Anarchy in the U.S.E.

John King · Chapitre 26 sur 27

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Anarchy in the U.S.E.

Chapitre 24

24

 

Les Bons Européens s’engouffrèrent. Ils se poussaient et se griffaient les uns les autres pour entrer dans l’ascenseur. Kenny se laissa porter par le raz-de-marée humain, se retrouvant au milieu de la cohue lorsque les portes se refermèrent. Il n’éprouvait pas la moindre sensation de claustrophobie. Tous ces Crates étaient pour lui un bouclier. Beaucoup pleuraient, un homme hurlait de toutes ses forces : il était étrange de voir des têtes de bulles perdre ainsi tous leurs moyens alors qu’ils ne savaient même pas ce qui s’était réellement passé. Leur panique n’était due qu’à des flashs-infos faisant état d’un incendie mineur à des dizaines d’étages au-dessus de leurs têtes. Ces abrutis étaient tellement couvés qu’ils perdaient les pédales au moindre signe de chaos. Il se demanda s’il devait les avertir qu’un Morlock se trouvait parmi eux, mais préféra garder cela pour lui.

L’odeur d’urine qui régnait avait quelque chose de rassurant. Les parfums doucereux des Crates s’étaient volatilisés, leur monde en plastique fondait littéralement, et pourtant il y avait fort à parier qu’ils s’en remettraient aussitôt arrivés chez eux, considéreraient avec mépris leur propre panique et recommenceraient à se pavaner comme si rien ne s’était passé. Tous les individus présents dans la tour seraient sans aucun doute passés en revue et interrogés, ou tout du moins détenus pour plus tard, et la simple idée que le Hardcore pouvait l’appréhender suffit à le décider. Il devait tuer dans l’œuf toute impression de soulagement. Alors que la cabine ralentissait à l’approche du rez-de-chaussée, il lâcha l’une des gazeuses qu’il avait prises sur le cadavre du Cool. Les émanations chimiques leur piquèrent instantanément les yeux et la bouche, et tous se mirent à cracher et à ruer, déferlant dans le hall à l’ouverture des portes, dans l’hystérie générale.

Les soldats du feu qui attendaient se virent repoussés, tandis que chacun de son côté, le Cool et le Hardcore s’apprêtaient à passer à l’action. Se sachant invisible dans la multitude, Kenny cria que le Contrôleur Horace avait été tué, assassiné par des communs, des rebelles anglais, qu’il y avait trois membres du GB 45 dans le penthouse. La charge démente des Crates redoubla d’intensité, aiguillonnée par cette dernière information, certains passant à travers les baies vitrées pour sortir de la tour. Le Cool et le Hardcore réagirent avec une fureur effrayante, s’engouffrant dans l’ascenseur pour accéder au plus vite au dernier étage. Les agents de sécurité jugèrent bon de ne pas leur emboîter le pas, très heureux de se borner à guider les Euros hors de la Pearly Tower, en direction des bancs de marbre et des murs de racolage de Bethnal Plaza. Les premiers secours les attendaient dehors, prêts à les prendre en charge, mais Kenny les contourna, s’agenouilla derrière un parterre d’herbes exotiques et fit semblant de vomir.

Trois Technos ( A- ) se tenaient non loin de lui, sirotant du café et grignotant des pâtisseries, observant la scène d’un regard nonchalant. Comme un seul homme, ils portèrent leur attention sur Kenny, et leurs visages reflétèrent le dégoût le plus absolu face à cet inconvenant de B+. Il continua à faire semblant de vomir, et ils s’éloignèrent. Se relevant, il alla s’asseoir sur un banc à côté d’un mur, sans prêter le moindre intérêt aux Crates traumatisés qu’on escortait loin de la tour. Il avait besoin d’une minute pour se recomposer, même si le temps lui était compté, et se félicita que personne ne l’eût remarqué. De l’extérieur, il donnait toutes les apparences du calme et de l’assurance d’un touriste crate faisant une petite pause.

Un hélicoptère s’apprêtait à passer les Portes, des centaines de bulleux pointaient du doigt les pétillements électriques de l’un des dômes qui s’évanouissait. Une fois le champ de force désactivé, l’appareil de l’AirCav fonça et se mit à tourner autour du sommet de la Pearly Tower. De petites silhouettes lourdement armées se positionnaient sur les flancs de l’hélicoptère. Un murmure parcourut les spectateurs. Tous s’échangèrent des regards inquiets. Deux autres hélicos arrivèrent. Kenny aperçut sur un écran tout proche des commandos encagoulés se pencher pour tenter de voir ce qui se passait à l’intérieur du bâtiment. Il se releva et s’éloigna, tête baissée, yeux rivés sur sa fausse Paume.

En traversant la Plaza, il passa devant des Crates accompagnés de leurs deytes, les Africaines scrutaient le sommet de la tour, stupéfiées, tandis que les Bons Européens, d’un coup de baguette, affichaient des prises de vue plus précises sur leurs écrans. On parlait d’un incendie provoqué par une barbecue-party, et un commentateur spécialisé répétait que c’était une théorie ridicule, que l’intervention du moineau était la cause la plus probable du sinistre. Kenny ne put résister à la tentation.

— On a tué le Contrôleur Horace, s’écria-t-il en dissimulant son accent anglais.

Des têtes se tournèrent.

— Horace Starski a été assassiné. Avec une brochette de barbecue.

Les Crates étaient abasourdis.

— Le Contrôleur Starski a été assassiné. Le meurtrier est toujours là-haut. Il est vivant, et il a mis le feu à l’appartement. Horace Starski est en train de brûler, et l’USE avec lui.

Les Crates se mirent à trembler. Était-ce vraiment possible ?

— Regardez vos écrans. Ce sont des agents du Hardcore qui se trouvent à bord de ces hélicoptères. Pourquoi portent-ils des masques ? Pourquoi ces armes lourdes ?

— Pour karchériser un sale moineau qui en a bien besoin, répondit quelqu’un.

— L’oiseau s’est échappé. Le dôme a été désactivé. Les Portes ont été ouvertes. Le moineau a retrouvé sa liberté.

Une femme tourna de l’œil et s’effondra. Ceux qui se trouvaient près d’elle ne réagirent pas assez vite pour la rattraper, et ils étaient trop désorientés pour voir si elle était blessée. Les Crates se replongèrent dans leurs écrans.

— Les Wessex Boys sont derrière tout ça.

Il aurait dû se taire, mais il fallait que les gens sachent ce qui s’était réellement passé, qui avait mené à bien cette mission. C’était l’occasion ou jamais.

— Trois combattants du GB 45 sont en train de se diriger vers la tour. Ils tuent à vue.

Si l’on n’avait pas encore procédé à un black-out d’InterZone, cette version des faits ferait le tour de l’Europe dans les trente secondes. Ce serait en soi un autre attentat mené à bien. Un homme s’écroula au sol.

— Regardez, piailla un bulleux.

De la fumée noire s’échappait du penthouse. On distinguait clairement des flammes sur la terrasse. L’incendie rutilait et se propageait. Kenny se dirigea vers le Surmétro, en marchant aussi vite que possible sans attirer l’attention, les yeux toujours rivés à sa Paume alors qu’il quittait la Plaza par l’une des avenues qui menaient à la station.

— Ils ont tué le Contrôleur Horace, s’écria quelqu’un qui venait à contresens. Le GB 45. Ma sœur qui est à Lyon vient de me le dire. C’est forcément une erreur. Comment une chose pareille pourrait arriver ?

Kenny jetait des coups d’œil par-dessus son épaule. La fumée s’épaississait, formant un nuage dense et sombre. On avait dû réactiver le dôme. La masse noire, immobile dans l’air, semblait presque solide, d’un poids incommensurable. De plus en plus de monde passait devant Kenny, pressant le pas en direction de la Plaza, et il vit trois buggies remplis de Hardcore, réprima son envie de prendre ses jambes à son cou, bien conscient qu’il était le seul à s’éloigner de la Plaza. Il s’agenouilla pour faire semblant de resserrer un lacet, et aperçut alors une colonne de vingt Cool avançant en formation. La Gendarmerie suivait.

— Que s’est-il passé ? demanda un Bureau. Il y a eu un accident ?

— Oui, un accident, répondit un Gendarme. Trop de braises dans un barbecue.

— Bien sûr, fit le Bureau, clairement soulagé. On m’a dit que c’était un attentat terroriste, mais c’est impossible.

— Effectivement, ce n’est rien d’autre qu’un accident ménager, dit le Gendarme. C’est officiel. C’est la vérité. Certains experts s’accordent à dire que le dernier moineau s’est fait rôtir.

Le Gendarme s’adressait au Crate mais regardait Kenny, qui opinait du chef en tâchant de paraître en colère.

— C’est très inquiétant. Impossible de soutenir le contraire. On a mentionné le nom du Contrôleur Horace.

— Oui, répondit le Gendarme d’un air soucieux. Le Contrôleur Horace.

— Il est à Londres, dit un Techno en se joignant à la conversation. Dans sa résidence de Pearly Tower. Le penthouse lui appartient, vous n’êtes pas sans le savoir. Je l’ai moi-même croisé. Un grand homme.

La foule dut s’arrêter : la Plaza était fermée. L’AirCav s’était éloignée de la tour. Cela pouvait signifier que l’attentat n’avait pas encore été confirmé, et Kenny reprit sa marche, atteignit Spital Station et emprunta l’escalator, arrivant sur le quai au moment où les portes de la rame s’ouvraient. Sugar Baby Love vibrait, cette chanson tradi qu’il adorait, même si cette version était exempte de l’émotion de l’originale. Lorsque toute la lumière serait faite sur les événements, les Portes seraient condamnées, mais cela faisait moins de dix minutes que Kenny avait quitté la tour, et il doutait que le Cool et le Hardcore aient déjà atteint l’appartement de Starski. C’était une chance que l’AirCav ait battu en retraite. La Fireball avait été un coup de génie.

Debout à côté de la paroi de verre, il encourageait intérieurement la rame à accélérer, regardait la fumée s’épaissir au sommet du dôme, se demandant pourquoi on ne le rouvrait pas pour la laisser s’échapper. Soit il y avait eu un dysfonctionnement, soit quelqu’un avait perdu son sang-froid. C’était les seules explications possibles.

Kenny recula soudain d’un pas en plissant les yeux. Pearly Tower était recouverte de bulles. Il hallucinait. La tour était en train de se transformer en monstre à tête bulbeuse. Il lui fallut une poignée de secondes pour comprendre que les écailles extérieures gonflaient, crevaient et glissaient le long de l’édifice. L’incendie consumait le gel qui les maintenait en place. C’était un spectacle incroyable. Une étoile explosa. D’autres à sa suite. Il avait envie de danser de joie.

— Vous allez bien ? demanda un Crate.

Kenny se retourna vers la seule personne présente dans le wagon avec lui. Lorsque Kenny était entré, l’homme n’avait d’yeux que pour Guerre à la Terreur , assis dos à la paroi de verre, ne se souciant absolument pas de ce qui se passait dehors.

— Vous saignez.

Kenny baissa les yeux sur sa main.

— Ç’a l’air plus grave que ça ne l’est en vérité. Je me suis coupé et le doc a mis un pansement, il a dû tomber.

— Les angles aigus sont un danger. Les arrondis c’est la sécurité.

Le Crate retourna à son jeu, et Kenny descendit à la station suivante pour prendre le Soumétro, parcourir trois stations et emprunter le réseau de banlieue afin de rejoindre le lieu convenu où une voiture devait l’attendre. Il prit la place la plus isolée. Personne ne lui jeta le moindre coup d’œil. Il ferma les yeux et fit semblant de s’assoupir, bercé par la cadence du train, s’efforçant de faire le vide dans son esprit, de mettre de côté ce qu’il avait vu et fait, et il se concentra sur sa respiration, sur l’air qui passait par son nez pour emplir sa poitrine, conformément aux enseignements des moines bouddhistes de Taunton.

Lorsque le train fit surface, l’obscurité lui rappela que c’était encore le début de soirée. De part et d’autre des voies, il pouvait voir les fenêtres éclairées des logements indigènes, et il se sentit un peu moins seul. Tout ce qui s’était passé lui donnait l’impression d’un rêve éveillé, complètement échevelé. Avait-il vraiment tué Starski ? Était-il parvenu à sortir sain et sauf d’East Side, allait-il réussir à s’échapper pour de bon ? Le Cool allait se pencher sur les vidéos de surveillance, isoler son image et la faire circuler, mais cela prendrait du temps. De nouveau, il encouragea mentalement le conducteur de la rame à accélérer, tandis que la distance séparant les stations s’agrandissait à mesure qu’ils s’enfonçaient dans la banlieue.

Il descendit à Hillingdon, trouva la voiture, et en un rien de temps, se retrouva sur la trois voies qui passait sous la station, roulant paisiblement au milieu des autres véhicules, devinant Uxbridge sur sa gauche et repensant à Tubby et aux autres, atteignant le Mur et prenant la IR 4 à la sortie suivante, ralentissant comme tous les autres conducteurs à hauteur de Slough.

Le béton se densifiait dans cette région habitée par une certaine catégorie de communs non citadins. Beaucoup de leurs ancêtres avaient suivi la Tamise pour rejoindre la ville, et eux avaient dû prendre le chemin inverse : la corpométropole les avait attirés à elle avant de les recracher lorsqu’ils n’avaient plus rien eu à lui offrir. Il fallut une bonne heure à Kenny pour dépasser Reading. Les cités, les usines et les entrepôts se raréfièrent et la route fut bientôt déserte.

Il roulait vite à présent, penché sur son volant, concentré sur la bande d’asphalte que ses phares découpaient dans les ténèbres. Son humeur changeait à mesure que la distance se creusait. Il allait revoir Jan, boire un verre au Wheatsheaf avec Fred, s’asseoir à l’une des tables de Peanut Paul Harrison, ranger les étagères d’All Souls, et vivre heureux le reste de son existence. Mais son euphorie laissa vite place au désespoir. Un barrage du Cool en travers de la route, l’AirCav en chemin, un autre Bob Terks étranglant Jan dans leur salon. Et puis il avait tué deux personnes. Les avait poignardées à mort. Kenny était un assassin. Un meurtrier. Il avait du mal à croire qu’il avait commis quelque chose d’aussi atroce.

Il lui faudrait bientôt rouler plein sud, il aurait peut-être mieux fait de longer le Mur pour prendre l’ IR 3, mais l’ IR 4 lui avait permis de quitter Londres plus rapidement, et il n’avait pas voulu courir le risque de tomber sur un embouteillage sur la M 25, avec toutes les optiques qui s’y trouvaient. Le Cool n’aurait eu aucun mal à l’appréhender, mais ce trajet-ci n’était pas sans dangers, et il était de nouveau le petit garçon qu’il avait été, en cavale avec sa famille, ne sachant ni ce qu’il se passait au juste ni où ils allaient. Il se souvint des poils de Zola, sentit le chien à côté de lui, compara son odeur à la puanteur du cuir mort de Starski, songea à la cruauté des bulleux et à la façon dont Londres avait été ravagé par la cupidité. Il était las de tous ces mensonges, n’arrivait plus à réfléchir, tous les rêves se transformaient en cauchemars. Il suffisait de gratter un peu la surface. C’était toujours comme ça. Zola aboya.

La voiture se déportait sur la route : Kenny se réveilla en sursaut et redressa brusquement sa trajectoire, convaincu qu’il allait partir en tonneau, mais parvenant à reprendre le contrôle de son véhicule. Il décéléra et s’arrêta sur la bande d’arrêt d’urgence. Éteignit ses phares. Son cœur battait à tout rompre. Faire tout ce chemin pour mourir comme ça… L’obscurité était totale et il sentit ses paupières se refermer d’elles-mêmes, piqua du nez sur son volant, lutta contre la fatigue, vit des lumières dans son rétroviseur et se mit aussitôt en alerte. Les phares grossissaient à vue d’œil. Il était persuadé que le Cool l’avait retrouvé, mais la voiture le dépassa à pleine vitesse, ne laissant derrière elle que deux boules rouges qui disparurent au loin. Il fallait quitter cette route déserte et trouver un coin pour dormir. Rester ici, c’était s’exposer à tous les dangers. Il attendit que ses yeux se réhabituent à l’obscurité, et distingua un bois sur sa gauche.

Tous phares éteints, il longea la bande d’arrêt d’urgence à la recherche d’un passage afin de pouvoir couper à travers champs et rejoindre le bois. La haie s’ouvrait sur une barrière : il accéléra, brisa net les planches de bois pourri, rebondit, sentit les pneus déraper avant de regagner de l’adhésion, et il se vit propulsé brusquement en avant. Il roulait sur une surface dure et relativement lisse, sans doute un vestige de chemin, et allumant un bref instant ses phares, il aperçut une bande d’asphalte crevé de touffes de mauvaises herbes qu’il emprunta pour s’enfoncer dans le bois, les branches basses cognant contre le toit. Il atteignit ce qu’il prit pour un pré, mais il sentait encore l’asphalte sous la végétation : il avait dû jadis recouvrir toute cette zone. Kenny alla se garer sous les arbres et coupa le moteur.

Il ouvrit sa vitre et inspira à pleins poumons l’air frais de la campagne. La lune luisait à travers un nuage effiloché et il se sentit en sécurité, il passerait la nuit ici, et le lendemain matin, abandonnerait la voiture pour faire le reste du trajet à pied. Il connaissait le chemin, plus ou moins, et au pire pourrait faire du stop sur l’une des petites routes. Il partirait dès l’aube. Une rafale de vent le fit frissonner : il se rendit compte de la température qui régnait, remonta sa vitre pour tenter de conserver un maximum de chaleur à l’intérieur, espérant qu’il ne mourrait pas de froid. Il saisit son sac qui se trouvait sous le siège passager, tomba sur sa chemise et son caleçon de rechange, inutiles en l’occurrence, son exemplaire de Fiddle Me Free et le paquet de Suzie. Il déballa ce dernier : c’était le roman de John Sommerfield, May Day . Il passa une main sur la couverture violette, l’ouvrit et huma le papier, pensa à Suzie et à Jan, pour finalement le remettre dans le paquet qu’il rangea dans son sac avec le reste de ses affaires. Puis il passa sur la banquette arrière.

Malgré la température qui ne cessait de chuter, il ne tarda pas à s’assoupir. Tout son corps était ankylosé mais il était trop exténué pour s’en soucier. La dernière chose qu’il entendit avant de sombrer complètement fut le hululement d’une chouette dans un arbre, et il s’imagina que ses battements d’ailes faisaient bruire les feuilles au-dessus du toit de la voiture, repensa à l’AirCav près de la South Circular, ces ordures de Hardcore perchés sur les patins de leur hélico, prêts à bondir pour faire leur boulot.

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