Opération Génésias

Michel Lacombe · Chapitre 17 sur 22

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Opération Génésias

Chapitre 22

Les marches conduisaient à un long tunnel plus étroit que ceux qu’ils avaient parcourus. Sous les néons à la lumière crue, s’alignaient sur la gauche et presque à perte de vue des vitrines. Un peu interdits et sous la conduite de Marcel et Chloé, ils s’approchèrent de la première :

— Ma… è un topo [22]! s’exclama l’un des militaires.

— Oui ! affirma Chloé. Une souris pour ainsi dire lyophilisée, dans une vitrine à l’air conditionné et aseptisé pour une conservation maximale de l’espèce de momie qu’elle est devenue… Remarquez bien : c’est une souris normale, sauf sa queue touffue et ses oreilles démesurées ! Résultat de la manipulation et du remplacement de deux portions de gène seulement… Un peu comme si on avait changé deux lettres dans une encyclopédie, et voilà ce qu’on peut obtenir. À côté, un poisson. En regardant de près, vous verrez que ses nageoires se terminent par des ébauches de doigts… Ce qui le rapproche des sarcoptérygiens, les premiers poissons à être sortis de l’eau pour s’aventurer sur terre. Mais cela se passait à la fin du Dévonien, il y a trois cent soixante-cinq à trois cent quatre-vingt-cinq millions d’années ! Celui-ci n’est pas un fossile, vous le voyez bien, mais là encore le fruit d’interventions sur ses gènes effectuées dans le centre de recherches que vous avez vu… Je vous laisse examiner les autres vitrines, elles sont assez parlantes pour qu’on n’ait pas besoin de dire que le contenu découle aussi d’une génomique un peu particulière ! Moi, je l’ai assez vu, et je préfère vous attendre au niveau supérieur…

— Moi aussi ! décida le professeur Griveau.

Effectivement, la suite était une sorte de musée des anomalies : une grenouille à six pattes, dont deux atrophiées, un chien au pelage de panthère, un chat à pattes palmées, un poney nanisé pas plus haut qu’un lièvre, un renard au poil strié comme celui d’un zèbre…

— Tiens ! Ça ne te rappelle rien ? s’exclama Roger.

— Si ! Ce chevreuil de même couleur striée noir et blanc dont t’avait parlé ce vieux, dans ce bled dont je ne me rappelle plus le nom… Il ne délirait donc pas !

Plus loin, ils découvrirent d’autres animaux, ainsi que des plantes, chacun ayant des particularités n’existant pas ou plus dans la faune et la flore actuelles. Le commissaire s’attarda plus attentivement devant une des vitres et demanda à Paola, qui ne lâchait pas son appareil photo :