Opération Génésias

Michel Lacombe · Chapitre 5 sur 22

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Opération Génésias

[4] :

Un cours trajet sinueux en montées et en descentes au gré d’une succession de petites vallées d’altitude arborées, avec au détour des virages le panorama somptueux de cimes découpées, et au premier plan le mont Vettore et sa crête pierreuse. En approchant des premières maisons d’Astorara, Roger plantier précisa :

— Nous arrivons… Si j’ai bien compris, la maison fleurie la plus proche de la petite église… Chez le sieur Faggio, qui connaît sur le bout du doigt l’Histoire et les traditions de la région.

— Comment vas-tu aborder le sujet ?

— Eh bien… disons que tu es un de mes neveux français qui ne cause pas la langue, que tu écris un livre sur les coutumes et légendes en relation avec les monts Sibyllins, et que je suis ton vieux tonton qui te sert d’interprète. Les gens sont fiers de parler de leur terroir et de son passé !

— Oui, Tonton… répondit Sylvain en pouffant.

Roger abandonna la Twingo sur le bas-côté, puis tous deux se dirigèrent vers la villa dont les fenêtres regorgeaient de plantes. Le commissaire actionna la clochette du portail, et un vieil homme aux cheveux blancs entrouvrit sa porte :

— È per questo ?[4]

— Signor Faggio ? Scusami si ti disturbo… Ma mi è stato gentilmente consigliato di parlarti.

— Entrare, prego…

— Grazie, Signore ![5]

La demeure du brave homme était chaleureuse et sentait bon la quiétude paisible des vieux retraités. Sur des meubles anciens impeccablement cirés trônait une foule de bibelots hétéroclites. Le “ Tonton ” de Sylvain entama la conversation, laquelle fut accueillie avec un évident plaisir par le propriétaire des lieux, qui ne se priva pas de se montrer volubile. Entre deux longues tirades, il clama d’une voix forte :