Uranus
Chapitre XI
Ils prirent, en direction de Blémont, un sentier qui coupait celui de la montée. Profilée sur un ciel très bleu, la ville commençait à émerger au-dessus de la cassure du coteau, qui dissimulait les ruines. Elle apparaissait comme une bande étroite de constructions, étirée entre la gare et la rivière, et son manque d’épaisseur, rendu sensible par certaines perspectives de toits, en faisait une ville absurde, presque cocasse. À mesure qu’ils avançaient, les immeubles montaient sur la campagne et les ruines les plus proches de la rivière commençaient à surgir. Archambaud apercevait sa maison et, lorsque le deuxième étage vint se poser sur un champ d’avoine, il regarda ses trois fenêtres de façade afin de s’assurer qu’aucune d’elles n’encadrait la silhouette de Maxime Loin. Il put d’ailleurs se rendre compte que la distance était trop grande pour que le fugitif, au cas d’une imprudence,
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risquât d’être reconnu.
Comme les deux compagnons arrivaient à une cinquantaine de mètres de la cassure, ils virent Gaigneux qui montait la côte sur le petit chemin bordant la falaise. Il n’avait pas l’air d’un promeneur et marchait vite, comme un homme qui sait où il va. La rencontre d’Archambaud et de Watrin parut le surprendre et le contrarier. Il ne put moins faire que de s’arrêter. Après les poignées de main, le professeur parla du soleil, de la campagne, des sauterelles. Gaigneux l’écoutait, tête baissée, levant parfois sur lui un regard furtif et inquisiteur. Ils étaient au bord de la cassure et Archambaud, en jetant de temps à autre un mot dans la conversation, considérait les ruines où circulaient de nombreux promeneurs.
« Je bavarde, dit Watrin en riant. Monsieur Gaigneux, j’ai quelque chose à vous demander. J’ai appris que ce pauvre Léopold a été arrêté et j’en ai de la peine. C’est un excellent homme et un bon ami à moi. Savez-vous pourquoi on l’a arrêté ?
– Non, répondit Gaigneux d’un ton sec.
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– Je sais qu’hier matin, il a eu des démêlés avec un des vôtres, un nommé Rochard. J’ai pensé que cette histoire-là n’était peut-être pas sans rapport avec l’arrestation.
– Je ne vois pas le rapport.
– Écoutez, monsieur Gaigneux, vous n’êtes pas obligé de me dire ce que vous savez à propos de cette affaire. Mais enfin, vous connaissez Léopold depuis longtemps. Vous ne pouvez tout de même pas ne pas regretter qu’un brave homme soit traîné en prison pour avoir tenu tête à un Rochard. Allons, parlons franchement. Vous connaissez Rochard mieux que moi, vous savez ce que vaut l’individu.
– Rochard est un bon patriote. »
Le professeur, à cette réponse, eut un sourire à la fois amusé et découragé. Archambaud, qui connaissait assez peu Léopold, s’était gardé d’intervenir dans la discussion, de crainte de se laisser aller à des paroles imprudentes, mais en entendant faire l’éloge du patriotisme de Rochard, il ne se contint plus.
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« Il est frais, le patriote ! Un joli monsieur ! Et vous, Gaigneux, je ne sais pas si vous parlez sincèrement, mais qu’un homme aussi sérieux que vous puisse encore proclamer son estime pour un salaud pareil, je n’en reviens pas. Votre Rochard, je le considère comme une crapule et une ordure. Si vraiment il est l’incarnation du patriotisme français, alors, il n’y a plus qu’à souhaiter que la France crève. Et laissez-moi vous dire encore que si cette charogne-là est le rempart et le modèle des militants communistes de Blémont, je ne suis pas près de m’inscrire chez vous. Ah ! bon Dieu, non. »
Gaigneux n’écoutait pas sans plaisir les propos de l’ingénieur. Il eut même un léger sourire qu’il dédia au jeune professeur Jourdan.
« Surtout, plaisanta Archambaud, n’allez pas lui répéter mes paroles. Un homme qui peut faire fourrer en prison les gens qui lui déplaisent, je n’ai pas envie d’attirer sa colère sur moi. Tout à l’heure, un socialiste m’a affirmé que Rochard était la terreur des communistes de Blémont qui lui obéissaient au doigt et à l’œil. Il vous appelle
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les chemises brunes de Rochard. »
Sûr de toucher Gaigneux à un point sensible, il n’était pas fâché de pouvoir rapporter ce propos d’un socialiste, qu’il avait effectivement entendu. De son côté, Gaigneux le trouvait des plus édifiants et, quelque inquiétude qu’il en eût, songeait avec satisfaction qu’il lui donnait raison contre Jourdan.
« Des racontars de socialiste, monsieur Archambaud, je crois que vous êtes bien le seul à Blémont à y faire attention.
– En tout cas, dit Watrin, si vous pouviez faire quelque chose pour Léopold, je vous en serais vraiment reconnaissant.
– Je regrette, mais je ne peux rien faire pour lui. Allons, je vous laisse continuer votre promenade. »
Archambaud et Watrin s’engagèrent dans un raidillon qui descendait aux ruines. Aussitôt disparus, Gaigneux, qui avait feint de poursuivre sa promenade, s’assit à l’ombre d’un buisson au bord du ravin. Il se trouvait d’ailleurs assez
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désemparé et honteux, étant venu en ces lieux avec une mauvaise conscience et comme malgré lui afin de surveiller la fenêtre de Watrin. Ayant justement rencontré le professeur, sa surveillance n’avait plus d’objet. Néanmoins et tout en méprisant ce qu’il jugeait être une faiblesse, il examina la maison et l’étage des Archambaud et repéra les trois fenêtres en façade de l’appartement. L’immeuble, beaucoup plus éloigné qu’il n’avait pensé, se trouvait à plus de cinq cents mètres du ravin. À cette distance, il n’était pas possible de reconnaître une figure ou même une silhouette dans le cadre de l’une des trois fenêtres. Son attention, qui n’avait plus de sens, se détourna un moment de l’étage et de la façade. Lorsque son regard y revint, une silhouette d’homme apparaissait à la fenêtre de droite. Ce devait être celle de Pierre, le frère de Marie-Anne. En même temps, il aperçut à la fenêtre de gauche un autre buste d’homme qui ne pouvait être ni Watrin ni Archambaud, lesquels n’étaient pas encore rentrés. Gaigneux pensa aussitôt à quelque camarade de Pierre, venu lui rendre visite. Le problème lui parut d’ailleurs si
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dépourvu d’intérêt qu’il cessa d’y penser.
Gaigneux ne se dissimulait plus qu’il était épris. Depuis la rencontre de la cuisine, le siège de ses pensées, lui semblait-il, ne se trouvait plus dans sa tête, mais entre le cœur et la gorge, dans une région d’une douceur spongieuse, et traversée et soulevée par des ondes de tendresse. Ces ondes-là transportaient des reflets de cheveux blonds, de robe jaune, de sourires, de regards bleus, de chair rose et dorée, en même temps que l’odeur enivrante d’une bouche d’évier et le chant de la pluie sur un toit de zinc. Gaigneux était sûr de n’avoir rien éprouvé de pareil lorsqu’il avait connu sa femme, ni même d’approchant. Ce n’était d’ailleurs pas une question de plus ou de moins. Il reconnaissait à Marie-Anne une supériorité d’essence sur toutes les femmes qu’il avait connues. Malgré les reproches de sa conscience, il n’était pas loin d’attribuer cette supériorité de la jeune fille à sa condition sociale. Après tout, la bonne nourriture, les études, les loisirs, les jeux, le piano, le confort et l’habitude bourgeoise de considérer certaines réalités à travers un brouillard pouvaient conférer aux filles
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des avantages de qualité.
Quant à Watrin, Gaigneux ne parvenait pas à se rassurer. Malgré ses cheveux blancs et ses airs de pêcheur de lune, le bonhomme lui paraissait dangereux. En outre, il était difficile de ne pas prendre en considération les arguments formulés par Jourdan. Celui du facteur proximité, à de certains moments, devenait irrésistible. Ces vieux d’entre cinquante et soixante sont souvent très ardents et Watrin était veuf. Dans un résidu de ville surpeuplée où tous les appartements étaient coupés en trois, où l’on vivait les uns sur les autres, il n’était pas facile de mener une aventure hors de chez soi. Tenu à la discrétion par son veuvage et par la respectabilité de ses fonctions, le professeur n’avait pas non plus la ressource d’aller chez les filles. La première vague du bombardement avait anéanti le 17 de la rue d’Oisel, tuant la patronne, les sept pensionnaires et les clients au nombre de neuf, parmi lesquels maître Frévière, le notaire, et M. Richemond, le directeur de la Caisse d’Épargne. Seul s’était tiré d’affaire le patron de l’établissement, descendu à la cave chercher un vin d’Alsace. La mort de
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maître Frévière avait un peu égayé la détresse des Blémontois, le bruit ayant couru qu’on avait retrouvé les testicules du notaire sur le plateau du pick-up où sa femme serait allée le lendemain les identifier. Donc, il était croyable que le professeur, empêché, privé, eût pris la hardiesse d’entreprendre dans son entourage immédiat. Et comment Marie-Anne avait-elle accueilli ses avances ? Certes, rien ne la disposait aux complaisances. Les jeunes filles de maintenant, sportives, aiment le muscle, les épaules, les fortes mâchoires. Un Gaigneux pouvait plaire à la petite Archambaud, Watrin, non. Mais le vieux avait su la manœuvrer, l’envelopper, la distraire, l’intimider. Tout en lui parlant de mathématiques, avec ses airs de sourire aux anges, il lui représentait l’amour comme une sorte d’activité scolaire, un exercice de cours d’adultes et la gamine se laissait faire avec une bonne volonté studieuse. Elle ne devait comprendre son erreur que plus tard, dans la cuisine, sous le regard et sous le souffle de l’homme jeune qui méritait son amour et alors, ses larmes avaient coulé.
Dans ces moments de colère où la jalousie lui
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chauffait la tête, Gaigneux ne pouvait se défendre de penser qu’il lui serait facile de faire emprisonner Watrin, un homme sans parti, sans étiquette, et n’ayant donc à compter sur aucun soutien, et il s’irritait de ses propres scrupules qui lui interdisaient d’employer son influence à des fins personnelles. Restait aussi que le professeur était peut-être innocent. Après tout, les présomptions ne reposaient que sur le témoignage de Jourdan. Enfin, il était bien peu vraisemblable, vu ses yeux, ses cheveux, sa robe, la gorge sous la robe et tant d’autres choses admirables, que cette belle fille se fût laissée aller dans les bras d’un vieux. D’autre part, il y avait le facteur proximité.
Gaigneux donna encore un coup d’œil aux fenêtres d’Archambaud, dans l’espoir d’y voir apparaître la silhouette de Marie-Anne, mais les fenêtres étaient vides. Il se leva et prit le raidillon qui descendait au pied de la falaise entre des broussailles jusqu’à une longue bande de terrain où se tenait encore la foire aux bestiaux le premier jeudi de chaque mois. C’était au champ de foire que s’arrêtaient autrefois les premières
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maisons de la ville.
Le dimanche après-midi, les ruines étaient un but de promenade pour de nombreux Blémontois. Parmi les décombres circulaient des groupes d’anciens habitants du quartier détruit, venant quêter des souvenirs sur les lieux où ils avaient vécu. La plupart étaient de vieilles gens qui supportaient plus difficilement que les jeunes d’être chassés d’un quartier, d’une rue, d’une maison où ils avaient cru finir leurs jours. Ils marchaient avec lenteur entre les alignements de pierres, s’arrêtant pour reconnaître l’emplacement d’une boutique ou d’une maison amie, escaladant des obstacles pour voir de près les décombres de leur demeure, dans une rue dont le tracé avait disparu sous les éboulements. En face de ces tas de pierrailles, là où s’était écoulée leur existence, il semblait aux plus pauvres gens avoir été chassés d’un paradis terrestre et ils s’attardaient longuement à inventorier les trésors de la vie quotidienne, anéantis dans la catastrophe. En descendant le raidillon, Gaigneux apercevait, dans les groupes arrêtés, des bras levés désignant un point de l’espace où se
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trouvait naguère une table ou une armoire. Lui-même cherchait des yeux, dans le grand champ de ruines, les débris de la maison qui avait abrité sa femme, ses enfants, et le lieu plus cher où il avait vécu avec sa mère jusqu’au jour de son mariage.
La rue Chèvreblanche, proche du champ de foire, était autrefois une petite rue étroite et tordue aux façades écaillées, malades, dont les couloirs soufflaient une haleine froide et moisie. Gaigneux n’y était pas revenu depuis le lendemain du bombardement alors que les immeubles écroulés comblaient la rue de bout en bout. Ce n’était plus maintenant le chaos des premiers jours. On avait trié les matériaux, enlevé les gravats, entassé les moellons, et les pauvres gens s’étaient chargés, pendant l’hiver, d’emporter les poutres, solives, panneaux, portes et débris de bois pour en faire du feu. Mais la rue elle-même avait presque entièrement disparu. On ne s’était pas soucié, comme pour les artères importantes, d’en reconstituer le tracé. Il n’en restait qu’un tronçon, dégagé par hasard, et reconnaissable à ses pavés ronds et à une borne-
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fontaine. Ce fut dans ce fragment de rue, où il était né, que Gaigneux rencontra les Chaigneau, un couple de vieillards qui habitaient sur le même palier que sa mère et qu’il connaissait depuis sa plus petite enfance. Le vieux, grand, sec, un peu voûté et des gauloises blanches donnait le bras à sa femme, une vieille toute menue, tassée, réduite au format d’une petite fille mal venue. Immobiles et silencieux, ils se tenaient debout devant un tas de pierres comme au bord d’une tombe. Ayant reconnu Gaigneux, la vieille l’embrassa en pleurant.
« Encore à midi, je parlais de ta mère avec Émile. D’une façon, elle a eu de la chance d’être morte assez tôt pour ne pas voir ça. C’est-il Dieu possible, René, qu’il arrive des horreurs pareilles ? C’est donc des fous, ces aviateurs ? Nous, on ne gênait pourtant personne. Pense qu’on était là depuis 1901. Avant, on était rue d’Alleu, juste une chambre pour coucher et faire la cuisine. Quand j’ai été pour avoir Adrienne, le petit avait déjà sept ans, il fallait trouver autre chose. Émile venait d’avoir une place à la fabrique, il travaillait aux pièces, il gagnait bien.
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Je gagnais de mon côté, j’avais des ménages. Deux cents francs par an, on nous demandait ici. Ce n’était pas rien, mais le logement les valait bien. Une cuisine et deux chambres avec du vrai plancher. Par le fait, ça nous faisait trois pièces. Un logement si bien, si commode. La borne-fontaine était juste en face la maison. Les cabinets presque à l’étage. Et tout ça... Et tout ce qu’on avait là-dedans. On n’imagine pas.
Le vieux Chaigneau, plus qu’à moitié sourd, regardait les lèvres de sa femme pour essayer de comprendre ses paroles. Elle se moucha, s’essuya les yeux et reprit d’une voix brisée :
« Dire qu’en 37, on s’était racheté une cuisinière. L’autre s’était fendue à deux endroits, elle fumait, elle ne tenait plus, il fallait bien la remplacer. La nouvelle nous aurait duré jusqu’au bout de la vie et encore au moins dix ans de plus. Mais tu l’avais vue, toi, René ?
– Oui, oui, dit Gaigneux, je me rappelle.
– Une cuisinière à trois trous avec la bouillote et le robinet tout en nickel. Ah ! une cuisinière pareille, on pouvait chercher dans tout Blémont.
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On la réglait comme on voulait. Elle ne dépensait presque rien et qui chauffait, il fallait voir. Hein, Émile, la cuisinière ?
– Quoi ?
– La cuisinière ! cria la vieille femme en se haussant vers l’oreille de son mari.
– Ah ! oui, la cuisinière... »
Les deux vieux se regardèrent et échangèrent un sourire navré.
« C’était une belle cuisinière, dit Chaigneau.
– Toujours de l’eau chaude, suffisait de tourner le robinet. Pour faire ma vaisselle, c’était bien commode. L’évier était pratique aussi. Tu te rappelles comment c’était ? »
Les yeux brillants, la vieille se mit à sautiller en montrant du doigt des points invisibles de l’espace : « Là, c’était l’évier... Le buffet se trouvait là, dans le coin... Ici, la table... »
Gagné par la fièvre de sa femme, Chaigneau à son tour leva le bras et monologua : « Là, c’était la porte de la chambre, avec la fenêtre juste en face... »
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Les voix montaient, ils se démenaient, mettaient les meubles en place, allaient d’une chambre à l’autre, finissaient par mimer les gestes de leur vie d’autrefois. La vieille femme avait le visage en feu. Comme elle reparlait de sa cuisinière, sa bouche se mit à trembler, son visage se fronça et, tombant dans les bras de Chaigneau, elle éclata en sanglots. Le vieux, dégrisé, les yeux troubles, la serrait contre lui, le regard encore fixé dans le vide à la hauteur d’un deuxième étage.
Gaigneux tenta de les consoler en leur faisant entrevoir les perspectives de la reconstruction prochaine ; mais les vieux n’y croyaient pas et n’avaient même pas envie d’y croire. La reconstruction ne leur rendrait pas le logement où ils avaient vécu quarante-trois ans, la cuisine au carrelage bosselé, disjoint, les chambres basses, aux plafonds étoilés par l’humidité, aux boiseries fendues, vermoulues. Ni la cuisinière, ni l’armoire en chêne, ni le buffet, ni rien de ce qui leur avait coûté tant de journées de travail.
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