Le Roman de Léonard de Vinci: La résurrection des Dieux

Dmitry Sergeyevich Merezhkovsky · Chapitre 141 sur 151

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Le Roman de Léonard de Vinci: La résurrection des Dieux

Chapitre III

En apprenant ces tâtonnements, Léon X s'écria avec un feint désespoir:

—Hélas! cet original ne fera jamais rien, car il songe à la fin avant d'entreprendre le commencement.

Les courtisans colportèrent la réflexion. L'arrêt de Léonard était prononcé. Léon X, grand connaisseur en matière d'art, avait exprimé sa condamnation. Pietro Bembo, Raphaël, le nain Baraballo et Michel-Ange pouvaient reposer en toute quiétude sur leurs lauriers: leur redoutable adversaire était anéanti.

Comme se donnant le mot, tout le monde se détourna de lui, l'oublia, comme on oublie les morts.

Léonard apprit impassiblement la réflexion du pape: il l'avait prévue et ne s'attendait à rien d'autre. Le soir même il écrivit dans son journal:

«La patience pour les offensés est le vêtement de ceux qui grelottent. A mesure que le froid augmente, habille-toi plus chaudement et tu ne sentiras pas le froid. Ainsi, au moment des grands outrages, augmente ta patience et l'offense n'atteindra pas ton âme.»

 

III

 

Le 1 er jour de janvier 1515 le roi de France Louis XII mourut. Ne laissant pas d'enfants du sexe masculin, la couronne échut à son plus proche parent, le mari de sa fille Claude de France, le fils de Louise de Savoie, le duc d'Angoulême François de Valois, qui prit le nom de François I er.

Dès son avènement au trône, le jeune roi entreprit la campagne qui avait pour but la conquête de la Lombardie. Avec une rapidité étonnante il traversa les Alpes, franchit le col d'Argentières, et inopinément se trouva en Italie; gagnant la bataille de Marignan, déposant Moretto, il se présenta en triomphateur à Milan.