Troisième récit: La mort

de Ragnacaire de Cambrai, 305.—Même démonstration que ci-dessus,

307.—Rapprochements et analogies avec d’autres légendes barbares,

308.—Ces trois récits semblent avoir fait partie d’un même chant,

311.—Discussion de l’ordre chronologique des événements auxquels

il y est fait allusion, 312.—Essai de reconstitution des faits

réels, 315.

 

CHAPITRE VI.—La deuxième guerre de Burgondie 319-335

 

Histoire de la deuxième guerre de Burgondie d’après Grégoire de

Tours, 319.—Cette histoire est élaborée par l’esprit épique, qui

explique les catastrophes par des fautes à punir, 322.—Parties

historiques et parties légendaires, 323.—Comment Clotilde a été

mise en scène, 326.—Historicité de la fin tragique de Sigismond,

329.—Comment la bataille de Vézeronce a été transformée en victoire,

331.—Importance de la défaite comme élément épique, 334.

 

CHAPITRE VII.—La guerre de Frise ou l’invasion danoise 337-346

 

Théodoric d’Austrasie a été chanté en Allemagne sous le nom de

Hugdietrich, 337.—Il y a trace d’un chant sur lui dans l’histoire

du débarquement de Chochilaicus et de sa défaite d’après Grégoire

de Tours, 339.—Cette histoire a été chantée par les Scandinaves

et a été recueillie dans le Beowulf, 340.—Preuve de l’identité

des deux traditions, 341.—Elle a été chantée aussi par les Francs,

343.—Indices épiques contenus dans le récit de Grégoire de Tours,

344.—Traces que la légende a laissées parmi les populations

frisonnes, ibid.

 

CHAPITRE VIII.—La guerre de Thuringe 347-378

 

Récit de cette guerre d’après Grégoire de Tours, 347.—Récit de

Widukind, 351.—Sainte Radegonde a été chez les Francs le souvenir

vivant de cette guerre et a pu garantir les traits généraux du récit,

355.—Quant aux détails, ils sont légendaires, 358.—Analyse des

éléments légendaires. La nappe coupée, 359.—Les souvenirs rappelés

par Théodoric, 362.—Les fossés creusés par les Thuringiens sur le

champ de bataille, 365.—Le pont de cadavres sur l’Unstrut, 366.—La

ruse de Théodoric envers Clotaire, 368.—La mort de Hermanfried,

ibid.—Toute cette histoire se décompose en trois récits

indépendants, 370.—Ces récits sont nés parmi les Francs d’Austrasie,

373.—Théodoric et son fils Théodebert dans l’épopée, 375.

 

LIVRE III.

Les derniers Mérovingiens.

 

CHAPITRE I.—Frédégonde 381-402

 

Derniers souvenirs épiques de Grégoire de Tours, 381.—Manque de

données légendaires dans Frédégaire et dans le Liber Historiae

sur la période de 530 à 590, 385.—Impression faite par Frédégonde

sur l’imagination populaire, 386.—Légendes du Liber Historiae:

comment Frédégonde supplanta la reine Audovère, 388.—Légende

de l’adultère de Frédégonde avec Landéric et de l’assassinat de

Chilpéric, 392.—La légende de la forêt qui marche, 396.

 

CHAPITRE II.—Brunehaut 403-431

 

Les calomnies dont elle a été l’objet l’ont fort défigurée, mais

elles n’ont rien d’épique, 403.—Il existe cependant quelques

légendes populaires sur elle, 404.—Prophétie sibylline sur

Brunehaut, 405.—Légende de l’expulsion de Brunehaut par les

Austrasiens, 407.—Son origine, 408.—La guerre de Théodoric

et de Théodebert, 409.—Traits épiques que présente le récit de

Frédégaire: les morts qui ne peuvent pas tomber, 411, l’intervention

de l’évêque de Mayence, 412.—Ce que l’histoire devient dans le

Liber Historiae, 417.—Origine de la guerre et épisodes principaux

de celle-ci, 418.—La mort de Théodebert rappelle celle de Chlodéric,

421.—Amour incestueux de Théodoric, 422.—Brunehaut en Jézabel,

423.—Historicité du récit de sa mort, ibid.—Les _chaussées

Brunehaut_, 424.

 

CHAPITRE III.—Clotaire II 433-449

 

Frédégaire n’a pas de légendes sur ce roi, 433.—Mais le _Liber

Historiae_ en raconte une très caractéristique: l’histoire de la

guerre de Saxe, 434.—Cette histoire est reproduite avec quelques

variantes par le Gesta Dagoberti, 436.—Elle provient d’un chant

épique sur Clotaire II, 437.—Nous connaissons ce chant par le _Vita

Faronis_, qui cite même un fragment de l’original, 441.—Divergences

légères entre ces deux sources, 445.—Éléments historiques du récit,

ibid.—La guerre de Saxe faite par Clotaire I, et attestée par

l’histoire, a été attribuée par suite d’un transfert épique à

Clotaire II, 446.

 

CHAPITRE IV.—Derniers accents épiques 451-474

 

Nos sources ne présentent plus de trace de chants épiques à partir

de Clotaire II, 451.—Mais on y trouve encore des impressions

épiques, par exemple dans le portrait du roi Dagobert I, 452.—A

une époque postérieure à celle de la rédaction de nos sources, ces

impressions ont dû se traduire en chants épiques, 456.—Ainsi le

Floovant du XIIe siècle reproduit un épisode déjà consigné dans le

Gesta Dagoberti, ibid.—De même, un combat malheureux de douze

généraux francs dans les Pyrénées paraît avoir été le prototype

de l’histoire poétique de Roland et des douze pairs à Roncevaux,

461.—Et un épisode du règne de Sigebert II, raconté par Frédégaire,

doit avoir été le point de départ de l’histoire des traîtres de la

Geste de Mayence, 464.—Enfin le récit de la bataille de Flaochat

contre Willehad a un caractère fort épique, 468.—Dans le _Liber

Historiae_, saint Ouen a laissé aussi une impression épique qui se

traduit par des légendes, notamment celle du conseil qu’il aurait

donné à Ebroïn, 469.

 

CHAPITRE V.—Résumé et conclusions 473-498

 

Origines différentes des récits analysés dans ce livre. Les uns

proviennent d’impressions, les autres de légendes populaires, les

autres de chants épiques, 475.—Ils ne représentent qu’une faible

partie des données épiques de l’époque mérovingienne, 477.—Celles-ci

se retrouvent dans un grand nombre de moules épiques de l’épopée

carolingienne, dont l’origine est ici, ibid.—Raisons diverses

pour lesquelles nos chroniqueurs n’ont gardé qu’une petite partie

des récits fournis par la tradition épique. Tous étaient romans et

n’avaient pas, comme Cassiodore et Paul Diacre, intérêt à recueillir

les légendes barbares, 480.—La rapidité du progrès social a de

son côté contribué à fondre les sujets mérovingiens dans l’épopée

carolingienne, 485.—L’épopée carolingienne n’est plus franque,

mais française, 487.—L’épopée française est née de la germanique ou

franque à l’époque mérovingienne; comment, 488.—Éléments épiques

existant chez les populations gallo-romaines à l’époque de la

conquête franque, 489.—Rôle des cours, 492, et des poètes francs,

494.—Valeur de l’épopée française, 497.

 

Additions et corrections 498

 

Appendices.

I. L’origine troyenne des Francs 505

II. Les généalogies des rois mérovingiens 517

III. Les noms poétiques des Francs 524

IV. Le baptême de Clovis 530

 

Table des noms 539

 

DU MÊME AUTEUR:

 

Les Origines de la Civilisation moderne, 3e édition, 2 volumes

in-12.—Bruxelles, Société belge de librairie 7 fr.

 

La Croix et le Croissant, 2e édition.—Liège, Grandmont-Donders 1 fr.

 

NOTE DU TRANSCRIPTEUR

 

On a représenté entre caractères soulignés les passages en italique, et entre signes =égale= les passages en typographie dilatée (gesperrt) dans l’appendice II.

On a interverti la table des noms et la table des matières pour que cette dernière figure à la fin de l’ouvrage.

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