T1 L'ombre de saganami
Chapitre Dix-Sept
Dieu merci, j'ai établi un point de contact sûr lors de ma dernière visite, pensa Damien Harahap. j'aimerais juste que ces satanés romantiques n'aient pas autant le fétichisme du cheval!
Il se tortilla sur sa selle, mal à l'aise. Les ancêtres des Montaniens n'étaient pas les seuls à avoir apporté des chevaux et autres bêtes de bât lors de leur expédition colonisatrice. À défaut d'autre chose, les transports par animaux fournissaient toujours une solution de repli utile, parfois vitale. Les machines pouvaient casser, la technologie décevoir où se perdre, mais chevaux, ânes et bœufs — ou chameaux, selon les conditions climatiques locales — étaient capables de survivre et de se reproduire presque partout où l'humanité elle-même s'accrochait à la vie.
Les Montaniens avaient toutefois poussé le processus plus loin que la plupart des autres. Cela faisait partie de leur style de vie romanesque. Et, Harahap le reconnaissait à regret, il y avait des moments et des endroits où ces quadrupèdes stupides, têtus et inconfortables avaient leur utilité.
Le fait qu'ils ne produisent aucune signature énergétique détectable — en dehors des infrarouges — est un bon exemple, admit-il. Non que le gouvernement planétaire disposât du même équipement de reconnaissance que des systèmes stellaires plus riches et plus avancés. Toutefois, le Service des marshals de Montana, la force de police, pouvait se vanter d'une liste de succès impressionnante. Bien qu'elle ne fût pas très étendue, ses agents étaient intelligents, bien formés et — au contraire de la plupart des policiers, d'après ce qu'avait rencontré Harahap — habitués à réfléchir par eux-mêmes. Il ne faudrait pas bien longtemps pour que les Manties leur apportent le progrès technologique qui leur permettrait d'utiliser leurs compétences à meilleur escient, aussi l'insistance de Westman à mettre en place l'état d’esprit et le matériel nécessaires pour contrer d'éventuels satellite espions n'était-elle pas forcément inutile. Surtout au vu de l’intensité qu'avaient adoptée les recherches les concernant, lui et ses partisans, depuis quatre jours qu'ils avaient commis leur petit attentat.
Si je n'avais pas pré-arrangé la transmission de messages lors de ma dernière visite, je n'aurais jamais réussi à les trouver, et ça ne va pas s'améliorer. Il va falloir qu'ils s'enfoncent de plus en plus dans la clandestinité, donc je ne peux pas leur en vouloir d'être un peu trop... à cheval sur la sécurité en ce moment. Aussi inconfortable que ça soit.
À tout le moins, le maudit animal et lui arrivaient sur le site convenu pour la réunion. Il sortit son GPS pour s'en assurer et ut une grimace approbatrice : il pensait bien que tel était le bouquet d'arbres décrit par le messager de Westman mais il appréciait d'en avoir confirmation.
Son cheval déambulait sur le sentier, avançant opiniâtrement à l'allure qui lui convenait, et Harahap tentait d'avoir lui aussi l'air d'estimer son pas raisonnable. Finalement, il atteignit l'endroit fixé et se laissa glisser de la selle avec un soulagement profond, seulement tempéré par la certitude de devoir remonter sur cet animal contre nature afin de s'en retourner vers ce qui passait pour la civilisation.
Il accrocha à un similichêne local les rênes du cheval, lui lança un regard peu amène et se massa le bas des reins tandis que, du haut de la colline, il observait les alentours.
Il comprenait pourquoi le messager de Westman avait parlé d'une des attractions touristiques les plus populaires de la planète. Bien entendu, les touristes raisonnables se contentaient, pour venir de la capitale, de quelques minutes de trajet aérien. Seuls les véritables cinglés insistaient pour faire le voyage à la « manière montanienne authentique », et Harahap était tristement certain que les employés des écuries leur ayant loué leurs chevaux avaient explosé de rire en regardant partir ces abrutis d'extraplanétaires.
D'où il se trouvait à présent, il distinguait au moins cent kilomètres des gorges du Nouveau-Missouri. Malgré ses fesses et ses cuisses douloureuses, ainsi que la triste réalité qui l'amenait ici, il n'en fut pas peu impressionné. Le Nouveau-Missouri était le deuxième fleuve de Montana et, au fil des siècles, il s'était foré un chemin à travers les montagnes du Nouveau Saphir, les plus hautes, et de loin, qu'Harahap eût jamais vues. Le représentant de Westman l'avait informé fièrement que les gorges du Nouveau-Missouri étaient presque deux fois plus vastes qu'un certain Grand Canyon de la Vieille Terre. Elles l'étaient en tout cas bien assez pour faire sentir à Damien Harahap sa petitesse et sa mortalité.
Tirant un appareil holo, il se mit à prendre des clichés comme tout amoureux de la nature qui se respecte. L'appareil faisait partie de sa panoplie de touriste mais il avait déjà décidé de conserver ces souvenirs-là lorsqu'il entendit rouler des pierres sur les pentes qui l'entouraient. Baissant l'appareil, il regarda tranquillement Stephen Westman le rejoindre, monté sur un grand hongre rouan.
« Je dois dire que le décor est bien plus spectaculaire que lors de notre dernière rencontre, déclara-t-il quand le Montanien s'arrêta près de lui et mit pied à terre avec la grâce fluide de toute une vie d'entraînement.
— C'est vrai », admit Westman.
Ses yeux bleus dépassèrent son visiteur afin d'admirer une fois encore la vue remarquable, un spectacle dont il ne se lassait jamais, bien qu'il fallût parfois l'enthousiasme d'un extraplanétaire le contemplant pour la première fois pour lui rappeler à quel point il était merveilleux.
« Je ne suis pas sûr que cet isolement complet soit vraiment nécessaire, cela dit, reprit Harahap. Et, quoique je ne veuille pas me montrer critique, je pourrais signaler que nous tenir debout au bord de cette falaise nous rend assez vulnérables à tout microphone directionnel placé dans les environs.
— En effet... ou plutôt ce serait le cas s'il y en avait, répondit Westman avec un petit sourire. Pour être franc, monsieur "le Brandon", une de mes raisons pour choisir cet endroit, c'était l'avoir la certitude que vous viendriez seul. Et, sans vouloir vous paraître menaçant, je pourrais vous faire remarquer que vous tenir debout au bord de cette falaise fait de vous une cible assez aisée pour les gars armés de pulseurs planqués dans les buissons pour surveiller mes arrières.
— Je vois. » Harahap étudia avec calme le visage souriant de son interlocuteur puis il hocha la tête. « Donc c'était moins une question de sécurité par rapport aux systèmes de détection des autorités que pour me faire sortir en terrain découvert.
— Ouaip, admit le Montanien. Non que je pense réellement que vous travailliez pour Suttles ou les Manties. Je connais très bien le marshal en chef Bannister : ce n'est pas son style, et je ne crois pas que les Manties aient eu le temps de s'organiser pour m'envoyer leurs agents de cette manière. Mais vous auriez fort bien pu travailler pour les Rembrandtais. Peu probable mais possible. D'ailleurs, il se pourrait encore que ce soit le cas.
— En tant qu'agent provocateur ? » Harahap ricana. « J'approuve votre prudence. Mais, si je travaillais pour Vaandrager ou Van Dort, des aérodynes armés de canons pulseurs seraient déjà en train de fondre sur nous.
— Et de s'écraser dans les gorges », ajouta Westman avec un sourire. Comme son compagnon s'étonnait, il haussa les épaules. « J'ai investi un bon paquet de fric en outils de première nécessité avant de prendre le maquis, Brandon. Notamment de très jolis missiles sol-air solariens, avec lanceur d'épaule. Ils sont peut-être un peu dépassés, et je n'en ai pas énormément, mais ils fonctionnent très bien, et ils devraient éliminer tout véhicule inférieur à une navette d'assaut moderne. Je me suis dit que ce serait un bon endroit pour en emporter quelques-uns.
— Alors il est heureux pour nous deux que je ne travaille pas pour l'UCR. » Harahap lui rendit son sourire tout en se demandant s'il disait ou non la vérité. L'un dans l'autre, surtout compte tenu de l'aisance avec laquelle le Montanien avait perpétré son attentat dans l'enclave du spatioport de l'Union commerciale, il avait tendance à le croire.
« Mais si vous ne travaillez ni pour les Rembrandtais ni pour les Mamies, observa Westman, la question de savoir pour qui vous travaillez exactement reste entière.
— Je vous l'ai dit lors de notre dernier entretien. À l'époque, nous n'avions pas encore de nom mais nous étions déjà les mêmes personnes. Et nous avons décidé de nous baptiser Comité central de libération, parce que ça sonne bien. »
Les lèvres de Westman s'étirèrent pour accompagner l'éclair d'amusement qui passa dans ses yeux, mais Harahap n'en fut pas dupe. Cet homme était très intelligent, quels que fussent ses préjugés, et il savait que quiconque choisissait de s'impliquer dans un jeu de cette nature avait des mobiles personnels. Mobiles qui correspondaient ou non à ceux qu'il disait avoir.
« Nous avons enfin commencé à nous organiser de manière efficace, continua le capitaine de gendarmerie, et notre arnaque pour extorquer des fonds à l'UCR a fonctionné encore mieux que prévu. » Comme il l'avait espéré, le sourire de Westman s'élargit un peu lorsqu'il évoqua la prétendue ponction dans les coffres de l'Union. Cette idée semblait l'amuser encore plus que Nordbrandt. « Nous avons aussi localisé une source solarienne d’armes et matériels divers, modérément corruptible, dans le système de Meyers.
-- Vraiment? fit le Montanien sans intonation particulière.
— Vraiment. Je ne vais pas vous mentir, monsieur Westman. Tout comme vos MSA, ce ne sont pas des armes du dernier cri. Elles viennent sans doute de l'arsenal d'une milice planétaire quelconque. Mais elles ont été révisées et elles sont au moins aussi efficaces que celles de votre gouvernement. L'équipement communications et de surveillance est quant à lui plus récent - du matériel civil solarien de la dernière génération. Sans doute pas tout à fait au niveau de ce dont dispose l'armée manticorienne, mais à des années-lumière de tout ce que vous pourriez obtenir localement.
— Et, bien entendu, vous êtes disposé à me faire profiter de tout ça par pure bonté d'âme ?
— Ma foi, en gros, c'est ça, répondit Harahap en soutenant le regard inquisiteur de son compagnon avec la sincérité absolue qui était l'un de ses plus importants atouts professionnels. Oh, nous ne sommes pas totalement altruistes. Nobles et généreux, oui, mais pas totalement altruistes. »
Westman eut un grognement amusé, et son interlocuteur sourit avant de laisser son expression redevenir sérieuse.
« Sérieusement, je dirais que quatre-vingts à quatre-vingt-dix pour cent des motivations du Comité central sont un mélange d'altruisme et d'intérêt personnel. Les autres dix pour cent sont à ranger au rayon de l'intérêt personnel pur et simple, mais on pourrait en dire autant de vous, n'est-ce pas ? »
Il soutint le regard du Montanien jusqu'à ce que ce dernier acquiesçât, puis il continua avec un petit haussement d'épaules. « Nous ne voulons pas plus que vous de cette annexion. Même si Tonkovic obtient toutes les garanties constitutionnelles de la Galaxie, il n'y a aucune raison de croire qu'un gouvernement aussi éloigné que celui de Manticore se sente obligé de les honorer. Surtout une fois qu'il aura installé ses propres forces armées et collaborateurs ici, au niveau local. Nous n'aimons pas non plus tellement Rembrandt ni l'UCR, et vous et moi savons très bien qui récoltera la crème de l'économie locale si le processus est mené à son terme. Nous avons donc beaucoup de raisons personnelles de jeter toutes les forces possibles dans la bataille. Cela dit, je ne serais pas honnête si je n'ajoutais pas qu'au moins une partie des membres du Comité central estiment que les investisseurs et les transporteurs de leur système stellaire pourraient se tailler une plus grosse part de gâteau dans l'amas si on rabattait un peu le caquet de l'UCR.
— Ce qui signifie que, même si nous nous débarrassons de Manticore et de Rembrandt, il y a de bonnes chances pour que quelqu'un d'autre veuille s'emparer des opérations de l'UCR, dit aigrement Westman.
— L'univers n'est pas parfait, lui fit remarquer Harahap. Et tout système politique ou économique est dynamique, en constant changement. Voyez les choses ainsi : si vous chassez Manticore et l'UCR de l'équation, vous n'obtiendrez peut-être pas une résolution parfaite, mais vous vous serez bel et bien débarrassé des deux diables que vous connaissez. Et quels que soient les nouveaux changements qu'un autre pourra tenter d'imposer, vous repartirez à zéro, et à égalité, si vous voulez en garder Montana. »
L'autre grogna sans se compromettre. Comme il contemplait la gorge, son interlocuteur laissa le silence se prolonger une ou deux minutes, puis il se racla la gorge. Westman se tourna vers lui et haussa légèrement les épaules.
« Au bout du compte, ce qui importe, c'est que nous avons tous au moins en partie les mêmes objectifs... et qu'aucun de nous ne réussira à les atteindre tout seul. Pour l'instant, les manties et les gouvernements favorables à l'annexion détiennent toute l'organisation centrale, tout le partage d'informations et toute la puissance de feu. Votre opération révèle de l'imagination, une préparation attentive et des compétences. Ce sont exactement les qualités qui nous ont fait vous remarquer au départ. Mais ce sont aussi celles qui vont faire de votre élimination une priorité pour les Manties. Et il en ira de même de quiconque leur apparaîtra comme un adversaire conséquent. Or ils disposent d'un net avantage sur nous – du point de vue de l'organisation, pas seulement des armes et des effectifs. Si nous voulons avoir une chance réaliste de garder le contrôle de nos systèmes stellaires et de nos âmes, nous devons acquérir une coordination équivalente. C'est cela que tente de fournir le comité central.
— Et à quel point sont étendus vos... appelons ça vos "chapitres locaux" ? demanda Westman au bout d'un moment.
— Nous sommes encore en train de les mettre en place, admit Harahap. En plus de nos conversations avec vous, nous avons pris des contacts de la Nouvelle-Toscane à Faille. Certains – comme Agnès Nordbrandt, de Faille – ont déjà signé avec nous. » Il ne déformait qu'à peine la vérité. Ce n'était pas très gros mensonge : il n'avait pas recontacté Nordbrandt depuis leur conversation sur Kornati mais il était persuadé qu'elle saisirait son offre officielle lorsqu'il la lui ferait.
« Nordbrandt ? » Les yeux du Montanien s'allumèrent d'un intérêt soudain. « Alors, elle était sérieuse en déclarant qu'elle entrait dans la clandestinité, hein ?
— Oh, très certainement. Bien sûr, j'ai beaucoup voyagé, ces derniers temps, mais je l'ai rencontrée en personne il y a deux mois et nous avons discuté de ses projets en détail. » Encore une petite exagération mais que Westman ne pouvait vérifier. Et qui rendait la crédibilité d'Harahap un peu plus éclatante. « Pourquoi ? Vous avez d'elle des nouvelles plus récentes ?
— Il y a cent vingt années-lumière de Montana à Faille. Même un messager met deux semaines pour faire le voyage. Les dernières nouvelles que j'ai reçues datent de plus d'un mois : je sais qu'elle a démissionné du parlement en affirmant qu'elle avait l'intention de s'opposer à l'annexion par "d'autres moyens". » Il haussa les épaules. « Si elle est aussi sérieuse que vous le dites, je pense qu'on en apprendra davantage d'ici peu.
— Sans aucun doute, acquiesça Harahap. D'après les projets dont nous avons parlé, elle devrait faire grosse impression. Peut-être rien d'aussi spectaculaire que votre petite farce de la semaine dernière, mais assez pour que les Manties soient obligés de dresser l'oreille.
» Mais le délai dans la chaîne de l'information que vous venez de signaler est l'une des meilleures raisons d'accepter l'aide du Comité, continua-t-il. Si tout va bien, nous serons cantonnés dans le système de Fuseau, à deux pas des délibérations de l'Assemblée constituante, ce qui nous permettra de distribuer des informations aussi vite que nous les obtiendrons. En outre, ne nous voilons pas la face, c'est sûrement en Fuseau que les Manties installeront leur propre administration une fois établis, donc les informations vont affluer vers le centre beaucoup plus vite qu'elles ne gagneront la périphérie. »
Westman acquiesça, pensif. Il se tourna pour contempler à nouveau les gorges, ôtant son chapeau, laissant la brise vive et fraîche ébouriffer ses cheveux blonds. Un faucon terrien passa au-dessus de leur tête, les ailes étendues, planant sur les courants thermiques. Harahap entendit son cri aigu, perçant, lorsqu'il fondit sur une petite proie. Enfin, le Montanien se retourna vers lui et tendit la main.
« Très bien, dit-il. Comme vous dites, même si nous avons tous nos mobiles individuels, nous sommes au moins d'accord sur la nécessité d'écrabouiller Rembrandt et de virer les Manties de l’amas à grands coups de pied au cul. J'imagine que, pour le moment, c'est suffisant.
— Je crois que vous ne le regretterez pas, mentit Harahap.
— Sinon, ce ne sera pas la première fois de ma vie que je regretterais quelque chose », dit Westman, philosophe. Après qu’ils se furent serré fermement la main, il recoiffa son stetson. Maintenant que nous sommes d'excellents amis, reprit-il, je suppose qu'il va nous falloir réfléchir un peu à des canaux de communication. » Comme Harahap hochait la tête, il plissa les lèvres. « Combien de temps restez-vous sur la planète ?
— Il faut que je reparte aussi vite que possible. Nous avons l'autres représentants à l'autre bout de l'amas mais je suis le seul contact de la plupart des gens sur la frontière sud.
— Je suppose que c'est logique », fit le Montanien. Après Avoir médité encore un peu, il haussa les épaules. «Je peux demander à mes équipes d'installer trois ou quatre canaux sécurisés indépendants d'ici demain matin. Nous sommes organisés par cellules et chaque canal reliera à une cellule séparée. Même si nous en perdons une ou deux, vous devriez donc toujours pouvoir me contacter quand vous reviendrez dans le coin.
— Ça m'a l'air très bien, approuva Harahap, impressionné par la réflexion que Westman avait visiblement accordée à son entreprise. Et il nous faudra aussi prendre des dispositions pour la livraison des armes.
— Quand pouvons-nous y compter ?
— C'est dur à dire avec précision. Je pense qu'il faudra quelque chose comme deux ou trois mois. Les armes sont déjà dans le circuit, mais il faut que nous les fassions livrer. Et, pour être honnête, je n'avais pas l'absolue certitude que vous accepteriez de vous associer à nous, si bien que vous n'êtes pas la première étape sur le trajet de nos livreurs. » Il grimaça. « Dommage. Il aurait été plus rationnel de vous déposer ça en arrivant dans l'amas depuis Meyers. Dans l'état actuel des choses, nous allons être obligés de faire une boucle et de repasser par ici en rentrant chez nous.
— Eh bien, je suppose qu'on s'arrangera pour survivre en attendant, fit Westman avec un petit sourire. Après tout, quand j'ai commencé, je n'avais prévu de recevoir aucun soutien étranger. Nous tiendrons le coup en attendant vos flingues.
— Parfait, dit Harahap en lui lançant un autre de ses sourires sincères brevetés. J'ai vraiment hâte de travailler avec vous. »