Onyria 1 Le Labyrinthe: romance sur fond de dystopie (French Edition)
Chapitre 5
OceanofPDF.com
Elaheh
J’ai mal. Ma tête me lance. Je bats des cils, essayant de chasser la douleur. Un flash. Bon sang, on m’a assommée ! Aussitôt, je suis réveillée. J’ouvre les yeux, cherche à identifier les lieux et les coupables. Il fait sombre. Pas de fenêtre. En tentant de me redresser, je réalise que j’ai les bras attachés derrière le dos, probablement aux barreaux de la chaise sur laquelle je suis assise. Impossible, c’est un cauchemar ! Une peur irrationnelle me vrille l’estomac. Respire, Ela, réfléchis, ne panique pas…
Facile à dire. Le noir absolu m’effraie. Le silence également. J’ignore pourquoi, je songe à Jin dans le tunnel. J’essaie d’en tirer un peu de force. Il n’avait que quinze ans… J’en ai vingt-huit, je peux surmonter cette nouvelle épreuve.
— Enfin, elle a repris ses esprits, marmonne une voix d’homme qui m’est inconnue.
La lueur d’une torche, des bruits de pas, des souffles lourds, et me voilà en compagnie d’un petit groupe qui m’encercle. Des silhouettes masquées, demeurant dans l’ombre. Ça y est, c’est officiel, je perds pied.
— Qui… qui êtes-vous ? bredouillé-je, ahanant à cause de l’anxiété.
— Tes bourreaux, ricane l’un d’eux.
Mes poumons déraillent aussitôt.
— Libérez-moi ! Vous n’avez pas le droit de me détenir ici !
— On a tous les droits, beauté. On a beaucoup de questions à te poser…
Je frémis d’horreur. Un interrogatoire. Pourquoi ? Comment ? Je manque de défaillir, soumise à une pression artérielle explosant les compteurs. La bouche sèche, je ne parviens plus à articuler le moindre son.
— Parfait, on dirait que tu as saisi. Garde cet état d’esprit, la peur sera ton amie, me susurre un des hommes cagoulés en me caressant la joue.
Son doigt calleux m’informe que ce n’est pas un bureaucrate de la Cité. Mon cerveau se met en route, tentant de reprendre le dessus sur la tempête physiologique qui m’agite.
— On va te laisser un peu tranquille, déclare un autre avec un timbre chirurgical, dénué d’émotion. Mais pas sans t’offrir un petit secret bien utile. Ton père s’est suicidé dans la matinée. Il s’est senti en danger, il a préféré nous échapper. Tu n’auras pas cette chance. Il ne nous reste plus que toi pour parler, et crois-moi, on est doués dans le domaine de la persuasion…
Ses mots déflagrent dans mon cœur et me jettent à terre. J’encaisse la nouvelle comme on encaisse un coup de poing en plein ventre. Sa menace glisse sur moi sans m’atteindre. Non, tout ce que je retiens, c’est l’annonce du décès de mon père. Je voudrais leur hurler que c’est faux, qu’ils me mentent, me manipulent, pourtant, au fond de moi, je sais déjà. Je l’ai éprouvé toute la journée. Cette alarme. Ce sentiment que quelque chose ne tournait pas rond, ce nœud dans mes entrailles. Je ne pleure pas. J’en suis incapable. Je ne bouge plus, catatonique, en proie à la sidération la plus totale.
Mon père est mort. Il a mis fin à ses jours… de lui-même, par choix. Impossible.
— Allez, elle m’a l’air bien secouée. On va la laisser cogiter maintenant.
C’est ce qu’ils font. Ils m’abandonnent dans le noir le plus complet, seule, inconfortablement installée sur cette probable chaise, les poignets liés et le cœur en charpie.
***
Des secondes, des minutes, des heures. Je n’ai plus la notion du temps. Encore une fois, malgré moi, mon esprit se raccroche à un vieux souvenir ancré dans ma mémoire. Le magnifique sourire de Jin. Son bonheur communicatif lorsque je lui ai révélé son âge. Je comprends, désormais. Les ténèbres me privent de tout repère. J’ignore si un jour, peut-être deux, se sont écoulés. Je pense à ma mère. Énormément. Ils n’ont pas parlé d’elle. Il ne manquait qu’une âme supplémentaire sur le compteur avant qu’ils me capturent.
Après l’abattement, mon cerveau s’est réveillé. Réfléchir. Je n’ai plus que cette option. Cogiter pour survivre. Analyser. Décortiquer. Rattraper ce que j’ai raté. Mon ventre gronde. La faim et la soif me tiraillent, mais je les occulte, me concentrant sur la multitude de détails qui m’ont échappé. Le bonjour de mon père à ma mère était un message, j’en suis persuadée à présent. A-t-elle pu se mettre à l’abri ? Contre qui ? Contre quoi ? Le gouvernement ? Les hommes qui m’ont emprisonnée ne portaient pas les tenues de l’armée régulière. Qui sont-ils ? Pour qui travaillent-ils ? Pourquoi suis-je ici ? Ma dissidence ? Pourquoi ne pas simplement m’éliminer ? Qu’attendent-ils de moi ?
Tout défile dans ma tête. Mes neurones turbinent, en quête de réponses et d’une solution qui ne vient pas. Sont-ils à la recherche de la faille découverte par nos ancêtres ? Je retrace le fil des événements, puis de cette journée maudite où tout a basculé. Navid. Mes parents ne cessaient de me parler de lui. Pourquoi ? Un flash surgit. La cuillère de Siba. Insupportable à s’éterniser dans sa tasse, tournant encore et encore, comme si elle savourait quelque chose en secret. Était-elle au courant ? Mon pouls s’accélère. Oui. Tout a démarré lors de ce repas. Mon malaise est parti de là. Je me remémore le dernier geste de mon père avant de me quitter. Cette paume apaisante sur mes cheveux, comme autrefois. Ma gorge se noue à ce souvenir. Il savait, lui aussi. Était-ce un adieu ? Mes poings se serrent. Je suis en colère. Je n’ai pas encore trouvé contre qui ou quoi, mais je n’accepte pas son décès. Cette situation n’a aucun sens.
Un grincement focalise mon attention. Privée de la vue, mon ouïe est plus sensible que jamais. Au lieu du son lourd des bottes, un claquement de talons sur le sol me hérisse les poils sur les bras. Une femme, assurément. Le gouvernement possède des exécutants des deux genres. La torture n’est sans doute pas l’apanage des hommes. Néanmoins, concevoir qu’une femme puisse y participer me donne la nausée. Je me tends, aux aguets, dans l’attente du sort qui m’est réservé.
— Quelle charmante vision, s’enthousiasme une voix que je reconnaîtrais entre mille.
Siba. Je n’ai pas besoin de confirmation. Son timbre de crécelle empli de dédain déverse son fiel avec volupté, à peine a-t-elle passé la porte qu’elle laisse entrouverte, me permettant de recevoir un peu de clarté pour étudier les lieux. Des murs de béton, et ce qui ressemble à un couloir attenant avec des lumières artificielles.
— Tu croyais vraiment pouvoir nous duper en restant cachée dans ta chambre tout ce temps… raille-t-elle. Tss-tss, ma pauvre. Tout le monde applaudit ton intelligence, mais tu n’es pas meilleure qu’une autre, loin de là. Ton père et toi vous pensiez supérieurs pour quelques tests de QI, mais vous voilà à nos pieds, comme tous vos semblables avant vous. Bientôt, nous vous aurons tous retrouvés. Vous n’en avez plus pour longtemps, bande d’insectes !
Je ne m’attarde pas sur ses mots. Entendre parler de mon père allume une flamme au creux de mon âme. C’est tout ce que je retiens de son discours victorieux. Alors, elle savait. C’est elle ! Elle est responsable de quelque chose. Peut-être même de sa mort. Est-ce seulement un suicide, et pas un meurtre déguisé ? Une colère vive m’embrase les veines.
— Pour qui travailles-tu ? craché-je, ébranlée par la puissance de ce que j’éprouve à cet instant.
Une fureur sans pareille me lézarde la poitrine, accentuant ma migraine. La tête me tourne. Si je me fie à mes connaissances médicales, ça doit faire deux jours que je n’ai rien bu, car les premiers symptômes typiques se font sentir. La peau me tire, ma lucidité s’amenuise. Cependant, une haine viscérale m’empêche de sombrer définitivement dans la torpeur. Siba paraît se réjouir de mes tourments et de mon emportement.
— Tu n’es pas en mesure de poser les questions, Ela chérie, s’amuse-t-elle. Ce sera à toi de nous répondre et non l’inverse. Mais pas à moi. Ce n’est pas mon rôle. Je venais juste savourer cette délicieuse vision. Toi, qui
portes le prénom de déesse[3] avec autant d’orgueil et qui te penses supérieure à la majorité, te voilà enfin condamnée. Une misérable traîtresse qu’on va égorger tel l’animal que tu es.
— Que me reproche-t-on ? l’agressé-je, les dents serrées. Le sais-tu seulement ? Tu ne dois être qu’un pantin. Une simple poupée qui sert des maîtres-chanteurs bien plus grands que toi. Je suis sûre qu’avec le peu de cervelle que tu possèdes, ils n’ont pas pu te donner un poste très important. Laisse-moi deviner, tu n’es qu’une pièce parmi tant d’autres, et c’est pour ça que la jalousie te bouffe de l’intérieur. Parce que tu rêves de monter en grade, mais qu’avec ton intellect limité, tu es condamnée à rester en bas de l’échelle pour l’éternité !
Je n’ai jamais eu foi en notre politique et en nos machines. Jamais jugé autrui selon ses résultats aux tests de QI. Aujourd’hui, c’est la haine qui m’aveugle en prononçant ces paroles blessantes à dessein.
Les yeux de Siba virent à l’orage. Contrairement à moi, elle est incapable de masquer ce qu’elle ressent. La fureur anime ses traits, les déforme en une grimace, dévoilant son vrai visage. Celui que mon père et moi n’avions pu manquer depuis le départ. Siba incarne les harpies des légendes antiques. C’est officiel, Onyria est défectueuse. Elle tue des enfants qui éprouvent des remords parce qu’ils ont de l’empathie, mais laisse vivre des déchets pourris de l’intérieur, simplement parce qu’ils sont d’excellents exécutants qui agissent sans penser, sans réfléchir ni les contredire. 10 % d’élite, 90 % de moutons juste bons à suivre les ordres dictés par un système mis en place il y a cinq cents ans. J’ai envie de vomir. Je n’étais pas proche de Shirin et de Yesfir quand j’étais petite, mais pour sûr, elles avaient plus d’humanité que n’en possédera jamais Siba. Être au pied du mur me renvoie toute l’injustice de notre organisation en pleine face. Sous couvert de sauver notre espèce, on choisit de sélectionner scrupuleusement ceux qui sont en droit de survivre. Mais pourra-t-on réellement parler d’humanité, alors que la majeure partie d’entre nous ne sont que des robots calibrés par des machines ?
— Tu m’impressionnes, persifle Siba avec tout le dédain dont elle est capable. Mais je n’en attendais pas moins de toi. Encore fière, alors qu’on va bientôt te réduire en poussière. On raconte que la brigade de torture en sous-sol est d’une efficacité redoutable. C’est pour ça que ton père a préféré mettre fin à ses jours plutôt qu’affronter l’expertise de ces forces spéciales. Nous aurions dû l’anticiper, d’ailleurs. Je ne comprends même pas pourquoi tu es rentrée. Tu aurais mieux fait de t’enfuir, ça aurait été distrayant de te chasser à travers les rues de la ville. Il paraît que certains d’entre vous ont essayé et qu’ils n’en sont pas ressortis indemnes. Je t’espérais un peu plus amochée que cela. Ne t’en fais pas, je suis venue rectifier le tir.
Tout en disant cela, elle extirpe un canif de la poche de sa tunique seyante. Contrairement à moi, elle adore s’habiller près du corps avec des robes multicolores au tissu chamarré d’or pour tenter de capter la lumière et le feu des projecteurs. Ce n’est pas dans ses habitudes de se balader avec une arme, ce serait trop visible sous des vêtements comme les siens. Savoir qu’elle en a apporté une juste pour cette occasion déclenche une alarme dans mon esprit. Elle est dangereuse. Perfide, cruelle. Je n’ai pas besoin de m’attarder sur tous ses réflexes faciaux pour deviner qu’elle est animée de desseins sordides.
— Aurais-tu peur ? me demande-t-elle avec un sourire sadique.
— Tu aimerais, n’est-ce pas ? répliqué-je, acide.
Je n’aurais pas dû. Ça m’a échappé sous le coup de l’émotion, néanmoins, agir sans réfléchir est d’une stupidité sans nom. Je n’ai fait qu’attiser la rage qui sommeille chez cette vipère.
— Ah, tu es insupportable ! s’emporte-t-elle en m’assenant une gifle, les phalanges recourbées pour me griffer au passage. Toujours si hautaine et sûre de toi ! Je vais me faire une joie de te remettre à ta place…
Ses prunelles marron brillent d’une lueur sauvage tandis qu’elle déplie la lame avec soin. Elle l’approche dangereusement de ma pommette, l’air dément.
— On va commencer par s’occuper de ce joli minois dont tu tires tant de louanges, susurre-t-elle. Tu n’en auras plus besoin. Plus personne ne t’épousera, tu vas croupir ici, nous dire tout ce que tu as à nous dire, et puis mourir comme la chienne que tu es.
Elle fait glisser le métal sur ma peau, m’incisant la joue avec lenteur, se délectant de mon tressaillement et de la sueur qui perle de ma tempe. La brûlure est atroce. Du sang chaud me coule déjà jusqu’au menton. Une migraine lancinante tambourine dans mon crâne. La douleur vive et la soif menacent de me faire perdre connaissance, je dois lutter, trouver un moyen de résister. Je songe un instant à me mordre violemment la langue ou à incliner la tête pour qu’elle me perfore la carotide, m’éliminant d’office. J’ignore les informations qu’ils souhaitent me soutirer, mais je sais que je vais souffrir.
— Tu ne cries pas, c’est bien triste, se lamente Siba, semblant déçue de cette constatation. Attends, je me charge de créer un peu d’harmonie dans tout ça. Je vais t’entailler l’autre joue. Ou alors, je pourrais te trancher l’oreille ou un doigt pour voir si tu parviendras toujours à te contenir…
L’écouter hésiter sur mon sort me rend malade. Mon pouls caracole et me cogne les veines, les tempes. Ne vaut-il pas mieux disparaître tout de suite, comme l’a choisi mon père, plutôt que supporter ce qu’elle m’annonce ?
Alors que je m’apprête à mettre à exécution un de mes plans, la lumière du couloir s’éteint brusquement.
— Qu’est-ce que… s’exclame Siba.
L’instant d’après, j’entends un grésillement, perçois des éclairs blancs dévoilant une silhouette encapuchonnée, puis un cri et le bruit d’un corps qui tombe. Que se passe-t-il ? Mon cœur part dans les tours. C’est trop en si peu de temps. Mon métabolisme peine à encaisser toute cette montée d’adrénaline. La douleur, la faim, la soif, la peur, ce cocktail détonant me met à mal. Je respire vite, halète, guettant le moindre son pouvant m’indiquer qui se trouve dans cette pièce avec moi. Le froissement d’un tissu fluide, un pas léger se déplaçant dans l’obscurité. Quelqu’un me contourne, puis cisaille la corde qui me retient prisonnière. Je glapis de surprise au contact du métal froid. On m’a libérée.
— Qui êtes-vous ? articulé-je, la bouche pâteuse et la gorge sèche.
— Nous n’avons pas le temps de discuter. Suis-moi.
Cette voix… mon cœur explose en mille morceaux. Pour la première fois depuis le début de ce cauchemar, des larmes me montent aux yeux.
— Maman… bredouillé-je, éberluée. Maman, c’est bien toi ?
Une main douce et chaude agrippe la mienne, puis m’entraîne dans son sillage, son parfum inimitable répondant à sa place. J’aurais dû le reconnaître tout de suite. Elle est vivante. Elle est venue à mon secours. Je titube, elle me redresse, me soutient. Je réalise qu’elle se met en danger. Pour moi. Pour me sauver. Je refuse de la perdre, elle aussi.
— Pars, laisse-moi, je…
— Nous y sommes presque, m’interrompt-elle. Nous devons faire vite. Ils vont rallumer d’ici peu, nous devons être sorties avant cela. Ils ne connaissent pas ce passage.
L’urgence dans sa voix me contraint à me taire et à hâter le pas avec elle. Je ne comprends pas comment elle se déplace dans les ténèbres. Elle se fige, et après plusieurs secondes d’éternité, un déclic retentit. Je sursaute, puis bats des cils en percevant enfin un peu de clarté. Pas grand-chose, juste quelques rayons de lune. Je reconnais alors son laboratoire.
— Comment…
Elle ne s’arrête pas, m’oblige à la talonner pour courir jusqu’à l’extérieur. Elle nous plaque contre un mur et pose les mains sur mes épaules, me fixant avec un sérieux déroutant.
— Écoute-moi sans m’interrompre. Je ne peux pas venir avec toi, mais tu dois fuir. Cache-toi, puis suis le plan que je vais te donner. Tu trouveras nos hommes. Indique-leur ton nom, ils sauront. Ils te protégeront.
— Je… comment ça, tu ne viens pas ? Mais ils vont te tuer ! Te torturer, toi aussi !
— Fais-moi confiance, Ela ! Chaque seconde compte. Je suis tellement désolée. Tu n’aurais jamais dû être mêlée à ça. Navid devait veiller sur toi. Tout est allé trop vite. Siba a falsifié des preuves contre toi. Nous ne l’avions pas prévu. Si on t’interrogeait, tu devais être en mesure de nier en trompant l’oscillographe. À présent, c’est trop tard. Ils t’expliqueront. Prends ça, et pars sans te retourner. Tout de suite !
Elle me remet un petit sac. J’ai envie de me rebeller, pourtant, une lueur dans son regard m’indique que nous n’avons plus le choix.
— Je ne veux pas te perdre ! paniqué-je.
— Et moi, je refuse d’enterrer ma fille ! gronde-t-elle avec la férocité d’une lionne. Alors, maintenant, cours !
— Viens avec moi, l’imploré-je, obstinée.
— Je te promets que je serai à l’abri, abdique-t-elle face à mon entêtement.
— Avec le gouverneur ? craché-je.
Ses prunelles se voilent.
— Tu ne le sais pas encore, mais l’amour d’un homme peut le conduire à bien des concessions, l’aveugler et le changer. Tu me condamnes si tu restes, car je mourrai avec toi plutôt que de les voir t’attraper. Fuis, je t’en supplie…
Son visage me convainc de lui obéir. Elle dit vrai. Je le devine dans mes instincts les plus retranchés. Alors, sans perdre de temps, je fonce à travers les rues de la ville dans la direction qu’elle m’indique. Je ne veux pas qu’elle se sacrifie pour moi. Je nous refuse ce destin-là ! Mes jambes oscillent, me portent avec difficulté, pourtant, l’adrénaline m’empêche de flancher. Je sais déjà où me cacher. Le seul endroit possible, surgi des méandres de mes souvenirs. Un secret gardé précieusement jusque-là.
La crevasse.
OceanofPDF.com
OceanofPDF.com