Robert Burns. Vol. 1, La Vie

Auguste Angellier · Chapitre 4 sur 33

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Robert Burns. Vol. 1, La Vie

De païens non rachetés

Pour les distinguer

De païens non rachetés,

Comme vous ou moi[212].

 

[Note 212: Epistle to John Rankine.]

On sent déjà dans ces strophes la main impatiente de frapper, l’homme qui est sur le point de porter la guerre chez l’ennemi et qui n’attend que la première opportunité. Après ce début, il raconte sa propre aventure, sur un ton qui laisse voir les dispositions d’esprit qu’il en avait rapportées.

 

Ma foi, je n’ai pas le coeur à chanter!

Ma Muse peut à peine ouvrir l’aile;

Je me suis joué à moi-même un joli air

Et j’ai dansé mon soûl!

J’aurais mieux fait de partir et de servir le roi

À Bunkers-Hill.

 

C’était une nuit, récemment, tout content,

J’étais parti me promener avec un fusil,

Et voilà que j’amenai une perdrix à terre,

Une jolie poule;

Et comme le crépuscule était venu

Je crus qu’on n’en saurait rien.

 

La pauvre petite créature était peu blessée;

Je la caressai un peu, par jeu,

Ne pensant pas qu’ils me tracasseraient pour cela;

Mais, le diable m’emporte!

Quelqu’un raconte à la cour de braconnage

Toute l’histoire.

 

Quelques vieux friands experts avaient bien vu

Que telle poulette avait reçu du plomb,

On soupçonna que j’étais dans l’affaire,

Je dédaignai de mentir,

Aussi j’eus pour mon sou mon sifflet,

Et je payai l’amende.

 

Mais par mon fusil, le roi des fusils,

Et par ma poudre et par mon plomb,

Et par ma poule et par sa queue,