Dark Soul (French Edition)

Haley C. Scott · Chapitre 24 sur 30

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Dark Soul (French Edition)

Chapitre 24

 

 

Charlotte : Les mots justes

Aujourd’hui.

 

cinquante scènes de rock. Nous pénétrons dans le bar à la devanture verte. Il C lémence me traîne dans le deuxième arrondissement. Une petite rue que je reconnais très vite. Dans ce quartier, il n’y a pas y a du monde partout. Du bois habille le bas des murs, le haut est recouvert d’affiches d’artistes ou de photos des habitués. La déco est simple, mais fait son effet. Un groupe joue, mais je suis si stressée que je n’y prête pas attention.

Mon cœur bat à un rythme dingue et j’ai envie de faire demi-tour. Clémence me prend par la main et me guide vers le bar. Un magnifique meuble en acacia verni. Un barman pas vilain du tout est installé derrière. Il tourne son visage vers nous et nous sert les deux bières que Clémence commande. Elle me donne un coup sur le bras.

— On est venu voir mon frère, arrête de reluquer le serveur.

Je lève les yeux au ciel. En temps normal, j’aurais dragué ce gars. Là, rien. Aucune envie d’entamer quoi que ce soit avec ce mec, même pour plaisanter.

— Non, déclaré-je avec sérieux. Ton frère. Je veux juste ton frère.

Elle se marre et m’oriente vers une salle exiguë. Les murs et le plafond sont en pierres blanches et le dessus arrondi de la pièce semble taillé dans la roche. La salle est pleine à craquer, mais je devine une table au fond de l’espace avec quatre gars assis autour en train de discuter. Des sifflements retentissent à notre approche quand l’un d’eux reconnaît Clémence. Un grand métis, pas mal du tout avec ses dreadlocks, même si ce n’est pas mon style. Il n’a pas le look du rockeur. Je fais le tour des personnes installées avant de repérer « le » mec qui m’intéresse et pour lequel je suis sortie de ma torpeur. Dom. Il porte un tee-shirt noir tout simple, ses cheveux sont aussi décoiffés que d’habitude et j’ai envie d’y plonger mes doigts… Ses yeux verts que j’aime tant me fixent avec une gravité qui me force à baisser la tête. Mon corps me crie « Fuis ! » « Fuis ! » « Fuis ! » Mon cœur, « Reste ! » « Reste ! » « Reste ! » Mes mains sont moites et je ne sais pas trop quoi faire de ma peau quand le silence s’installe autour de la table alors qu’ils me découvrent. Dom me fusille du regard, ses yeux me foudroient sur place. Je sens un poids se poser sur mes poumons et je peine à respirer. Mes yeux se détournent des siens. Blessés… À quoi je pouvais bien m’attendre ?

Je n’ai pas le temps de trop de m’apitoyer. L’un de ses amis, qui porte un foulard et une veste, lui donne une grande claque dans le dos pour qu’il bouge. Dom finit par se lever, mais pour être franche, on croirait qu’il va à l’abattoir. Et il n’est pas l’animal à tuer… Plutôt le bourreau.

Je pince les lèvres et cesse de respirer. Mon cœur se fait lourd et dégringole dans mes talons. Je ramène le regard vers Clémence qui me sourit avec nervosité, beaucoup moins sûre d’elle d’un seul coup.

— Je t’ai dit qu’il te ferait peut-être ramper…

Elle m’abandonne pour aller retrouver les autres membres du groupe, tandis que Dom s’approche, droit comme un « i ». D’une vigilance froide, le visage fermé. Clémence lui murmure quelque chose avant qu’il ne vienne me voir. Il passe devant moi sans même m’observer pour nous entraîner un peu à l’écart. Il se place dans une petite alcôve qui nous isole du reste de la salle. Les bras croisés sur son thorax. Je rive mes yeux à son jean used en tentant de ne pas penser à ce qu’il cache. J’inspire et prends mon courage à deux mains en plongeant mes iris sombres dans les siens. Si leur couleur m’attire toujours autant, l’agressivité qu’ils me renvoient me force à déglutir.

— Pourquoi t’es là ? lâche-t-il.

Je baisse la tête et triture mes doigts, comme chaque fois que je suis nerveuse, et peine à lui répondre :

— Hum, pour toi…

Il ne bouge pas d’un centimètre, mon cœur se serre. Si j’arrive trop tard alors… Pourquoi pas jouer le tout pour le tout ? Je souffle un bon coup et cesse d’éviter son regard. Ma voix prend en assurance quand je déclare :

— Je suis désolée, j’ai merdé. Il y a tout un tas de trucs que tu ignores et que je vais te raconter, mais pas ce soir. Ce n’est pas le lieu ni le moment, dis-je en désignant le bar et la scène.

— Et quoi ? Je suis censé accepter tes excuses comme ça, sans rien savoir ?

Aïe ! Je ne le pensais pas capable d’autant de rancœur. Je baisse à nouveau le visage et laisse mes cheveux couvrir mes traits. Je refuse qu’il perçoive la douleur qui s’imprime dans chaque cellule de ma peau.

— Non… Tu as raison. Je… Tu n’as pas à me pardonner. Je voulais juste te voir et m’excuser. Et euh, voilà, c’est fait. Je vais vous laisser. J’imagine que tu dois te concentrer et… J’ai fait une erreur. Ce n’était pas le bon moment.

Je pivote et prends la fuite, encore. Mais je n’ai pas fait deux pas qu’une main m’arrache le poignet.

— Charlotte, gronde-t-il. Pourquoi t’es là ?

Je fronce les sourcils, ce n’est pas évident ? Je fixe ses doigts serrés sur ma peau qui diffusent une légère tension électrique dans mon épiderme. Je suis perdue, alors je lui dis la seule vérité qui me vienne.

— Parce que t’es là ! Parce que je crevais doucement dans mon studio avant que ta sœur ne me sorte de mon angoisse. Parce que je m’en veux d’avoir foutu en l’air la première chose bien qui arrivait dans ma vie. Parce que j’aime être avec toi, j’aime être dans tes bras, je crève à l’idée de t’avoir blessé, je meurs à l’idée de ne plus te croiser et…

Il m’attire vers lui et me serre à m’en broyer les côtes, me hume et murmure dans mes cheveux :

— Tu es venue.

Je hoche la tête contre son torse en luttant pour ne pas laisser couler les larmes. Pour une fois, je voudrais ne pas en verser.

Il s’écarte de moi et prend mon visage dans ses mains avant de diriger ses lèvres vers les miennes. Il les effleure, en gardant les yeux rivés aux miens, comme s’il attendait une réponse, comme s’il espérait y lire quelque chose. J’esquisse un léger sourire, parce que je n’en reviens pas qu’il me pardonne aussi vite et parce que je ne souhaite rien d’autre qu’il envahisse ma bouche dans la seconde. Il doit deviner mes pensées, car sa langue caresse mes lèvres pour que je l’invite à y entrer. L’une de ses mains glisse sur mes reins et me presse contre lui, tandis que la deuxième maintient ma nuque. Prisonnière de ses paumes, de ses bras, de son visage, j’adore ça. Je me laisse aller pendant qu’il continue d’explorer la moindre parcelle de mon corps jusqu’à ce que des sifflements et des huées nous poussent à nous interrompre. Sans même tenir compte des réactions autour de nous, alors que ma peau doit être de la couleur de mes cheveux, Dom m’écrase une nouvelle fois contre lui en murmurant :

— Tu es là.

J’inspire tout contre son torse pour mémoriser son odeur quand il se décolle de moi et m’attrape par la main sans me donner le temps de me remettre pour me traîner vers son groupe. Il me presse contre son flanc en annonçant presque religieusement :

— Les gars, je vous présente Charlotte…

Je rougis de plus belle, c’est ma première présentation officielle, mon premier vrai mec, et je ne suis pas à mon aise.

— Décompresse, Chacha ! Tu ne signes pas pour un mariage, là ! C’est juste ses potes ! rigole Clémence qui a lu dans mes pensées.

Je relâche la respiration que je n’avais pas conscience de retenir, ce qui a pour effet de faire marrer tout le monde.

OK… Le foutage de gueule, je peux gérer.

— Eh ben ! Il était temps ! nous charrie le métis.

Dom précise :

— Lui, c’est Swag, le batteur.

Ses dreads se balancent quand il s’écrie :

— Sérieux, vous avez mis quoi, dix ans ?

J’ouvre grand la bouche, comment il sait ça, lui ? Je tourne la tête vers Dom, qui se gratte les cheveux, gêné.

— Euh, plus ou moins… Plutôt neuf ans en fait.

Explosion de rires collective.

— Bienvenue, ajoute le mec au foulard en se levant pour me faire la bise. Moi, c’est Chad. Et je suis désolé, mais tu vas devoir te contenter de Dom, mon cœur est conquis depuis peu.

Cette fois, c’est moi qui éclate de rire. Vexé, il se rassoit.

— Ne le prends pas mal, hein ! Mais tu n’avais aucune chance, dis-je en plaquant ma main sur le torse de Dom qui se redresse avec fierté.

Je suis à deux doigts d’ajouter que je préfère les mecs bodybuildés, mais ça risquerait de blesser Dom. Depuis quand je fais attention à ça, moi ? Clémence ne rate rien de ma conversation avec moi-même et se permet de préciser :

— Vous avez de la chance, elle est un peu perturbée ce soir, mais méfiez-vous la prochaine fois ! Charlotte a de la répartie et je sens qu’elle a posé des filtres, là !

Un dernier mec se lève.

— Ouais, mais on lit tout sur ton visage, rit-il. Oz, pour te servir ! Chanteur et avocat à la cour ! précise-t-il pour se faire mousser, en faisant une révérence.

Je souris devant sa pose et plie les genoux pour le remercier. Je hausse les sourcils. Ce mec a le profil type du rockeur et il est avocat ? Il a un jean noir usé, un vieux cuir élimé et on sent le manque de nicotine dans son comportement nerveux. C’est celui qui m’a semblé le plus abordable quand je les ai aperçus un jour sur scène. Je suis ravie de découvrir toute cette joyeuse bande.

— Eh bien ! Pour un groupe de rock… vous êtes originaux. Dans le genre hétéroclite !

Le serveur s’approche d’eux et leur annonce que c’est à leur tour de jouer. J’esquisse une moue vicieuse et les défie :

— Voyons si vous méritez votre réputation !

Stupéfaction collective. Dom me pince la fesse et je couine de surprise. Les mecs se rengorgent et se redressent.

— Écoute ça, fillette ! me lancent les gars en passant devant moi.

J’attire Dom à moi pour lui déposer un baiser avant qu’il aille jouer. Il en est troublé, et moi, j’affiche un air béat.

— Beuh, tu fais une de ces têtes ! T’as l’air stupide d’une adolescente en chaleur face à un footballeur de haut niveau, balance Clémence.

Je détourne avec difficulté mon regard du derrière de Dom pour le river aux yeux de Clémence, prête à la bouffer sur place. Pourtant, avant de l’envoyer balader, je me revois faire la même réflexion il n’y a pas si longtemps à Naaya. Illumination.

— La vache ! Je suis passée du côté obscur ! déclaré-je, une main sur la poitrine.

Clémence est perdue et arque un sourcil :

— Hein ?

— Celui des nanas am…

Elle me fait un petit rictus satisfait en croisant ses bras.

— Des nanas quoi ?

J’écarquille les yeux. Ouh là là, pas question.

— Euh, oublie !

— Ouais, ouais, c’est ça... Compte là-dessus !

Je lève les yeux au ciel et me concentre sur le groupe. Nous rejoignons le devant de la scène et je découvre que Chad est bassiste. Je m’en veux un peu de l’avoir taclé tout à l’heure, j’espère qu’il ne sera pas vexé. Puis je finis par me dire que si relation durable il doit y avoir avec Dom, je préfère ne pas faire semblant d’être quelqu’un d’autre. Je suis bizarre, limite associable parfois, mais j’ai des amis en étant moi-même alors… ils devront m’aimer comme ça eux aussi !

Dom entame les premiers accords et c’est un silence admiratif dans la salle qui l’accompagne. Il est doué ! J’observe ses doigts qui vont et viennent sur les cordes de sa guitare, ça me fait un effet dingue. Il monte en puissance, crescendo, avant de jouer plusieurs notes en même temps pour indiquer à ses potes de se joindre à lui et là, c’est l’explosion ! L’espace est blindé et ça fait un vacarme de tous les diables quand ils se mettent tous à hurler leur satisfaction en tendant la main en l’air et en commençant à se secouer dans tous les sens. Certains font du « headbanging », dansent avec de violents mouvements de tête, et c’est la folie dans la pièce. J’y vais de ma dose d’encouragements aussi, les garçons font un tabac ! Mon cœur s’allège en sautant sur le tempo. Le thème de la soirée, c’est l’improvisation et on dirait qu’ils maîtrisent le sujet. Ils enchaînent deux morceaux, de nombreux groupes inconnus sont présents, et le temps de passage sur scène est limité. Ils ont plus que fait leurs preuves quand j’entends la réaction du public alors qu’ils jouent leurs derniers accords.

Ce qui me plaît moins, c’est leur descente dans la foule. Ils sont acclamés et certaines nanas n’hésitent pas à venir les coller comme des sangsues en manque de sensations fortes. J’ai envie de les attraper une à une et de leur couper toute envie de se presser contre eux. Un genre d’instinct de protection envers tous les membres du groupe se développe en moi, alors que je les connais à peine. Je suis cinglée. Je serre les poings et Clémence se plaque contre moi.

— Retiens-moi je vais me les faire ! hurle-t-elle, en fixant les chaudasses qui se trémoussent devant les musiciens.

Je soupire, soulagée.

— J’ai cru que j’étais la seule à être agacée.

Les garçons tentent de nous rejoindre, ils ont l’air aussi surpris que nous de l’effet de leur passage sur scène.

— C’est toujours comme ça ? demandé-je à l’oreille pour qu’elle parvienne à m’entendre au milieu de ce vacarme.

— J’en sais rien, c’est la première fois que je les entends jouer.

Je serre les dents. Pas sûr que je sois capable d’endurer ça trop souvent. C’est insupportable de les voir se frotter à eux comme ça. J’ignore comment je suis censée réagir. Comment Dom voudrait que je réagisse ? Que je lui fasse confiance ? Que je reste la gentille nana discrète et effacée qui ne le garde pour lui qu’en privé ? Bordel, j’ai mal à la tête rien que d’imaginer qu’il puisse souhaiter ça.

Ils sont presque à notre niveau quand une brune se pend au bras de Dom en lui murmurant un truc à l’oreille. Il se décompose et tente de la décoller de lui. La sangsue insiste en posant sa deuxième main sur son thorax. Seuls deux petits pas me séparent de lui, j’enrage en voyant Dom reculer et la nana se jeter dans contre son torse pour lui voler un baiser. Je saisis la queue de cheval de la groupie et la tire en arrière, provoquant un hurlement strident. Je la pousse à peine en m’interposant entre elle et Dom.

— Dégage.

— Non, mais elle se croit où, elle ? me raille la brunette, les poings sur les hanches.

Je me grandis le plus possible et m’approche d’elle, avec le regard le plus fou que je puisse avoir. J’avance en mode prédatrice, calme et posée. Je lui donne une petite pichenette sur l’épaule pour la faire reculer, elle fixe mes doigts comme si je l’avais brûlée. Par réflexe, elle resserre sa queue de cheval.

— Chasse gardée, tu ne touches pas à mon mec, crié-je en désignant Dom, et tant qu’on y est, évite les autres aussi…

Elle me dévisage d’un air dédaigneux avant de lever les mains au ciel et de s’éclipser. Je suis prête à frapper quelqu’un, quand Dom glisse ses bras autour de ma taille. Je me retourne dans son étreinte, il m’observe avec une certaine fierté. Bon, on dirait qu’il ne veut pas d’une nana timide et effacée. Tant mieux.

— Désolée, m’excusé-je aux autres membres du groupe qui me fixent, morts de rire. Je suis sûre que vous pouvez trouver mieux qu’elle.

Je lève le visage vers Dom.

— Tu m’excuses, mais là, maintenant, tout de suite, il me faut une clope ! déclaré-je en plaquant ma bouche sur la sienne.

Je cherche son pote Oz du regard. Quand il me capte, je lui mime une cigarette pour savoir s’il en a. Il hoche la tête et m’indique la sortie.

— Tu ne m’en veux pas ? supplié-je Dom des yeux.

Pour toute réponse il laisse échapper un rire que je ne comprends pas trop, alors je m’éclipse avec Oz.

Sur le trottoir, je prends une bouffée d’air frais, suivie d’une bouffée de nicotine qui fait aussitôt retomber la pression en moi.

— Putain ! lâché-je avec rage. Rassure-moi, vous n’avez pas des gonzesses sur le dos comme ça à chaque concert ?

Il rigole à son tour. Décidément, je vais me reconvertir en humoriste, on dirait que j’ai de l’avenir dans ce secteur !

— Non, tranquillise-toi ! Pour commencer, on joue très peu en public, mais là… Il fallait qu’on sorte Dom de sa morosité, insiste-t-il en me fixant d’un regard appuyé pour me faire comprendre que j’étais la cause de son état.

Je grimace pour toute réponse et le laisse continuer.

— Ensuite, c’est la première fois que ça nous arrive. D’habitude, on joue dans un squat entre nous. Pas de public, pas de filles, juste des soirées mecs.

— Oh, merci ! déclaré-je en mimant une prière et en levant les yeux au ciel. Je ne sais pas si j’aurais été capable de gérer ce genre de spectacle très souvent. En revanche, vous écouter jouer... Vous déchirez tout ! Ça fait longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir à découvrir de l’inédit.

— Et encore, t’as pas tout entendu ! réplique-t-il en me faisant un clin d’œil.

Je souris et arbore un air plus grave. Je tire sur ma cigarette.

— Tu es vraiment avocat ? lui demandé-je.

Oz incline le menton vers l’avant, comme pour une petite révérence.

— Oui, Mam’zelle !

Mon visage se ferme, plus sérieux.

— Quel genre ? m’informé-je avec calme.

Il prend une bouffée de nicotine et en laissant s’échapper la fumée, précise :

— Genre pénal. Pourquoi ?

— Il se pourrait que… j’ai de mauvaises histoires à déterrer et hum… il va me falloir un avocat.

Son visage reste de marbre. Aucune émotion ne filtre.

— Tu veux en parler maintenant ?

— Han, han, ce n’est pas le moment. Cette soirée est une bonne soirée. On ne va pas la gâcher ! suggéré-je en souriant.

Il m’indique l’intérieur de la salle et je hoche la tête, prête à y retourner. Nous y retrouvons le reste de la troupe et Clémence me saute dessus.

— T’aurais dû la baffer tout à l’heure ! T’as été trop gentille.

— J’avais parié sur toi, lance Chad. Il ne manquait plus que la boue.

Je souris et m’installe près de Dom qui me tend une bière avant de lever son verre en l’air.

— À notre garde du corps !

Tout le monde répète « À la garde du corps ! » et je rigole en buvant ma pression. Ses potes sont sympas, sa sœur l’est aussi et lui… il me plaît. Mon visage se détend en observant Dom qui discute de façon animée avec ses amis. Il pose sa main sur ma cuisse et la presse, je la recouvre de la mienne pour répondre à sa discrète étreinte. Si je pouvais figer ce moment, je le ferais.

 

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