Le piège aux maris

Marie de Solms · Chapitre 14 sur 22

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Le piège aux maris

XIV On demande des professeurs.

XIV

 

 

On demande des professeurs.

Le premier sur la liste était le duc de X…

Ici, nous laissons parler le registre de Baratte.

« N° 1309. – Le duc de… rue d’Astorg, n°… – Maison excessi-vement riche. – Le duc est veuf depuis deux ans. – Il a deux filles, – l’une de dix, l’autre de douze ans. – Il faudrait voyager en Italie. – Voilà la cinquième institutrice qu’il renvoie depuis dix-huit mois. – 2,000 francs par an, – nourriture, logement et frais de voyage, – pas de sortie.

« N° 444, – Monsieur et madame Richer, – à Versailles, – rue de Buc… Quarante mille livres de rentes, – une fille de huit ans. – N’ont jamais eu d’institutrice. – Faire tous les jours deux heures de promenade, – en voiture, et deux toilettes : – 1,500 francs par an, – nourriture, – logement, – une sortie tous les mois.

« N° 1851. – M. le Baron Zwoleneski, – millionnaire ! – sa nièce mademoiselle Sirène, 18 ans ; – lui apprendre l’orthographe, l’histoire, la géographie et un peu de piano. – L’accompagner au bois, au spectacle : – nourriture, – logement. – On mange dans sa chambre ou au restaurant, au choix : – 3,000 francs, – des cadeaux, – pas de sortie.

« N° 310. – La comtesse de Vinzelles, – en voyage ou dans son château d’Enghien l’été, – l’hiver à Paris.

À ce nom la figure de mademoiselle Houlot s’épanouit. Ba-ratte continua, sans sourciller, comme s’il eut récité une leçon :

 

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« – Lui servir de dame de compagnie, la suivre aux bals, aux spectacles, – jouer la comédie de société sur son théâtre, – ac-compagner les chanteurs et les musiciens, – faire danser, – mettre des journaux sous bandes et écrire un fait divers au be-soin pour le journal du comte. – Se lever de bonne heure, se coucher tard ; – être toujours sur pied. – 1,500 francs par an, nourrie, logée, habillée, comblée de cadeaux, si l’on sait plaire à madame de Vinzelles, la femme la plus artiste, la plus capri-cieuse, la plus grande dame, la plus enthousiaste qui soit… MAIS…

– Je veux aller là tout de suite, s’écria la jeune fille. – Cette charmante madame de Vinzelles que j’ai entrevue au pension-nat, lorsqu’elle venait y trouver Amélie… Quel bonheur, ma-man ! s’il est possible d’être heureuse loin de sa famille, ce ne peut-être qu’auprès de cette adorable femme, dont le gracieux sourire m’est resté gravé dans la mémoire et dans le cœur !

– Attendez, mademoiselle, sans m’interrompre, continua Ba-ratte… nous verrons ensuite.

« N° 514. – Monsieur et madame Daguet, rentiers à Limoges. – Une fille de quatorze ans. – Lui donner des leçons de gram-maire, de géographie, d’histoire, de dessin, d’anglais et de mu-sique : – avoir la complaisance de tenir le piano dans les bals ordinaires de la maison, jouer le boston, le whist et le piquet ; – on apprendra, si on ne sait pas. – 1,800 francs, nourrie et cou-chée. – Voyage payé aller et retour. »

– Voici donc les cinq places qui se présentent, ajouta M. Baratte, lorsqu’il eut refermé son livre. Je vais vous dire franchement ce que j’en pense. Vous débutez dans une carrière pénible. Il faut faire la plus scrupuleuse attention à vos premiers pas. – À mon avis, la position d’institutrice chez le duc ne sau-rait vous convenir, malgré les avantages pécuniaires qui y sont attachés. – Le duc est jeune encore et veuf ; – de plus il change fort souvent d’institutrices. – Il doit y avoir quelque chose là-dessous…

 

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– Monsieur, interrompit madame Houlot.

– Madame, votre fille va bientôt se trouver seule au milieu du monde, il faut qu’elle en connaisse les bons et les mauvais côtés. – Je dirai donc que la place offerte par le duc ne saurait conve-nir à mademoiselle, et pourrait peut-être compromettre son avenir. Vous m’avez compris. – Quant à la famille Richer, ce sont de bonnes gens, certainement ; mais ce sont des parvenus dans toute l’acception du mot ; nous autres hommes d’affaires, nous avons notre police à nous, et je connais les Richer à fond. Ils veulent paraître, ils veulent singer les grands seigneurs dont ils n’ont ni les manières ni les habitudes. – Avares dans leur in-térieur, ils mettent toute leur gloire à étaler des toilettes ébou-riffantes au dehors. – Versailles, cette ville si calme, est comme réveillée en sursaut quand leur voiture ébranle les maisons dans sa course rapide. On se met aux fenêtres, on regarde et l’on dit : – Ce sont les Richer, de Buc. – Et les Richer de Buc (c’est ainsi qu’ils écrivent leur nom sur leurs cartes de visite), les Richer de Buc sont heureux. Il n’ont que deux domestiques, qui cumulent tous les emplois dans la maison. Cocher, maître d’hôtel, jardi-nier, valet-de-chambre, valet-de-pied, palefrenier et bonne d’enfant : – les deux pauvres diables servent de maître Jacques à qui mieux mieux. – Vous seriez déplacée dans cette maison. – Ces gens-là veulent avoir une institutrice parce que c’est bon genre, et ils tireraient parti de vous de toutes les manières. – Il vous faudrait donner deux leçons à la petite au lieu d’une, faire des toilettes en harmonie avec celles de madame Richer, vous promener dans les rues de Versailles, et y montrer vos belles robes, sans les relever. Les habitants diront : « Dieu, qu’ils ha-billent bien leur institutrice ; en voilà une qui doit être heureuse de se trouver dans une pareille maison ! » On dira cela, mais voici ce qui sera en réalité : on exigera de vous les modes les plus nouvelles et l’on ne vous donnera aucune indemnité. On vous cherchera querelle si vous mettez deux fois la même robe dans la même semaine. – Insolents avec leurs domestiques, les Richer auront bien de la peine à être polis avec vous. Bienheu-

 

– 138 – reuse, si, le soir, ils ne vous proposent pas de raccommoder leur linge.

Naturellement vous les quitterez au bout d’un ou deux mois, vous aurez perdu votre temps, voilà tout ! Mais les Richer de Buc iront partout raconter qu’ils voulaient faire votre bonheur, – et que vous êtes une ingrate ; puis enchantés d’être débarras-sés d’un surcroît de dépense qu’ils s’étaient imposé par vanité, ils ajouteront ; « Décidément nous ne voulons plus d’institutrice : ce sont des serpents qu’on réchauffe dans son sein ! »

– Et mille autres choses semblables. Oh ! les parvenus, ne vous y frottez jamais, chère demoiselle, il n’y a pire race, ni pire impertinence.

– Nous sommes maintenant au troisième, c’est-à-dire au ba-ron Zwoleneski. Voilà par exemple un baron qui aime sa nièce. Trois mille francs, c’est tentant ! Mais avant même de discuter les bons ou les mauvais côtés de la place, – commençons par démasquer les visages. Le baron Zwoleneski, n’est pas plus ba-ron que moi. C’est un joueur habile qui gagne bon an, mal an, cent ou deux cent mille francs au jeu. Il a beaucoup de chance ; d’aucuns prétendent qu’il ne fait rien pour y nuire, au con-traire ! Mais il y a tant de mauvaises langues ! – Sa nièce ne s’appelle Sirène que depuis quelque temps. – Eh ! mais, au fait, vous la connaissez.

– Nous ! dirent à la fois madame Houlot et sa fille.

– Mais, oui ; ses parents demeurent dans votre maison.

– Qui cela peut-il être ? vous nous intriguez.

– C’est mademoiselle Titi.

– Eh ! quoi, la petite Titi, – oh ! la pauvre enfant !… C’est la misère…

 

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– Souvent, oui, – mais dans le cas présent, non, – c’est presque de la vocation. Le bonnet de Titi ne se plaît que sur les moulins : – elle aime l’or et rien que l’or. – Je pense qu’après cette déclaration vous ne désirez pas devenir la dame de com-pagnie de mademoiselle Sirène Zwoneleska ?

– Oh ! jamais ! – Mais je n’en reviens pas, – Comment Titi ? Non, c’est impossible !

– Cela est pourtant. – Venons-en maintenant à madame Vin-zelles, à laquelle je m’arrêterais, si j’écoutais les vœux de made-moiselle et le désir exprimé par ses yeux. Je comprends certes que cette piquante individualité séduise une jeune fille. – Ma-dame de Vinzelles est elle, et elle seule. C’est déjà beaucoup pour une femme ! – Si elle vivait retirée, loin du monde, je vous dirais le premier : allez-y les yeux fermés. – Sous les apparences les plus excentriques, malgré tous les bruits plus ou moins ab-surdes qui ont circulé sur son compte, – nulle femme au monde, je le crois, n’est plus noble, plus irréprochable, plus vertueuse que la comtesse de Vinzelles. Aucune plus qu’elle, n’a le don d’attirer et de retenir un entourage plus éclatant. Si vous entriez chez la comtesse, certes, en trois mois, vous connaîtriez toutes les gloires de l’Europe : gloires littéraires et gloires politiques. Tout ce qui a un titre réel à la renommée dans les arts et dans les sciences, se fait un honneur et un plaisir d’y être reçu. – Vous auriez, en elle, une compagne charmante qui vous traite-rait souvent en amie. Ce serait une fête continuelle pour vos yeux et pour vos oreilles. – Voilà, comme on dit vulgairement, les beaux côtés de la médaille ; mais il y a le revers qui comporte bien des inconvénients. – Madame de Vinzelles, dont le cœur est inoccupé, – qui regrette peut-être, qui a souffert, ou bien qui ne veut pas éprouver, – on ne sait à laquelle des trois supposi-tions s’arrêter, – madame de Vinzelles a un besoin perpétuel de changement, de transition : elle mène la vie la plus abracada-brante qu’il soit possible d’imaginer. Avec elle, jamais de repos, – c’est le mouvement incarné ! – il faut, pour lui convenir, tout savoir, tout faire, tout deviner, tout pratiquer, tout exécuter à la

 

– 140 – minute. – Elle s’occupe des choses les plus diverses avec la même fougue, le même entraînement. Elle manquera vous noyer ou vous faire casser le cou, en gondole, à cheval, en voi-ture.

Elle vous donnera le matin à apprendre un rôle qu’il faudra jouer le soir. Elle vous fera faire les annonces du journal de son mari, quand elle ne vous demandera pas d’y écrire un article de fond ou une variété. – Au milieu de cent personnes, elle vous apportera, en plein salon, une partition nouvelle à déchiffrer. – Mais tout cela ne serait rien encore… Elle est bonne et réelle-ment généreuse. Un peu méfiante, il est vrai, parce qu’elle a fait quelques mauvais choix, – un peu hautaine, par intervalle, avec ses dames de compagnie ; – cela ne serait rien encore ! – Mais, il y a le comte de Vinzelles qui, tout en aimant beaucoup sa femme, n’a pas cette délicatesse du gentilhomme qui interdit certaines privautés avec les subordonnées… Vous me compre-nez ?… Outre le comte, il vient chez madame de Vinzelles une foule de beaux esprits, de grands seigneurs et d’artistes, – tous noble cœurs, cela va sans dire ! Mais dans le grand nombre quelques-uns sont peu scrupuleux… et… vous me comprenez encore ?... – Or, madame de Vinzelles, sous ses apparences bruyantes et évaporées, tient essentiellement à la vertu. À la première étourderie que vous commettriez, et – dans ce milieu si artiste, si entraînant, il vous sera bien difficile, je ne dis pas de rester sage, mais d’éviter absolument une imprudence quel-conque… à la première défaillance, dis-je, vous serez impitoya-blement renvoyée. Comme toutes les femmes qui ont été beau-coup calomniées et qui le savent, sans vouloir paraître y atta-cher trop d’importance, madame de Vinzelles a ce travers d’esprit de se croire insultée, et compromise par les légèretés d’une personne de sa maison ; elle s’imagine que les méchants doivent dire : ce n’est pas étonnant, la maîtresse donne l’exemple ! – Sans vouloir en rien réformer son genre de vie, elle ne veut pas qu’on ait le droit de prononcer la phrase consacrée : Tel maître, tel valet ! – Mais le danger n’est pas là seulement. Voici une nouvelle cause qui rend votre entrée dans cette mai-

 

– 141 – son dangereuse pour votre avenir. – Dès l’abord, cette indivi-dualité originale vous séduira et vous attirera invinciblement. Notez bien que cette femme si multiple, si diverse, si adorable quand on la considère seule, devient pernicieuse lorsque l’on veut l’imiter, car l’on ne peut singer que ses défauts et que ses excentricités ; or ce qui chez elle n’est que bizarrerie serait ridi-cule chez les autres. Il n’y a qu’une madame de Vinzelles et il ne peut y en avoir qu’une au monde ; mais en voyant ce tout puis-sant rayonnement, cette grâce sans pareille, cette fantaisie sans limite, les jeunes filles ou les jeunes femmes qui l’approchent se sentent prises de vertige et sont tentées involontairement de la copier : – voilà le véritable danger. Qui veut imiter madame de Vinzelles se fourvoie et ne tarde pas à prendre place parmi les grotesques. Voilà où peut conduire la fréquentation, la pratique des individualités trop prononcées, trop tranchées, – madame de Vinzelles en a un exemple sous les yeux, et cela dans sa propre famille. Une demi-sœur, la fille de son père remarié, a voulu copier madame de Vinzelles, elle s’est suicidée, ou du moins, rendue tellement ridicule, qu’elle a vu s’enfuir tous ceux qu’avaient d’abord attirés sa grâce et sa jeunesse, et qu’à présent c’est à peine si dix personnes savent qu’elle existe. Elle a voulu renchérir sur madame de Vinzelles, espérant acquérir ainsi sa réputation, son entourage : mais cette parodie a été immédia-tement sifflée sur la grande scène de la vie. Elle a voulu avoir aussi son théâtre, elle a essayé de se coiffer comme sa sœur avec une écharpe ou un bas et elle est tombée dans le troisième des-sous de la caricature !

Je me résume, femme charmante, honorable et estimable, madame de Vinzelles est donc l’exemple le plus funeste que je connaisse. Elle possède au suprême degré le privilège peu en-viable de rendre sottes ou jalouses toutes les femmes qui l’approchent, et son exemple est d’autant plus dangereux qu’au milieu de toutes ses folies, elle est, dit-on, la vertu même, la dé-licatesse eu personne, – et quelquefois la raison suprême ! Je ne sais qui ou quoi l’a toujours arrêtée sur le bord du précipice ; le fait est qu’elle a toujours été sage, quoique cela soit fort contesté

 

– 142 – et le sera probablement toujours. Il n’y a qu’elle au monde, qui par son rang, sa fortune, ses relations universelles, son mépris vrai ou faux de l’opinion, puisse jouer avec son individualité et accumuler sans danger les aventures les unes sur les autres… Il faut avoir à la fois toute l’énergie de sa volonté et son amour de l’indépendance pour traverser la vie de cette façon échevelée et fantasque, sans laisser échapper un fleuron de sa couronne. Seule dans ce tourbillon enivrant, elle a la force de s’arrêter court ; – seule elle peut être excentrique, légère, évaporée, im-possible, sans jamais craindre de tomber dans la parodie dont nous parlions tout à l’heure. Lui ressembler, c’est impossible ; vivre dans son intimité sans chercher à la copier, sans céder à l’entraînement irrésistible de cette fougueuse nature, c’est éga-lement impossible. Donc, je ne crois pas, mademoiselle, qu’il y ait pour vous, auprès de madame de Vinzelles, un avenir sé-rieux.

Il ne nous reste plus que la famille Daguet, – ce sont des ren-tiers honnêtes et tranquilles. – Leur vie est calme et si vous ne trouvez pas de grandes distractions chez eux, – au moins vous n’avez rien à craindre, ni pour votre réputation ni pour votre fierté. Je vous conseille de vous en tenir aux Daguet. Vous vivrez chez eux en famille et sur le pied de la plus parfaite égalité ; grâce à vos émoluments vous pourrez venir en aide à madame votre mère, qui sera moins affligée de vous savoir loin d’elle, quand elle sera certaine que vous êtes sinon heureuse, du moins tranquille et honorée, – voilà ce que mon devoir m’engage à vous dire, je me trouverai récompensé, si vous me savez gré de vous avoir donné le seul conseil qui puisse vous être utile.

– Nous nous en rapportons à vous, monsieur, et croyez que notre reconnaissance, que notre…

– Je n’en demande pas tant… seulement, quand on vous dira du mal du bonhomme Baratte, répondez qu’il a encore du bon. – Ainsi… vous acceptez les Daguet.

– Nous acceptons les yeux fermés.

 

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– J’ai les pleins pouvoirs de la famille. Mademoiselle, veuillez signer ce reçu.

– Qu’est-ce là, Monsieur ?

– C’est l’usage. Voici deux mois d’avance et le prix de votre voyage, – en secondes. – Il y a des wagons pour les dames qui sont seules.

– Mais, monsieur, et vos honoraires !

– Madame, je n’ai pas l’habitude d’accepter quoi que ce soit pour une première affaire. Si la place ne vous convient pas, – j’en chercherai une autre, et cette fois vous me paierez. J’espère néanmoins qu’il n’en sera rien ! Adieu, mesdames. – Allez faire vos préparatifs : – mademoiselle, tâchez de partir demain,… vous êtes attendue.

M. Baratte reconduisit jusque sur le palier les deux femmes qui se confondaient en remerciements et en salutations. Enfin elles disparurent sous la voûte et Baratte rentra chez lui eu se frottant les mains et en murmurant :

– Ma foi ! je leur devais bien cela !

En ce moment, un homme à mine de renard se glissa dans le cabinet et murmura :

– As-tu du temps à toi, j’ai du nouveau à t’apprendre !

– Parle !

– Figure-toi, mon cher Dumont…

– Chut ! fit Baratte, pas ce nom ici !

Et ils continuèrent la conversation à voix basse.

 

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