La mort est derrière moi

Charles-Henry Contamine · Chapitre 22 sur 24

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La mort est derrière moi

Chapitre XXII

 

Puis vinrent l’adieu aux chiens, et le train, Paris. J’achevai mon voyage à pied, sac à l’épaule, ceint d’un halo de silence, chaleur croissante, circulation anémique, piétons furtifs, la ville presque mienne, les voisins aussi avaient déserté, j’ouvris la porte et les volets dans un parfum de poussière. L’après-midi suffit amplement à expédier ce qui devait l’être, j’avais beau vivre dans une dimension parallèle, le monde imposait encore ses contingences, factures et autres impôts.

Zeynal, Sarah, Souad, personne ne répondait, peut-être à Bakou, Mâcon ou ailleurs, rien n’importait que le retour de Bianca le lendemain, une succession en cours dans le Bourbonnais, au cœur de la France des rois. C’est depuis l’autre côté du globe qu’arrivèrent des nouvelles en ce début de soirée ; Tom était donc toujours en vie, cinq ans qu’on ne s’était pas vus, Tom mon partenaire de plongée, s’était enfin extirpé de son bourbier maldivien et m’écrivait depuis la Polynésie, installé à Rangiroa, eaux bleu Klein, visibilité sans limites, débauche de vie sous-marine, j’étais attendu, mieux, espéré.

« Don’t be scared », affirmait le tag sur le mur du 56, 7, 8 de ma rue, mais je renonçai pourtant à m’aventurer au-delà de la place, farouche, le ventre creux, je soupai de peu dans la quiétude de la nuit tombée. L’aube me trouva ailleurs, déjà parti en pensée, j’avais fait mon temps ici, ma base était bel et bien là-bas, face au vent du large, le moment de me défaire de dix ans de vie était arrivé, ce à quoi je consacrai la journée avant de la retrouver chez elle entre chien et loup, insolente de grâce à moitié dénudée.

— Bonsoir, mademoiselle Immeli, comment se sont donc passés le démembrement de l’héritage de cette pauvre famille, l’équarrissage de trésors de plusieurs générations, le sac païen d’un joyau de château hypothéqué ? Quelles odieuses alliances contre nature se sont-elles nouées au cœur de la nuit dans une auberge borgne, quels imbéciles aux mains trop pleines ont expié leurs richesses sur l’autel de ton atroce cupidité ?

— Ha ha ha, ne serais-je donc que cela pour toi, une infecte marchande et non pas une divine surprise débarquée dans la nuit de ton existence et de tes siècles d’errances ?

Un long baiser pour lui prouver que si et je rouvris les yeux dans un décor inédit, le patchwork médiéval des semaines précédentes avait laissé place à une harmonie de meubles et d’accessoires seventies, du blanc, du plastique, du violet, du vinyle, canapés courbes, fauteuils haricots, apparences accueillantes, atmosphère étrange, un parfum d’Orange mécanique…

— C’est beau mais c’est bizarre, tout ça, tu n’es pas censée faire dans l’antique, le vénérable ?

— Si, si, mais c’est pour Dante, ça repart chez lui, changement de décor, m’a-t-il dit, c’est pour sa fête.

— Sa fête, mais quelle fête ? On ne me dit rien ici, ou si peu…

— La fête qu’il donne chaque année, une vieille tradition, à en croire ses amis de toujours, la célébration du solstice d’été, sa version à lui des feux de la Saint-Jean, très réussie et toujours mieux que le tintamarre des musiciens de circonstance qui envahiront mon trottoir ce soir-là. On sera mieux là-bas, crois-moi.

— Je ne demande que ça, ma Bianca, mais dis-m’en quand même un peu plus, on sera combien, y aura qui, où est-ce ?

— Dans les Yvelines, vers Gambais, il vit dans une jolie propriété perdue dans les bois. On était une cinquantaine l’année dernière, des gens très sympas, quelques clients aussi, belle bringue, ça devrait te plaire. On dormira sur place, il nous a réservé le pavillon de chasse, c’est nous les invités d’honneur.

— Mais c’est Versailles, chez lui ?

— Non, juste une affaire qui a bien tourné, une ruine en viager, les propriétaires n’ont pas eu le temps de s’éterniser, partis en deux mois à quelques jours d’intervalle.

— C’est qu’il est béni des dieux, ton associé ! Enfin, je ne serai pas mécontent de le rencontrer depuis le temps qu’on se rate. Et c’est quand ?

— Je te l’ai dit, le 21, samedi prochain. Et si, d’ici là, tu daignais m’inviter à dîner avant de me faire l’amour comme à la dernière des traînées ?

— Ou bien de te baiser comme une sainte…

L’effervescence de la brasserie surbondée où nous avions atterri glissait sur nous, mains mêlées, murmures charnels, la nuit nous appartenait mais pas encore le reste, elle avait du travail, les retombées de Londres et de l’Allier à gérer, des clients à visiter, un voyage à Langenbourg chez un vieil ami, très haute noblesse allemande, il y a toujours des cousins désargentés à sortir de l’embarras chez ces gens-là. Ma Bianca risquait de se faire rare ces prochaines semaines, alors pourquoi ne pas disparaître moi aussi, direction les bleus ultramarins ? Oui, j’en avais le droit, le devoir, même, à l’entendre me vanter le bonheur presque immaculé que nous aurions à nous retrouver.

J’acquiesçai, deux cafés, un cigare et l’addition, nous prîmes au plus large pour rentrer chez elle, une halte tous les cent mètres, on aurait bien fait un détour par les catacombes, impossible, c’est fermé à cette heure-ci, nous annonça le spectre du gardien, alors on se réfugia dans les bosquets, entre le lion et le cimetière, bien plus près du ciel que des Enfers.

J’annonçai ma prochaine arrivée à Tom, rendez-vous à l’aérodrome de Rangiroa, avant de commander assez de cartons pour emballer Férou trois fois. Des malabars vinrent, dépêchés par Bianca, les meubles s’envolèrent, le reste aussi, place nette pour les visiteurs que l’agence immobilière du coin de la rue prévoyait nombreux et bien en fonds. Une valise de sapes, mon attirail subaquatique, un gros cartable en cuir d’éléphant rempli de livres, la cave à cigares pour finir, voilà ce que je déposai chez elle un soir de pluie, non sans avoir caressé une dernière fois les mots enchantés.

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries

Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,

Sans songer que les pieds lumineux des Maries

Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

Puis l’attendis chez elle sur un sofa du rez-de-chaussée, oscillant entre deux mondes et trois réalités. Et toujours cette parure bleu roi sur le lit, au milieu de cette chambre dont elle renouvelait sans cesse le décor, où nos nuits bruissaient de nous, de tu, de vous, d’un souffle inextinguible qui nous emportait jusqu’à l’aube.

Elle dut s’absenter deux jours, moi, un peu désœuvré, je faisais, défaisais et refaisais mon sac, combinaisons courte et longue, se méfier des thermoclines, deux masques, ça se perd vite, ces choses-là, tuba, palmes, un couteau, une trousse de soins et mon détendeur fétiche, cordon ombilical du promeneur d’en dessous, quelques tee-shirts, deux maillots de bain, jeans, baskets, prêt au départ !

L’agent appela, oui, une offre ferme, au prix, et paiement comptant, inutile de réfléchir, dire oui, à ça et au reste… Affaire conclue, des Chinois, qu’il disait, non, pas la peine de les rencontrer, y a des notaires pour ça, tabellions aux mains sales, merci, monsieur, et vos honoraires bien sûr. Je raccrochai aux Tuileries, coup de sirocco, poussière chaude, pressai le pas vers le nord, m’engouffrai dans un passage, un autre encore, en quête de fraîcheur, on cuisait… L’été s’était installé, les vacances, puis la rentrée, bientôt Noël ! Remontée vers la place de Clichy, rues à moitié vides, mystère des Parisiens toujours débordés à force de n’être nulle part, du vent, des « je te rappelle » à la pelle, tu parles, jamais le temps pour rien sauf pour le vain. Poussières… Les meringues du Sacré-Cœur énuméraient mes pas, poursuivre, grimpette frénétique, souffle court, ravages du tabac, rue Girardot, passer la muraille, encore, et le repaire du bon docteur Destouches où l’ombre du génial artisan toisait la ville et l’air du temps. Passé l’abbaye, silencieuse et profonde, je m’isolai dans la cohue sur les marches de la basilique. Le monolithe de Montparnasse scintillait dans la fin du jour, flanqué des tours de Saint-Sulpice et des réminiscences des années vécues dans leur ombre. Amène, pleine de grâce, Sofia émergeait de la mer zinguée des toits de la ville, conversation perpétuelle, une autre avait déjà débuté, la voix de Bianca, le temps s’accélérait, plus que trois nuits avant de m’envoler…

Déjà le lendemain, jour de fête, le coup de midi, une balade au parc Montsouris, déjeuner à la Butte-aux-Cailles, là où tout avait commencé pour mon grand-père, Alfschen, autre siècle, autres mœurs, autre histoire, plus tard, peut-être… Pourquoi rompre la félicité, suggérai-je, on pourrait rester tous les deux à l’écart des hommes dans ton refuge, qu’en dis-tu ? Négatif, la demoiselle aux yeux chardons ne l’entendait pas ainsi, d’ailleurs c’était le moment de se préparer, nous étions attendus pour 20 heures.

Je nous perdis trois fois en chemin, la propriété surgit enfin au détour d’une série de lacets, de hauts murs d’enceinte, un portail monumental de pierre, de fer et de lierre, où se tenait un planton en habit qui s’enquit de nos identités d’une voix sépulcrale. Les grilles se refermèrent derrière nous, retraite interdite, une silhouette émaciée nous attendait sur le perron, barbiche et cheveux de jais, queue-de-pie, cigare en bouche, la main sur une canne d’ébène.

— Bienvenue, mes amoureux, nous n’espérions plus que vous. Bonsoir, Pierre, enchanté, Bianca m’a tellement parlé de vous, j’ai l’impression de vous avoir déjà rencontré…

— Bonsoir, Dante, également ravi, même si je m’aperçois que j’ignore tout de vous, Bianca n’a…

— Nous avons toute la soirée pour faire connaissance, et demain aussi, vous restez bien dormir ?

— Dormir, c’est vite dit, on avait fini avec le soleil l’année dernière… mais oui, mon cher associé, nous resterons dormir.

Elle sculptée dans une robe rouge, lui sapé comme un prince en son château et moi comme un con, attifé de mon éternelle trinité jean-veste-chemise, nous traversâmes un hall paré d’or et de noir pour déboucher sur une pelouse entourée d’arbres séculaires où l’ombre le disputait au jour. D’un côté, les reflets ondoyants d’une piscine, d’une piste de danse et d’un bar ; de l’autre, un buffet monumental où se pressait la majorité des invités. Bianca m’avait menti, sciemment, ça grouillait de monde, deux cents convives au bas mot. « Et voici votre logis », annonça Dante d’un geste un tantinet théâtral, sa main embagousée tendue vers les frondaisons et une maisonnette tarabiscotée, du Gaudí en encore plus déjanté. Des grappes s’agglutinaient autour de tables et de guéridons, il s’éclipsa, je suivais Bianca, docile. Un cocktail écarlate en main, la Callas en bande-son, je savourais le moment, insoucieux de la nuée, adorateur extatique de ma déesse en fourreau garance. Elle me présenta à une ribambelle d’hommes, de femmes et de créatures, des « bonsoirs » en pagaille, des « ravis », des « enchantés », certains, sans doute déjà partis, l’appelaient Diane, j’eus droit à ma part de Paul, ne retenais à dessein aucun prénom, juste des visages et des détails, une montre déréglée, cinq heures d’avance ou de retard, une breloque pendulant dans un décolleté canyonesque, des souliers vernis siglés de chiffres romains, le rire guttural d’une sylphide à la crinière rousse, les yeux jaunes de son acolyte, leurs poignets tatoués à l’identique. Des bambins jouaient sous la garde bienveillante d’une femme voilée, les aboiements rauques de molosses qu’on espérait bien attachés résonnaient au fond des bois, les saveurs inconnues de tapas servies par des adonis venus de plus loin qu’ailleurs embaumaient l’air encore chaud, ça devisait en français, espagnol, italien, anglais, chinois, arabe, en japonais aussi et même en hébreu et en hongrois, le crépuscule accouchait d’un parler babélien, des gospels avaient succédé aux arias dans la clarté virginale de la première lune d’été. Le maître de cérémonie approchait, patelin.

— Alors, Pierre, quelle sorte de bon moment passez-vous ? Oh, je vois, Diane, pardon, Bianca, vous a abandonné, elle bavarde avec les Skelters, d’excellents clients à nous, grands amateurs de…

— Diane ? ! Mais qu’est-ce que ça veut dire, c’est au moins la…

— C’est un jeu, le prénom dont elle use parfois pour se présenter, c’est qu’elle peut être facétieuse, Mlle Immeli !

— C’est clair, nos débuts me l’ont prouvé, pour faire court…

— J’imagine, et je compatis. Moi non plus, après trois ans, je ne sais pas tout et dois parfois me contenter d’obtempérer, humble serviteur de ma maîtresse, exécuteur des basses œuvres, en quelque sorte…

— Mais encore ?

— Je fouine, je décortique les avis de décès et les annonces légales, les successions, les faillites, les liquidations, je m’arrange pour nous arroger la préemption et c’est là qu’elle apparaît pour enlever l’affaire, après l’ombre la lumière… D’ailleurs, voici Proserpine qui revient, je vous laisse, à tout à l’heure autour du feu.

Pas le temps d’en savoir davantage, il s’était volatilisé, remplacé par Bianca, un collier que je ne lui connaissais pas sur la poitrine, un prêt d’Esther, la cliente pour qui elle m’avait délaissé, mais je n’étais pas perdu, juste intrigué par notre hôte à qui j’aurais été bien en peine de donner un âge, vieille quarantaine ou soixantaine balbutiante, un mystère, comme son entrée dans la partie quelques années auparavant, dans le boucan des restaurants et la ritournelle des ventes à l’encan, me confirma Bianca.

Mains sur mes tempes, elle m’embrassait, succube exquise, un souffle animal dans les yeux, la bouche pleine du parfum des pêchers. Des flambeaux surgirent, portés par des mulâtres enturbannés, sa voix se diluait en moi, tangage et roulis, nuit striée par les éclairs du dancefloor. Je la contemplai s’adonner à ses déchaînements de blondeur, seule au milieu d’un cercle d’âmes envoûtées par ses ondoiements à damner un saint. Accoudé au comptoir, je descendais d’étranges décoctions, fasciné par les numéros insensés d’un prestidigitateur aux yeux éteints, un enfant pleurait, des couples copulaient au loin. Minuit sonnait à on ne sait quel clocher, un feu de joie s’éleva au cœur de la trouée. Hêtres, charmes et chênes, tout vacillait dans le charivari du bûcher. Une sarabande se formait, furieux serpent de chairs et d’os d’où jaillirent bientôt la carcasse de LeRoy et les vestiges de ma nuit londonienne. Éberlué, je m’élançai sur ses traces mais son grand chapeau noir virevoltait dans la foule, insaisissable. Je hâtai le pas, en vain, quand Bianca surgit derrière moi, chasseresse salutaire.

— Tu ne danses toujours pas, mon homme ?

— Pas ce soir, pas besoin, tu te déhanches pour deux, voire trois à la fois. Mon Dieu, comme tu es belle quand…

— Tss-tss, ne t’abaisse pas à ça, pas besoin. Dis-moi, et si nous rentrions maintenant ?

— Mais on n’arrivera jamais à dormir, je n’ai pas franchement l’impression que la fête soit finie.

— Je ne te parle pas d’ici mais de chez nous, de notre havre, de notre nid !

— Belle idée, Diane, Bianca ou qui que tu sois, mais tu vas devoir conduire parce que moi je ne suis plus guère en état, complètement rétamé. Et Dante, il ne va pas…

— Non, j’en fais mon affaire, on le salue et on disparaît, suis-moi.

J’obéis, elle conduisit joliment, pieds nus, Electric Ladyland et la pleine lune pour nous guider. Sa voix, ses lèvres et sa langue s’emparèrent de moi sitôt arrivés, nous explorâmes le lit, les tabourets, la méridienne aussi, elle assise sur le rebord d’une fenêtre, pétrissant mes fesses, sa bouche plantée dans mon cou, mes mains sur ses reins, un frisson tellurique montait de nos entrailles, je déchargeai le regard perdu dans des centaines de tombes.

La lumière revint dans son lit, un mot posé sur l’oreiller, palimpseste de paroles enchanteresses où elle parlait d’amour, d’appartenance et d’avenirs, d’elle et de moi. Je dégringolai l’escalier pour me retrouver inondé de soleil, ébloui par tant d’azur, draperies, tableaux, tout était bleu comme la Prusse, jusqu’au collier de la veille qu’elle portait encore, allongée sur un divan, nue comme la grâce.

— Eh oui, c’est un emprunt parti pour durer, Esther passe tous ses étés à galoper dans les steppes d’Asie centrale, je le lui rendrai à l’automne, peut-être. Il me va bien, non ? Bon, comment te sens-tu ?

— Bien, mais quelle heure…

— … est-il ? Presque 15 heures, tu t’es agité toute la nuit, tu sais, grognements, borborygmes et roulades, j’ai bien cru ne jamais pouvoir fermer l’œil, à croire que tu n’étais pas seul dans ton sommeil. Ça t’arrive souvent ?

— Pas que je sache, enfin non, je ne…

— Peu importe, tu es vivant, toujours ça de pris sur la grande horloge ! Tu décolles demain, tu te souviens ?

Inutile piqûre de rappel, je n’étais que trop conscient de la course des heures que j’avais gaspillées à dormir plutôt que de les passer à nous aimer. Nous délaissâmes l’étage pour transformer le rez-de-chaussée en campement éphémère, tapis et coussins de tribus nomades, instants luxurieux, des flammes dans nos yeux mélangés, Bianca Immeli et Pierre Deglaz vécurent ailleurs l’espace d’un infini moment jusqu’à ce que Kairos ne les rattrape, implacable. Je commandai un taxi pour le lendemain matin au cœur de la nuit, au cas où une petite mort ne nous saisisse après un dernier au revoir déchaîné.

Déjà l’aurore, nous avions oublié de dormir, assis en tailleur, rires, pleurs, paroles muettes, aimantes, jamais encore osées, silences vertigineux, va-et-vient de somnolences salvatrices et d’éveils merveilleux. Le temps revint, victorieux, une alarme sonna, la force d’un double « Je t’aime », une portière qui claque et j’étais parti, emportant un peu plus que son odeur, l’essence du bonheur.

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