Dark Soul (French Edition)

Haley C. Scott · Chapitre 17 sur 30

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Dark Soul (French Edition)

Chapitre 17

 

 

Dom : un rêve ?

 

J e repars détendu du loft quand je reçois un texto de Clémence. [ Suis chez Charlotte, tu peux venir me chercher ? ] Son SMS est accompagné de l’adresse, avenue des Gobelins, et du code de son interphone. Je soupire, partagé entre l’excitation de croiser Charlotte et la déception. Déçu que Clémence ait peut-être fait une connerie. Ça fait longtemps qu’elle ne m’a pas envoyé ce genre de message et je pensais cette période révolue. À croire que je me suis trompé.

J’emprunte le train parisien de la ligne sept et descends aux Gobelins. Je monte les interminables escaliers du métro et sors le nez en l’air pour trouver le numéro de son immeuble. La porte cochère est mitoyenne à une brasserie encore bruyante, alors qu’il est près de minuit. Je tape le code que ma sœur m’a transmis et prends l’ascenseur, sixième étage. Mon cœur bat à cent à l’heure, comme avant un examen. Je souffle un bon coup, essuie mes mains moites sur mon jean et frappe à l’unique porte de l’étage. Pas de mouvements, pas de bruit, rien. Je commence à douter qu’il y ait quelqu’un. Je tambourine à nouveau et cette fois, on m’ouvre. Ma mâchoire se décroche quand je découvre une Charlotte dans un pantalon fluide noir, avec un débardeur aux fines bretelles tout aussi sombre. De toute évidence, elle n’a pas de soutien-gorge et je lutte pour garder les yeux à hauteur de son regard. Je penche la tête sur le côté, elle ne porte rien d’autre que ce que je viens de décrire, pas même une touche de maquillage. Elle est plus belle, si tant est que ce soit possible, que sous ses couches de fard noir et argent qu’elle arbore d’habitude. Je suis encore en train de me rincer l’œil quand je réalise qu’elle panique en me découvrant sur le pas de sa porte. Elle croise ses mains sur sa poitrine, ce qui n’a pour effet que de la faire ressortir davantage. Elle ne fait pas partie de ces filles minces ou fines, elle n’est pas grosse non plus, mais disons qu’il y a matière à se faire plaisir…

— Putain, qu’est-ce tu fous là ? hurle-t-elle.

Ouch !

Je sors de ma rêverie et observe autour d’elle à la recherche de Clémence. Je remarque au passage qu’elle a une batterie électrique et qu’elle tient ses baguettes dans ses mains. Je souris malgré moi.

— Je viens chercher Clémence, déclaré-je avec calme, elle m’a envoyé un texto m’expliquant qu’elle était chez toi.

Charlotte lève les yeux au ciel.

— La garce ! Elle t’a baladé. Elle se faisait une soirée solo. Elle m’a dit que tu étais parti voir tes potes.

Je passe ma main dans mes cheveux et m’attarde sur ma nuque, c’est mon tic quand je suis nerveux. Je me sens vraiment con et Clem va m’entendre. La magnifique femme qui se tient face à moi ne veut pas de ma présence. Un poids se pose sur ma poitrine, la déception m’étreint. Mon visage me chauffe, la honte m’envahit. Je tente de donner le change pour ne pas paraître dépité.

— OK, dis-je. Je le lui ferai payer, compte sur moi. Et hum, désolé pour… le dérangement.

Je me retourne, presque nauséeux par cette claque monumentale, et vais appuyer sur le bouton de l’ascenseur qui est reparti depuis. Je patiente comme un con et me sens hyper mal à l’aise, le cœur menaçant de sortir par ma gorge. Une main chaude se pose sur mon bras, provoquant un tas de petits fourmillements à son contact. Je pivote, et Charlotte me fait face, gênée à son tour.

— Écoute… Viens boire quelque chose maintenant que tu es là, j’ai fini mes partiels alors… J’ai un peu de temps. Enfin si tu veux, hein... Pas d’obligation. C’est juste, tu vois... Rhaaa, bordel, oublie !

Je ris avec discrétion, elle a l’air aussi peu détendue que moi.

— J’accepte volontiers.

Elle soupire et ses épaules s’affaissent. Mon regard tombe inévitablement sur un double détail. Bon sang, ce débardeur va avoir ma peau. Elle se tourne pour se diriger vers son appart, ce qui me permet de reluquer à loisir ses fesses charnues. Merde ! Je tente de camoufler l’effet qu’elle me fait en remettant mon jean en place. Pas une si bonne idée que ça de boire un verre, ça va être une vraie torture !

Je rentre dans son studio rudimentaire, typique des logements parisiens. Un minimum d’espace pour un maximum de rentabilité. Je me dirige vers sa batterie sans même demander l’autorisation. L’instrument m’attire, elle est encore allumée, Charlotte en profite pour nous chercher deux bières. Elle ne prend même pas la peine de savoir si ça me convient et me la donne. La promiscuité du lieu rend l’ambiance lourde et crée une tension entre nous. J’ignore juste de quel genre de tension il s’agit. Je me plante face à Charlotte et observe sa respiration plus rapide. Sa poitrine qui monte et descend, comme un appel à être admirée. Cette femme aux cheveux flamboyants ne semble pas paniquée comme la dernière fois qu’on s’est vus dans mon bureau. Non, là… je préfère ne pas essayer d’interpréter. Je veux m’épargner une énième déception.

Je dirige ma bière vers la sienne pour trinquer, tandis qu’elle me fixe avec un regard à la fois dur et doux, comme si elle me mettait au défi.

— À nous ? m’interroge-t-elle.

Je penche la tête sur le côté.

— À toi, précisé-je.

Elle hausse les sourcils.

— En l’honneur de quoi ?

— Clémence, déclaré-je en désignant le porte-éponge vache, jumeau du mien, qui orne son évier. Tu lui fais du bien, on dirait.

Ses pensées s’égarent un instant et tout ce qu’elle trouve à dire, c’est :

— Oh…

Elle se dirige vers son canapé et je me cale sur le pouf face à elle. Même sur le sol, je suis presque à sa hauteur.

— On devrait échanger, lâche-t-elle en se levant.

— Échanger quoi ?

— Nos places. Dans dix minutes, tu vas avoir les jambes en marmelade avec la taille que tu fais.

Je souris à son côté prévenant et m’exécute pour me mettre sur le canapé. Erreur ! J’ai une vue plongeante sur son décolleté ! Charlotte ne manque pas de s’en rendre compte et se redresse pour exposer davantage sa poitrine, comme si elle voulait m’aguicher. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Quand elle réalise ce qu’elle fait, elle grimace pour elle-même avant d’aller enfiler un gilet.

Je suis déçu, bien sûr, mais surtout blessé. Elle ne souhaite pas, de toute évidence, que je la regarde de cette façon. Une boule se forme dans ma trachée et j’avale une gorgée de bière pour la faire passer.

— Clémence est une chouette fille, à qui il est arrivé des trucs moches, déclaré-je pour couper court à mes ruminations.

Il fait une chaleur à crever dans son studio et elle remonte les manches de son gilet. Des détails qui avaient échappé à mon cerveau de pervers apparaissent et quand mes yeux se posent sur les cicatrices un drôle de sentiment m’envahit. Mon rythme cardiaque s’accélère et crée un feu qui irradie dans mes entrailles. J’aimerais tout savoir de cette fille. Ses peines, ses blessures, ses douleurs.

L’idée qu’elle ait été mal dans sa vie et que je n’ai pas pu l’aider me rend dingue. Je culpabilise, alors qu’il n’y a pas de raison.

— Il arrive des trucs moches à beaucoup de monde, réplique-t-elle en recouvrant ses poignets.

Je me mets à genoux à côté d’elle et stoppe la main qui s’apprêtait à dissimuler son deuxième bras.

— Ne te cache pas. Tu es chez toi pour commencer et s’il te plaît, ne joues pas de rôle avec moi.

Elle détourne le regard et je devine ses yeux humides. Je ne veux pas être à l’origine de ses larmes. Alors je me tiens près d’elle, sans rien ajouter. Elle se racle la gorge avant de reprendre :

— Je te dois des excuses pour… Tu sais, l’inauguration du graff.

Je soupire en laissant ma paume retomber. Mon estomac me brûle en repensant aux mots qu’elle a prononcés. Me voir lui rappelle des mauvais souvenirs.

— Pourquoi t’excuser pour quelque chose que tu ressens ? soupiré-je, attristé d’être associé à ce passé.

Elle s’emporte en m’expliquant :

— Parce que tu n’as rien fait ! Ce… ce jour-là, après cette réception chez toi...

— Chez mes parents.

Elle balaye ma réflexion d’un revers de la main et s’énerve :

— Après cette soirée, j’étais bien avec toi. J’aurais dû rester ! Quelqu’un de censé serait resté et moi… Et moi, j’ai pris la mauvaise décision. Il n’y a pas une journée depuis où je n’ai pas regretté ce choix.

« J’aurais dû rester ». Entendre ces mots de sa bouche... C’est tout ce que j’ai toujours souhaité. Je lui saisis le visage pour la ramener à moi parce que je la sens s’échapper. Si elle pouvait se volatiliser, elle le ferait, j’en suis persuadé. Ma main encadre son profil et je me noie dans ses yeux sombres quand elle accepte enfin de croiser mes yeux. Une douce chaleur se répand entre nous. Tout chez elle m’attire, ses courbes voluptueuses, son regard et le vécu qu’il transmet. Le velouté de sa peau sous mes doigts.

Je prends sur moi pour ne pas partir à la rencontre de ses lèvres. Elle ferme les paupières à mon contact et se détend sous ma paume. Ma respiration s’accélère, seules quelques dizaines de centimètres nous séparent.

— Je n’ai pourtant pas l’impression que tu sois si mal pour le moment, soufflé-je.

Ses yeux sombres s’ouvrent.

— Je suis bourrée de contradictions.

Son visage s’agite entre mes doigts.

— Tu provoques tant d’effets inverses en moi, comme si deux entités différentes se battaient et jouaient au yoyo avec mes sentiments.

Mes sourcils se froncent, j’aimerais qu’elle développe, mais ne sais pas trop comment m’y prendre. Quelque chose me dit que si je vais trop vite, je vais la perdre. L’idée même me rend malade.

— Explique-moi, murmuré-je.

Ma main glisse sur son cou, la pulpe de mes doigts se pose sur sa nuque. Sa poitrine se gonfle de plus en plus vite, d’angoisse ? D’envie ? Cette fille est un mystère.

— Les cauchemars d’après cette soirée sont tenaces. Ils reviennent me hanter depuis que je t’ai revu…

Je me crispe. Comment pourrait-elle envisager quoi que ce soit avec moi si je déclenche ses cauchemars. J’ôte la main, inutile d’insister. Elle secoue ses cheveux rayonnants, nerveuse.

— Non, s’il te plaît, laisse-moi finir.

Ses ongles couverts d’un vernis sombre se tendent vers mon visage. Elle pose à son tour sa paume sur ma joue et ferme à nouveau les yeux.

— Tu es aussi celui qui les chasse. Les moments que nous avons vécus avant surpassent toute cette noirceur.

Je pose mes doigts sur les siens et frotte ma joue contre la chaleur de sa peau.

— J’aimerais avoir le pouvoir de les effacer, chuchoté-je.

Ses paupières se plissent avec force et je devine le combat qui se livre dans son esprit. Une larme coule sur sa joue que je m’empresse d’essuyer.

Elle avance son buste vers moi et je ne devrais pas... C’est probablement trop tôt pour elle, mais c’est plus fort que moi, je plonge vers sa bouche. Les paroles de Clémence résonnent dans ma tête et le mot « aimant » me semble plus qu’approprié. Charlotte me laisse faire, je la goûte avec douceur, lui offrant la possibilité de s’échapper si c’est ce qu’elle souhaite. Je taquine ses lèvres avant qu’elles s’ouvrent pour moi. Elle ne me repousse pas… Une puissante satisfaction me submerge. Un espoir démesuré naît dans mon cœur, tandis que nos corps s’échauffent. Nos langues se rencontrent avec timidité pour se lier de la plus intime des manières, se caresser, se découvrir, se sentir. Brisant enfin toute cette retenue que nous avons maintenue entre nous toutes ces années. Nous nous perdons dans ce baiser et je voudrais juste que ce moment ne cesse jamais. Elle me rend mon étreinte et vient se fondre dans mes bras. Sa poitrine se plaque contre mon torse, déclenchant une irrépressible envie de la serrer tout contre moi. Mais je n’ai pas le temps d’amorcer un geste supplémentaire, une main se pose sur mon torse avec une certaine pression. Je m’écarte avec difficulté du nectar qui m’a été offert, pour trouver une Charlotte dans tous ses états. Un vrai tourbillon d’émotions se lit sur son visage, envie, angoisse, désir, panique. Elle fait non de la tête, mais son corps, lui, dit oui.

— Je ne peux pas… chuchote-t-elle.

Je ne la comprends pas.

— Pourquoi ?

Elle se redresse et prend une inspiration avant de répondre.

— Je ne fonctionne pas comme tout le monde. Je ne peux pas t’offrir ce que tu souhaites.

Je souris à ses mots, ce qui a l’air de la perturber.

— Et qu’est-ce que je souhaite ?

Elle hausse les sourcils.

— Eh bien, pour commencer, une fille normale, qui a un job, qui présente bien, qui parle bien.

Je souris.

— Si c’était ce que je souhaitais, je serais resté avec mon ex.

Charlotte fronce le nez et me répond avec franchise.

— Il te faut une nana qui fait l’amour comme quelqu’un de classique.

Cette fois, j’explose de rire. Je ne devrais pas, mais ses paroles sont si étranges que je ne parviens pas à me retenir.

— Explique-moi donc ce qu’est la norme ?

Elle me pousse en arrière, irritée par mon comportement.

— Rhaaa, arrête !

Je cesse aussitôt de plaisanter et reprends d’un ton on ne peut plus sérieux :

— Que j’arrête quoi ?

Elle parle avec de grands gestes et me désigne tout entier.

— D’être si parfait ! Tu as toujours réponse à tout, c’est agaçant !

Je croise les bras et ne lâche pas l’affaire.

— Alors ? La norme, c’est quoi ?

Je la sens qui se dégonfle tel un ballon de baudruche. Je ne veux pas la braquer. Elle est comme un cheval sauvage qui vient de m’autoriser à l’approcher… Pas question que je perde sa confiance en la brusquant maintenant.

— OK, c’est peut-être beaucoup pour une seule soirée ? déclaré-je, lui offrant une échappatoire.

Elle hoche la tête en silence. J’écarte les bras pour l’inviter à s’y loger. Elle plonge dedans en me donnant presque un coup de boule et je dois lutter pour ne pas rire. Son gilet a glissé et je sens sa poitrine chaude contre mon torse. Mes chairs réagissent malgré moi, et je tente de contrôler mon excitation, si tant est que ce soit possible…

Mon regard accroche un nouveau détail de son corps que je n’avais pas remarqué jusqu’alors. Un tatouage sur son épaule, comme un vortex, une spirale noire et infinie. Mon cœur bat la chamade à la découverte de ce morceau d’elle. Charlotte lève la tête vers moi et m’interroge, sentant mon trouble :

— Qu’est-ce qu’il y a ?

Je me force à rester posé :

— Ce tatouage… murmuré-je en le caressant. C’est ?

— Un trou noir, lâche-t-elle.

— Black Hole, chuchoté-je.

Elle sourit tout contre moi. Tandis que mon cœur résonne dans mes oreilles et que mon esprit s’échauffe. Est-ce qu’il se pourrait que ce soit elle ? Est-ce que cette personne qui poste tous ces messages depuis si longtemps pourrait être Charlotte ? Toutes les pièces se mettent bout à bout et s’imbriquent pour qu’aucun doute ne subsiste. Elle était avec moi toutes ces années en fin de compte. C’est elle. Je dois relire tous ses écrits. Black Hole s’est mise à nue avec ses textes en pensant rester anonyme. La gêne s’empare de moi. Quelque chose me dit qu’elle n’apprécierait pas que je sois au courant. Mais comment garder ça pour moi ? Je me sens obligé de lui demander :

— Pourquoi ?

Elle s’écarte de moi, et ça m’est douloureux. Je conserve l’une de ses mains dans les miennes et joue avec ses doigts, incapable de la laisser rompre le contact.

— J’ai traversé une période, une longue période, durant laquelle quoi que je fasse, j’étais inexorablement aspirée par le vide. Je le sentais en moi. Ce vide me creusait les tripes et m’attirait, avoue-t-elle en tapant son poing contre son estomac. Mes viscères, mes émotions, mon âme, tout était happé par ce néant et cette absence de sensations.

— Qu’est-ce qui t’a aidée à t’en sortir ?

Elle détourne la tête avant d’affronter mon regard.

— La douleur, lâche-t-elle en caressant ses cicatrices. En même temps, je ne suis pas certaine d’y avoir échappé. Cette sensation de vide me saisit et m’aspire avec une régularité qui m’effraie.

Un pressentiment atroce me secoue :

— Est-ce que c’est ce que provoque mon contact ? Cette impression ?

Elle détourne ses yeux de moi, et c’est comme si je me prenais un coup de poignard dans le plexus.

— Pas toi. Ce que tu me rappelles. Ce qui a eu lieu après toi, ce jour-là.

Je peine à respirer alors qu’elle monte à califourchon sur mes cuisses. Je suis toujours assis sur le sol, le cœur battant à m’en rompre les artères.

— Toi, en revanche tu es le seul à me provoquer ces trucs bizarres. La chair de poule là, chuchote-t-elle en me caressant les bras, le souffle coupé ici...

Elle pose la main sur mon sternum, puis la paume à plat sur mon cœur.

— Des palpitations là, ajoute-t-elle, et plus bas…

Elle fait glisser ses doigts le long de mon ventre pour descendre où… aucune femme ne s’est aventurée depuis que je l’ai revue.

Je lâche un soupir de plaisir, tandis qu’elle se frotte contre moi. Mon cerveau analyse ce qu’elle vient de dire.

— J’aimerais te dissocier de ces souvenirs, de ce « traumatisme », mais chaque fois, ça revient. Je sais que te croiser me transporte, me rend euphorique, et me donne des insomnies en même temps. J’ignore comment séparer les deux. Comment me réparer...

Mes paumes s’appuient sur ses hanches que je presse en la guidant sur moi. Elle me rend dingue et j’ai l’impression que je pourrais jouir en la gardant contre moi.

— Peut-être faut-il créer de nouveaux souvenirs ? suggéré-je, haletant.

Comme pour répondre à ma question, elle me pousse sur le dos et couvre mon corps de sa chaleur, tout en ondulant sur mon bassin. Sa bouche prend possession de la mienne et ne me laisse aucun répit. Elle me contrôle en totalité. Elle déboutonne mon pantalon, libérant par la même occasion la preuve évidente de mon excitation. Un petit rictus appréciateur éclaire son visage, me faisant durcir davantage. Elle me saisit à pleine main, m’arrachant un râle. Je lui retire son débardeur et son gilet qui avait déjà presque disparu de l’équation. Sa poitrine généreuse se trouve offerte devant moi, c’en est trop pour mon self-control. Je me redresse et gobe l’un de ses seins, comme l’affamé que je suis. Je la titille et la sens réagir quand mes dents mordillent son téton. Je me permets d’y aller plus fort, et c’est un gémissement de plaisir qui me récompense pour mon audace. Je la mords presque et elle jette la tête en arrière. J’inverse les rôles, enroule mon bras autour de ses hanches pour la guider vers le sol en douceur. Elle se laisse faire, docile. Je suis désormais le maître de la situation. Je me débarrasse de mon jean, et alors que je m’apprête à retirer le fin tissu qui la couvre encore et à dénuder le fruit défendu, un cri de désespoir résonne dans mon cerveau. Je grimace.

— Je n’ai pas de préservatif.

Elle rit à gorge déployée. Bon sang, c’est un putain de beau rire.

— Dans la table basse, tiroir, m’ordonne-t-elle, à bout de souffle.

Je m’exécute, soulagé, et trouve le Saint Graal dans ledit tiroir. Je lui ôte son pantalon fluide pour découvrir qu’elle n’a rien dessous.

— Tu seras la cause de ma perte ! haleté-je.

Nouveau ricanement, tandis que sa main fourrage dans mes cheveux pour m’attirer à elle. Non pas à elle, mais à la partie la plus chaude et la plus humide de son anatomie. Je la goûte en parcourant ses cuisses de baisers, léchant son nombril, glissant le long de son aine jusqu’à entendre un :

— Putain, Dom !

Impatiente… Cette fois c’est moi qui ris, le cœur enivré par mon prénom prononcé par sa bouche. Je plaque mes lèvres sur sa chair délicate. J’y vais sans retenue particulière et on dirait qu’elle aime quand on ne fait pas de manières. J’écrase ma bouche sur ses lèvres fines avant de m’écarter et de chuchoter le long de son sexe :

— Surtout, arrête-moi si j’y vais trop fort.

Elle bascule sa tête en arrière.

— Alors ça, ce n’est pas près d’arriver ! articule-t-elle en me pressant le visage contre son intimité.

Je prends ça pour une autorisation à me débrider et la dévore sans douceur, je l’aspire et vais jusqu’à l’érafler de mes dents. Elle se tortille de délice sous ma bouche et alors que je la sens toute proche de la jouissance, j’enfonce deux doigts en elle que je crochète pour atteindre son point G. Sa respiration se fait beaucoup plus bruyante et si elle prononce peu de mots, son corps traduit sa satisfaction. Je continue de la malmener sans douceur, puisque c’est ce qui a l’air de lui plaire, jusqu’à ce qu’elle gémisse de plaisir et que je ressente ses contractions sur ma langue. Je la lape encore deux petites fois, sa peau tressaute toujours.

— Nom de Dieu, Dom, murmure-t-elle entre deux spasmes.

Je me couvre du préservatif pendant qu’elle récupère et je plonge en elle avant de river mon regard au sien. Ses yeux sont ivres de passion, et la pénétrer après son orgasme est un rien sadique. Elle me grogne de nouvelles grossièretés à l’oreille, je me fonds dans sa chaleur. J’ai l’impression d’avoir attendu cet instant depuis notre première soirée, de pouvoir enfin conclure notre moment comme il aurait dû l’être. Et il est au-delà de mes espérances. Je tente de le faire durer, mais mon excitation est à son comble depuis ce qui me semble être des heures et je lui communique mon plaisir à mon tour. Je m’écroule haletant sur elle et niche ma bouche dans son cou. Nos odeurs mélangées me rendent dingue, tout chez elle me rend maboul…

Je me relève, en appui sur mon avant-bras pour pouvoir l’observer. Elle m’étudie avec un drôle d’air.

— Oh, qu’est-ce qu’il y a ? demandé-je un peu déçu.

Je pensais que nous avions partagé ce moment de plaisir ensemble, mais je suis pris d’un gros doute devant son expression étrange.

— Bah, c’était le pied ! avoue-t-elle, surprise, les sourcils froncés.

Je lâche un rire de gorge très masculin.

— Ça t’étonne ? constaté-je, en lui caressant les cheveux.

Elle a le front plissé, quelque chose la perturbe.

— Eh bien, quand je te disais que je ne fonctionnais pas comme tout le monde...

Elle détourne le regard, gênée.

— Pas de tabous entre nous, s’il te plaît.

— Hum... En général, pour que j’arrive à l’orgasme, j’ai besoin qu’on me maltraite ! Voilà ! c’est dit, balance-t-elle d’une seule traite en couvrant son visage de ses mains pour se cacher.

Je saisis ses doigts pour déposer un tendre baiser au coin de ses lèvres en lui chuchotant :

— Il faut avouer que je n’ai pas été très doux sur ce coup-là, alors…

— Et ça ne te gêne pas ? s’inquiète-t-elle.

— De te donner du plaisir ? rétorqué-je. J’ai juste écouté ton corps, tu avais l’air de prendre ton pied quand j’y allais fort donc… J’y suis allé. Même si je ne suis pas certain d’avoir déjà mordu une de mes partenaires, déclaré-je en jouant des sourcils.

Son visage se durcit avant de se détendre.

— Oh, ça semble si simple à t’entendre...

Je roule sur le côté, ôte le préservatif, et l’amène sur moi. Elle presse son corps contre le mien, c’est trop bon de la sentir comme ça, sur moi. Je l’écrase entre mes bras en prenant garde de ne pas y aller trop fort. Si on m’avait dit ce matin que je pourrais la tenir juste contre ma peau, je ne l’aurais jamais cru.

Quelques minutes s’écoulent, puis elle se lève et me tend la main. Elle déplie son canapé et m’attire contre elle, tous les deux dans le plus simple appareil. Je m’endors en la gardant dans le creux de mes bras et, putain, c’est bon.

 

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