Ce rival trop séduisant

Gaines · Chapitre 1 sur 20

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Ce rival trop séduisant

Chapitre 1

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Chapitre 1

 

— Votre Honneur, qu’est-ce qui est le plus important ? Une boîte de conserve avançant sur quatre roues, ou trois enfants passant Noël auprès d’une mère aimante et adorée ?

Megan Merritt était bien consciente que, en recourant à une métaphore aussi sarcastique pour décrire la Mercedes CLK500 convertible à l’origine de la plainte, elle risquait de se mettre à dos le juge Potter, président de la salle d’audience 1-C, au tribunal du comté de Fulton, à Atlanta. Toutefois, elle avait bien pesé le pour et le contre, et elle était arrivée à la conclusion qu’éviter la prison à sa cliente justifiait amplement cette prise de risque.

Elle croisa les mains devant elle afin de ne pas jouer nerveusement avec le bouton de la veste de son tailleur gris.

— Quand ma cliente a été poussée à endommager le véhicule de son mari, poursuivit-elle, préférant ce doux euphémisme à « recouvrir de peinture », elle était obsédée par l’idée que ce dernier avait eu un rapport sexuel avec sa maîtresse dans cette voiture, alors que ses enfants l’attendaient, en vain, pour qu’il les embrasse avant qu’ils ne s’endorment.

En dépit du sujet au fort potentiel émotionnel, Megan s’exprimait d’un ton neutre ; elle présentait des faits. Les grandes envolées théâtrales, ce n’était pas son style.

Le juge Potter pinça les lèvres avant de retirer ses lunettes, qu’il essuya méticuleusement avec son mouchoir. Megan interpréta ce geste comme une manifestation de désapprobation envers Brandi Carter, sa cliente, qui n’avait pas mesuré les conséquences de ses actes. Le délit était passible de prison, semblait dire ce polissage méticuleux.

Mais Brandi Carter n’irait pas en prison, Megan se faisait fort de lui épargner les barreaux !

Elle termina sa plaidoirie sans lâcher le juge Potter du regard, sauf pour lancer de temps à autre un coup d’œil dédaigneux au mari de sa cliente et à son avocat, quand son argumentation l’exigeait.

— Aussi, conclut-elle, eu égard au désarroi profond et justifié de ma cliente, et au fait que ses enfants ont déjà été abandonnés par l’un de leurs parents, je requiers la clémence de la cour.

Le juge Potter la remercia, puis il ajourna la séance, annonçant qu’il ferait part de son verdict après le déjeuner.

Comme toutes les personnes présentes, Megan se leva lorsqu’il quitta la salle d’audience.

— Qu’est-ce que je dois faire, maintenant ? demanda Brandi Carter de sa voix de petite fille.

C’était une question qu’elle posait souvent et qui signifiait qu’elle ne devait pas être habituée à prendre des décisions, songea Megan. Cette pensée l’émouvait et la révoltait à la fois. Décidément, cette jeune femme ne méritait pas l’épreuve par laquelle elle passait.

— Le juge en a au moins pour une heure, lui répondit-elle. Allez manger quelque chose. Je vous téléphonerai quand vous devrez revenir.

Brandi serra la main de Megan.

— Merci, lui dit-elle.

Megan la regarda sortir de la salle d’audience de son pas hésitant, le cœur serré ; Brandi Carter allait se retrouver seule après des années de mariage auprès d’un mari qu’elle aimait profondément et qui l’avait trahi.

Elle frissonna.

Ce fut alors qu’elle posa les yeux sur un homme de haute taille, à la chevelure argentée, assis au dernier rang.

Il était venu !

Elle avait espéré, bien sûr, qu’il lirait les documents qu’elle lui avait fait parvenir le matin même, mais elle ne s’attendait pas vraiment à ce qu’il se déplace. C’était sûrement bon signe… Elle sentit les battements de son cœur s’accélérer et s’efforça de dominer le tremblement de ses mains tout en rangeant son dossier dans son attaché-case.

Le temps de regagner l’allée centrale, et elle était redevenue la professionnelle que son père devait voir en elle.

— Bonjour, papa, dit-elle en l’embrassant sur la joue.

Elle lui adressa un beau sourire, tout en se rappelant que rien n’était encore gagné.

Jonah Merritt se leva, s’aidant brièvement du dos du siège qui se trouvait devant lui.

— Je t’offre un café, déclara-t-il.

Comme d’habitude, son ton ne laissait nullement deviner ses pensées. Mais quoi de plus normal, dans la mesure où, durant toute sa carrière, il avait toujours affiché un visage impénétrable dans une salle d’audience ? Allons ! il ne serait pas venu jusqu’ici, s’il n’avait pas eu de bonnes nouvelles à lui annoncer, se dit-elle. Elle ressentit le besoin urgent de lui demander ce qu’elle venait de requérir pour sa cliente : de la clémence. Encore que ce n’était peut-être pas le mot exact. Elle souhaitait tout simplement que son père la voie telle qu’elle était vraiment, et qu’il cesse de croire qu’il connaissait les limites de ses capacités.

— Allons dans le café d’à côté, proposa-t-elle. Je ne veux pas aller à l’autre bout de la ville, et que l’on m’appelle au moment où l’on arrive pour me dire que le juge Potter est revenu.

Ils sortirent du palais de justice et se retrouvèrent dans Central Avenue, où le faible soleil de novembre tentait de chasser un froid piquant. Elle eut à peine le temps de frissonner que déjà ils pénétraient dans un établissement juste à côté du tribunal, le Jury, un café-restaurant fréquenté par les avocats, et quelquefois aussi par leurs clients.

A leur entrée, plusieurs personnes saluèrent Jonah avec respect. Tout le monde voulait savoir comment se portait le fondateur et associé senior de Merritt, Merritt & Finch, l’un des cabinets d’avocats les plus prestigieux d’Atlanta, après la crise cardiaque qui avait bien failli lui coûter la vie, quelques mois auparavant. Jonah se dérobait aux questions, encore que ce fût bien inutile : il était évident que sa santé le forçait désormais à prendre sa retraite. Le seul mystère qui persistait, c’était de savoir qui prendrait sa place à la tête du cabinet.

Ils parvinrent enfin à une table d’angle, dans la salle principale, et Megan s’installa, extrêmement tendue, consciente que son état n’avait rien à voir avec le verdict qu’elle attendait pour sa cliente. Elle s’adossa à son siège, posa son téléphone portable sur la table, bien résolue à ne pas bousculer son père.

— Espérons que le juge Potter ne conduise pas une Mercedes convertible, laissa tomber son père.

Megan accusa le coup. C’était une chose d’être sous-estimée par ses rivaux professionnels, mais que son père en soit encore là, vingt-huit ans après sa naissance, cela lui brisait le cœur.

Elle étendit ses doigts sur la table, et en pressa la surface polie. « Du calme », s’ordonna-t-elle.

— Le juge conduit une Chevrolet achetée neuve il y a trois ans, dit-elle d’un ton affable mais ferme. Ses deux voitures précédentes étaient aussi des Chevrolet. Cette année et l’année précédente, il a passé ses vacances aux Etats-Unis.

De fait, elle comptait sur l’aversion du juge pour les voitures de sport clinquantes et, de surcroît, de marque étrangère.

Son père émit un petit rire.

— J’aurais dû me douter que tu t’étais renseignée.

— Oui, tu aurais dû, approuva-t-elle avec vigueur.

— Potter va statuer en faveur de ta cliente, je n’ai aucun doute là-dessus, lui assura-t-il alors, redevenu sérieux.

Bien qu’elle en soit presque sûre elle aussi, ces quelques mots la rassurèrent. Son père avait exercé la profession d’avocat pendant plus de quarante ans à Atlanta, et quand il annonçait un verdict, c’était toujours le bon. S’il persistait un doute en lui, il s’abstenait de toute prédiction.

Megan aimait penser qu’elle avait hérité de ses instincts, de sa logique, et surtout qu’il en avait conscience, lui aussi.

Elle commanda un express au lieu du café crème de Noël parfumé au gingembre dont elle avait envie. Son père estimait que les cafés mousseux étaient synonymes de frivolité. Et pourtant, si sa jeune sœur, Sabrina, avait été à sa place, il lui aurait commandé le café crème le plus extravagant de la carte. Mais Sabrina était Sabrina.

Megan avait pour modèle son aînée, Cynthia, même si elle ne parvenait pas à se résoudre au double express que cette dernière n’aurait pas manqué de commander.

Elle savait que son père aurait aussi aimé prendre un double express. Toutefois, en raison de quelques complications postopératoires, il était désormais condamné au décaféiné.

Il marmonna sa commande à l’adresse du serveur, espérant manifestement que ce dernier n’entendrait pas correctement et lui apporterait un vrai café. Quand la commande arriva, il avala une gorgée et grimaça. De toute évidence, le serveur n’avait aucun problème auditif.

— Dis-moi comment se présente le cas O’Shea, demanda-t-il.

Megan retint un soupir ; elle avait d’autres sujets de conversation en tête. Mais son père avait besoin qu’elle le tienne informé des affaires courantes, dans la mesure où son médecin lui avait interdit de se rendre au cabinet. Dans le passé, c’était Cynthia qui jouait ce rôle quand il s’absentait, mais cette dernière ne travaillait momentanément plus avec eux ; elle occupait un poste de procureur pour se forger une certaine expérience en matière de réquisitoire. Aussi, durant les douze derniers mois, Megan et son père avaient-ils davantage parlé qu’ils ne l’avaient fait pendant vingt-huit ans.

Et ce lien devait perdurer. Ah, si seulement il abordait enfin la raison de sa présence au tribunal, aujourd’hui…

— L’équipe qui s’occupe du dossier O’Shea est prête pour affronter la cour, la semaine prochaine, l’informa-t-elle.

Elle lui fournit alors tous les détails relatifs au complexe cas d’homicide que le cabinet était chargé de défendre. Elle ne travaillait pas personnellement sur le dossier, elle était simple coordinatrice.

— Je sais que l’équipe entend souligner le fait que le frère avait plus de mobiles qu’O’Shea, ajouta-t-elle. Mais je pense qu’ils ont besoin de mettre d’autres personnes sur l’affaire s’ils veulent vraiment détourner les soupçons qui pèsent sur lui.

Son père approuva d’un hochement de tête.

— Bien.

Etait-ce un test ? L’avait-elle réussi ?

Soudain effrayée de savoir ce qu’elle désirait savoir, elle se laissa distraire par un éclat de rire qui venait de recouvrir les chants de Noël passant en fond sonore. Elle balaya la salle du regard… et ne fut pas surprise de découvrir qu’il venait du Coin des ambulances, partie du café qui accueillait les avocats préférant en général la bière au café. Et s’ils n’étaient pas à proprement parler des « chasseurs d’ambulances », comme on disait dans le jargon, ils s’occupaient en général d’affaires que des cabinets plus honorables, comme Merritt, Merritt & Finch, refusaient de traiter.

Dans le Coin des ambulances, il n’y avait que des avocats, plus ou moins familiers à Megan. Mais le rire qui avait attiré son attention provenait d’un inconnu. D’ailleurs, elle nota qu’il avait capté l’intérêt de toutes les autres femmes du café.

Peut-être parce qu’il ne ressemblait pas à un avocat.

Oh, ses cheveux noirs et ondulés étaient soignés, tout comme son costume couleur charbon, à la coupe impeccable, seulement la façon dont il se tenait semblait dire : « Je fais ma loi tout seul, merci beaucoup. » Et, pourtant, Megan aurait juré que ce n’était pas un client. Elle le déduisait à la façon dont les autres avocats s’adressaient à lui : comme s’il était le chef.

Toujours souriant, affichant une décontraction qu’elle lui enviait, l’inconnu balaya, lui aussi, la salle du regard. Elle ne prit pas la peine de détourner les yeux, les gens ayant tendance à ne pas la remarquer ce qui, au tribunal, était d’ailleurs son arme secrète. Avec son père, en revanche, sa discrétion constituait un véritable handicap qui remontait à l’enfance et qu’elle n’avait jamais réussi à surmonter.

A son grand étonnement, l’inconnu posa un regard franc et direct sur elle. Et lui sourit ! Ce n’était pas un sourire séducteur, juste un sourire amical. Il releva un côté de sa bouche d’une façon… délicieuse…

Elle sursauta et se sentit devenir écarlate.

L’homme lui sourit de plus belle, puis il se pencha vers son voisin de table pour lui murmurer quelques mots à l’oreille, lui demandant manifestement qui elle était.

Avec détermination, elle tourna la tête pour revenir à sa conversation avec son père. Elle prit sa tasse, avala une gorgée de café… un peu trop amer à son goût. Elle imagina les deux hommes dans son dos la regarder, parler d’elle, la regarder de nouveau… Se moquer d’elle, peut-être. Puis se replonger dans leur conversation, sans plus faire cas de sa présence.

Et alors ? Etait-elle déçue de ne pas soulever plus d’intérêt ?

C’était toujours ainsi, pensa-t-elle. Elle était… quasi invisible. Circonspecte, elle posa les mains sur ses joues et osa de nouveau un regard dans la direction du Coin des ambulances.

Celui qu’elle avait surnommé « le Chef » était engagé dans une conversation sérieuse avec l’un de ses collègues et ne faisait bien évidemment plus attention à elle. Et, visiblement, il n’avait pas été victime d’une vague de chaleur subite, lui.

— Alors, lui dit son père, qu’est-ce que tu en penses ?

Megan le regarda, atterrée. Qu’avait-elle manqué ?

Son père se mit à rire.

— Ne te ronge pas les sangs, ma chérie. Je sais ce que c’est, l’attente d’un verdict. Mais je te l’ai dit, l’affaire est dans le sac.

— Je ne peux m’empêcher de m’inquiéter, murmura-t-elle en saisissant avec bonheur l’excuse qu’il lui fournissait. Brandi ne mérite pas d’aller en prison.

Son père secoua la tête.

— Tu es comme Cynthia, tu ne peux pas laisser ton travail au bureau.

« Non, je suis juste moi », aurait voulu répondre Megan, qui en avait assez d’être toujours comparée à l’une ou l’autre de ses sœurs.

— Je crains que tu ne travailles trop, poursuivit son père.

— J’aime mon travail, il me passionne.

— Ce qui me conduit à t’exposer la raison de ma présence ici.

« Enfin ! » pensa-t-elle en sentant son cœur se mettre à battre un peu plus vite.

Son père mit la main dans la poche intérieure de sa veste et sortit les documents qu’elle lui avait envoyés : son curriculum vitae et la lettre de motivation dans laquelle elle exposait les raisons qui la conduisaient à penser qu’elle pourrait prendre la tête de Merritt, Merritt & Finch une fois que son père aurait officiellement pris sa retraite.

— Tu aurais dû me les remettre en personne, déclara-t-il.

— Je voulais que tu aies une approche objective de mes capacités.

Sur le papier, elle était mieux qualifiée que quiconque pour diriger un cabinet, mais en tête à tête avec lui, elle était toujours la fille qui n’était pas aussi intelligente que Cynthia, et celle qui ne possédait pas la beauté et le charme de Sabrina.

— Je vais être honnête avec toi, Megan, je n’ai jamais pensé à toi pour diriger le cabinet, dit son père avec cette franchise qui le caractérisait.

Elle sentit un grand vide en elle, et une furieuse envie de hurler.

— C’est parce que, comme tout le monde, tu as toujours cru que ce serait Cynthia qui prendrait la relève, répliqua-t-elle en essayant de garder un ton professionnel.

Pourtant, les données avaient changé et, désormais, Cynthia avait peut-être une brillante carrière de juge devant elle. Il était même question, à long terme, de la cour suprême de Géorgie.

— Il te faut quelqu’un qui aime le cabinet autant que toi, poursuivit-elle. En l’occurrence, moi. Il te faut une personne munie d’excellents diplômes, c’est mon cas, puisque j’ai reçu une mention « très bien », à Harvard. Enfin, il faut que le nouveau directeur soit capable d’augmenter le chiffre d’affaires. Or, j’ai quasiment créé le département des affaires familiales, et il nous rapporte de l’argent depuis le premier jour.

— 20 % de notre chiffre d’affaires, pas plus, lui rappela son père.

— C’est pourquoi je veux aussi me familiariser avec les autres services, le droit commercial ou pénal.

Des services qui comptabilisaient 40 % du chiffre d’affaires.

— Je suis certaine que je peux apporter de nouveaux clients au cabinet.

— Il ne s’agit pas uniquement de compétences et de diplômes, Megan. J’ai besoin d’une personne qui impose le respect à tous.

— Nomme-moi un seul avocat du cabinet qui ne me respecte pas.

— Tu adoptes toujours un profil bas, en dehors du cabinet, personne ne te connaît dans le métier. Megan…

Il repoussa sa tasse. Décidément, le décaféiné ne passait pas.

— Je t’aime, tu es ma fille, tu es une excellente avocate. Mais tu n’as pas la carrure pour diriger le cabinet.

— J’admets que je suis discrète, reconnut-elle, se rappelant ce qualificatif qui figurait dans les bulletins de notes qu’elle rapportait à la maison, enfant. Je ne suis pas aussi extravertie que toi ou Cynthia, c’est indéniable. Mais il y a différentes façons d’exercer ce métier.

— Oui, bien sûr, mais je ne suis pas certain que tu sois capable d’attirer la clientèle commerciale dont nous avons besoin, et qui serait susceptible de faire augmenter considérablement notre chiffre d’affaires. Tout comme je ne suis pas convaincu que je puisse t’imposer à nos associés en tant que nouveau dirigeant. Tu n’as pas la même poigne que Cynthia en la matière, ajouta-t-il, comme pour enfoncer le clou. Je suis désolé, Megan, mais tu n’es pas une candidate, à mes yeux.

A cet instant, le téléphone de Megan sonna, et à travers les larmes qui lui brouillaient les yeux mais que pour rien au monde elle ne voulait que son père voie, elle regarda le numéro qui s’affichait. C’était le tribunal.

— Le juge Potter est revenu, annonça-t-elle une fois la communication terminée.

Puis elle chercha le numéro de Brandi Carter dans le répertoire de son portable, heureuse de ne pas trembler.

— Je ne vais pas t’accompagner, déclara son père. Je sais que tu as gagné.

Megan le salua brièvement et se fraya un chemin à travers les groupes d’avocats plongés dans leur conversation. Aucun ne leva les yeux vers elle sur son passage. Mais elle s’en moquait éperdument. Son pouls battait furieusement à ses tempes ; une migraine montait, en écho à la peine qui lui brisait le cœur. Et le fait que son père était certain qu’elle allait l’emporter dans l’affaire Brandi Carter ne la consolait nullement.

Quel intérêt de gagner une bataille, si elle avait déjà perdu la guerre ?

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