L'Art du brodeur

Charles Germain de Saint-Aubin · Chapitre 25 sur 39

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L'Art du brodeur

De la Broderie du Blason.

Quand la chaînette est faite d’or ou d’argent, on la fait cylindrer pour lui donner plus de luisant; l’or en s’écrasant sous le cylindre devient une espece de lame brillante: mais l’étoffe y perd quelque chose de sa fraîcheur. On lisere au tambour de petits damas, des toiles peintes, des linons brochés.

 

De la Broderie du Blason.

 

L émaux du Blason se brodent ordinairement en cordonnet,

couché du même sens que l’on exprime leur couleur sur les dessins & gravures; c’est-à-dire, que l’azur ou bleu se couche en travers de

l’écusson parallélement, comme fig. 5, Pl. 7; gueule ou rouge, se couche perpendiculairement, comme fig. 6; sinople ou verd, se couche en biais de gauche à droite de l’écusson, comme fig. 7; pourpre ou cramoisi, se couche de droite à gauche, comme fig. 8; sable ou noir se lance à volonté, rabattu en petits carreaux, comme fig. 9: ces rayures sont consacrées par les principes du Blason. Les métaux qui sont ou or ou argent, se représentent par le jaune ou le blanc, pour les ouvrages communs, couché à volonté. Dans les Blasons précieux, on emploie l’or ou l’argent couché ou satiné; quelquefois même on exprime le champ d’or ou autres pieces qui composent le Blason, par des paillons découpés à volonté; si ce sont de très-petits objets, on peut les faire en frisure ou bouillon: rarement trouve-t-on métal sur métal, ou émail sur émail; cela n’est cependant pas sans exemple. Il faut être exact à suivre les émaux ou couleurs annoncées par les cachets ou dessins, plusieurs familles portant les mêmes pieces, variées seulement par les couleurs.