Théâtre . 3
Scène XIII
Léonida, Béchut
Béchut, galamment. − Mademoiselle...
Léonida, à part, mettant la main sur son coeur. − Il est là !
Béchut. − Permettez−moi de bénir le hasard qui me fait vous rencontrer seule dans ce salon isolé...
Léonida, minaudant. − C'est bien le hasard, en effet... (Le reconnaissant, et à part.) Ciel ! le monsieur qui nous a interrogés chez le commissaire !
Elle se détourne.
Béchut. − Qu'avez−vous donc ?
Léonida. − Moi ? ... rien.
Béchut, à part. − L'émotion... Elle est très belle... mais il me semble l'avoir déjà vue quelque part... (Haut.) Pardon, n'étiez−vous pas aux Italiens, mardi dernier ? ...
Léonida, se détournant. − Non... ce n'est pas moi. (A part.) Il ne me reconnaît pas !
Béchut. − Mademoiselle, je n'ai pas l'honneur d'être connu de vous... mais je vous connais, moi...
Léonida, effrayée. − Non, monsieur... vous vous trompez !
Béchut. − Je sais que vous avez donné vos plus belles années à un vieillard chagrin... (A part.) Mais où diable l'ai−je vue ?
Léonida. − En vérité... je ne mérite pas ! ... je n'ai fait que mon devoir... (A part.) Comment m'en aller ?
Béchut. − Pardon ! n'étiez−vous pas samedi au Jardin d'Acclimatation ?
Léonida. − Non, monsieur... excusez−moi... mais je suis engagée pour la valse.
Elle passe près de la cheminée en cherchant à gagner le fond.
Béchut, à part. − Bien sûr, je l'ai vue quelque part... et il n'y a pas longtemps.
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