No right to Love You: 3 - Kennedy ( edition française) (French Edition)

Chapitre 14

 

Kennedy

Depuis trois jours, je me retrouve sans entrain, mais surtout ma colère ne s’atténue pas. J’ai beau me vider la tête en enchaînant des séries à la télé, ça ne m’aide pas à oublier ce souvenir évoqué par Ronan avec force et détails. Comment a-t-il osé dire que j’étais la femme de sa vie ? Si tel avait été le cas, il ne m’aurait jamais abandonnée. C’est à cause de ces mots et de la douleur que ça a réveillée que je n’ai pas pu tenir ma langue.

Est-ce que je regrette ? Plus ou moins. Pas vis-à-vis de lui, encore moins de sa copine (sont-ils toujours ensemble ?), mais à cause de mes frères. Je m’étonne de plus en plus qu’ils ne m’aient pas demandé d’explications. Peut-être sont-ils allés le voir, lui ? Aucune idée. Toutefois, je les connais par cœur et je sais qu’ils finiront par me tomber dessus pour entendre ma version des faits. Que leur avouerai-je alors ? La vérité ? Il en est hors de question. S’ils découvrent que Ronan s’est barré après m’avoir mise enceinte, même si lui aussi l’ignore, je ne donne pas cher de sa peau et le groupe en subira à nouveau les conséquences. Mes frères ne réfléchiront pas, les deux peuvent se montrer sanguins quand il s’agit de mes intérêts.

Raaaah !

Faut que j’arrête de penser à ça et surtout à lui.

Tiens, mon téléphone vibre au bon moment.

Je me précipite vers la table de la salle à manger sur laquelle je l’avais déposé avant de partir m’échouer sur le canapé, telle une grosse baleine que j’ai l’impression d’être en ce moment.

En déverrouillant l’écran, je réalise que le message provient de Malone. Avec mon apathie et mon manque d’enthousiasme concernant le boulot, je ferais mieux de le reposer. Seulement, si je ne réponds pas, Malone risque de m’en envoyer une dizaine à la suite jusqu’à ce que je daigne composer un message en retour. Je dis ça en connaissance de cause.

Après avoir appris ma grossesse et surtout tout mis en œuvre pour retrouver le père de l’enfant que je portais, en vain, j’ai disparu quelques jours. À tort, j’en suis consciente aujourd’hui. J’avais juste besoin de vider toutes les larmes de mon corps. Seule. Durant ce temps, Malone a inondé ma boîte vocale.

Quant à mes frangins, ils étaient bien trop occupés avec Lou et Aly pour prêter la moindre attention à leur sœur.

Une chance pour moi.

Pour Ronan aussi. Eux l’auraient sûrement retrouvé. Il n’avait certainement pas disparu de leur vie, seulement de la mienne.

Ai-je eu tort de me confier qu’à Aaron ? N’aurais-je pas dû en parler à mes belles-sœurs ? Peut-être qu’elles, même sans passer par mes jumeaux, auraient pu mettre la main sur celui qui me manquait tant et me manque toujours autant. Celui qui a rendu ma vie si belle pendant quelques mois, et a fini par en faire un véritable enfer.

Être une star adulée ne signifie pas que nous nageons dans le bonheur. Pour que ce soit le cas, mon cœur devrait être intact, ce qu’il n’est pas. Aucun homme que j’ai croisé durant ces trois dernières années n’a réussi à le réparer. Ils n’ont donc été que de passage dans ma vie. Très court le passage, d’ailleurs.

En amour, je n’ai menti qu’une fois, mais j’étais jeune. Alors ceci excuse probablement cela, puis sans ce mensonge, Aaron ne serait pas devenu mon meilleur ami.

Bon sang, me voilà encore perdue !

Je secoue la tête et me concentre sur l’écran que je tiens.

Malone : [Vous êtes tous conviés chez moi, jeudi à 15 h. La tournée approche à grands pas et nous avons besoin de faire le point.]

Tous ? Ronan y sera donc ?

Jeudi ? C’est dans trois jours ?

Ai-je la force d’affronter le second guitariste du groupe ? M’en veut-il d’avoir vendu la mèche ?

Argh !

Je stresse.

Enfin peu de temps, car la sonnette retentit à cet instant. Je chasse mon spleen, accroche un sourire de façade avant d’aller ouvrir à mon ou mes visiteurs. Les filles qui m’ont promis de passer me voir dans la semaine, même si elles ne m’ont pas précisé le jour. De toute façon, je leur ai répondu qu’elles pouvaient venir quand elles le souhaitaient, n’ayant pas trop envie de sortir cette semaine. Sept jours de repos n’ont jamais fait de mal à personne. De toute façon, je n’ai pas besoin de quitter mon chez-moi pour échauffer ma voix ou répéter mes pas de scènes, tout comme Kenan, j’ai mon studio insonorisé chez moi. S’il a construit le sien à l’extérieur de sa villa, le mien se trouve au sous-sol. Je n’ai fait qu’aménager cette immense pièce en posant une isolation sonore. Ainsi, je ne dérange pas Aaron.

J’actionne l’ouverture du portail à distance et attends sur le pas de la porte.

Merde, les problèmes débarquent !

C’est la réflexion que je me fais en découvrant la voiture de Kenan.

Afin qu’ils ne réalisent pas mon mal-être, bien que ce soit quasiment impossible à leur dissimuler, en raison de notre fichu lien, je continue à afficher un air radieux.

Kenan gare sa voiture et mes deux frères en sortent. Les deux portières claquent en même temps. Puis ils s’avancent vers moi. Leurs traits totalement placides pourraient me laisser croire qu’ils sont parfaitement calmes. Mais je pressens que ce n’est pas du tout le cas. Ils ne sont pas là pour une simple visite de courtoisie. Ils veulent comprendre ce qu’il s’est passé lors de la soirée barbecue.

— Qu’est-ce que vous faites là ? demandé-je malgré tout.

— On rend visite à notre petite sœur, réplique Kane, en affichant un air railleur.

Comme chaque fois qu’il me rabaisse au rang de benjamine, j’arque un sourcil, médusée.

— Dois-je te rappeler que je suis l’aînée ?

— De quelques minutes seulement. Mais, vu ta taille, comparée à la nôtre, on peut clairement dire que tu es notre petite sœur, insiste-t-il comme le gros nigaud qu’il peut être parfois.

— Donc si j’en suis ton raisonnement, Kenan, le plus jeune de nous trois, est l’aîné puisqu’il nous surpasse tous les deux en hauteur.

— Ouep. Quelque chose comme ça, rigole-t-il.

Dépitée, je lève les yeux au ciel et souffle. Une chose est certaine, c’est que je préfère le voir ainsi, railleur et souriant, plutôt que de me souvenir de celui qu’il a été avant sa cure de repos.

Quoi ? Ce n’est pas le bon terme pour parler de son séjour dans ce centre où il a passé un mois ? Franchement, ça m’est complètement égal.

Kenan me ramène à ici et maintenant en me serrant dans ses bras avant que je dérive une nouvelle fois. Puis c’est au tour de Kane de me donner un très long câlin. J’aime mes frères plus que tout au monde, même si je sens que je vais détester les prochaines minutes.

— On peut entrer ? demande le plus jeune de notre trio. Il faut qu’on parle.

— Je suppose que c’est non négociable.

— T’as tout compris. En plus, je crois bien qu’il va pleuvoir, présume Kane en levant les yeux vers le ciel menaçant.

Je me décale légèrement afin de les laisser entrer.

Je reste un instant sur le pas de la porte, porte mon regard vers les nuages gris et envoie une prière pour que mes frères ne soient pas trop durs avec moi. J’inspire profondément afin de me donner le courage de les affronter et rentre.

Quand je les rejoins, Kane est déjà assis sur le canapé tandis que Kenan se trouve dans ma cuisine, le nez plongé dans mon frigo. Oui, oui, ça leur arrive à tous les deux de faire comme chez eux. Et s’ils ont décrété qu’une bière leur ferait le plus grand bien, ils ne se gênent jamais pour s’en servir une. D’ailleurs, c’est ce qui se produit là, tout de suite. Kenan revient avec trois bouteilles.

Ça risque d’être bien plus long que je ne le pensais et sûrement plus difficile aussi. Sinon, Kenan se serait contenté d’en prendre juste deux, me zappant au passage.

Je m’installe dans le fauteuil pendant qu’il distribue nos boissons.

La mienne en main, je la décapsule et en avale une bonne rasade. Mes jumeaux m’observent durant un moment qui me paraît interminable.

— Tu nous expliques ? demande Kane.

— Qu’est-ce que vous nous cachez, Ronie et toi ?

Les deux ont parlé en même temps.

— D’après ce que j’en sais, notre pote a commis des erreurs avec notre petite sœur, répond Kane à Kenan.

Des erreurs ? C’est donc ainsi qu’il voit ce que nous avons vécu tous les deux.

Désabusée, je lâche un rire amer. Toutefois, je me reprends très vite. Ce n’est pas le moment que je montre combien cette info me perturbe. Mais quand même, des erreurs, quoi !

— Moi, ce que je voudrais savoir, c’est depuis quand ça dure entre vous et surtout ce qu’il entend par erreur, poursuit Kane en plantant un regard polaire dans le mien.

Je le soutiens sans ciller, tout en gardant ma langue pour moi. Même si je déteste Ronan, je tiens encore suffisamment à lui pour lui éviter les foudres de ses meilleurs amis.

Kenan, qui s’était assis à côté de son double entre-temps, se lève et vient s’accroupir devant moi. Sa main sur ma cuisse, il plonge à son tour son regard dans le mien.

— Est-ce qu’il t’a fait du mal ?

Du mal ? Le mot est tellement faible pour décrire ce qu’il m’a fait.

— Ça ne vous regarde pas.

Répondre est inutile. Kenan, et Kane certainement aussi, ont compris que c’était le cas. Je l’aperçois à travers le regard du plus jeune de mes frères qui s’est assombri sous sa colère, mais aussi à sa mâchoire qui se contracte.

— Peu importe ce qu’il y a eu entre nous, je ne vous dirai rien.

— Tu nous connais, on ne lâchera rien tant qu’on restera dans le flou, intervient Kane.

Oui, malheureusement.

— Peut-être. Sûrement même. Mais je n’ai pas envie qu’il y ait un froid entre vous à cause de moi. Encore moins maintenant qu’il fait à nouveau partie du groupe. C’est votre meilleur ami.

— C’est vrai, mais toi, tu es notre sœur. Tu passeras toujours avant lui, tu le sais, n’est-ce pas ? me demande posément Kenan.

— De toute façon, il connaissait notre avis sur la question depuis notre toute première rencontre.

— Quoi ? Comment ça ? Ne me dîtes pas que c’est à cause de vous qu’il n’a pas arrêter de mettre des limites entre nous ? m’énervé-je, comprenant un peu trop bien ce qu’a voulu dire Kane.

Le temps d’un instant, j’aperçois l’effarement dans les yeux de Kenan avant qu’il ne reporte son attention sur Kane. Je darde un œil noir sur ce dernier qui se contente de répliquer par un haussement d’épaules.

— T’aurais pas dû lui en parler, déclare Kenan en se relevant.

— Parce que ça va être ma faute si R fait de la merde avec notre sœur ? On était des gosses à l’époque où on a passé ce deal avec lui, je te rappelle, et on le connaissait à peine.

— C’est bon, vous deux, on se calme ! ordonné-je avant qu’ils se disputent réellement. Vous voulez savoir ce qu’il s’est passé entre nous ? Très bien, je vais vous dire, puisqu’il n’y a que comme ça que j’aurai la paix. Seulement, avant, je veux que vous me promettiez que ça ne changera rien à votre amitié à tous les trois.

Kenan accepte d’un mouvement de tête. Quant à Kane, il éprouve beaucoup plus de difficultés à se plier à mon exigence.

— Promets-le, Kane, ou vous ne saurez rien, insisté-je.

— OK, OK, fait-il en levant ses paumes devant moi. Je te le jure, ça te va ?

Alors, je leur relate toute notre histoire. Ses fuites à répétition que je comprends bien mieux à présent que je sais qu’il s’est engagé auprès de mes frères à ne jamais me tourner autour. Il ne voulait sûrement pas les perdre. Il n’y a que ma grossesse que je continue à leur cacher. Ça, ils n’ont pas besoin de le savoir.

— Putain, je me suis toujours douté que c’était ta faute s’il a quitté le groupe ! lâche Kane à la fin de mon récit.

— Ma faute ?! m’étonné-je.

— Ouep. J’étais peut-être perché, mais ma mémoire ne m’a jamais vraiment fait défaut. Avant que Malone nous annonce que le concert était annulé, j’avais croisé Ronan dans les couloirs, il se dirigeait vers ta loge. Jamais je ne l’avais vu aussi souriant. J’étais juste un peu trop stone pour capter que c’était à cause de toi, je croyais qu’il avait pris son pied avec une assistante ou une fan. Mais au moment où Malone nous a informés de son départ, quelques-uns de mes neurones ont bien voulu se connecter et j’ai réussi à associer A+B. Je n’ai rien dit, parce que… ben voilà, quoi. J’avais mes propres problèmes et je ne gérais pas du tout ma descente aux enfers. Donc, je n’allais pas intervenir dans celle des autres, même s’il a toujours été mon meilleur pote. Je t’ai juste traité une fois de grosse salope dans ma tête. Ce jour-là, tu ne valais pas mieux qu’Aly pour moi.

— Sympa, le frangin ! râlé-je, sidérée qu’il ait pu soutenir ce genre d’insultes à mon égard. Seulement, tu vois, je n’ai rien fait à Ronan qui…

Soudain, je suis envahie de doutes alors que cette journée défile sous mes yeux. Mon réveil dans ses bras, heureuse comme jamais. L’arrivée d’Aaron dans ma loge qui avait tenu à me faire une surprise. Nos baisers qui ne réveillaient plus aucun papillon dans mon ventre. Moi persuadée que quelqu’un ouvre la porte, Aaron qui me soutient que non.

Et si j’avais eu raison ? Et si celui qui l’avait bien ouverte n’était autre que Ronan ? Et s’il m’avait vue dans une position compromettante, avant que je ne repousse mon mec de l’époque ? Alors je comprendrais pourquoi il nous a tourné le dos ce jour-là. En raison de son départ, je n’ai jamais pu lui dire que j’avais rompu avec Aaron, peu de temps avant que Malone nous annonce que le groupe se retrouvait orphelin de son guitariste.

Je comprends mieux maintenant sa colère quand il est venu me parler de Lauren. Après être tombé sur Aaron, il doit être persuadé que moi aussi, j’ai joué avec lui. Chose que je n’ai pas eu le temps de démentir. Pire que je n’ai fait que confirmer sans le vouloir. Aaron et moi avons toujours eu des gestes qui pouvaient prêter à confusion aux regards de ceux qui ne connaissent pas notre relation. Ce qui a été le cas lors de la soirée barbecue.

Toutefois, tout ça n’excuse en rien son abandon alors que nous étions heureux tous les deux. Mais s’il ne m’avait pas surprise sous Aaron, car je suis de plus en plus persuadée qu’il m’a découvert dans cette mauvaise posture, est-ce qu’il se serait battu pour nous ? Aurait-il envoyé bouler mes frères ?

— J’ai besoin d’être seule, avoué-je à mes frères, d’une voix tremblante.

— T’es sûre ? s’inquiète Kenan.

Je hoche la tête.

— S’il vous plaît.

— Très bien.

Tour à tour, ils m’enlacent avant de se diriger vers la sortie. Au moment où ils s’apprêtent à franchir la porte, je les interpelle.

— Ne vous mêlez plus jamais de mes histoires, encore moins en ce qui concerne Ronan.

Kane grogne.

— Surtout toi, d’ailleurs. Ronan est peut-être ton frère de cœur, mais Aly est comme une sœur pour Kenan et moi. Pourtant, on ne lui a jamais interdit de sortir avec toi. La preuve en est, vous êtes désormais fiancés et vous êtes heureux tous les deux. À mes yeux, c’est tout ce qui compte.

— Sauf qu’il t’a blessée et je suis persuadé que tu nous as caché des trucs.

— Tout comme elle t’a blessé en partant.

— C’est pas pareil. C’est moi qui ai joué au con.

— Et qui te dit que je n’en ai pas fait autant ? Arrête de vouloir me surprotéger, Kane. J’ai vingt-six ans, je ne suis plus une gamine !

Il se renfrogne.

— D’accord, finit-il tout de même par abdiquer devant le froncement de sourcils de Kenan. Je ne m’en mêlerai pas, même si pour le moment, je préfère qu’il reste loin de toi.

Puis-je lui faire confiance sur ce coup-là ? Rien n’est moins sûr.

— Idem pour moi, consent enfin Kenan.

— De toute façon, les gars, je ne crois pas vous avoir dit vouloir lui offrir une nouvelle chance. Sa dernière fuite me reste toujours autant en travers de la gorge, encore plus depuis que j’ai découvert l’existence de sa copine.

Les deux hochent la tête.

Me voilà seule à présent, plus ébranlée et en colère que je ne l’étais déjà.

Malheureusement, personne ne peut changer le passé. Ce qui est fait est fait, même si j’aurais dû lui courir après quand il a quitté le groupe, au lieu d’espérer qu’il revienne sur sa décision. Le pire, c’est que j’ai cru longtemps, très longtemps, que notre amour finirait par le ramener vers moi. C’est pourquoi je suis restée confiante et que je n’ai pas perdu mon sourire, du moins les premiers temps. Ensuite, dès lors que j’ai appris qu’il avait rejoint un autre groupe, ça n’a plus été qu’un sourire de façade. J’ai si bien tenu mon rôle, que personne n’a jamais remarqué la supercherie.

Sauf lui.

 

Revoir Ronan me fait un mal de chien. Comment vais-je pouvoir assurer les autres concerts ? Déjà que ce soir, j’ai eu du mal à sourire. Lui n’a pas eu l’air d’être perturbé par ma présence.

Le vague à l’âme, je me démaquille, sans cesser de penser à lui quand quelqu’un frappe à ma porte.

— Vas-y, entre ! C’est ouvert, indiqué-je, croyant qu’il s’agit de Kenan.

Mon frère et moi avons besoin d’être le plus souvent possible ensemble depuis que Kane déraille à fond. Nous nous inquiétons tous les deux pour lui, apeurés qu’il nous claque entre les doigts sous peu.

Ce n’est pourtant pas mon frangin qui apparaît dans l’encadrement de la porte, mais Ronan.

Je défaille alors qu’il s’avance d’une allure nonchalante.

— Je t’ai observée sur scène. Tu n’avais pas l’air bien, me déclare-t-il après avoir refermé la porte.

Deux sentiments se mêlent en moi. Cet amour que j’ai toujours ressenti pour lui et la colère. J’ai autant envie de lui sauter dans les bras que de le gifler.

— Ça fait plus d’un an que tu nous as quittés, tu t’intéresses à nouveau à ce qui se passe dans le groupe ?

— C’était le mieux. Pour nous deux. Tes frères n’auraient jamais approuvé notre relation.

— Mes frères ? C’est ça ton excuse ? m’emporté-je en bondissant sur mes pieds.

Poussée par la colère, je fonce vers lui. Cette fois, je suis certaine de mes intentions. J’ai besoin de libérer cette rage qui coule dans mes veines. Seulement, avant que je puisse abattre ma main sur sa joue recouverte d’une légère barbe qui le rend atrocement sexy, il intercepte mon poignet. En une fraction de seconde, je me retrouve catapultée contre la porte, son torse bien trop près de ma poitrine.

— Je voulais juste m’assurer que tu allais bien, m’annonce-t-il sur un ton rauque, qui dénote son désir.

Je n’ai pas le temps de répondre que ses lèvres prennent déjà les miennes en otage. Son baiser aussi sauvage que lui me fait perdre la tête. Ses mains et sa langue m’achèvent alors qu’elles partent à la reconquête de mon corps.

— Tu me manques tellement, ma puce, souffle-t-il entre deux baisers.

 

La suite ? Nous avons fait l’amour comme des fous avant qu’il ne rejoigne son groupe.

Maintenant, je sais ce qu’il sous-entendait en évoquant mes frères. Je sais aussi qu’il était déjà avec Lauren et qu’il me croyait, certainement, encore avec Aaron.

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