Amours vraies - 3
* Flocon de neige : base de…
Un
* Flocon de neige : base de noix de coco recouverte de crème au beurre à la noix de coco et vanil e — Michelle ! voilà Dana !
ouvrant la porte de sa chambre avec son coude pendant qu’elle attachait le fermoir de son collier, Michelle Snow cria en réponse à l’appel de Christina :
— J’arrive !
Liz, qui faisait partie du groupe des quatre, se trouvait déjà dans la minuscule cuisine, préparant le café et mélan-geant un pichet de mimosas pour le brunch de la fin de semaine. Dana, sans surprise, fut la dernière à arriver. elle vivait à un rythme différent et suivait l’heure d’une horloge différente depuis que les quatre sœurs Alpha Phi étaient amies.
Cela faisait trop longtemps que le groupe ne s’était pas retrouvé ensemble, et Michelle était ravie de jouer les hôtesses cette foisci. oui, elles s’étaient beaucoup marché sur les pieds les unes les autres dans son appartement exigu, mais elle savait qu’aucune ne s’en souciait. elles avaient de la nourriture, à boire et la meilleure des compagnies avec qui partager l’aprèsmidi, sans parler du nombre de mois de potins à rattraper. et son appartement, eh bien, à défaut d’autre chose, offrait une intimité qu’aucun lieu de Friendship Heights ne pouvait offrir.
Jetant un dernier coup d’œil à son reflet, Michelle lissa le bas de la robe qu’elle venait d’enfiler après s’être assurée que la table était mise et que la nourriture était prête. elle aimait s’habiller autant qu’elle aimait cuisiner et s’amuser, tous des plaisirs insufflés par sa mère au fil des années. Si elle devenait la moitié de l’hôtesse qu’était Ann Snow, Michelle considérerait cela comme une des plus grandes réussites de sa vie.
À cette pensée vint un sourire qui la réchauffa jusqu’aux orteils. elle avait vraiment touché le gros lot avec ses amies ainsi qu’avec sa famille, et, s’estimant à la fois chanceuse et bénie, elle se dirigea vers le salon. Là, elle ouvrit les bras en signe de bienvenue, accueillant ses invitées du dimanche.
— vous êtes magnifiques ! Toutes ! Je suis si contente que vous soyez là !
— estce que tu plaisantes ?
Dana posa son sac à main sur le coffre sous l’écran plat de la télévision juste à l’entrée, son regard ne quittant jamais celui de Michelle qui repoussait une ribambelle de boucles noir corbeau de son visage.
— Regardetoi ! J’adore ta robe !
en riant, Michelle tourna sur place, le tissu de couleur pervenche flottant doucement contre sa peau.
— Je l’aime aussi. Je ne sais pas pourquoi je ne la porte pas plus souvent.
Dana contempla la table dressée avec du cristal de Waterford et de la porcelaine Royal Tara, puis fronça les sourcils en regardant ses mocassins, ses pantalons amples et sa veste décontractée.
— Je me sens décidément mal habillée. et quelconque.
et je sais que le décontracté d’oxford n’embellit pas mes yeux. Mais il faut dire qu’il n’y a pas grandchose à faire avec le marron, n’estce pas ?
— Tu es tout sauf quelconque, idiote !
Le teint de l’autre femme était parfait pour les tons de terre que Michelle n’avait jamais pu arborer.
— Tu es un gâteau au chocolat, thé glacé et champi-gnons Portobello réunis en un.
— Avec de la boue. N’oublie pas la boue.
Dana passa son bras autour de l’épaule de Michelle et la serra.
— en fait, tout ce mélange donnerait de la boue, n’estce pas ?
Michelle répondit en riant, les deux marchant vers la cuisine où Liz avait été piégée par Christina alors que la superbe blonde fanfaronnait sur sa vie amoureuse.
— Café ou quelque chose de plus fort ?
— Café pour l’instant, dit Dana, faisant un clin d’œil à Liz.
L’autre femme, qui attendait manifestement une aide, murmura :
— Merci.
Puis elle tourna le dos à Christina pour se servir.
Michelle pressa ses doigts sur ses lèvres, cachant son sourire. Christina serait toujours Christina : le centre de l’attention, extravertie, monopolisant toutes les conversa-tions. Néanmoins, les autres l’aimaient, tout comme les animaux dans la nature avaient appris au fil du temps à s’adapter.
Dana, qui s’adaptait, poursuivit :
— Je garde le plus fort pour plus tard, quand on évoquera la question du manque de temps de la plupart d’entre nous pour les rencontres, et notre manque flagrant d’hommes disponibles pour des rendezvous. Je suppose que j’aurai alors besoin d’un remontant.
Son attention attisée, Christina se pressa d’avaler, déposa son café sur le côté et bougea ses doigts. Ses ongles lumineux vernis ressemblaient à des petits feux de freinage clignotants.
— Le temps est une chose, c’est certain. Mais le manque d’hommes ? C’est totalement une rumeur. Ils accourent de partout.
— et c’est vrai, il y a un problème.
Rassemblant la soie couleur bronze froissée de sa jupe longue jusqu’à la cheville qu’elle portait avec des sandales en macramé de style romain, Liz sortit de la cuisine en ondulant, se dirigeant vers le siège avec son nom sur un carton.
— Je ne veux pas sortir avec des moucherons. ou des vermines. Ils sont dégoûtants, malades et trop gros à écraser avec la chaussure.
— Certaines parties sont suffisamment petites, ajouta Dana, s’asseyant en face de Liz. Leurs portefeuilles, premièrement.
— Parlemoi de ça.
Michelle posa un panier de pain aux graines de pavot tranché sur la table avant de retourner au réfrigérateur pour une salade de fruits.
— Le dernier type que j’ai rencontré pour dîner ? Il est sorti de table pendant que j’enfilais mon chandail. Ça m’est égal de payer ma part de la note, mais, bon sang, comment peuton être plus radin ?
Grignotant un des croissants aux amandes prévus pour le dessert, Christina s’installa sur sa chaise.
— Tu te trompes complètement au sujet de cette affaire de rendezvous, Michelle. vous vous trompez toutes. Prenez en charge votre destin. Arrêtez d’espérer qu’un type dans un club se montrera vraiment à la hauteur ou de compter sur les amis pour des rendezvous arrangés.
Dana secoua sa serviette et la disposa sur ses genoux.
— J’en sais rien, Chris. Les arrangements ne sont pas si mal. Pourvu que la personne qui fixe le rendezvous connaisse à la fois le type et toi. Les sites de rencontres s’avèrent peu efficaces pour tenter le sort.
— C’est vrai, bien qu’ils aient presque autant d’informations exactes pour travailler que les amis, dit Michelle.
elle glissa alors un couteau à travers la quiche qu’elle avait retirée du four et servit une part à chacune de ses invitées.
— Ce qu’ils n’ont pas, c’est la touche personnelle qui peut faire toute la différence, riposta Liz. Un ordinateur ne sait pas que sentir Drakkar sur la peau d’un homme te fait vomir. ou que tu détestes rencontrer un homme lors d’un rendezvous qui conseille quelque chose sur le menu alors qu’il n’a aucune idée de ce que tu aimes.
Christina rejeta les objections de Liz avec un bougonnement.
— Même les amis peuvent se tromper.
— J’avais pensé m’inscrire à un service, proposa Michelle, surprise d’entendre les mots jaillir de sa bouche.
Penser à le faire était une chose. Admettre qu’elle l’avait envisagé entraînait une forte possibilité de retour de bâton.
— Mais ? demanda Christina. Tu n’es pas prête à joindre le geste à la parole ?
Bang !
— Ce n’est pas tant une question d’argent que de temps.
Je n’en ai pas. Mais c’est un peu ce que dit Dana, aussi.
Tenter le sort. La recommandation d’un ami contribue grandement à apaiser les nerfs et les peurs. Avoir une relation avec un étranger au hasard, pas vraiment.
— Tu réfléchis trop. Fais confiance à tes instincts.
Christina se tourna vers le pichet de mimosa derrière elle sur le bar de la cuisine.
— Ça n’est pas difficile de lire entre les lignes d’un profil de site de rencontres sur Internet pour séparer le bon grain de l’ivraie.
Écartant les mèches blond roussâtre de sa frange, Liz lança un regard incrédule à Christina.
— Tu dis qu’il n’y a pas de rats ni de cafards sur Internet ?
Parce que, de ce que j’entends, c’est là que se trouvent ce genre de profiteurs.
— Bien sûr qu’il y en a, mais nous ne parlons pas de maniaques ou de pédophiles ici, dit Christina comme elle se servait son deuxième verre. Juste des célibataires comme nous à la recherche de compagnie. Prendre ses précautions n’est pas si difficile. Il faut s’assurer que quelqu’un sait où tu es et établir un code. Garder son téléphone en main avec son numéro en abrégé. Ce genre de choses.
— Je pense que je devrais plutôt essayer un de ces rendezvous qui durent huit minutes, dit Michelle.
elle se demandait pourquoi Christina n’était pas dans la vente de voitures de luxe au lieu d’être devenue une agente littéraire, même si, supposatelle, les deux nécessitaient le même fort tempérament qui faisait de Christina, Christina.
— Au moins, ce court moment face à face te donne probablement une idée de leur personnalité.
Dana lécha une graine de pain au pavot sur son doigt et dit :
— Sans mentionner leurs poils de nez et leur haleine.
Un fou rire éclata, alimenté par le champagne, les appé-
tits apaisés et le laisseraller qui arrive seulement en compagnie de proches et amis de confiance. Savourant la saveur forte du fromage dans la quiche, Michelle écoutait alors que les autres discutaient des hauts et des bas des rendezvous arrangés, des hommes, des sales types, des joueurs, des marginaux. Puis elles passèrent aux avantages et inconvé-
nients de se satisfaire d’une histoire moyenne plutôt que d’attendre le véritable amour.
Pendant un moment, Michelle se demanda si ses amies étaient aussi heureuses qu’elle l’était, satisfaites de leur vie de la manière dont elle l’était. ou, pensatelle, en souriant tandis qu’elle prenait son café et blottissait sa tasse dans ses deux mains, si elles pensaient qu’elles devaient avoir un homme pour être comblées uniquement parce que c’était ce que disaient les films.
elle comprenait ce sentiment, ce rapprochement, de deux devenant un, mais, pour elle, ça allait dans les deux sens. elle n’était pas à ce point en manque d’affection et ne voudrait pas d’un homme qui l’était.
— Tu peux nous faire part de ce qui se passe dans ta jolie petite tête, Mlle Snow ? demanda Christina, rencon-trant le regard de Michelle audessus du bord de sa flute.
elle se dit que ce n’était pas grave et confessa : — Jerry Maguire.
— Le film ? demanda Liz, partageant le dernier morceau de sa quiche.
— ou estce que tu pensais à Tom Cruise ?
L’apparition de Tom chez oprah était un parfait exemple de la folie, d’un comportement obsessionnel que Michelle voulait éviter.
— Je pensais à la réplique que le film a rendue célèbre.
— « Montremoi le blé » ? demanda Dana.
— Non, « tu me complètes ».
elle joua avec le pain sur son assiette, enlevant un coin de la croûte.
— Je veux dire, oui, j’aimerais être dans une relation, pour éventuellement avoir les 2,5 enfants et, bon, pas une clôture blanche, mais n’importe quel style urbain. Mais je suis heureuse maintenant. Je ne me sens pas du tout incomplète. Sérieusement, qu’estce qu’il y aurait de mal à vivre le reste de ma vie comme une Snow célibataire ?
Son regard passa de Liz à Christina, et à Dana, suscitant un mélange de réactions, bien que muettes. elle se demanda ce qui se passait dans l’esprit de ces femmes. Si elles étaient inquiètes devant son apparente indifférence pour les rendezvous ou si elles faisaient leur examen de conscience, accumulant leurs propres réactions émotives de l’autre côté de la balance qu’elle utilisait pour soupeser son point de vue sur l’amour. elle n’était assurément pas si différente d’elles.
L’étaitelle ?
Liz finit par parler :
— Ce ne serait pas mal si tu étais vraiment heureuse.
Fronçant les sourcils, Michelle acquiesça brièvement.
— Je le suis.
— Mais, continua l’autre femme avant que Michelle puisse expliquer, je déteste l’idée qu’un type vraiment bien manque tout l’amour que tu as à donner.
— Sans parler de la magnifique résidence que tu possèdes.
Dana fit un geste vers les accessoires que Michelle avait soigneusement choisis pour attirer le regard, les paisi-bles taupe et crème et les accents de marron sur un bleu pâle.
— D’après moi, personne d’autre n’a ton sens du style.
— ou tes talents de cuisinière qui sont incroyables, ajouta Christina, comme elle prenait une autre bouchée de sa quiche.
— Arrêtezvous, les filles !
Michelle rit, une rougeur lui chauffant le cou et se glissant sur son visage.
— Après ça, vous allez écrire un texte publicitaire et vous me vendrez aux enchères au plus offrant.
— ou on écrira un profil en ligne pour te trouver l’homme parfait pour toi, dit Christina, sans se soucier de cacher son plaisir en ramenant la conversation à son actuelle obsession.
— Tu crois vraiment à l’homme parfait pour quelqu’un ?
demanda Liz, léchant le fromage sur les dents de sa fourchette.
Christina considéra la question.
— Du genre « le bonheur pour toujours » ou du genre « le bonheur maintenant » ?
— Tu vois ? C’est ça la question.
Terminant de manger, Michelle posa sa serviette en travers de son assiette et se servit son premier mimosa.
— Je suis heureuse maintenant. Je n’ai pas besoin de tester une tonne d’imbéciles pour y parvenir. Mais le bonheur pour toujours ? C’est une quête qui vaut le coup d’essayer. La pièce de résistance. La crème de la crème.
La…
— La cerise sur le gâteau, dit Dana.
Michelle leva son verre.
— exactement.
— et combien de personnes l’obtiennent ? demanda Liz en fronçant les sourcils. estce que la recherche du bonheur pour toujours est encore réaliste de nos jours ?
Pour les autres ? Michelle ne pouvait pas le dire. Mais pour elle…
— Je ne peux pas espérer autre chose. et je ne me conten-terai certainement pas de moins.
Christina était exaspérée.
— Ceci expliquerait beaucoup de choses.
euhoh.
— Beaucoup de quoi ?
— À quand remonte la dernière fois où tu as emmené un type à la maison pour rencontrer tes parents ?
Michelle remonta le temps. Loin, loin, très loin. Jusqu’à l’université. et… lui. vraiment ? estce que cela faisait si longtemps ? estce qu’il l’avait écartée des relations sérieuses ou estce qu’elle avait été trop occupée pour sortir davantage que de manière désinvolte ? Peutêtre qu’elle était restée occupée pour ne pas avoir à se retrouver là et risquer de souffrir autant une deuxième fois.
Les hommes qui trichaient étaient nuls. elle grimaça alors que la vérité l’emportait.
— Dix ans ?
Soupirant, Christina secoua la tête et se leva de sa chaise comme si cette intervention avait été longue à venir. elle se dirigea vers le douillet fauteuil club marron dans le salon et l’ordinateur portable ouvert sur la table basse.
Michelle savait que l’autre femme manigançait quelque chose, mais ne pensa pas une seconde à mettre un terme à sa folie. Peutêtre que c’était le champagne qui profitait du fait qu’elle était une néophyte. Peutêtre que c’était le soulagement de céder le pouvoir à quelqu’un qui s’y connaissait mieux dans les jeux amoureux. Peutêtre que le temps était venu.
Parce que, eh bien oui, elle avait tellement perdu la main qu’elle avait suffisamment payé l’addition ces joursci. et ce n’était pas la question de ne pas vouloir vivre aux crochets de quelqu’un d’autre. C’était juste que les types étaient nuls.
Lui disant qu’elle serait séduisante si elle prenait quelques kilos. Bien sûr ! Pas de bisou de bonne nuit pour vous, Monsieur Pauvre Type Radin.
De retour à sa place, Christina poussa son assiette afin de faire de la place pour l’ordinateur portable. elle le fit démarrer, s’éclaircit la gorge et ramena Michelle à ce qui l’entourait juste au moment où, les ongles rouges éclatants, elle lança une fenêtre de navigation et tapa www.match.com dans la barre d’adresses.
— voici ce que nous allons faire. Ça ne prendra pas plus de 10 minutes pour créer ton profil. Tu peux payer le service plus tard et ajouter toutes les infos que tu ne veux pas que l’on voie.
Le site Internet s’ouvrit, et Christina leva les yeux, ses arcades sourcilières bien nettes défiant Michelle de discuter.
Soupir. Ce n’était pas comme si Michelle avait ellemême beaucoup de chance. Les bars n’étaient pas son truc. Les cafés, les bistrots… tous ces endroits n’offraient pas les mêmes possibilités de rencontres que les boîtes de nuit et même les clubs de sport. Mais aucune de celles qu’elle avait faites dans de tels endroits n’avait bien tourné.
Christina continua.
— Honnêtement, Chelle. Qu’estce que tu as à perdre ?
— Certainement pas sa virginité, dit Liz, pouffant de rire derrière son verre de mimosa alors qu’elle buvait.
— Pas vraiment drôle, dit sèchement Michelle bien qu’elle ne pût arrêter le sourire qui suivit.
— on ne bouge plus.
Christina abandonna le clavier et éleva ses deux mains comme pour encadrer le visage de Michelle.
— Qui a un appareil photo ?
— ooh, ohh. J’en ai un. Dans mon sac.
Dana, qui était debout, se faufila autour de la table avant que Michelle ne puisse l’arrêter.
— vous les filles ! C’est fou.
Assez fou pour marcher ? oseraitelle ? L’idée était excitante, vraiment, mais l’excitation ne durait pas, et les premiers attraits étaient beaucoup trop rapides à s’estomper.
elle se déroba, balayant ses réserves surlechamp.
— Je suis certaine que mes cheveux sont en désordre.
Liz regarda sa tête.
— Tes cheveux sont parfaits. La robe est parfaite. Le collier est parfait. Tu es magnifique, et les hommes vont te faire de l’œil et du coude comme c’est pas possible.
— Pas exactement le résultat que je souhaite, murmura Michelle.
elle baissa la tête, alors que Dana se penchait audessus de la table pour donner à Christina son élégant Nikon Coolpix, et se demanda comment la conversation sur les rendezvous avait pris de telles proportions.
elle n’avait pas de temps pour cela et, néanmoins, elle se retrouvait étonnamment à méditer sur les possibilités.
estce que l’ Élu était vraiment là ? Quelqu’un non pas qui la comblerait, mais qui serait complémentaire ? Qui verrait la bonté en elle et la rendrait meilleure ? Qui lui permettrait de faire la même chose et de construire sur cette confiance, créant quelque chose ensemble qui serait plus important que ce qu’aucun d’eux n’aurait pu faire seul ?
ou estce que cette mission, si elle choisissait de l’accepter, s’avérerait une grande perte de temps ?
— Souris.
Christina déclencha l’obturateur avant que Michelle ne soit prête.
— J’ai besoin d’un peu plus de temps, Chris.
— C’était juste pour attirer ton attention.
Se redressant sur son siège, Christina se prépara à jouer la photographe.
— Cellelà est pour de bon, alors assiedstoi droite, sois séduisante, et tout le reste.
Se revigorant avec une gorgée de son mimosa, Michelle pencha sa tête juste un peu de côté et adressa à l’appareil, et à l’homme de ses rêves, le plus doux, le plus sincère et le plus invitant des sourires. Être attirante avec l’homme idéal n’était pas un problème, mais, si elle embarquait dans le plan de Christina, elle ne se présenterait pas comme une invitation ouverte à ceux qui étaient seulement intéressés par une nouvelle conquête.
— Parfait, dit Christina après avoir pris la photo et vu le résultat sur l’écran LCD.
elle tendit l’appareil à Michelle pour qu’elle voie ellemême.
Pas mal. et c’était sincère. L’image lui ressemblait vraiment. Ce n’était pas le genre de photo retouchée comme avec Photoshop, dans le but de duper un potentiel prétendant s’attendant à plus que ce qu’il obtiendrait. elle appa-raissait décontractée, détendue, avec son sourire de satisfaction qui s’affichait jusque dans ses yeux. Cela fonctionnerait… à condition qu’elle ait le courage de l’envoyer.
— Écoutez, dit Christina. J’ai un train à prendre et un manuscrit à lire avant demain, mais aucune d’entre nous ne va nulle part jusqu’à ce que Michelle jure sur son futur premierné qu’elle va essayer Match.com.
espérant qu’elle n’en viendrait pas à le regretter, Michelle leva sa main droite.
— Je jure sur mon futur premierné que je donnerai un mois de ma vie à Match.com.
— voilà qui est fait. C’était si difficile ?
— Pas vraiment.
Toutefois, bien sûr, elle ne dévoilerait à aucune de ses amies qu’elle avait croisé les doigts de son autre main tout le long. et, heureusement, aucune d’elles n’avait commenté le délai qu’elle s’était fixé quand elles partirent.
Mais, aussitôt que Michelle ferma la porte derrière la dernière de ses invitées, l’excitation retomba très rapidement, et elle oublia la sensation qui lui avait donné des ailes tout l’aprèsmidi. Lundi matin approchait à grands pas et, avec lui, un emploi du temps bien rempli qui nécessitait cent pour cent de son attention.
elle jeta un dernier regard au site Internet qui semblait se moquer d’elle, la traitant de poule mouillée, de ringarde et d’idiote. Contrariée, elle tira la langue et cliqua sur le « X »
qui envoya la cruelle voix au ciel. Stupide ? Peutêtre.
Mais elle seule, pas un quelconque site Internet, prenait les décisions à propos de sa vie amoureuse. et, mis à part sa promesse à Christina, cela se passerait selon ses conditions et quand elle en aurait le temps.
Le site de rencontres en ligne, et tout homme qui pourrait désirer davantage que de lui faire de l’œil ou du coude, devrait attendre.
OceanofPDF.com