Le Tigre
Chapitre XIII
Dans mon trouble, je fis signe à Charles de rentrer dans ma chambre avec Sylvie. Il ne se fit pas prier et referma la porte avec soin ; mais je n’y pris pas garde, étant beaucoup plus occupé de ce qui se passait à l’entrée de mon appartement.
Véturie, aussi affrayée que moi, venait d’ouvrir la porte.
J’entendis la grosse voix d’un homme qui posait des sentinelles et qui criait :
– Allons la fille, est-ce qu’on va se révolter contre le roi, dans ce pays ?
Véturie essaya de protester ; mais, dans son trouble, elle bredouillait et perdait l’esprit.
– Voyons, demanda l’homme, où est le nommé Denisot, un vieux gredin dont j’apporte le signalement ?
Véturie reprit courage. Au fond, elle voulait bien dire de moi tout le mal possible, car elle me regardait comme sa propriété dont elle pouvait user et abuser ; mais pour la même raison, et parce que j’étais son bien, elle ne souffrait pas volontiers qu’un autre qu’elle osât me maltraiter.
– Monsieur, dit-elle, c’est ici chez M. Denisot, ancien chef de bureau, chevalier de la Légion d’honneur, et plus honnête que vous, peut-être !
L’autre dut la regarder de travers et répliqua :
– Empoignez-moi cette femme, si elle bouge !
Mais il avait affaire à forte partie. Au mot d’« empoignez-moi », elle se mit à pousser des cris affreux :
– Au feu ! au voleur ! à l’assassin !
– Mettez-lui un bâillon, reprit l’autre.
Ah ! oui ! un bâillon ! Elle se mit à pousser des cris plus retentissants que la trompette de Jéricho. Et les voisins, dans toute la maison, ouvrirent leurs portes.
– Vieille scélérate ! reprit l’homme, si tu cries encore, je te poignarde !
Cette menace parut sans doute à Véturie plus sérieuse que celle du bâillon, car elle se tut.
– Où est le Denisot ? demanda l’homme.
Elle répliqua fièrement :
– Cherchez !
Malheureusement, les recherches n’étaient ni longues ni difficiles. Il ouvrit la porte du salon et m’y trouva du premier coup.
Je l’attendais, assis dans mon fauteuil comme les sénateurs romains durent attendre les Gaulois sur leurs chaises curules ; je lisais ou plutôt je feignais de lire les Nacthez. Sylvie avait laissé le volume ouvert sur la table.
J’en étais à ces mots : « Le frère d’Amélie… » quand la porte s’ouvrit.
Je levai lentement les yeux sur ceux qui entraient.
Ils étaient quatre.
Un grand et gros, ceint d’une écharpe blanche.
C’était le commissaire.
Un autre, sans uniforme, était son secrétaire, du moins je le suppose.
Deux autres étaient des gendarmes.
Enfin, au bout du corridor, deux autres gendarmes, la baïonnette au bout du fusil, gardaient la porte d’entrée.
Ayant vu ces dispositions stratégiques, je n’eus pas la moindre envie de résister ni de m’enfuir. Résister n’était ni de mon âge ni de ma profession. Fuir n’était pas possible, excepté en sautant du troisième étage dans la rue. Mais vraiment, ma conscience était si tranquille et je conspirais si peu qu’un pareil saut de ma part eût été pure folie. Que pouvais-je risquer, après tout ?… Quelques jours de prison. Et encore !…
J’attendis donc d’un cœur aussi ferme que possible le choc du commissaire et des gendarmes.
Il s’assit, fit asseoir son secrétaire qui ouvrit son encrier et demanda :
– Vous êtes le nommé Denisot ?
– Ancien chef de bureau, chevalier de la Légion d’honneur, dis-je en me levant d’un air modeste.
– Vous savez de quoi l’on vous accuse ?
– Non, monsieur ; mais je serai bien aise de l’apprendre.
Il me regarda insolemment et reprit :
– Ne faites pas le plaisant, Denisot ! Il y va de la vie. Les charges les plus graves pèsent sur vous et sur vos complices.
– Quelles charges, monsieur le commissaire ?
– Vous savez, Denisot, que des aveux sincères peuvent seuls vous sauver. Il en est temps encore. Parlez !
– Interrogez-moi.
– C’est bien, reprit-il durement. Vous vous expliquerez devant M. le juge d’instruction… Vos clefs ?
– Mais pourquoi faire ?
– Pour saisir vos papiers. Allons, faites vite, si vous ne voulez pas être fouillé.
À tout prendre, je pouvais donner mes clefs. Dans mes tiroirs les plus secrets, on n’aurait trouvé que des lettres insignifiantes, de l’argent et des titres de rentes. Pour ces deux dernières choses, je comptais bien que le commissaire n’y toucherait pas ; quant aux lettres, quel intérêt pouvaient-elles avoir pour la police ? Elles n’en avaient même plus pour moi.
Mais si l’on faisait des perquisitions, si l’on fouillait dans ma chambre, où Charles et Sylvie venaient de se cacher, quel scandale ! Qui sait si l’on ne se ferait pas un malin plaisir de rendre l’aventure publique et de torturer le cœur du colonel Crabanac, en compromettant sa femme, ma chère et innocente Sylvie ? Qui sait si Crabanac furieux ne voudrait pas tuer Charles et peut-être Sylvie elle-même ? On pouvait tout craindre de l’emportement du Tigre.
– Allons, répéta le commissaire, voyons vos clefs… Et vous, ajouta-t-il en parlant à ses hommes, prenez garde que personne ne sorte.
– Mais, demanda l’un des gendarmes, faut-il laisser entrer ceux qui se présenteront ?
Le commissaire se mit à rire.
– Parbleu ! dit-il. C’est une souricière.
– Pourvu, pensai-je, que Crabanac n’ait pas l’idée de venir me voir aujourd’hui !… Heureusement, quand il apercevra les gendarmes, il se tiendra pour averti.
Le commissaire ouvrit d’abord tous les tiroirs et toutes les armoires dans le salon, dans la salle à manger, dans la chambre de Véturie, dans la cuisine. Il sonda du bout de sa canne tous les planchers, toutes les cloisons, et fit enfin avec conscience tout ce qui concerne son métier.
Il me parut n’avoir rien trouvé de suspect, mais sans doute il s’y attendait.
– Voyons votre chambre à coucher, dit-il.
J’essayai de rire et de paraître confiant.
– Vous ne comptez pas, sans doute, y trouver un arsenal ?
Il me regarda sévèrement.
– Peu importe ce que j’y trouverai, j’ai mes ordres.
Charles l’attendait debout, de pied ferme, feignant de regarder dans la rue à travers les vitres. Sylvie, qui avait les yeux un peu rouges, était assise près de la table et paraissait écrire une lettre ou l’écrivait réellement.
– Ah ! ah ! s’écria le commissaire en riant, voilà du fruit nouveau.
Puis, se tournant de mon côté :
– C’est le mari et la femme, sans doute ?
Je répondis très sèchement :
– Non, monsieur. C’est mon neveu et ma nièce.
– Eh ! eh ! dit le commissaire. Ils sont bien jeunes. Frère et sœur, je suppose ?
– Non, monsieur. Cousin et cousine.
– Oh ! oh ! reprit le commissaire. Bien gentils, ces deux tourtereaux. C’est vous qui en avez la garde ?
Je sentais l’insolence de la question ; mais que faire ? que répondre ? J’étais moi-même aux griffes, ou, si vous préférez, aux mains de la police.
Je répondis le plus poliment et le plus fermement que je pus :
– Monsieur, je n’ai la garde de personne, et je suppose que ce n’est pas à cause de ma nièce ou de mon neveu que vous êtes venu chez moi. Au reste, vous avez mes clefs, faites ce qu’il vous plaira. Mais prenez garde…
Il m’écoutait d’un air distrait, ce commissaire ; mais au mot de « prenez garde ! » il se retourna brutalement et dit :
– Garde à quoi, Denisot ?
– Garde à vous, monsieur le commissaire. M. le colonel Crabanac, mon neveu, n’est pas homme à supporter qu’on manque de respect à sa femme, et vous savez qu’il a le cœur haut, le bras solide, et qu’un sabre ne pèse pas plus dans sa main qu’une aiguille.
– Le commissaire éclata de rire et répondit :
– Là ! là ! Denisot, prenez patience. Le colonel Crabanac doit être à l’heure qu’il est entre les mains de la justice. Dans tous les cas, il y sera bientôt. Et si par hasard il venait à s’échapper, et qu’il voulût se venger de ce qu’on manque de respect à sa femme, ce n’est pas à moi qu’il aurait d’abord affaire, j’en suis sûr. Les petits cousins, Denisot, sont ordinairement plus dangereux que les commissaires.
En même temps, et d’un coup d’œil qui voulait être rusé, il me désigna Charles qui, toujours debout et immobile, le regardait avec une apparente indifférence.
Mais à ce mot, qui fit tressaillir Sylvie en lui montrant le danger qu’elle courait, mon neveu s’avança :
– Qu’entendez-vous par ces mots, monsieur le commissaire ?
– Vous m’interrogez, je crois, mon garçon. Ne changeons pas les rôles.
Puis, faisant signe aux gendarmes de se mettre à droite et à gauche de Charles, il demanda :
– Votre nom d’abord ?
– Charles Fortin.
– Vous venez… ?
– De l’île Maurice.
– Directement ?
– Par Londres.
– Avec un passeport anglais ?
– Oui.
– Montrez ce passeport.
Charles le tira de sa poche.
– En effet, le signalement est exact. Vous n’êtes donc pas le colonel Crabanac ?
– Je vous ai dit que non.
– Mais alors que faites-vous ici dans la même chambre que cette jeune dame qui paraît être madame Crabanac ?
– J’étais venu voir mon oncle.
– Mais votre oncle était au salon.
Et s’adressant à ma nièce :
– Vous êtes madame Crabanac, n’est-ce pas ?
Sylvie fit un signe de consentement.
– Que faites-vous ici ?
– Je suis venue voir mon oncle.
Le commissaire regarda sa montre.
– Il est dix heures du matin. Vous venez de bonne heure.
Sylvie ne répondit pas.
– Ne veniez-vous pas aussi pour quelque autre chose ?
Charles fit un mouvement ; mais Sylvie l’arrêta d’un coup d’œil.
– Je venais aussi pour consulter mon oncle sur les affaires de mon mari.
Le commissaire se mit à rire.
– Ah ! ah ! Voyez-vous ça, Massin ? dit-il à son secrétaire… sur les affaires de son mari ! Voilà ce qui s’appelle une bonne femme… Et le petit cousin qui assiste à la consultation, qu’en dites-vous ? Le colonel sera sans doute bien aise d’apprendre le soin qu’on a de lui en son absence.
Puis d’un air plus grave :
– Massin, dressez le procès-verbal pour valoir ce que de droit.
Massin s’assit, tailla sa plume d’oie avec soin, l’essaya d’abord sur le papier où il écrivit en magnifique ronde : « Vive le Roi ! » puis ayant rencontré un fil, l’essuya sur sa manche, fit un second essai, puis un troisième, parut assez content du quatrième, et dit au commissaire comme un brave soldat tout prêt à faire feu :
– J’y suis.
Mais au moment où le commissaire allait dicter, un bruit de bottes se fit entendre dans le corridor.
Je reconnus avec étonnement le Corse Angeli qui entrait, suivi de deux gendarmes.
Il salua très fièrement tous les assistants, me tendit la main, que je n’osai pas refuser, la tendit aussi à Charles, qui ne parut pas s’en apercevoir, et debout attendit les questions du commissaire.
– D’où sont-ils ?
Avant que les gendarmes eussent répondu, Angeli prit la parole :
– Monsieur, dit-il, je suis le lieutenant Angeli, du 6e dragons, officier à demi-solde, et je venais voir mon respectable ami, M. Denisot.
– Votre respectable ami, reprit le commissaire d’un air ironique, reçoit, à ce qu’il paraît, beaucoup de visites ?
Je pensai que cette observation allait me compromettre, et je me hâtai d’interrompre l’interrogatoire.
– Au moins, lui dis-je, la visite de M. Angeli est fort inattendue.
– Pour ça, ajouta Véturie, M. Denisot n’a pas menti, car M. Angeli ne vient jamais ici.
À quoi le Corse, voyant que nous allions, dans notre propre intérêt, le jeter par-dessus bord, répliqua en faisant un signe d’intelligence à Sylvie :
– Aussi n’est-ce pas seulement pour M. Denisot que je suis venu.
– Pour qui donc ? demanda le commissaire d’un air curieux.
Angeli répondit gravement :
– C’est une chose que je ne puis dire qu’à madame Crabanac.
Et comme le magistrat insistait :
– Monsieur, ajouta le Corse, je voulais préparer cette jeune dame à une terrible nouvelle. Je regrette que vous ne m’en ayez pas laissé le temps.
Il s’arrêta pendant quelques secondes, parut contenir avec peine son émotion et dit enfin :
– Madame Eulalie Denisot, sa mère, à la suite des perquisitions qui ont été faites chez elle ce matin, a éprouvé une si vive inquiétude sur le sort de son gendre qu’elle est tombée évanouie, qu’on l’a portée dans son lit et qu’elle n’a pu prononcer que ces deux mots :
– Ma fille ! ma pauvre fille ! Angeli, faites venir ma fille afin que je puisse lui dire mes dernières volontés.
– Ah ! mon Dieu ! s’écria Sylvie épouvantée. Maman se meurt ! Maman est morte !
– Pas encore, madame, et les médecins ont beaucoup d’espoir. Mais je ne dois pas vous cacher…
Alors, se penchant vers le commissaire et moi, il ajouta tout bas :
– Elle n’en a pas pour une heure.
Le commissaire, qui, après tout, n’était pas plus féroce qu’un autre, voyant la douleur de Sylvie, lui rendit la liberté.
Angeli allait la suivre ; mais l’autre le retint.
– Monsieur le lieutenant, dit-il, vous n’êtes sans doute ni le père, ni le frère, ni le mari de cette dame. Restez, s’il vous plaît.
– Il est vrai, monsieur, répliqua le Corse, mais je suis le meilleur ami de la famille… Et d’ailleurs, si vous avez quelques soupçons contre moi, j’ai été interrogé ce matin, et mes papiers ont été fouillés par un de vos honorables confrères, M. le commissaire du quartier de Vaugirard. On m’a laissé libre, preuve assez claire, je crois, de mon innocence.
Puis, comme le commissaire semblait incertain :
– Au reste, ajouta Angeli, il sera toujours facile de me retrouver, car je retourne rue de Vaugirard, où j’ai mon domicile habituel.
Sur cette déclaration, il sortit sans qu’on essayât de le retenir.
– Puisqu’il en est ainsi, reprit le commissaire, voyons vos papiers, Denisot.
Il examina tout avec un soin minutieux, mais ne trouva rien qui pût me compromettre, excepté une liasse de lettres sans orthographe, toutes fort anciennes et de la même écriture, signées « BABET ».
Ce n’était, grâce à Dieu, rien de politique. Babet était une bonne fille, blanchisseuse de son état, qui avait eu de l’amitié pour moi et peut-être pour quelques autres, vers l’an 1788. Cette amitié avait duré cinq ans et avait fini, comme beaucoup d’autres choses, par se refroidir.
Le commissaire prit une des lettres au hasard et lut tout haut ce qui suit :
« Monstre,
(C’est moi qu’elle appelait de ce doux nom.)
Je t’ai attendu hier soir au Palais-Royal, et tu n’es pas venu. Que faisais-tu loin de moi ? Voilà comme tu me récompenses du sacrifice que je t’ai fait de mon honneur… Perfide, si je te tenais, je t’arracherais les yeux… »
Pendant que le commissaire lisait, mon neveu Charles riait, les gendarmes étaient remplis de joie, et Véturie s’écriait :
– Ah ! la Babet ! Je l’ai bien connue. C’était une grosse fille avec un nez camard, une grande bouche et des moustaches, qui est venue chercher une fois M. Denisot avec un pistolet. C’était pendant la révolution… Ah ! ma foi, le pauvre monsieur en avait assez peur ! Mais c’est bien fait quand on se frotte à des gaillardes comme ça, on mérite ce qui vous arrive…
Le commissaire, ayant assez ri, remit la lettre dans le paquet et me dit :
– Monsieur Denisot, je vois avec plaisir qu’on vous a calomnié. Vous êtes quatre fois plus innocent qu’on n’aurait pu croire.
J’avançai la main pour saisir le paquet, mais il le retint et ajouta :
– Vous êtes libre ; mais je garde ces lettres. On m’a dit de saisir tout ce qu’il y a d’intéressant dans vos papiers. Je ne vois guère que les lettres de mademoiselle Babet. Je vais les remettre à M. le juge d’instruction, qui en disposera comme il jugera convenable.
Ayant ainsi parlé, il se hâta de dicter un procès-verbal où la rencontre de Charles et de Sylvie dans ma chambre à coucher ne fut pas oubliée. (Je crois même que c’était la partie principale du procès-verbal.)
– Et maintenant, dit-il, allons-nous-en… Vous, gendarmes, emmenez le sieur Fortin.
Mon neveu voulut réclamer. Ce fut en vain.
Alors il me dit à l’oreille :
– Cher oncle, je suppose que ce qui me fait mettre en prison, c’est le duel d’avant-hier, car je n’ai pas dit un mot de politique depuis mon retour en France. Allez tout de suite chez M. de Vilpatour. Sa famille est très puissante à la cour. Il me fera réclamer et relâcher. Il me l’a promis, s’il m’arrivait quelque accident. Allez vite, allez, cher oncle. Je voudrais être libre pour veiller sur Sylvie. Cet Angeli m’inquiète.
Je fis signe que j’avais compris, et je le laissai partir, les mains derrière le dos, entre quatre gendarmes.
Quand tout le monde fut sorti, Véturie prit la parole et dit :
– Eh bien, monsieur, voilà ce que c’est que d’avoir fauté dans sa jeunesse. Les demoiselles Babet vous retombent sur le dos quand on ne s’y attend plus.
Je répliquai :
Véturie, je crois que je vais avoir la douleur d’assister à l’enterrement de ma pauvre Eulalie, et ma foi, ce malheur me console de tous les autres.
En même temps je fredonnai gaiement
À cette âme si chère
Le Paradis convient ;
Car, suivant ma grand-mère,
De l’enfer on revient.
– Oh ! monsieur, répliqua Véturie, elle avait bien raison, la pauvre défunte, de dire que vous étiez un sans-cœur !
Et elle poussa un profond soupir.
– Véturie, voilà plus d’une heure que j’attends mon déjeuner !
– On y va ! on y va !
– Ayez soin de faire bien cuire ma côtelette.
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