L’herbe Rouge
Chapitre XXXIV
– Alors, dit Lil, on les fait ces valises ?
– On les fait, répondit Folavril.
Elles étaient assises sur le lit dans la chambre de Lil. Elles avaient la figure fatiguée. Toutes les deux.
– Et puis, plus d’hommes sérieux, dit Folavril.
– Non, dit Lil. Rien que des affreux coureurs. Des qui dansent, qui s’habillent bien, qui soient bien rasés et qui aient des chaussettes en soie rose.
– Ou en soie verte, pour moi, dit Folavril.
– Et des voitures de vingt-cinq mètres de long, dit Lil.
– Oui, dit Folavril. Et on les fera ramper.
– Sur les genoux. Et à plat ventre. Et ils nous paieront des visons, des dentelles, des bijoux et des femmes de ménage.
– Avec des tabliers d’organdi.
– Et on ne les aimera pas, dit Lil. Et on leur en fera voir. Et on ne leur demandera jamais d’où vient leur argent.
– Et s’ils sont intelligents, dit Folavril, on les plaque.
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– Ça va être merveilleux, admira Lil.
Elle se leva et sortit quelques instants. Puis elle revint, traînant deux énormes valises.
– Voilà, dit-elle. Une pour chacune.
– Jamais je ne pourrai la remplir, assura Folavril.
– Moi non plus, admit Lil, mais ça a plus de façade. Et puis ça sera moins lourd à porter.
– Et Wolf, demanda soudain Folavril.
– Voilà deux jours qu’il est parti, dit Lil très calme. Il ne reviendra pas. D’ailleurs on n’a plus besoin de lui.
– Mon rêve, dit Folavril en réfléchissant, mon rêve ça serait d’épouser un pédéraste avec plein d’argent.
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