Ce rival trop séduisant

Gaines · Chapitre 8 sur 20

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Ce rival trop séduisant

Chapitre 8

 

En général, Travis ne ruminait pas des heures sur une chose aussi peu substantielle qu’un baiser. Cette fois pourtant, il ne cessa de penser à sa petite scène avec Megan, au Salt, qu’il n’avait jamais eu l’intention de provoquer.

S’il était revenu au restaurant, après avoir reconduit Allie chez elle, cela avait été dans l’unique but de vérifier que Megan avait pu se débarrasser sans encombre de Robert Grayson.

L’embrasser n’était pas du tout au programme. Son projet initial, c’était de se servir de l’affaire Hoskins pour se rapprocher de Jonah Merritt, pas de sa fille ! Mais comme cela arrivait souvent quand Megan était proche de lui, il n’avait pas pu lui résister…

Il soupira. Décidément, il était incapable de tirer des leçons de ses propres erreurs. Dix ans plus tôt, il avait fait une erreur de jugement en rejoignant Prescott Palmer Associates, même s’il avait de fort nobles raisons pour agir ainsi, décevant sa famille et toute une communauté. Maintenant, alors que l’opportunité de rectifier ses erreurs de carrière se présentait à lui, il prenait le risque de saboter ses plans au profit de son petit bonheur personnel.

Car embrasser Megan avait été un réel bonheur.

Mais il ne le ferait plus jamais, se jura-t-il, tandis qu’il montait au troisième étage du cabinet Merritt, Merritt & Finch, en compagnie de Barbara Hoskins. Ils avaient rendez-vous pour le partage des actions que possédaient les Hoskins, tâche immense, étant donné ce qu’ils détenaient.

Dès qu’il aperçut Megan, il comprit qu’elle aussi avait choisi la réserve. Elle le salua brièvement avant de prendre place aux côtés de Theo, de l’autre côté de la table.

Durant les trois heures qui suivirent, Theo et Barbara se querellèrent sur leur portefeuille, chicanant sur le moindre apport, de sorte que l’atmosphère fut rapidement saturée d’acrimonie.

— J’aimerais garder les actions de Mirror Corp, déclara Theo au moment où Travis se demandait s’il ne devait pas ouvrir la fenêtre pour laisser entrer un peu d’air. Tu m’as dit que c’était une perte d’argent quand je les ai achetées.

— C’était le jour où tu avais acheté Enron, non ? demanda Barbara. Je veux la moitié de Mirror Corp.

Le couple était censé laisser à ses avocats le soin de négocier, mais dès le début de la réunion, Theo et Barbara n’avaient pu se résoudre à se taire. Travis et Megan, d’un commun accord, avaient décidé de s’adapter, intervenant toutefois quand c’était nécessaire.

— Mon client est prêt à accepter la demande concernant les actions Mirror Corp, déclara Megan à Travis. A condition que votre cliente accepte la division à parts égales des options Forest Products.

— J’ai gagné ces options en travaillant dix-huit heures par jour dans cette société ! s’exclama Barbara.

Travis se demanda alors qui s’occupait des enfants pendant qu’elle effectuait de si longues journées. Mais Barbara étant sa cliente, il se devait de la soutenir, pas de la mettre dans l’embarras avec des questions tendancieuses. Au moins, elle n’était pas alcoolique, contrairement à Theo.

— Votre client pourra avoir 30 % de Forest Products, proposa-t-il. Pas plus.

— Nous acceptons, répondit Megan.

Il se demanda alors s’il ne lui avait pas accordé plus que ce qu’elle espérait.

Lorsqu’ils terminèrent, à 17 h 30, Travis était à bout de nerfs. Il avait envie de bâillonner sa cliente et de gifler Megan. Il ignorait comment elle traitait ses autres affaires de divorce, mais, en l’occurrence, elle aurait ôté à tout être normalement constitué l’envie de se marier !

Barbara partit rapidement, car elle devait faire des courses, et Theo retourna à la maison relayer la baby-sitter auprès des enfants en attendant que leur mère rentre.

Pendant que Travis vérifiait les notes qu’il avait prises avec celles de Trisha, Megan ne se priva pas de regarder, elle aussi, par-dessus l’épaule de son assistante. Pensait-elle qu’il allait essayer de glisser subrepticement des modifications ?

Il lui avait pourtant semblé qu’elle lui faisait confiance, sur le parking du restaurant…

Elle se mit à tripoter un bouton de sa veste. Ses doigts coururent sur le disque couleur argent, puis sur le bord. Il se rappela alors ses mains dans ses cheveux, son corps souple contre le sien durant leur bref baiser électrique…

Soudain, la porte du bureau s’ouvrit et il reprit brusquement ses esprits.

— Megan.

La jeune femme releva brusquement la tête.

— Papa ?

Travis se figea. Il était là, l’homme qui le préoccupait au point qu’il commençait à se demander s’il devrait vendre son âme au diable pour le rencontrer.

Il avait l’air en meilleure forme que le jour où il l’avait vu au Jury, mais il semblait néanmoins fatigué.

— J’allais prendre un verre avec le juge Parson et je me suis arrêté en chemin pour te rendre une petite visite, déclara-t-il.

Il fit un signe de tête à Trisha, qui quitta la pièce, puis lança un regard poli mais interrogateur à Travis.

Ce dernier se releva vivement, et s’avança vers lui, la main tendue.

— Enchanté, monsieur Merritt. Je suis Travis Jamieson.

Jonah Merritt était un tout petit peu plus petit que lui, mais sa présence semblait avoir envahi toute la pièce. Sa poignée de main était si rigoureuse qu’elle s’apparentait presque à une punition, sans parler de son regard scrutateur, qui disait clairement que s’il n’avait pris aucun des appels de Travis, il savait toutefois qui il était.

— Vous êtes l’avocat de Barbara Hoskins, n’est-ce pas ? s’enquit-il.

— C’est exact, répondit Travis en le regardant bien en face.

Megan s’approcha à son tour de son père pour l’embrasser.

— Papa, tu n’es pas censé venir au cabinet, lui reprocha-t-elle gentiment.

— C’est une brève visite, éluda Jonah.

Puis il tira une chaise et s’y assit. Il examina alors la pièce avec la satisfaction d’un propriétaire.

— C’est toujours mon cabinet, en dépit de ce que disent les médecins, continua-t-il.

— Bien sûr, papa, s’empressa de répondre Megan. Personne ne te le conteste.

Elle rangea des chemises en plastique dans un classeur et prit une chaise à son tour.

— Travis et moi étions en train de revoir les points d’entente qui ressortent de la réunion. C’est chose faite, à présent. N’est-ce pas, Travis ? ajouta-t-elle en lui jetant un regard lui suggérant qu’il pouvait s’en aller.

Mais il n’était pas décidé à s’en aller ! Surtout que l’opportunité de recroiser Jonah Merritt ne se représenterait peut-être pas de sitôt. Pariant sur le fait que Megan ne lui donnerait pas un ordre plus explicite par crainte qu’il ne s’y conforme pas, il se rassit, ne prêtant aucune attention au regard noir que lui lança Megan.

— Allons prendre un café, proposa-t-elle à son père. Ensuite nous irons dans mon bureau et je te résumerai où en est le cas Hoskins.

Cette fois, elle le chassait purement et simplement. Et tout à fait subtilement.

— Je ne vois pas à quoi ça sert de boire du café sans caféine, marmonna Jonah.

Il montra alors du doigt le classeur de sa fille.

— Je peux ? demanda-t-il.

Sans attendre sa permission, il s’en empara et commença à lire ses notes.

— Comme tu peux le voir, nous ne sommes pas loin d’un accord complet au sujet du partage des actions, fit-elle remarquer.

Travis estimait pour sa part que le « nous ne sommes pas loin » était quelque peu exagéré.

— La vraie bataille, ce sera la garde des enfants, et la façon dont Mme Hoskins tirera avantage du contrat de mariage, ajouta Megan.

Travis avait fourni la liste des objections de sa cliente concernant le contrat de mariage, lors des travaux préliminaires, mais le sujet n’avait pas encore été abordé. Cela dit, il était prêt à le faire, et sur-le-champ, si nécessaire. D’ailleurs, pourquoi ne pas saisir l’occasion ? Si cela pouvait impressionner Jonah Merritt.

— Le contrat a été signé juste cinq jours avant le mariage, déclara-t-il. Mme Hoskins affirme que c’était un élément de coercition.

Megan sourcilla.

— Le contrat a été établi longtemps à l’avance, intervint-elle. Mme Hoskins a eu tout le temps d’en prendre connaissance. Elle ne l’a pas signé avant, en raison de ses nombreux déplacements professionnels.

— Il n’en demeure pas moins le problème de l’appréciation actuelle des valeurs, souligna Travis. La grande compétence financière de Mme Hoskins a permis l’augmentation substantielle du portefeuille défini dans le contrat de mariage comme seule propriété de M. Hoskins.

— Il s’agit d’un avis subjectif. Rien ne permet de porter le crédit à Mme Hoskins.

Travis vit les doigts de Megan se crisper sur son crayon ; elle réfléchisait vraisemblablement à la façon de l’utiliser comme une arme mortelle contre lui, songea-t-il en retenant un petit sourire. Jonah Merritt, pour sa part, appréciait manifestement le débat. Nul doute qu’il écoutait sa fille avec tendresse et lui… avec intérêt ?

— Travis sait parfaitement que sa cliente s’avance sur un terrain miné, reprit Megan. Quelque part dans cet attaché-case, ajouta-t-elle en désignant l’objet, il a notre rapport qui établit que Barbara Hoskins n’a pas déclaré tous ses biens avant le mariage.

Travis décida que s’enliser dans cette discussion, à savoir déterminer qui possédait quoi, n’était pas la meilleure manière d’impressionner Jonah Merritt.

— Il y a des précédents qui suggèrent que ma cliente a un dossier imparable, dit-il.

Puis, sans laisser à Megan le temps d’intervenir, il établit des comparaisons avec d’autres affaires et émit quelques commentaires sur les positions actuelles des juges en matière d’application des contrats de mariage.

Jonah Merritt se cala confortablement contre le dossier de sa chaise et joignit ses mains derrière sa tête.

— Il semblerait que tu vas avoir du pain sur la planche pour la défense de ton client, fit-il remarquer en regardant sa fille.

Travis vit Megan se figer et ouvrir la bouche pour se défendre. Mais avant qu’elle ait eu le temps de le faire, Jonah se tourna vers lui et se mit à lui poser quelques questions. Aucune de ces questions ne l’obligea à dévoiler des informations confidentielles — Jonah était un professionnel —, mais toutes le contraignirent à réfléchir longuement pour justifier ses opinions. Décidément, il pourrait apprendre beaucoup de cet homme.

Il se rendit alors compte que Megan était suspendue aux lèvres de son père. Il était manifeste qu’elle lui vouait une adoration sans borne. Pourtant elle paraissait calme, compétente et professionnelle quand elle s’adressait à lui, mais Travis, lui, voyait bien qu’elle était paniquée à l’idée de le décevoir.

Et, par conséquent, qu’il ne la juge pas à la hauteur de diriger le cabinet.

Travis comprenait parfaitement ce que ressentait Megan. Ce devait être frustrant d’être cataloguée comme une personne ayant atteint les limites de ses capacités. Lui souffrait du problème opposé. Ses parents n’avaient jamais douté qu’il pourrait faire tout ce qu’il voudrait, de sorte qu’aujourd’hui il devait se justifier de ne pas mener la vie dont il avait toujours rêvé.

— Atkins a porté un beau coup à la partie adverse, dans l’affaire O’Shea, déclara Jonah en changeant de sujet. J’ai assisté à la séance.

Tout Atlanta suivait ce cas d’homicide qui monopolisait les unes des journaux. Atkins était le partenaire de Merritt, Merritt & Finch pour la défense. Dans une affaire comme celle-ci, fondée sur des preuves circonstancielles, un contre-interrogatoire solide pour discréditer les témoins était crucial.

— Je pensais que votre équipe sortirait le plan B pour pulvériser le prévenu, fit remarquer Travis. Il y avait de nombreuses possibilités de jeter le blâme sur quelqu’un d’autre.

Jonah retira ses lunettes, qu’il commença à essuyer avec lenteur.

— Avez-vous déjà été chargé d’affaires criminelles, Jamieson ? demanda-t-il.

— J’ai un poste à responsabilités, chez PPA, ce qui requiert que je comprenne ces affaires-là.

D’ailleurs, Jonah l’aurait su, s’il avait pris la peine de lire son curriculum vitae.

— Mais j’avoue que ce n’est pas mon domaine de prédilection, ajouta-t-il.

Jonah soupira.

— C’est lorsque des affaires de ce type se présentent que je souhaiterais que Cynthia ne soit pas aussi ambitieuse, déclara-t-il. Si elle travaillait encore au cabinet, nous n’en serions pas là. Mais quand cette fille a une idée en tête, il est impossible de l’arrêter.

— Moi aussi, j’ai de l’ambition, papa, observa Megan de façon presque automatique.

— Tu diriges parfaitement bien le service des affaires familiales, lui assura Jonah. Celui qui me remplacera devra travailler d’arrache-pied pour le connaître aussi bien que toi.

Il s’interrompit et prit une expression mélancolique.

— Il n’empêche que si Cynthia travaillait encore ici, l’affaire O’Shea serait d’une simplicité déconcertante, ajouta-t-il. C’est une avocate extraordinaire, dotée de talents managériaux hors pair…

— Si, comme tu le fais remarquer, je dirige aussi parfaitement mon service, alors tu pourrais peut-être…, commença Megan.

— Nous avons déjà discuté de tout cela ! la coupa Jonah en jetant un rapide coup d’œil à Travis. Tu sais ce que j’en pense.

Elle n’insista pas, mais Travis lut dans ses yeux qu’elle était blessée.

Au prix d’un gros effort, il resta de marbre. Il aurait été pure folie de se précipiter de l’autre côté de la table pour la prendre dans ses bras, encore plus fou de réprimander Jonah Merritt pour son manque de confiance en sa propre fille.

Et pourtant, il s’entendit dire :

— J’ai l’impression que Megan est une avocate tout aussi qualifiée que Cynthia.

Bon sang ! Pourquoi avait-il parlé ?

Jonah et Megan se retournèrent vers lui, bouches ouvertes comme s’il s’était mis à faire des claquettes sur la table.

— Megan est une excellente avocate, et elle est très travailleuse, c’est vrai, reconnut Jonah.

Puis il se tourna vers elle et sourit.

— Tu as des cernes aussi gros que des soucoupes, ma chérie.

— Ce n’est rien, éluda-t-elle.

— Je ne veux pas que tu te détruises la santé à la tâche, poursuivit Jonah. A part ton travail, est-ce que tu as d’autres activités ?

Megan se mit à fouiller dans son classeur comme si elle cherchait un document important. Elle était devenue toute rouge.

— J’avais un rendez-vous, hier soir, dit-elle.

Grayson… Le Salt… Le baiser sur le parking… Travis fit un effort pour rester serein.

— Et demain… je vais aux Six Flags, ajouta-t-elle en se tournant vers lui.

Elle le fixa, alors comme si elle le mettait au défi de révéler la vérité et de dévoiler que la sortie au parc d’attractions aurait lieu dans le cadre d’une autre séance de conciliation pour l’affaire Hoskins. Il la rassura d’un sourire.

— Je voulais te parler d’un jeune homme qui s’appelle Nick Stanton, le fils de Wally Stanton, annonça soudain son père. Il vient de rentrer à Atlanta après un séjour de plusieurs années à l’étranger, et il a besoin d’une personne qui l’éclaire sur le système juridique local. J’ai promis à son père que tu le rencontrerais. Peut-être pour dîner.

— Je n’ai pas besoin que tu m’arranges des rendez-vous, papa, protesta Megan.

— C’est un garçon fort convenable, insista Jonah. Fais-le pour moi.

Ah, ce bon vieux chantage aux sentiments ! Toujours plus efficace quand la cible n’était pas certaine de l’affection du maître chanteur. Mal à l’aise, Travis changea de position sur sa chaise.

— Je vais y réfléchir, promit-elle du bout des lèvres.

— Tu es une gentille fille, va ! lança Jonah, visiblement ravi de sa réponse.

Travis s’attendait à ce que Megan se révolte, comme elle l’aurait fait si c’était lui qui avait émis un tel commentaire. Mais elle se contenta d’un sourire tendu.

— Au fond, tu devrais peut-être attendre que l’affaire Hoskins soit réglée, avant de le rencontrer, suggéra Jonah. Tu as besoin de toute ton énergie, si tu veux faire des merveilles pour Theo.

Sous le coup de l’humiliation, Megan se figea.

— Monsieur Merritt, intervint malgré lui Travis, ne pensez-vous pas qu’une avocate aussi expérimentée que Megan sait comment gérer une affaire ?

Cette dernière sursauta et en laissa échapper son crayon qui roula sur la table.

— Pardon ? fit Jonah.

Travis ne pouvait plus reculer.

— Il me semble que Megan n’a pas perdu une seule affaire depuis cinq ans, dit-il.

Des statistiques qu’il devait lui-même garder en tête.

Du bout des doigts, Jonah tapota la table avec impatience.

— Cela ne veut pas dire qu’elle ne peut pas commettre d’erreur, laissa-t-il tomber d’un ton sec.

— Excusez-moi, s’insurgea Megan, mais je suis là !

— En général, si, c’est ce que cela signifie, insista Travis sans prêter garde au commentaire de Megan. Mon père croit que les enfants ont besoin de soutien et d’encouragement, pas que l’on mette en doute leurs compétences et qu’on les dévalorise.

— Et qui est votre père ? demanda Jonah.

— Un homme normal qui a toujours cru en ses enfants, et le leur a fait sentir dans la façon dont il les a élevés.

Voilà pourquoi il se sentait embourbé dans la culpabilité et convoitait tellement ce maudit poste, chez Merritt, Merritt & Finch !

— Mon père est l’homme que je respecte le plus au monde, ajouta-t-il.

Jonah tapota la table avec une agitation redoublée. Et, à la manière dont Megan observait la danse des doigts paternels, Travis comprit que ce n’était pas bon signe.

— Vous avez tout de même du culot de venir dans mon cabinet pour me donner des leçons sur la façon dont je dois parler à ma fille, Jamieson.

— Je vous exprime les choses telles que je les ressens.

— Et vous ne recommencerez pas, je peux vous l’assurer !

Travis sentit son cœur fléchir.

Il venait de se mettre hors course concernant le poste vacant chez Merritt, Merritt & Finch.

Jonah se leva, et s’appuya un instant au dos de sa chaise pour respirer. Bon sang ! Il n’allait pas faire une nouvelle attaque ? songea brusquement Travis, mal à l’aise.

— Megan, je ne cherche pas à te rabaisser, dit Jonah. Je sais que tu es aussi intelligente qu’une autre.

— Merci, papa, répondit-elle en l’embrassant.

Travis regarda la scène, surpris. C’était la meilleure ! Le père et la fille étaient réconciliés et lui, il avait détruit la mince chance qu’il avait d’impressionner Jonah Merritt et d’obtenir un poste qui aurait redoré son blason aux yeux de son père.

Il aurait mieux fait de s’occuper de ses propres affaires.

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