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Séchage physique
8.1.1 Séchage physique
C’est principalement le cas des liants thermoplastiques. On a alors formation de
liaisons physiques (Van der Waals, liaisons hydrogène) entre les macromolécules. On distinguera 3 modes de séchage physique :
• simple évaporation du solvant : cas des liants thermoplastiques en solution (en
phase organique dans la majorité des cas) ;
• coalescence : cas des liants thermoplastiques en dispersion (en phase aqueuse dans
la majorité des cas) ;
• fusion : cas des produits solides (peintures en poudre, adhésifs « hot-melt »).
8.1.2 Séchage chimique
C’est principalement le cas des liants thermodurcissables, dont les macromolécules sont
capables de former entre elles des liaisons covalentes, ce qui provoque leur durcissement. On distinguera quatre modes de séchage chimique :
• siccativation : séchage provoqué par le dioxygène de l’air ; • mélange de deux composants (base + durcisseur) ; • cuisson ou catalyse ;
• action des rayonnements (ultraviolets dans la majorité des cas).
8.2 Séchage physique
8.2.1 Simple évaporation du solvant
Dans ce cas, le liant est solubilisé. Le système est donc homogène dès le départ
(solution) : on obtient donc, par simple évaporation du solvant, un film homogène.
Figure 8.2 – Formation d’un film par évaporation du solvant
Le séchage par évaporation du solvant est un séchage très rapide qui permet facile-ment d’obtenir des hauts brillants. L’inconvénient est lié à l’impact des solvants sur l’environnement et sur la santé de l’utilisateur.
Exemple 8.2.1 Quelques produits séchant par évaporation du solvant :
Produit Liant Solvant
Peinture aérosol Acrylique MEK Vernis à ongles Nitrocellulose Ester Laque brillante pour ameublement Nitrocellulose Alcool ou ester Colles humectables (timbres) Gomme arabique Eau 8.2 Séchage physique 109
Liants nitrocellulosiques
La nitrocellulose est un polymère obtenu par nitration de la cellulose. Dans le cas des liants nitrocellulosiques, la substitution n’est que partielle. Suivant le taux de nitration, on distingue deux types de nitrocellulose :
• Cellulose de type A (la moins nitrée) : soluble dans les alcools (on utilise en général
l’éthanol).
• Cellulose de type E (la plus nitrée) : soluble dans les esters (on utilise l’acétate
d’éthyle ou l’acétate de butyle).
Figure 8.3 – Nitration de la cellulose. Pour obtenir les liants nitrocellulosiques, la substitution n’est que partielle
Le tableau 8.1 indique les propriétés générales et des utilisations des liants nitrocellulo-siques.
Avantages Inconvénients Utilisations
Haut brillant Inflammable Vernis à ongles Séchage rapide Film rigide, Encres d’imprimerie Grande dureté parfois cassant Laques
Finition du cuir
Table 8.1 – Propriétés et utilisations des liants nitrocellulosiques
Liants acryliques en phase solvant
Les liants acryliques présentent une très grande variété de propriétés, et une com-patibilité avec de nombreux supports, ce qui en fait l’une des familles de liants les plus utilisées dans l’industrie des peintures. La famille des acryliques correspond aux polyacrylates et polyméthacrylates :
CH3
CH CH COOR CH C 2 2 COOR
Acrylates Méthacrylates
CH3
CH CH CH C 2 2 n n
COOR COOR
Polyacrylates Polyméthacrylates 110 Chapitre 8. Formation des films
Concernant les liants acryliques, les principales propriétés auxquelles s’intéresse le formulateur sont déterminées par la température de transition vitreuse (Tg). Le tableau
8.2 indique quelques propriétés des liants acryliques selon la valeur de la Tg.
Basse T g Haute Tg
Avantages Flexibilité Peu salissant
Adhérence Résistance au blocking Faible besoin en
agents de coalescence
Inconvénients Salissant Grand besoin en
Problème de blocking agents de coalescence
Faible adhérence
Rigidité
Utilisations Adhésifs Peinture bâtiment
Sous-couche
d’adhérence (primaire)
Table 8.2 – Propriétés des liants acryliques selon la valeur de la Tg
R Le phénomène de blocking se caractérise par un collant superficiel d’un film de
peinture. Cela peut conduire au collage de deux surfaces en contact, ce qui peut arriver avec des portes ou des fenêtres.
8.2.2 Coalescence
Description
Dans ce cas, le liant est dispersé (en phase aqueuse dans la majorité des cas). Le
milieu est donc hétérogène. La formation d’un film homogène ne sera possible que si les particules dispersées sont suffisamment molles pour coalescer. Cela ne peut se produire qu’à une certaine température appelée température minimale de formation du film (TMF), liée à la Tg (température de transition vitreuse) du polymère. En deçà de cette température, le film ne se forme pas : on obtient une couche fissurée, voire poudreuse.
Figure 8.4 – Formation d’un film par coalescence : passage d’un état hétérogène à un état homogène 8.2 Séchage physique 111
Dans le cas où la TMF est supérieure à la température ambiante, il est nécessaire
de recourir à des additifs spécifiques pour obtenir un film homogène : les agents de
coalescence.
Définition 8.2.1 — Agent de coalescence. Solvant volatil du liant permettant un
abaissement provisoire de la TMF.
Il est également possible, dans le cas de liants très rigides voire cassants ( T g élevée), d’employer des plastifiants.
Définition 8.2.2 — Plastifiant. Solvant non volatil du liant permettant un abaissement
durable de la TMF.
Figure 8.5 – Les agents de coalescence, volatils, s’échappent du film lors du séchage, alors que les plastifiants, non volatils, demeurent dans le film, modifiant sa Tg
Exemple 8.2.4 — Cas des core-shell. L’utilisation d’agents de coalescence, qui sont des
composés organiques volatils (COV), est problématique pour le respect de l’environne-
ment et de la santé de l’utilisateur. On pourrait s’en affranchir en utilisant des liants de
basse Tg, mais ces liants ont l’inconvénient d’être collants en surface, donc salissants.
Les « core-shell »sont une solution intéressante pour combiner des films durs et des
faibles besoins en agents de coalescence. Cette technologie, rendue possible par la
polymérisation en émulsion, est caractérisée par des particules dispersées composites,
formées d’un « cœur » (core) de haute T , et d’une « coquille » (shell) de basse g T . g
112 Chapitre 8. Formation des films
Figure 8.6 – Structure d’une particule constituant une dispersion « core-shell »
Les dispersions acryliques : le bon compromis
Les liants acryliques présentent l’avantage d’être très versatiles : il est facile de
modifier leur structure de manière à obtenir une T g adaptée (voir section 8.2). Ils sont également résistants aux UV, et possèdent de bonnes propriétés mécaniques.
R Pour diminuer le prix des liants acryliques, on réalise souvent une copolyméri-
sation avec le styrène. Ces copolymères styrène-acrylique présentent cependant l’inconvénient d’être moins résistants et plus jaunissants.
Les domaines d’emploi des dispersions acryliques sont assez variés :
• peintures décoratives (grand public, bâtiment) ; • peintures de façade ;
• vernis et lasures pour boiseries.
Les dispersions vinyliques : plus économiques
La famille des liants vinyliques regroupe tous les polymères de formule générale
CH2 CH n
X
à l’exception des acrylates, qui appartiennent à la famille des acryliques. Parmi les plus utilisés, on retiendra polyacétate de vinyle (PVA ou PVAc) de formule :
CH2 CH n
O C CH3
O
Le PVAc est un liant cassant, et sensible aux supports basiques comme les bétons (risque de saponification). Pour l’assouplir, on réalise en général une plastification interne, c’est-à-dire une copolymérisation avec un monomère qui permet de diminuer la T (voir g chapitre 12).