Le Roman de Léonard de Vinci: La résurrection des Dieux

Dmitry Sergeyevich Merezhkovsky · Chapitre 42 sur 151

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Le Roman de Léonard de Vinci: La résurrection des Dieux

Chapitre V

Ils discutaient et ne pouvaient tomber d'accord. Les uns assuraient que les colonnes intérieures n'étaient pas suffisamment solides. Les autres affirmaient que l'église pouvait affronter l'éternité.

Léonard selon son habitude ne prenait pas part à la discussion et se tenait à l'écart, solitaire et pensif.

Un des ouvriers s'approcha de lui et lui remit une lettre.

—Messer, en bas, sur la place, un courrier de Pavie attend votre excellence.

L'artiste brisa le cachet et lut:

»Léonard, viens vite. Il faut que je te voie.

»DUC JEAN GALÉAS.

»14 octobre.»

Il s'excusa auprès des membres du Conseil, descendit sur la place, monta à cheval et partit pour le château de Pavie qui se trouvait à quelques heures de Milan.

 

V

Les châtaigniers, les cornouillers et les érables du parc gigantesque étaient baignés de pourpre et d'or par le soleil couchant. Tels des papillons les feuilles mortes tombaient en volant. L'eau ne jaillissait plus dans les fontaines envahies par l'herbe. Des asters se mouraient parmi les plates-bandes laissées à l'abandon.

En approchant du château, Léonard aperçut un nain. C'était le vieux bouffon de Jean Galéas, resté fidèle à son seigneur, lorsque tous les autres serviteurs avaient quitté le duc agonisant.

Ayant reconnu Léonard, il vint boitillant, et sautillant, à sa rencontre.

—Comment se sent Son Altesse? demanda l'artiste.