Anthologie féminine
La Comtesse Diane
Sous ce pseudonyme, la comtesse de Beausacq a inauguré la petite collection des Moralistes de l’éditeur Ollendorff (petits livres de Pensées) où l’on trouve encore, outre plusieurs auteurs déjà cités dans cet ouvrage, Ange Bénigne, Amica et Mathilde, etc.
—Ce qu’on dit à l’être à qui on dit tout n’est pas la moitié de ce
qu’on lui cache.
—Gâter les enfants, c’est les tromper sur la vie, qui, elle, ne gâte
pas les hommes.
—La bonté de la jeunesse est de l’élan; celle de la vieillesse est
de l’indulgence.
—Les joies viennent des choses, mais le bonheur vient des êtres.
—La bonté ajoute à notre vie la vie des autres, à laquelle elle nous
intéresse.
—Il n’y a de sacrifice que pour ceux qui n’aiment pas; ceux qui
aiment ne sentent pas qu’ils se sacrifient.
—Les étourdis qui oublient tout s’oublient rarement eux-mêmes.
Quoique plus innocente que l’égoïsme, l’étourderie arrive aux mêmes
résultats.
—L’indiscret justifierait le menteur.
LES ROMANCIÈRES
Ici nous sommes absolument débordés, impossible même de faire une énumération, et nous demandons mille pardons à Jacques Vincent, à Gennevraye, à Mme Gustave Haller (Mme Fould), à Pierre Cœur, à Pierre Ninous et à cent autres que nous sommes forcés d’omettre.
Mme CARO
En 1866, sous le second Empire, la femme de l’éminent professeur du Collège de France qui devait être bientôt de l’Académie française, fit publier sans nom d’auteur le Péché de Madeleine; ce roman délicat obtint un vif succès. On cherchait à deviner qui se cachait sous cet anonymat, et, singulier aplomb, plusieurs écrivains se le laissèrent attribuer, ce que voyant Mme Caro se décida à se nommer. D’aucuns prétendent que ce n’est pas d’elle et qu’elle l’a découvert dans de vieux papiers. Depuis la mort de son mari d’autres écrits ont prouvé qu’elle n’en était cependant point incapable.
TH. BENTZON
Une quarantaine de volumes à son actif, dont la moitié à peu près œuvres originales; l’autre moitié traductions des romans anglais, américains et allemands: Bret-Harte, Bayle, Aldrich, Ouida, Sacher Masoch, Elliot; tels sont les auteurs dont elle est l’interprète ordinaire.
Mme MARY SUMMER
Les romans fort nombreux de Mme Mary Summer n’offrent aucune originalité de style. Mais elle excelle surtout à relater les épisodes romanesques dans les mœurs de la première République, du premier Empire et de la Restauration, en leur donnant un charme suranné et un parfum de souvenirs exhumés qui plaisent à beaucoup de lecteurs.