Passion inattendue à Manhattan
Chapitre 7
7
Rachel entra dans la salle de réunion où l’équipe de Garrett tenait conseil et se glissa discrètement sur une chaise, au fond de la pièce. Elle préférait laisser la table centrale aux directeurs artistiques, concepteurs rédacteurs et attachés de presse. Elle prit soin de ne croiser aucun des regards curieux qui l’accueillirent.
— Qu’est-ce que tu fais là ? demanda toutefois Garrett d’un ton brusque.
La question anéantit immédiatement les efforts de la jeune femme pour se rendre invisible.
— Je suis ici… pour ce que tu sais. Pour ce coaching dont nous avons parlé avec Tony, répondit-elle.
Il lui fallait lutter pour paraître détendue, car rien ne se passait comme prévu. Ce qu’elle avait espéré, c’était qu’il prenne ombrage de la situation et démissionne pour aller travailler dans une société rivale, avec un salaire plus élevé.
Mais il était encore ici !
Et, malheureusement, Tony n’avait pas oublié sa « proposition généreuse » de coacher Garrett au sein de son équipe. Il avait inondé sa boîte e-mail de messages sur l’esprit d’équipe, ce qui, en un sens, lui avait permis d’effacer la mauvaise impression qu’elle avait laissée au petit déjeuner des associés. Elle en avait été ravie… jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle devrait bel et bien passer à l’action et serait alors scrutée à la loupe par les décideurs.
Garrett avait contourné la table et se tenait à présent tout près d’elle. Un peu trop près. Elle se rappela la soirée au bar à huîtres. Un souvenir qu’elle avait du mal à oublier. Chaque fois qu’elle voyait Garrett, elle y repensait.
Elle savait que Garrett recourait à des techniques diverses pour instaurer une distance entre lui et les autres. Il y avait bien sûr son repli sur lui-même, mais aussi cette réserve dans ses yeux noirs, cette expression neutre qu’il arborait en permanence. Sans parler de ses remarques dédaigneuses.
— Nous savons toi et moi que tu ne souhaitais pas que les choses aillent aussi loin, lui glissa-t-il à voix basse. Alors je te propose de sortir tout simplement de la salle et d’oublier toute cette affaire.
Elle était fort tentée. Seulement…
— Tony m’a demandé un rapport, je suis obligée de rester, répondit-elle.
Elle se contenterait toutefois de lui donner des conseils généraux sur la gestion d’une équipe. Il serait stupide de chercher à l’aider en profondeur : ils étaient rivaux et les faiblesses de Garrett servaient ses intérêts à elle.
Il fronça les sourcils.
— Dans ce cas, tu t’asseois ici, ordonna-t-il en désignant le bout de la table. A côté de moi, pour que je puisse t’avoir à l’œil. Et tu as intérêt à ne pas broncher, sinon je te mets dehors. Apporte ta chaise.
Et, évidemment, il ne lui proposa pas de la porter pour elle ! Adam, un concepteur rédacteur, lui vint cependant en aide quand elle cogna par inadvertance la chaise contre le mur. Elle jeta alors un coup d’œil à Garrett, pour lui faire comprendre que son jeune collaborateur avait de meilleures manières que lui.
Alors que la jeune femme gagnait sa place, Natasha lui murmura :
— Bonjour, Rachel.
— Salut, répondit-elle. Comment va Kevin ?
* * *
Elle percevait l’impatience de Garrett et prenait d’autant plus plaisir à échanger ces quelques mots avec Natasha.
— Beaucoup mieux. Son kiné a dit qu’il pourrait reprendre le basket la semaine prochaine.
— Pouvons-nous commencer la réunion ? intervint Garrett d’un ton sec.
Rachel se redressa et, sans se faire prier davantage, gagna la chaise qu’Adam lui avait avancée.
— Parfait, fit Garrett une fois qu’elle fut assise. Je vais vous présenter la société Brightwater, puis vous me poserez vos questions. Nous n’aborderons pas l’aspect créatif tant que Rachel sera présente.
L’équipe approuva, même si certains lui adressèrent des regards désolés. L’idée que trois équipes travaillent pour un même client avait déclenché une excitation générale dans l’entreprise.
La veille, Rachel avait tenu la même réunion avec ses propres collaborateurs. Elle ne s’attendait à aucune surprise concernant la présentation de Garrett.
Et pourtant, elle demeura sidérée ! Garrett rendait compte des mêmes informations qu’elle, mais pas du tout de la même façon ! Il avait laissé de côté son air désinvolte pour donner l’impression que Brightwater était le projet le plus intéressant sur lequel il ait jamais travaillé.
Etait-il vraiment enthousiasmé à ce point ? Pour sa part, même si elle l’avait présenté sous un jour intéressant à son équipe, elle n’avait pas réussi à susciter la ferveur qui brillait actuellement dans les yeux des participants à la réunion.
— Des questions ? s’enquit Garrett lorsqu’il eut terminé son exposé. Dites-moi quels sont les domaines de recherche dont vous préférez vous charger. Je veux que chacun ait le sien.
Il croisa les bras et attendit, se retranchant derrière ce mur de distance agacée si caractéristique de son personnage.
C’était comme s’il venait d’éteindre une lumière.
La discussion tardait à s’engager. Un membre de l’équipe fit une proposition pour un domaine de recherche, espérant s’attirer l’approbation de son chef. Garrett se contenta d’un bref signe d’acquiescement, puis continua à scruter l’assistance. Quelques idées furent émises, mais il les repoussa en secouant la tête.
Cet homme demeurait décidément une énigme. Comment avait-il pu avancer si loin dans sa carrière sans accorder la moindre attention aux autres, en étant aussi insensible à leurs émotions ?
Elle avait le sentiment que les gens donnaient bien plus lorsqu’ils étaient encouragés. Paul Crane, l’un des responsables des ressources humaines, lui avait appris que c’était dans l’équipe de Garrett qu’il y avait le plus de changements de personnel. Et pourtant ce dernier était réputé pour ses projets brillants, alors qu’elle-même était bien plus conventionnelle.
Comment pouvait-il avoir des petites amies ? s’interrogea- t-elle soudain. En trouver ne devait pas lui poser trop de problèmes. Il devait les circonvenir en recourant à l’esbroufe dont il avait fait preuve chez Brightwater. « Et si tu étais un fruit, lequel serais-tu, Cindy (ou bien Tammy, ou encore Jodie) ? », l’imaginait-elle demander. En revanche, garder une fille plus de quelques jours devait être une autre paire de manches ! Elle revint soudain à la réalité. Qu’est-ce qu’elle en avait à faire, des techniques de séduction de Garrett ?
— Alice, tu as des idées ?
Il avait posé la question à brûle-pourpoint, au cœur d’une discussion concernant les visites que l’équipe devrait rendre aux établissements du groupe Brightwater. Rachel était en avance sur lui dans ce domaine, car elle avait déjà envoyé deux membres de son équipe sur les lieux et attendait des photos pendant la pause déjeuner.
Alice toussota.
— Non, finit-elle par répondre d’une voix à peine audible.
C’était une belle jeune femme très intelligente, qui se trouvait aussi être la filleule de Jonathan Key, mais sa timidité était maladive.
— Ce n’est pas possible, Alice ! s’insurgea-t-il. Tu ne dois pas toujours te reposer sur les autres. Je te donne deux minutes pour trouver une idée.
Rachel éprouva tout de suite de la compassion pour Alice et imagina la panique qui devait la submerger. La pauvre ! Son cerveau était sans doute devenu comme une feuille blanche, pensa-t-elle.
— Garrett, intervint-elle.
— Toi, je t’ai dit de ne pas parler.
Comme si elle pouvait se taire devant une telle humiliation ! Elle se pencha vers lui, de sorte que le reste de l’assemblée ne l’entende pas… et inhala l’effluve de fougères et de citron qui émanait de lui.
— Si tu essaies de mettre en valeur les talents de tes collaborateurs, je te promets que je me tais, lui dit-elle.
Il poussa un soupir exaspéré.
— Alice, reprit-il sur le ton de la courtoisie forcée, il faut que tu participes davantage si tu veux continuer à travailler pour KBC, compris ?
Incroyable ! C’était ça, sa façon de mettre les autres en valeur ? Comment osait-il menacer Alice de renvoi ? Au fond, cette attitude le desservait dans la course au titre d’associé et elle aurait dû s’en réjouir. Le problème, c’était qu’Alice était devenue toute blanche et qu’on avait l’impression qu’elle allait s’évanouir ou éclater en sanglots. Elle serait sans doute la prochaine à quitter l’équipe de Garrett. Ce qui était injuste, dans la mesure où c’était une directrice artistique douée, et une personne très aimable.
Garrett, toutefois, s’acharnait.
— J’aimerais entendre tes idées, tout comme ce que tu peux offrir à la société, insista-t-il.
— Je dispose toujours de deux minutes ? osa Alice dans un effort surhumain.
— Non, répondit-il avec une patience exagérée qui était bien plus intimidante que l’ultimatum qu’il avait posé. Oublie les deux minutes ! Je veux des suggestions intelligentes pour des domaines de recherche. Maintenant.
Il balaya la table du regard.
— Les autres aussi peuvent intervenir.
Cependant, chacun paraissait absorbé par les brochures de Brightwater qu’il avait distribuées ou par la prise de notes. Si la situation n’avait pas été tragique, elle en aurait ri.
Le silence persistait, les collaborateurs craignant de s’attirer les foudres ou le dédain de Garrett s’ils émettaient la moindre idée. Ce dernier semblait à la fois irrité et confus, comme s’il ne comprenait pas que cette assemblée de jeunes gens brillants ne soit pas en mesure d’aligner deux idées.
Enfin, Adam prit la parole.
— A mon avis, il va être difficile de faire la promotion de Brightwater. Les gens sont plus attachés aux résultats d’une université en particulier qu’à ceux de la société qui les possède.
L’équipe de Rachel travaillait déjà sur ce problème.
— Peut-être qu’il faudrait interroger des parents d’élèves pas encore inscrits en fac pour comprendre ce qui motive leur choix, continua Adam.
— On peut aussi s’adresser directement aux élèves, souligna Garrett.
Comme son chef semblait enfin s’intéresser au sujet, Adam enchaîna :
— Je crois que c’est un moment décisif dans la vie et que les enfants apprécient alors vraiment le soutien de leurs parents. En tout cas, moi, j’étais heureux d’avoir les miens à mes côtés quand j’ai commencé à chercher une fac. Pour la première fois de ma vie depuis des années, l’avis de ma mère m’intéressait.
Rachel se mordit la lèvre : Adam tenait des propos bien trop personnels, et son assurance allait lui nuire… La preuve, Garrett était en train de construire un avion en papier ! Sentant qu’il perdait l’intérêt de son interlocuteur, Adam reprit :
— Tu comprends ce que je veux dire ? L’avis de ta mère n’a pas compté pour toi quand tu as recherché une fac ?
Garrett lança son avion en papier.
— Elle était déjà morte, répondit-il.
De l’empathie se lut alors sur les visages des participants, et l’avion alla s’écraser dans la carafe d’eau.
Adam rougit.
— Désolé, Garrett, marmonna-t-il. Et de quoi est-elle…
— Elle a contracté la malaria lors d’un voyage humanitaire en Afrique, déclara Garrett. Un virus si virulent que les médecins n’ont rien pu pour elle. Donc non, je ne comprends pas ce que tu me racontes concernant les parents et le choix de la faculté. En revanche, je te donne carte blanche pour fouiller de ce côté-ci.
Il s’adossa à sa chaise.
— Bon, continuons !
Elle n’en revenait pas. Encore une histoire sur la mort de sa mère ? Laquelle était la vraie ? A moins qu’il mente chaque fois ?
Visiblement las d’attendre des idées qui ne venaient pas, Garrett assigna d’autorité plusieurs tâches à chacun, puis conclut :
— Maintenant, vous savez tous ce que vous devez faire. Pour ma part, j’irai visiter le campus Porchester de Brightwater.
Il était prévu que Rachel et Clive fassent eux aussi le voyage.
— Vendredi, précisa-t-il encore, je serai à la bibliothèque. Appelez-moi sur mon portable en cas de besoin.
Par bibliothèque, il entendait sûrement les archives de KBC, au
55e étage. Rachel se demanda ce qu’il espérait y trouver. C’était une source d’inspiration bien curieuse pour un homme qui s’enorgueillissait d’être original.
La réunion terminée, l’équipe se dispersa et la tension retomba peu à peu.
— Tu viens prendre un verre avec nous ce soir, au O’Dooley ? demanda Adam à Rachel.
— Avec plaisir, répondit-elle.
Lorsqu’il s’éclipsa, elle remarqua qu’il s’était bien gardé d’inviter Garrett. Ce dernier interpella alors Alice, qui s’apprêtait à sortir.
— Alice, n’oublie pas ! Il faut que nous parlions bientôt de ce que tu apportes à l’équipe.
La jeune femme murmura quelques paroles incohérentes, puis s’enfuit littéralement, laissant Rachel et Garrett seuls.
Rachel s’apprêta alors à prendre la parole, mais son collègue leva les mains en signe de défense.
— Arrête de me lancer des regards accusateurs ! Je me fiche que ce soit la filleule de Key. Elle ne fait pas le poids, c’est tout, elle n’a rien à faire ici.
— Donc, tu la menaces de licenciement ! Bravo !
Rachel saisit un verre en plastique et voulut se servir de l’eau lorsqu’elle constata avec agacement qu’il y avait encore l’avion en papier dans la carafe. Elle n’allait tout de même pas le repêcher ! Cependant, l’avion trempé empêchait l’eau de s’écouler. Elle reposa la carafe quand le verre fut à moitié plein.
— Je ne l’ai menacée de rien.
— Tu lui as dit que si elle voulait travailler pour KBC, elle devait apporter une plus large contribution au projet.
— C’est vrai, reconnut-il. Et elle doit en prendre conscience.
Prenant le verre des mains de Rachel, il but une gorgée d’eau.
— Cette eau a goût de papier, commenta-t-il.
— Tu penses qu’Alice n’est pas capable de s’améliorer ?
— Comment est-ce que je le saurais ? Si notre société ne lui convient pas, il vaut mieux qu’elle en cherche une autre où elle pourra s’épanouir.
C’était le genre de philosophie que Rachel ne supportait pas : aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte ! Elle tourna son verre afin de ne pas poser ses lèvres au même endroit que lui.
— Alice fait partie de la famille KBC, fit-elle remarquer. On ne dit pas aux membres de sa propre famille d’aller voir ailleurs. On les aide à trouver une façon de s’adapter.
Garrett fronça les sourcils.
— KBC est une agence de publicité, Rachel, pas une famille.
— Ce n’est pas tout à fait vrai. Nous sommes une agence indépendante, nous ne faisons pas partie d’un groupe, ce qui nous laisse une certaine latitude.
— Nous n’en restons pas moins une entreprise.
— Dont les structures nous donnent toutefois un sentiment plus personnel et familial, insista-t-elle.
Il eut un rire hautain.
— Je ne me sens pas du tout en famille ici.
Il était difficile de l’imaginer enfant, au sein d’une famille aimante. Elle avait parfois l’impression qu’il était venu au monde déjà adulte, avec ces mêmes yeux noirs et froids, ces pommettes hautes et cette carrure athlétique. La salle lui parut soudain étroite.
— Si nous sommes une famille, cela doit te torturer que papa Tony veuille te licencier, observa Garrett.
— Ce n’est pas personnel.
— Nous sommes d’accord.
Agacée, elle reprit d’une voix plus ferme :
— Tu devrais aussi veiller à être plus aimable avec Adam. Tu n’avais pas besoin de le mettre mal à l’aise avec la mort de ta mère.
Garrett lui adressa un regard perçant.
— Je ne vois pas pourquoi j’alimenterais sa curiosité. La mort de ma mère, ce n’est pas son affaire !
— Les gens posent des questions parce qu’ils s’intéressent aux autres.
— Je ne vois pas le rapport. La mort de ma mère ne regarde que moi.
— Est-ce que l’une de ces versions est vraie, au moins ? C’est la malaria, un accident d’avion ou le cancer ?
— Tu souffres de surdité ? Tu n’as pas entendu ce que je viens de te dire ?
Que lui arrivait-il ? se demanda-t-il. Pourquoi ne comprenait-elle pas quand il lui disait de ne pas approcher ? Les autres saisissaient tout de suite, eux…
— Ne va pas imaginer le pire ! ajouta-t-il. Il n’y a rien eu de sinistre dans la mort de ma mère.
Ni violence ni suicide, si c’était ce à quoi elle pensait.
Elle poussa un soupir.
— Tu es sûr ? Tu ne dis pas ça pour me rassurer ?
— Je te le jure, répondit-il d’un ton solennel. Sur tes magnifiques jambes.
— Arrête avec ça ! s’exclama-t-elle d’un ton sec, avant de poursuivre : Garrett, à propos d’Alice et d’Adam…
En prononçant ces mots, elle se pencha vers lui et, sans le vouloir, déplaça légèrement sa chaise à roulettes et lui frôla le genou.
Il eut un brusque mouvement de recul.
— Tu peux te contrôler, s’il te plaît ? fit-elle agacée. Je ne suis pas contagieuse. Tu penses que cela va te tuer, peut-être, de ne pas mettre un mètre de distance entre les autres et toi ?
— Mais enfin, de quoi est-ce que tu parles ?
Elle n’était pas à un mètre de lui, et il voyait parfaitement chacun de ses cils devant ses yeux noisette qui lançaient des éclairs de colère. Ses lèvres étaient plus pleines qu’il ne l’avait imaginé…
— Chaque fois que je m’approche de toi, tu recules, lui dit-elle sur le ton du reproche.
Il réfléchit un court instant.
— Moi, je fais ça ? s’étonna-t-il. Non, tu exagères.
Alors, à son grand effroi, elle lui prit la main.
— Qu’est-ce que tu fais ? s’enquit-il, inquiet.
— C’est si terrible que ça, de toucher les autres, d’avoir un lien avec eux ?
Elle referma les doigts sur sa paume. Automatiquement, il se figea.
— Je ne te fais absolument pas mal, ne te raidis pas, murmura-t-elle.
— Tu es devenue folle ? demanda-t-il en essayant de se dégager.
Mais elle lui tenait la main avec une force de tigresse.
— Tu as bien conscience que c’est du harcèlement sexuel ? fit-il alors.
— Disons plutôt que c’est une forme de thérapie.
Au fond, le contact lui procurait tant de bien qu’il songea qu’elle n’exagérait peut-être pas… Et, pourtant, il ressentait le besoin urgent de rompre le lien. Avait-il vraiment un problème ? se demanda-t-il alors.
— Lâche-moi, ordonna-t-il en s’efforçant de garder son calme.
Mais, soudain, il comprit. Il changea alors de tactique.
— Mais ça, tu ne sais pas faire, hein ? Tu ne sais pas laisser tomber un petit ami complètement nul, ni une société qui n’en a rien à faire de toi.
— C’est mieux que de ne pas savoir garder ce que l’on a de bon, répliqua-t-elle entre ses dents. Comme tous ces postes excellents que tu as laissé tomber, ou les gens de ton équipe. Y a-t-il quelque chose à quoi tu tiennes, Garrett ? Je suis même prête à parier que tu n’as pas de relation avec ta famille.
Ah non ! C’était lui qui décidait avec qui il parlait de sa vie privée, et elle ne figurait pas sur la liste.
Ni personne d’autre, d’ailleurs.
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