Amours vraies - 3

Kent Alison · Chapitre 19 sur 30

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Amours vraies - 3

de parfaits partenaires de course. Néanmoins, Todd…

de parfaits partenaires de course. Néanmoins, Todd véri-fiait souvent pour voir s’il ne la laissait pas trop loin derrière, ce à quoi elle répondait qu’il ferait mieux de faire attention, sinon il étoufferait dans sa poussière.

Le soir, c’était idéal. Bien qu’ils aient passé une bonne heure sur la piste, elle sentit à peine l’épuisement. Au contraire, elle appréciait la valeur ajoutée d’avoir Todd à ses côtés comme ils passaient l’avenue Arizona Trestle, le tunnel Dalecarlia et le pont de la rivière. Une fois de retour à son appartement, ils se douchèrent et se changèrent, et se rendirent rapidement en voiture chez Ledo pour une pizza.

— Mmmmmmmmm, marmonna Todd, mordant dans une portion et en retirant de longs fils de mozzarella qu’il enroula sur sa langue.

Il mâcha et avala, puis tendit le bras vers sa boisson gazeuse.

— À l’instant présent, je ne peux imaginer que même un cupcake ait aussi bon goût.

L’estomac vide, Michelle ne pouvait argumenter.

— Peutêtre que je pourrais inventer un cupcake pizza.

— Hé, pourquoi pas. J’ai vu des gommes à mâcher au parfum de bacon.

— eurk, ditelle, plissant son nez. C’est juste répugnant.

— et pas un cupcake pizza ?

elle lança un bout de croûte à travers la table. Il atterrit au milieu de sa poitrine.

— Je plaisantais à propos du cupcake. Bien que je voie bien un pain style italien. Des tranches de fromage et de tomates. Beaucoup d’ail et d’origan de bon goût.

— Pour des sandwiches ou juste des encas ?

— L’un ou l’autre. Je veux dire, je n’ouvre pas une sand-wicherie, ditelle, enroulant un fil de fromage de sa pizza avec son doigt. Mais j’ai déjà pensé à ajouter mon pain aux graines de pavot à la carte. et mon gâteau au café à la crème acidulée. J’ai aussi d’incroyables recettes pour des biscuits à la vanille et aux amandes givrés au sucre qui, selon moi, seraient un succès.

— Alors tu es plus qu’une fabricante de cupcakes.

elle sourit.

— J’ai des talents que tu n’imaginerais même pas.

— Peuxtu faire un nœud avec la tige d’une cerise sur ta langue ?

— Reste dans les parages assez longtemps et peutêtre que tu pourras le découvrir, ditelle.

Subitement, l’ambiance à la table se transforma. Son sourire disparut. L’expression de Todd devint pensive, et il regarda audessus de sa tête comme il levait sa boisson gazeuse glacée pour boire.

elle et sa grande gueule. Il partait demain pour son voyage en Allemagne. elle avait fait de son mieux pour écarter son absence de son esprit et profiter de leurs moments ensemble. Le taquiner sur le fait qu’il reste dans les parages n’avait été rien d’autre qu’une plaisanterie de l’ordre de la séduction.

elle désirait qu’il veuille connaître tous ses secrets. elle ne voulait pas qu’il parte. Mais, plus que cela, elle ne voulait pas qu’il remette en question son départ.

Poussant un profond soupir rempli d’arômes de tomates, d’ail et de parmesan, elle dit :

— Je suis désolée. J’aurai dû m’exprimer différemment.

— Non.

Il reposa sa tasse et la regarda.

— Pas de précautions entre nous. Tu jouais. J’aime ça. Je n’aime pas que tu te remettes en question ou que tu te retiennes.

— Je n’aime pas voir cette expression sur ton visage.

— Quelle expression ?

— Celle qui chasse ta fossette.

Il sourit, bien qu’elle ne puisse dire si son cœur y était complètement.

— C’est mieux.

Sa fossette se creusa, ses cheveux retombant sur son sourcil.

— Je serai de retour dans une semaine, tu sais.

— Je sais, lui ditelle.

elle savait également que l’apparence joviale qu’elle affi-chait ne durerait pas. Il n’était même pas encore parti qu’il lui manquait déjà terriblement.

— et il n’est pas dit que, dans deux mois à partir de maintenant, je ne me languirai pas pendant que tu trotteras à travers la GrandeBretagne.

— Je ne trotte pas, rétorquatelle en plissant les yeux, espérant néanmoins qu’il se languisse.

— Tu trottais pourtant selon moi sur la piste.

Il fit un clin d’œil alors qu’il attrapait la dernière pointe de pizza.

— oh, tu vas me payer ça, ditelle, la lui prenant des mains.

— Saistu qu’il y a 6 500 kilomètres de Bethesda à l’Allemagne ? demanda Michelle, lovée contre l’épaule de Todd sur son sofa.

La télévision était allumée, l’enregistreur passant l’épi-sode hebdomadaire précédent de Pratique privée.

Todd était certain que Michelle n’était pas plus absorbée par l’émission qu’il ne l’était. C’était samedi aprèsmidi, et il partait plus tard ce soir. Pour un vol de 6 500 kilomètres. À

6 500 kilomètres d’elle.

— Je sais. Je sais également que c’est à environ 5 500

kilomètres de Londres.

— Je suis assez petite.

elle se lova en une minuscule petite boule, ses genoux contre sa poitrine, ses bras autour de lui, et se blottit le plus près possible.

— Tu pourrais probablement me faire rentrer dans ta valise.

— C’est vrai, ditil, l’entourant de ses bras. Mais ce ne serait pas juste puisque je ne tiendrais pas dans la tienne.

— Je pourrais t’expédier dans une malle.

— Hmm. Ça risque d’être un peu juste.

— Tu pourrais te dégourdir les jambes quand on arriverait, bien que cela puisse coûter moins cher d’acheter simplement un billet avec les prix que les compagnies aériennes demandent ces tempsci.

Il rit, la serrant plus près.

— Pense à nos deux voyages comme des tests. Tu pourrais m’oublier à la minute où mon avion quittera le sol. et un grand gars costaud irlandais pourrait littéralement te sub-juguer et faire de toi sa bienaimée.

Croisant ses mains derrière sa nuque, elle le regarda, son visage crispé en une sinistre grimace.

— excusemoi, mais pourquoi, dans les deux cas, suisje celle qui t’oublie ?

Il lui dit la pure vérité.

— Parce qu’il est impossible que je t’oublie un jour.

elle fit glisser une main pour déposer le bout de son index sur sa bouche.

— Je crois que je vais devoir sévir maintenant. Comme si, moi, je pourrais t’oublier un jour !

— Tant que par sévir, tu veux dire embrasser, ditil, insérant son doigt entre ses lèvres.

elle le libéra, inclina sa tête et l’embrassa jusqu’à ce qu’il ne puisse plus penser à l’Allemagne ou à Londres, aux semaines où ils seraient séparés, à changer d’avis et à rester.

Il ne parvenait pas à penser du tout, et c’était très bien comme cela.

— Tu vas beaucoup me manquer, ditelle quelques longues minutes plus tard. Qu’estce que je vais faire pendant ton absence ?

elle disait cela comme si elle n’avait pas eu de vie avant de faire sa connaissance sur Match.com, et il savait que ce n’était pas le cas. elle irait bien. elle allait bien avant de le rencontrer, mais ils avaient probablement tous les deux besoin de se le rappeler.

— Tu vas travailler. Tu vas voir tes amies et ta famille.

Tu vas manger, dormir et courir. Les mêmes choses que tu as toujours faites.

elle poussa un soupir de frustration.

— Je vais présumer que ma vie n’était pas aussi ennuyante qu’il n’y paraît.

— Je pense que le bon qualificatif, c’est occupée, pas ennuyante.

Mais il avait raison. Un encouragement était tout ce dont elle avait besoin. ou peutêtre étaitce lui qui avait besoin de se rappeler qu’un an plus tôt, il n’aurait pas réfléchi à deux fois à faire ce voyage.

et il y réfléchissait à deux fois. Il pourrait avoir autant de plaisir ici avec Michelle qu’en europe avec ses amis ; c’était pourquoi il devait partir. Ils avaient tous les deux une vie. Ils ne pouvaient pas oublier cela.

et puis, il y avait le rêve de Michelle d’ouvrir sa propre entreprise. Il ne pouvait pas se mettre en travers.

— Ce que tu devrais faire, si tu as le temps, c’est de travailler sur un menu pour ta pâtisserie.

— Quoi ? demandatelle, repoussant son genou pour s’asseoir sur le sofa à côté de lui, lui faisant face, les jambes croisées.

Il décala une hanche dans le coin, appuya son bras le long du dossier pour mieux la voir, tendit la main et joua avec les pointes de ses cheveux.

— Pourquoi pas ? Tu peux décider comment tu veux décrire tes cupcakes. Donneleur des noms accrocheurs, rendsles délicieusement hors du commun.

— Ils sont délicieusement hors du commun.

— Pourquoi alors ne m’en astu pas préparé une ou deux douzaines ?

Comme s’il avait allumé un interrupteur, une lumière envahit le regard de Michelle.

— Je vais le faire maintenant.

Ce fut à son tour de demander :

— Quoi ?

elle sauta du sofa et sautilla presque en filant vers la cuisine. Il se leva un peu plus doucement, et, le temps qu’il l’a rejoigne, elle avait pris un carnet à spirales de recettes écrites à la main d’une étagère de livres de cuisine.

Il partait demain. Regarder Michelle cuisiner n’était pas exactement la façon dont il avait souhaité qu’ils passent leur dernière soirée ensemble.

— Tu n’es pas obligée de faire ça. Pas maintenant.

— Je le veux, ditelle en fouillant dans les étagères de son placard.

Farine, sucre, sel, levure chimique, sucre roux, cannelle, chapelure de biscuits Graham… elle les aligna sur le comptoir, ouvrit le réfrigérateur pour les œufs, le beurre et le lait.

Il comprit la logique de la plupart de ces ingrédients, mais pourquoi des « biscuits Graham » ?

— et ce n’est même pas la meilleure partie, ditelle.

Son visage était plus lumineux qu’il l’avait vu toute la journée alors qu’elle sortait un bloc de chocolat à cuire et un très gros couteau.

De la chapelure de biscuits Graham. Du chocolat.

— Des s’mores ? Je pensais qu’on allait manger des cupcakes.

— C’est ça, ditelle. Nous allons manger des cupcakes s’mores.

— Ingénieux. Je veux voir ça.

— Prends un tabouret, ditelle, prenant deux tabliers à un crochet de la porte du placard et lui en jetant un. ou, mieux encore, prends une cuillère.

elle lui fit commencer par mesurer les ingrédients secs dans des bols colorés en silicone, pendant qu’elle coupait le chocolat en morceaux et les râpait dans un bol en acier inoxydable. elle versa de la crème dans une casserole et la posa sur la cuisinière pour la faire chauffer.

— Tu fais tes propres barres Hershey, n’estce pas ?

demandatil.

elle lui adressa un regard et un sourire pendant qu’elle prenait la boîte de chapelure de biscuits Graham.

— et j’imagine que je suis ici pour faire mes propres biscuits Graham.

— Plus ou moins.

— Tu n’oublierais pas quelque chose ? La guimauve ?

— Tu n’as jamais entendu dire qu’on gardait le meilleur pour la fin ?

Il était sûr que c’était ce qu’il avait fait en gardant la meilleure femme qu’il ait jamais rencontrée, sachant qu’elle était la dernière avec laquelle il voulait être.

— Ce concept m’est familier.

— Alors, mesure. Je vais faire la ganache.

— La ganache ?

— La partie de la barre Hershey. C’est un glaçage de chocolat et de crème, mais les deux et les cupcakes doivent être suffisamment froids avant de les verser dessus. Sinon, ça ne tient pas.

— on parle donc ici de juste équilibre.

— C’est le cas pour la plupart des préparations et de la cuisine. Amener chaque partie du plat à la table au même moment, sans rien de brûlé, rien d’inachevé.

elle se mit à couper le bloc de chocolat en morceaux.

— Mais la vie n’est pas tellement différente, n’estce pas ?

— Tout ce que j’ai toujours eu besoin de savoir sur la vie, je l’ai appris en préparant des cupcakes s’mores ?

— Pas juste en les préparant. en les préparant avec moi.

Il commençait à se demander si un autre moment, quand elle ne serait pas troublée sur le plan affectif, ne serait pas préférable.

— Alors l’ingrédient magique, c’est le sang de la cuisinière, la transpiration et les larmes ? Parce que cette lame de couteau est plus qu’un peu effrayante.

— Je promets. Pas le sang.

elle continua de déplacer d’avant en arrière le couteau, doucement, les morceaux étant maintenant de la taille de pépites.

— Mais je ne peux pas jurer de n’avoir jamais pleuré dans la pâte auparavant.

oui, c’était ce qu’il craignait.

— Un peu plus de sel n’a jamais blessé personne.

Le couteau s’immobilisa. elle se tourna et le regarda, puis les yeux rouges et larmoyants, elle dit : — Je ne peux pas croire que je viens de te trouver et que tu t’en vas.

— oh, chérie. Ne pleure pas, ditil, époussetant la farine de ses mains et retirant son tablier.

— C’est un court séjour. Une semaine. Je reviendrai avant que tu ne t’en rendes compte.

Il ouvrit ses bras. elle laissa tomber le couteau et s’y pré-

cipita, enroulant les siens autour de sa taille. Il caressa ses cheveux, la tenant serrée de son autre main, fixant audessus de sa tête la porte du balcon et les lumières de Bethesda Row.

La sensation de son corps contre le sien l’intimida presque. Ils avaient couru ensemble. Ils avaient ri et plaisanté. Ils avaient fait l’amour. Il connaissait bien son corps.

Mais la tenir dans ses bras avec cette émotion qui les étouf-fait presque tous les deux était trop. Son souffle hésitait quand il essayait de respirer, et sa poitrine lui faisait mal.

Étaitil prêt pour cela ? La responsabilité des émotions d’autrui quand il n’était même pas certain de la sienne ?

C’était une question à laquelle il n’avait pas la réponse, mais il savait qu’il n’allait pas fuir et la quitter ainsi.

— viens ici, ditil.

Il se dirigea vers le sofa, cette fois l’installant à cheval sur ses genoux au lieu de la serrer contre lui. Il voulait voir son visage, sentir son poids contre lui. Il leva la main pour repousser des mèches de cheveux qui retombaient et se prenaient dans ses cils.

— Sept jours. C’est tout. Tu peux faire n’importe quoi pendant sept jours.

— C’est toi qui vas te relaxer, voyager, boire, et flirter avec les fräuleins.

— Je passerai aussi neuf heures en avion et presque autant dans les aéroports.

— Je ne compatis absolument pas, ditelle, même si elle souriait.

Il lui sourit en retour, caressa d’un doigt le lobe de son oreille, puis le bas de sa mâchoire et de sa gorge, jouant avec l’encolure de son chemisier.

— Saistu comme une semaine passe vite ?

Les yeux fermés, elle leva son menton pour lui faciliter l’accès.

— Ça dépend si tu fais quelque chose d’amusant ou rien d’amusant du tout.

— Alors, fais quelque chose d’amusant.

Il ferma ses mains sur ses épaules et entreprit de la masser.

— Fais des essais pour ces recettes dont tu n’es pas encore certaine.

— Peutêtre.

Ce fut tout ce qu’elle dit comme elle laissait sa tête rouler d’un côté à l’autre. Puis, elle ajouta : — ou peutêtre que je rattraperai le sommeil dont j’ai manqué depuis que tu partages mon lit.

— Ce serait le bon moment pour le faire, parce que le sommeil sera rare quand je reviendrai. Je peux te le garantir.

Ses mains pressaient les biceps de Michelle maintenant, ses pouces effleurant ses seins.

elle frissonna et ouvrit un œil.

— Ah ?

Acquiesçant, il bougea sous elle, apaisant la pression sur son érection.

— Une semaine sans toi ?

— Tu peux faire ce que tu veux pendant sept jours, lui ditelle, tout en bougeant sur ses cuisses.

Hum. Il n’y avait rien comme l’impact de ses propres mots.

— Tant que ce n’est pas huit.

— Tu m’as eue ce matin.

— Je franchirai la ligne de changement de date interna-tionale. Deux fois.

elle attrapa le bord de son haut et passa le vêtement par la tête. Puis elle saisit le bord du sien.

— Tu établis des règles à ta guise, n’estce pas ?

Il s’avança afin qu’elle puisse enlever sa chemise, puis il l’attira contre lui, ses bras autour d’elle, son visage enfoui dans l’épaisseur de ses cheveux. Il respira profondément, se souvenant, s’imprégnant.

— Je n’aime pas beaucoup les règles.

— Par exemple ?

— Le dessert avant le dîner, ditil près de son oreille. J’ai nettement l’intention de manger la moitié des cupcakes avant les sushis.

— Nous n’avons même pas encore enfourné les cupcakes.

Il atteignit le fermoir de son soutiengorge.

— Devrionsnous aller le faire ?

— Je préférerais que l’on fasse ceci, ditelle, accédant à la fermeture éclair de ses jeans, entre eux.

Ils défirent rapidement les boutons et fermetures, retirè-

rent chaussures et sousvêtements. Ils ignorèrent les cupcakes inachevés et les rideaux ouverts sur les portes du patio. Ils tombèrent sur le sofa et ne se plaignirent pas quand ils se cognèrent coudes et genoux dans leur effort pour se fondre l’un dans l’autre. et ils se fondirent parfaite-ment, leurs corps familiers et à l’aise.

Il se mut contre elle, une poussée en rythme qu’elle accueillit avec une pression mesurée de ses hanches, ses jambes autour de sa taille, ses bras autour de son cou. Il poussa sur ses coudes posés de chaque côté de sa tête et baissa les yeux, observant le jeu des sensations sur son visage.

elle était belle sous lui, elle ne retenait rien, elle ne cachait rien de ce qu’elle ressentait. Sa tristesse était partie, et ce qu’il vit dans ses yeux termina le travail de le faire entrer en elle. Ceci était réel, cette chose entre eux. Cela menait quelque part, et ils y arrivaient vite. Il ne s’y était pas attendu. Il n’était pas prêt. Mais, alors qu’il entrait en elle, qu’il se laissait aller tout comme elle, il savait qu’il n’y avait pas de point de retour.

Une fois qu’ils furent tous les deux calmés, remis et prêts à retrouver leurs vêtements qu’ils avaient jetés comme s’ils étaient en feu, ils retournèrent à la cuisine. Todd opta pour un tabouret. Ses jambes n’étaient pas prêtes pour supporter plus qu’une guimauve. Michelle réussissait bien mieux à marcher.

Il tendit le bras sur l’îlot pour prendre les ingrédients qu’il avait abandonnés sans les fouetter.

— Tu sais que nous allons devoir le refaire quand tu partiras pour la GrandeBretagne, n’estce pas ? estce que j’aurai des cupcakes pour pleurer ?

elle tourna la tête, le visage rouge, les yeux fatigués et fiévreux.

— Quel parfum ?

— Tu en as avec du chocolat ?

— environ une douzaine de variétés.

— Nommesenmoi une.

— Ils n’ont pas encore de noms, mais il y a chocolat à la menthe, chocolat avec des oreos, chocolat et vanille, chocolat et chocolat.

— Pas chocolat et beurre d’arachide ?

— J’en ai bien un, oui. Laissemoi le temps, et j’imagine que je peux en inventer davantage.

Il se demanda d’où lui venaient ses idées. Des livres de cuisine, des magazines, des émissions de cuisine, des menus de restaurants, du rayon sucrerie à l’épicerie ?

— estce que tu as jeté un œil sur ce que font les autres pâtisseries ?

— oui, mais pas pour voler ce qu’ils font. C’est plus pour m’inspirer, ditelle, versant la pâte dans des ramequins alignés sur une plaque à biscuits. — Comme pour transformer des biscuits Graham, mélanger de la guimauve et le plaisir de manger un sandwich au chocolat style cupcake au coin du feu.

— exactement. ou comme regarder oprah qui aime un légendaire gâteau au chocolat et citron vert, et réfléchir si je peux travailler les mêmes arômes dans quelque chose qui conviendrait à ma boutique.

— et ? Tu as trouvé ?

— Pas encore, ditelle, revenant vers la ganache.

— Le citron vert m’a donné beaucoup plus de problème que le citron.

— Alors, tu as un cupcake au citron.

— C’est si bon. Tellement bon. Je t’en préparerai une fournée quand tu reviendras, ditelle, la tristesse réappa-raissant dans ses yeux.

Il refusa de se laisser aller, inspirant profondément les arômes qui se dégageaient du four.

— Je suis prêt à franchir tes portes et acheter toute la boutique. Bon sang que ça sent bon.

— Attends avant de goûter, ditelle, commençant à pré-

parer la garniture de la guimauve.

Todd la regarda œuvrer, posant des questions sur la préparation, surpris de la facilité avec laquelle elle assem-blait les cupcakes avec la ganache et la guimauve grillée sur le dessus. Alors que lui avait deux mains gauches, ses doigts à elle étaient rapides et habiles tandis qu’elle manipulait ses instruments de travail.

Finalement, elle posa le gâteau sur une assiette à dessert, et ce fut la chose la plus décadente qu’il ait jamais vue.

et, quand il mordit dedans, ayant de la guimauve sur le bout du nez et plus de chocolat sur son visage que dans sa bouche, il jura qu’il avait trouvé une femme capable de créer le paradis sur terre.

 

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