Histoire poétique des Mérovingiens
Introduction 1-27
L’épopée est, chez toutes les nations, la forme primitive de
l’histoire, 1.—L’histoire ne commence qu’à partir du moment où
les peuples acquièrent la notion de sa différence d’avec l’épopée,
3.—Cette notion ne s’acquiert que lentement et graduellement,
ibid.—Quand on a commencé à pénétrer dans la vraie nature de
l’épopée, 7.—Premières lueurs de la critique dans le domaine
de l’épopée franque, 8.—Rôle des philologues. Les frères Grimm,
11.—Fauriel, ibid.—Ampère et Schlegel, 12.—Témérités de Rathaïl,
13.—Les historiens restent étrangers aux vues des philologues,
14.—Kries, Loebell, 15, Augustin Thierry, Henri Martin, 16,
Charles Lenormant, l’abbé Gorini, 17.—Rôle de Junghans, 18, et de
Lecoy de la Marche, 19.—Indifférence persistante des historiens:
Ranke, Fustel de Coulanges, 22.—Constatations des philologues:
G. Paris, 23, A. Darmesteter, 24.—Importance du livre de Rajna,
25.—Ce qui restait à faire après lui, 26.
LIVRE I.
Les ancêtres de Clovis.
CHAPITRE I.—Les Sources 31-84
L’épopée a existé chez tous les peuples germaniques, 31.—Témoignages
historiques qui en attestent l’existence chez les Ostrogoths,
34.—Les Lombards, 37.—Les Vandales, 41.—Les Anglo-Saxons, 42.—Les
Frisons, 46.—Les Saxons du continent, ibid.—Les Scandinaves,
49.—Témoignages spéciaux établissant l’existence de chants épiques
chez les Francs des premiers siècles, 51.—Le recueil de Charlemagne,
54.—Les chroniqueurs mérovingiens ont-ils connu et utilisé les
chants épiques de leur nation? 57.—Arguments qui permettent de
résoudre cette question d’une manière affirmative pour Grégoire
de Tours, 59, pour Frédégaire, 72, pour le Liber Historiae
(_Gesta Francorum_), 76.—Dans quelle mesure ont-ils connu et
utilisé ces chants? 77.—Le Gesta Dagoberti et le Vita Remigii,
81.—Différence entre la tradition ecclésiastique et la tradition
populaire, 83.
CHAPITRE II.—La plus ancienne chanson germanique 85-99
Chant généalogique des anciens Germains signalé par Tacite, 85.—Le
contenu de ce chant s’est conservé au moyen âge, 86.—Ce n’est
point par Tacite que le moyen âge l’a connu, 88.—Remaniements
qu’il a subis, 89.—On y a rattaché la généalogie de tous les
peuples compris dans l’empire franc, 95.—La date probable de ce
remaniement est le VIe siècle, 96.
CHAPITRE III.—La plus ancienne chanson franque 101-131
Difficulté qu’il y a de discerner dans Grégoire de Tours les
traditions franques des renseignements annalistiques, 102.—Où
commencent les premières et à quoi on les reconnaît chez lui,
102, et chez les autres chroniqueurs, 104.—Comparaison de ces
traditions avec celles des autres nations barbares sur leurs
origines, 106.—La Thoringia, 110.—Diverses interprétations de
ce nom, 110.—Preuve que c’est une contrée cis-rhénane et qu’elle
doit être identifiée avec le pays des Tungri, 112.—Dispargum,
118.—La Pannonia, 119.—Autres documents sur les traditions
franques: les deux prologues de la Loi Salique, 120.—Leur date,
123.—Leurs caractères, 124.—Ils contiennent la substance d’un
chant populaire très ancien, ibid.—Preuves, 125.—Accord de leur
tradition avec celle de Grégoire sur les origines, 129.
CHAPITRE IV.—Clodion 133-146
Traditions diverses sur les origines de la dynastie mérovingienne,
133.—Leur valeur, 134.—Histoire populaire de Clodion,
139.—Comparaison de l’histoire et de la tradition, 140.
CHAPITRE V.—Mérovée 147-159
Légende relative à la naissance de Mérovée, 147.—Frédégaire a
altéré la forme primitive de cette légende, 148.—Son caractère
antéchrétien. Hésitations qu’elle a causées à Grégoire de Tours,
151.—Origine de la légende, 153.—Historicité de Mérovée, 156.
CHAPITRE VI.—La jeunesse de Childéric 161-178
Légende populaire sur ses aventures d’enfance pendant l’invasion
d’Attila, 161.—Comparaison de cette légende avec d’autres traditions
germaniques du même genre, 162.—Récits Lombards, 165, Walther et
Hildegonde, 169, Attale, 171.—Ce qu’il y a d’historique dans la
légende childéricienne, 176.
CHAPITRE VII.—Childéric (suite) 179-208
Histoire de l’expulsion de Childéric par les Francs et de
ses amours avec la reine Basine, 179.—Caractère germanique
de cette histoire, 181.—Ce qu’en a pensé Grégoire de Tours,
ibid.—Forme qu’elle revêt dans Frédégaire, 185.—Interpolations
manifestes de celui-ci, 187, et preuves de la date récente de
ces interpolations, 189.—Influence de l’histoire du prétendant
Gundovald sur leur formation, 190.—Leur lien de provenance,
193.—Ce qu’il y a d’historique et ce qu’il y a de fictif dans
l’histoire de Basine, 194.—Que faut-il croire de la royauté franque
d’Aegidius? 201.—Examen de la légende de la vision nuptiale,
202.—Interprétation de celle-ci, 204.—Sa date, 205.—Conclusion,
206.—Note sur saint Basinus, 207.
LIVRE II.
Clovis et ses fils.
CHAPITRE I.—La guerre de Syagrius 211-224
Cette histoire est racontée par Grégoire d’après des Annales,
211.—Toutefois, il a eu connaissance aussi d’une tradition
orale franque dont il se remarque des reflets dans son récit,
213.—L’épisode du vase de Soissons n’est pas légendaire, mais
historique, 218.—Il est emprunté à une source contemporaine,
qui paraît être le Vita Remigii, 222.
CHAPITRE II.—Le mariage de Clovis 225-251
Pourquoi la tradition épique laisse de côté les événements
principaux de l’histoire de Clovis et s’attache à des épisodes
individuels, 225.—Histoire du mariage de Clovis d’après les
trois chroniqueurs francs. Variantes qu’elle présente et origine
de celles-ci, 227.—Grégoire de Tours a déjà connu l’histoire
légendaire, mais en a effacé les traits les plus invraisemblables,
233.—Cette histoire était taillée sur le patron de toutes les
légendes sur les fiançailles et le mariage des héros, 237.—Analyse
de l’histoire et examen des types qu’elle met en scène. Aurélien,
240, Aridius, ibid.—Ce qui en reste d’historique, 242.—Les
crimes attribués à Gondebaud sont légendaires, ibid.—Comment
ont-ils été inventés? 245.—Influence de l’histoire de sainte
Radegonde sur la formation de la légende de Clotilde, 248.
CHAPITRE III.—La première guerre de Burgondie 253-264
Histoire de cette guerre d’après Grégoire et Marius d’Avenches,
253.—Leur accord, ibid.—Interpolation de l’épisode du siège
d’Avignon par Grégoire, 254.—Cet épisode est légendaire, 255.—Il
a été imaginé en pays franc, 258.—Il ne provient pas d’un chant
épique proprement dit, 260.—Historicité de l’épisode de la prise
de Vienne, ibid.
CHAPITRE IV.—La guerre des Visigoths 265-292
Grégoire rapporte sur cette guerre quantité de traditions orales,
265.—Leur énumération, 268.—Elles sont d’origine romane et
ecclésiastique, et elles n’ont rien d’épique, 269.—Examen critique
de ces traditions: I. La construction de l’église Sainte-Geneviève,
270.—II. Le respect de Clovis pour saint Martin. III. L’oracle rendu
par saint Martin à Clovis, 274.—IV. La biche qui montre le gué de
la Vienne, 275.—V. Le rayon lumineux de la basilique Saint-Hilaire,
277.—VI. La chute des murs d’Angoulême, ibid.—VII. Le cheval de
Clovis, 278.—Autres données traditionnelles, 279.—En quoi elles
se distinguent des traditions épiques franques, 281.—Il existait
pourtant des traditions barbares sur la guerre d’Aquitaine, à preuve
l’histoire de la présence de Chlodéric à la bataille de Vouillé,
282, celle de la blessure reçue par Clovis, 284, et surtout celle
de l’origine de la guerre entre Clovis et Alaric II, 285.
CHAPITRE V.—Les meurtres de Clovis 293-317
Le récit de ces meurtres nous transporte sur un terrain épique par
excellence, 293.—Premier récit: Mort de Sigebert et de Chlodéric.
Caractère épique de ce récit. Ses contradictions internes,
294.—Comment Grégoire l’a conçu, et comment il a essayé de
l’humaniser, 300.—Date du récit, 302.—Deuxième récit: Mort de
Chararic et de son fils, ibid.—Preuve de sa provenance orale:
les traits barbares et archaïques, 303.—Troisième récit: La mort
de Ragnacaire de Cambrai, 305.—Même démonstration que ci-dessus,
307.—Rapprochements et analogies avec d’autres légendes barbares,
308.—Ces trois récits semblent avoir fait partie d’un même chant,
311.—Discussion de l’ordre chronologique des événements auxquels
il y est fait allusion, 312.—Essai de reconstitution des faits
réels, 315.
CHAPITRE VI.—La deuxième guerre de Burgondie 319-335
Histoire de la deuxième guerre de Burgondie d’après Grégoire de
Tours, 319.—Cette histoire est élaborée par l’esprit épique, qui
explique les catastrophes par des fautes à punir, 322.—Parties
historiques et parties légendaires, 323.—Comment Clotilde a été
mise en scène, 326.—Historicité de la fin tragique de Sigismond,
329.—Comment la bataille de Vézeronce a été transformée en victoire,
331.—Importance de la défaite comme élément épique, 334.
CHAPITRE VII.—La guerre de Frise ou l’invasion danoise 337-346
Théodoric d’Austrasie a été chanté en Allemagne sous le nom de
Hugdietrich, 337.—Il y a trace d’un chant sur lui dans l’histoire
du débarquement de Chochilaicus et de sa défaite d’après Grégoire
de Tours, 339.—Cette histoire a été chantée par les Scandinaves
et a été recueillie dans le Beowulf, 340.—Preuve de l’identité
des deux traditions, 341.—Elle a été chantée aussi par les Francs,
343.—Indices épiques contenus dans le récit de Grégoire de Tours,
344.—Traces que la légende a laissées parmi les populations
frisonnes, ibid.
CHAPITRE VIII.—La guerre de Thuringe 347-378
Récit de cette guerre d’après Grégoire de Tours, 347.—Récit de
Widukind, 351.—Sainte Radegonde a été chez les Francs le souvenir
vivant de cette guerre et a pu garantir les traits généraux du récit,
355.—Quant aux détails, ils sont légendaires, 358.—Analyse des
éléments légendaires. La nappe coupée, 359.—Les souvenirs rappelés
par Théodoric, 362.—Les fossés creusés par les Thuringiens sur le
champ de bataille, 365.—Le pont de cadavres sur l’Unstrut, 366.—La
ruse de Théodoric envers Clotaire, 368.—La mort de Hermanfried,
ibid.—Toute cette histoire se décompose en trois récits
indépendants, 370.—Ces récits sont nés parmi les Francs d’Austrasie,
373.—Théodoric et son fils Théodebert dans l’épopée, 375.
LIVRE III.
Les derniers Mérovingiens.
CHAPITRE I.—Frédégonde 381-402
Derniers souvenirs épiques de Grégoire de Tours, 381.—Manque de
données légendaires dans Frédégaire et dans le Liber Historiae
sur la période de 530 à 590, 385.—Impression faite par Frédégonde
sur l’imagination populaire, 386.—Légendes du Liber Historiae:
comment Frédégonde supplanta la reine Audovère, 388.—Légende
de l’adultère de Frédégonde avec Landéric et de l’assassinat de
Chilpéric, 392.—La légende de la forêt qui marche, 396.
CHAPITRE II.—Brunehaut 403-431
Les calomnies dont elle a été l’objet l’ont fort défigurée, mais
elles n’ont rien d’épique, 403.—Il existe cependant quelques
légendes populaires sur elle, 404.—Prophétie sibylline sur
Brunehaut, 405.—Légende de l’expulsion de Brunehaut par les
Austrasiens, 407.—Son origine, 408.—La guerre de Théodoric
et de Théodebert, 409.—Traits épiques que présente le récit de
Frédégaire: les morts qui ne peuvent pas tomber, 411, l’intervention
de l’évêque de Mayence, 412.—Ce que l’histoire devient dans le
Liber Historiae, 417.—Origine de la guerre et épisodes principaux
de celle-ci, 418.—La mort de Théodebert rappelle celle de Chlodéric,
421.—Amour incestueux de Théodoric, 422.—Brunehaut en Jézabel,
423.—Historicité du récit de sa mort, ibid.—Les _chaussées
Brunehaut_, 424.
CHAPITRE III.—Clotaire II 433-449
Frédégaire n’a pas de légendes sur ce roi, 433.—Mais le _Liber
Historiae_ en raconte une très caractéristique: l’histoire de la
guerre de Saxe, 434.—Cette histoire est reproduite avec quelques
variantes par le Gesta Dagoberti, 436.—Elle provient d’un chant
épique sur Clotaire II, 437.—Nous connaissons ce chant par le _Vita
Faronis_, qui cite même un fragment de l’original, 441.—Divergences
légères entre ces deux sources, 445.—Éléments historiques du récit,
ibid.—La guerre de Saxe faite par Clotaire I, et attestée par
l’histoire, a été attribuée par suite d’un transfert épique à
Clotaire II, 446.
CHAPITRE IV.—Derniers accents épiques 451-474
Nos sources ne présentent plus de trace de chants épiques à partir
de Clotaire II, 451.—Mais on y trouve encore des impressions
épiques, par exemple dans le portrait du roi Dagobert I, 452.—A
une époque postérieure à celle de la rédaction de nos sources, ces
impressions ont dû se traduire en chants épiques, 456.—Ainsi le
Floovant du XIIe siècle reproduit un épisode déjà consigné dans le
Gesta Dagoberti, ibid.—De même, un combat malheureux de douze
généraux francs dans les Pyrénées paraît avoir été le prototype
de l’histoire poétique de Roland et des douze pairs à Roncevaux,
461.—Et un épisode du règne de Sigebert II, raconté par Frédégaire,
doit avoir été le point de départ de l’histoire des traîtres de la
Geste de Mayence, 464.—Enfin le récit de la bataille de Flaochat
contre Willehad a un caractère fort épique, 468.—Dans le _Liber
Historiae_, saint Ouen a laissé aussi une impression épique qui se
traduit par des légendes, notamment celle du conseil qu’il aurait
donné à Ebroïn, 469.
CHAPITRE V.—Résumé et conclusions 473-498
Origines différentes des récits analysés dans ce livre. Les uns
proviennent d’impressions, les autres de légendes populaires, les
autres de chants épiques, 475.—Ils ne représentent qu’une faible
partie des données épiques de l’époque mérovingienne, 477.—Celles-ci
se retrouvent dans un grand nombre de moules épiques de l’épopée
carolingienne, dont l’origine est ici, ibid.—Raisons diverses
pour lesquelles nos chroniqueurs n’ont gardé qu’une petite partie
des récits fournis par la tradition épique. Tous étaient romans et
n’avaient pas, comme Cassiodore et Paul Diacre, intérêt à recueillir
les légendes barbares, 480.—La rapidité du progrès social a de
son côté contribué à fondre les sujets mérovingiens dans l’épopée
carolingienne, 485.—L’épopée carolingienne n’est plus franque,
mais française, 487.—L’épopée française est née de la germanique ou
franque à l’époque mérovingienne; comment, 488.—Éléments épiques
existant chez les populations gallo-romaines à l’époque de la
conquête franque, 489.—Rôle des cours, 492, et des poètes francs,
494.—Valeur de l’épopée française, 497.
Additions et corrections 498
Appendices.
I. L’origine troyenne des Francs 505
II. Les généalogies des rois mérovingiens 517
III. Les noms poétiques des Francs 524
IV. Le baptême de Clovis 530
Table des noms 539
DU MÊME AUTEUR:
Les Origines de la Civilisation moderne, 3e édition, 2 volumes
in-12.—Bruxelles, Société belge de librairie 7 fr.
La Croix et le Croissant, 2e édition.—Liège, Grandmont-Donders 1 fr.
NOTE DU TRANSCRIPTEUR
On a représenté entre caractères soulignés les passages en italique, et entre signes =égale= les passages en typographie dilatée (gesperrt) dans l’appendice II.
On a interverti la table des noms et la table des matières pour que cette dernière figure à la fin de l’ouvrage.
Vous avez terminé Histoire poétique des Mérovingiens
Godefroid Kurth
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