Dangereux jeux de reines epub
Chapitre 4
Le jour suivant, les festivités continuèrent avec le banquet offert par le roi Philippe. Je n’avais point comme Isabelle de nombreux atours en
baudequin4, velours et taffetas dans mes coffres. J’étrennai donc ma troisième et dernière robe, de velours bleu aux passementeries jaunes, et après avoir aidé la reine Margaret à se parer avec l’assistance des autres damoiselles, je m’occupai de ma coiffure.
Mes mains tremblaient alors que nous nous disputions le précieux miroir entre les suivantes. Je brûlais de revoir Thiébaut, tout en le redoutant à la fois. Ce qu’il m’avait dit hier… Me courtisait-il vraiment ? Sincèrement ? Cela me paraissait si précoce. Je ne voulais pas connaître un feu de paille comme celui qu’avaient vécu mes parents. Mais mon cœur semblait me seriner tout autre chose.
Je secouai la tête. Il fallait au contraire que je la garde froide.
Dès que nous fûmes prêtes, nous prîmes la direction de la grande salle.
— J’espère ne point y voir mon cousin, chuchotai-je à Anne. J’ai bien peur qu’il ne cherche encore à m’imposer son point de vue et ne me gâche la fête.
— N’ayez crainte. Je ne le crois pas suffisamment important pour être l’invité du roi Philippe ce soir. Il n’est probablement resté que pour la joute prévue dans deux jours.
Nous nous arrêtâmes brusquement dans le couloir encombré de dames. Me dressant sur la pointe des pieds, je levai la tête et reconnus aussitôt Isabelle et Marguerite de Bourgogne, chacune entourée de sa suite. Leur maintien raide n’augurait point d’une affable conversation.
— Je suis reine depuis plus longtemps que vous, Isabelle, disait cette dernière. Vous devriez me laisser m’avancer la première.
Après avoir jeté un rapide coup d’œil derrière elle, la jeune fille redressa le menton.
— Dans ce cas, accordons le passage à notre aînée, la reine Margaret qui se trouve juste derrière nous.
La reine de Navarre se renfrogna et lança un regard furieux vers notre groupe. Sans le vouloir, nous nous retrouvions au milieu d’une bataille d’égo. Ma reine hésita un instant, ses yeux allant de l’une à l’autre.
— Entrons ensemble, Isabelle, décida-t-elle soudain. Comme les amies que j’espère que nous deviendrons bientôt.
— Elle a bien raison de ménager son avenir, chuchota Anne à mon profit. Être une douairière n’est point une place enviable quand ce n’est pas son fils qui est sur le trône.
J’acquiesçai tandis que les deux reines d’Angleterre se rejoignaient pour franchir la porte de concert en laissant leur suite se mêler derrière elles. Quand nous passâmes devant la reine de Navarre, je vis celle-ci pincer les lèvres de dépit. Puis j’oubliai cet incident dès que nous pénétrâmes dans la pièce.
J’en eus sur le souffle coupé. La grande salle était illuminée de chandelles et d’oriflammes. Les nappes rebrodées d’or jetaient des éclats sous la lumière et de nombreux plats, joliment dressés, étaient exposés dans la vaisselle précieuse de la cour. Sur une estrade à l’écart, des musiciens munis de trompettes, flûtes et autres instruments à vent jouaient une mélodie entraînante. J’aperçus immédiatement le groupe royal : les rois d’Angleterre et de France festoyant ensemble, les princes et leur cour, pleine de jeunes gens, au milieu desquels je repérai une tignasse auburn qui me tournait le dos. Je le détaillai discrètement : de nouvelles chausses blanches moulaient ses jambes musclées et son pourpoint bleu faisait ressortir la teinte de ses cheveux. À cette vision, mon cœur se mit à battre plus vite. Je me morigénai, j’étais ridicule.
Avant de rejoindre son frère, Margaret nous déclara.
— Allez vous amuser, jeunes filles. Mais gardez-vous de toute imprudence.
Nous hochâmes la tête de concert et le groupe s’égailla en direction du
centre de la salle où commençait un branle5. Nous gagnâmes la ronde et aussitôt plusieurs damoiseaux se glissèrent parmi nous pour maintenir une alternance mixte. À ma droite, une main chaude saisit la mienne. Je tournai la tête et rencontrai un sourire aux coins relevés en un soupçon de raillerie.
— Permettez que je vous prenne cette main, me souffla Thiébaut, une flamme brillant au fond de ses yeux, il me semble que vous me l’aviez confiée hier.
Sous son regard ardent, mon cœur eut un soubresaut. Je me découvris incapable de refuser.
— Je n’avais point ce souvenir, rétorquai-je, mes lèvres s’incurvant d’elles-mêmes devant son impudence. Seulement celui de vous avoir donné cette aumônière que vous arborez. Mais peut-être vous porte-t-elle chance, car j’accepte volontiers.
Un deuxième damoiseau prit mon autre main et la ronde se reforma. Un double pas du côté gauche, je sentis le regard de Thiébaut me brûler la nuque. Un double pas vers la droite et j’observai son beau profil. Un simple pas, un salut de chaque côté où son demi-sourire me chavira, un pas sauté et j’éclatai soudain de rire, grisée par la musique, la fête et sa présence troublante. Mon éclat de gaieté résonna par-dessus le tumulte, m’attirant de nombreuses œillades. Je rougis et continuai de danser, le souffle de plus en plus court, à mesure que le rythme augmentait. Durant un long moment, j’oubliai ma réserve habituelle pour ne me consacrer qu’à la joie de l’instant. Puis quand je n’en puis vraiment plus, nous quittâmes tous les deux la danse, naturellement.
— J’étouffe. Allons prendre l’air, déclarai-je spontanément, négligeant le conseil de prudence de Margaret.
Nous sortîmes dans le jardin. L’air froid de la nuit d’hiver me surprit et je fus saisie d’un long frisson. Dans la pénombre, des chuchotements se faisaient entendre par endroits là où d’autres couples s’étaient dispersés. L’obscurité à peine troublée par quelques torches conférait à ce lieu une touche de mystère qu’il n’avait point sous la lumière du jour. Mon compagnon me guida vers un banc libre où nous nous assîmes tous les deux. Sa cuisse à moins d’un pouce de la mienne m’embrouilla l’esprit. Ses doigts qui s’emparèrent délicatement des miens, comme hier à l’église, me jetèrent dans la confusion la plus totale. Ma respiration s’emballa, je tournai la tête vers lui et me retrouvai captive de son regard attentif.
— Plus de raillerie ce soir, messire ? soufflai-je pour dissiper la bulle intime qui semblait se déployer autour de nous.
Ses bras m’entourèrent avec délicatesse, comme pour éviter de m’effrayer, et ses dents blanches brillèrent sous l’éclat de la lune.
— Ce n’est point l’envie de parler qui me démange en ce moment, belle Morgane, même si votre conversation est aussi piquante que vos charmes.
Sa voix basse, un peu âpre, me fit tressaillir. Il s’en aperçut et resserra légèrement son étreinte. Ma raison vacilla. Je me sentais trembler d’anticipation entre ses bras, dans sa douce chaleur, attendant une suite qui promettait d’être délicieuse.
— Me permettriez-vous…
Il ne finit pas sa phrase. À ses premiers mots, j’avais rapproché mon visage du sien et ses lèvres se posèrent sur les miennes. Frissonnant, je me serrai davantage contre lui. Ses mains parcoururent mon dos en de douces caresses auxquelles je n’avais point envie de me soustraire. Il se recula un instant, guettant ma réaction, puis reprit son baiser. Un baiser plus insistant, gourmand qui me chavira. Le cœur battant à tout rompre, j’écartai les lèvres sous la délicate pression des siennes et goûtai sa bouche, à la légère saveur de vin épicé. Ses mains remontèrent vers ma nuque qu’elles emprisonnèrent avec douceur. Étourdie, je chancelai contre lui et mes bras, doués d’une vie propre, l’enserrèrent à son tour, me faisant découvrir la dureté de ses muscles contractés sous mes doigts. Quand il me lâcha un long moment plus tard, j’avais le souffle court et le ventre palpitant.
— Douce damoiselle, en quelques jours seulement, vous m’êtes devenue infiniment précieuse, chuchota-t-il tout contre ma bouche. Je ne puis supporter l’idée que vous repartiez bientôt. Et ma présence auprès de vous ne semble point vous déplaire si j’en crois votre émoi.
— Mes pensées reflètent les vôtres, mon beau sire. Embrassez-moi encore, murmurai-je d’une voix languide.
Sa bouche vint reprendre possession de la mienne. Plus taquine, elle mordilla ma lèvre inférieure et je laissai échapper un léger gémissement. Ses mains caressèrent mes épaules, effleurèrent mon décolleté sage, descendirent sur ma poitrine frémissante qu’elles dessinèrent sous le tissu. Mon souffle s’emballa et ma peau se couvrit de frissons. Je rejetai la tête en arrière, oubliant où nous nous trouvions, tandis que ses lèvres se promenaient le long de mon cou, comme pour me dévorer tout entière. Mes doigts se refermèrent sur sa nuque et je le pressai contre ma gorge haletante, attendant je ne savais quelle caresse qui me délivrerait de la tension grandissante au creux de mon ventre.
Soudain, il s’écarta, l’air égaré. Je poussai un petit cri de déception.
— Ce n’est ni le moment ni le lieu de se laisser aller à de telles privautés, belle Morgane, malgré l’envie que j’en ai, souffla-t-il avec effort. Allons plutôt trouver la reine Margaret et espérer que je trouve grâce à ses yeux.
— C’est déjà le cas, soupirai-je, dépitée de son soudain éloignement. Pourquoi la déranger maintenant ?
Ses yeux emplis de gravité plongèrent dans les miens.
— Les festivités sont bientôt finies et le temps arrivera vite où nous devrons repartir chacun de notre côté. Vous êtes de noble naissance comme moi-même. Laissez-moi lui demander votre main, si vous me le permettez.
— Un mariage, sursautai-je. Mais nous nous connaissons à peine.
Avec douleur, je repensai à l’existence de mes parents, leurs déchirures et leurs cris. Je revis de mes yeux impuissants d’enfant la bagarre fatidique où mon père avait trouvé la mort. La reine avait couvert l’accident et protégé ma mère de toute poursuite, s’assurant ainsi sa fidélité inébranlable et la mienne. Depuis, je m’étais juré de ne jamais embrasser un destin pareil.
Je jetai un coup d’œil à Thiébaut. Comment pouvait-il se décider si vite de son côté ? À moins qu’il ne soit intéressé que par mon héritage ? Un doute affreux me saisit. Et si tout cela n’était pas une coïncidence ? Se pouvait-il qu’il soit de mèche avec Raoul ? Qu’il soit le damoiseau à qui mon cousin désirait me donner ? Je ne les avais jamais vus ensemble, mais cela ne voulait rien dire. La colère gronda dans mes veines. Ce stratagème était indigne.
— Si vous guignez ma dot, sachez qu’elle n’est point si grosse que vous le pensez !
Il parut un bref instant surpris avant que l’amusement ne le gagne de nouveau.
— Je retrouve votre langue piquante alors que j’en connais maintenant toute la douceur. N’ayez crainte, je me moque de votre dot. C’est votre cœur que je veux.
Dans le même temps, ses doigts entrelacés aux miens avaient plaqué ma main sur mon cœur qui se mit à battre avec frénésie. Le souffle court, je m’obligeai à étouffer sans pitié l’envie pressante de me perdre à nouveau entre ses bras, à l’instar de ce couple plus téméraire que je devinais dans la pénombre au fond du jardin. Je n’allais pas me laisser avoir comme la première pucelle venue. Malgré cela, ma voix résonna plus douce que je ne m’y attendais.
— Il est déjà à vous, mais de grâce, donnez-nous le temps de mieux nous connaître.
— Le temps que nous n’avons pas…
— La providence nous l’accordera !
Ce temps que je m’étais toujours juré d’observer avant de penser au mariage. Il n’y avait point de retour en arrière possible une fois celui-ci consommé.
Je ne pouvais prendre ce risque.
— Vous n’êtes point facile à conquérir, Morgane, se désola-t-il après un instant. Venez alors. Rentrons, car ici, près de vous, je pourrais ne plus répondre de mes manières.
Je le dévisageai avec surprise. Ainsi il n’essayait pas de pousser son avantage ? Cette attitude chevaleresque jouait en sa faveur et je laissai échapper un léger soupir, de déception et de soulagement mêlés.
Nous regagnâmes la salle où la reine Margaret m’accueillit avec un froncement de sourcils appuyé. Je lui jetai un regard coupable, me morigénant pour l’abandon plein d’inconscience dont j’avais fait preuve dehors. En premier lieu, il fallait m’ôter ce terrible doute et en apprendre davantage sur la famille de Thiébaut. Sa présence dans l’entourage du roi de Navarre ne signifiait rien. Les amitiés masculines ne possédaient parfois aucune logique. Il suffisait pour cela de penser à mon propre souverain.
— Je dois la rejoindre, murmurai-je à mon troublant cavalier en désignant Margaret. Seule.
Il acquiesça, l’air désappointé, et je le quittai pour me diriger vers elle. Une sueur glacée gagna mon dos à l’idée de sa réprobation. Je ne voulais point la décevoir. Craignant de ressembler à ma mère frivole et inconsciente, je n’avais cessé de museler les élans de mon corps. Jusqu’à aujourd’hui.
— Où étiez-vous, mon enfant ?
— Je m’aérais, ma dame. Après la danse, la salle me paraissait étouffante. Auriez-vous besoin de quelque chose ?
— Simplement m’assurer de votre avenir, Morgane. Êtes-vous sûre de la voie dans laquelle vous semblez vous engager ?
Absolument pas.
Je secouai la tête. Thiébaut me plaisait indéniablement. Mais était-il vraiment celui que je croyais ?
— Non, ma dame, soufflai-je. J’ai peur… peur après ce qui est arrivé à mes parents. Parfois, je souhaiterais seulement contracter un mariage de raison, mais ne serait-ce point une injure à la liberté que vous me donnez ?
Sans compter le regret de ne plus éprouver un tel émoi.
— Vous seule pouvez décider, répondit-elle avec sa bienveillante coutumière.
— J’aurais aimé le connaître davantage avant de me prononcer. Je sais si peu de choses de lui. Son caractère, son lignage…
— N’ayez crainte pour ce dernier. Je m’en suis instruite dès que je sus son identité. Il est d’une famille honorable provenant de Touraine et suffisamment pourvue pour vous faire vivre. Pour le reste, pourquoi ne demeuriez-vous pas en France ? Je pensais vous confier à Isabelle. Intégrez à la place la jeune cour de la reine de Navarre. On la dit fort gaie. Je parlerai pour vous.
Mon cœur se mit à battre plus vite tandis qu’un profond soulagement m’envahissait. Il n’était pas de Normandie comme je l’avais craint et n’avait rien à voir avec mon cousin. Il s’avérait sincère. Et avec ce délai que me donnait ma dame en me confiant à Marguerite de Bourgogne, l’avenir se parait de couleurs plus riantes… J’avais eu raison de croire à la providence.
— Oh, vous feriez cela ? Merci, ma dame. Merci de tout cœur.
— Je ne vous garantis pas d’obtenir satisfaction. Vous avez probablement constaté que Marguerite est un peu ombrageuse. Allez maintenant, conclut-elle avec un sourire indulgent. Mais n’oubliez point votre vertu, Morgane.
J’acquiesçai. Je ne comptais pas embrasser le même destin que ma mère, même si cela se révélait plus difficile que je ne l’avais cru.
— Non, jamais.
Le cœur gonflé d’espoir, je m’élançai dans la salle à la recherche de Thiébaut. Mais il était parti, comme Louis, le roi de Navarre.
****
Alors que Louis de Navarre regagnait ses appartements, Thiébaut l’intercepta.
— Je souhaiterais soumettre une requête à votre père, commença-t-il. Croyiez-vous cela possible ?
Désertant le bal à sa suite, le jeune écuyer avait profité que Marguerite de Bourgogne n’était pas là pour faire sa demande. Il ne l’estimait guère et la jugeait trop frivole à son goût. Elle ne cessait de rôder aux limites de l’acceptable comme par jeu ou par défi, et il n’était pas fâché de s’éloigner de sa cour.
— Une requête ?
— N’en prenez point ombrage, mais je voudrais quitter votre entourage pour me mettre au service de votre sœur Isabelle. Elle n’a que douze ans. L’imaginer seule et sans appui au milieu de ces Anglais…
— Ses oncles, Charles et Louis6, l’accompagneront pour le couronnement.
— Mais ils ne resteront point, alors que moi, je suis prêt à le faire. Ma vie durant si nécessaire.
Le prince fronça les sourcils.
— D’où vous vient cette soudaine fascination pour ma chère sœur ? Je sais qu’on dit d’elle que c’est la plus charmante des jouvencelles. On voit bien que ces flagorneurs ne connaissaient pas son caractère.
Thiébaut se mordilla les lèvres, hésitant un instant.
— Oserais-je vous avouer que ce n’est point pour elle que je m’exile, mais pour une autre damoiselle qui a frappé mon cœur de ses traits mortels ?
— Pitié ! Voilà que vous basculez dans l’amour courtois ! s’esclaffa Louis, les yeux au ciel. Serait-ce les trouvères que ma femme s’obstine à inviter jour après jour qui déteignent sur vous ? Vivement que cette noce se termine et que nous partions nous défouler à la chasse courir le cerf… et de plus tendres gibiers.
Le jeune écuyer eut une moue d’excuse.
— Ce sera peut-être sans moi…
— Ainsi vous persistez. J’espère que la drôlesse en vaut la peine.
— Oh oui ! s’écria-t-il, revoyant Morgane dans le jardin. Elle rougit d’un rien, mais elle n’hésite point à me brocarder avec finesse. Son caractère est fort gai et sa tournure ne gâche rien. Des cheveux d’or, des yeux d’azur, une bouche au goût de miel et du feu dans…
— Voilà que vous recommencez ! Cessez, je vous en prie. Je parlerai au roi. Ce n’est point une mauvaise idée que ma sœur ait d’autres appuis, du moins si vous n’oubliez pas votre devoir entre les bras de votre belle. Mon père sera sensible à votre dévouement. Isabelle est sa préférée. Une fille, vraiment !
Puis il reprit.
— Je lui demanderai de vous adouber lors de la cérémonie prévue dans deux jours. Vous avez toutes les qualités nécessaires et je sais que vous en serez digne.
Ému, Thiébaut plaqua son poing fermé contre sa poitrine.
— Merci, sire. Vous et votre famille pourrez toujours compter sur ma loyauté. Je ne vous ferai jamais défaut.
Puis, le cœur plein d’espoir, il rejoignit son couchage. Morgane avait peut-être eu raison. La providence était de leur côté.
OceanofPDF.com