Amours vraies - 3

Kent Alison · Chapitre 24 sur 30

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Amours vraies - 3

* Le bébé de Baba : base…

Seize

 

* Le bébé de Baba : base de carotte recouverte de crème au beurre, fromage à la crème et vanil e À son tour, Todd s’organisa pour que Michelle rencontre sa famille quelques semaines plus tard. Contrairement à elle qui avait facilement pu préparer une balade dans la galerie marchande avant le brunch, il avait dû s’occuper des tarifs aériens et de l’hébergement, bien qu’à la minute où sa mère fût au courant qu’il venait à la maison et l’emmenait avec elle, elle avait insisté pour qu’ils logent chez elle. elle avait suffisamment de chambres vides après tout.

Ni Michelle ni lui n’étaient ravis à l’idée de passer une longue fin de semaine à dormir séparés, mais Michelle n’avait pas de problème à respecter les souhaits de sa mère.

C’était seulement trois nuits, et ils passeraient leurs journées ensemble. Todd protesta, puis acquiesça, et ils quittè-

rent Washington un vendredi aprèsmidi pour l’ohio, tous deux partant tôt du travail pour faire le voyage.

À l’aéroport de Columbus, Michelle se prit à être plus anxieuse qu’elle ne l’aurait cru alors que Todd et elle fran-chissaient la porte menant au terminal où sa mère attendait.

elle voulait faire une bonne première impression ; la mère de Todd pourrait très bien finir par faire partie inté grante de sa vie.

Mais, à la minute où l’autre femme ouvrit ses bras à son fils, les inquiétudes de Michelle disparurent comme le brouillard dans l’air. La mère de Todd était tout sourire, chaleureuse et accueillante, et manifestement heureuse de voir son plus jeune enfant. Michelle se tint sur le côté et leur laissa du temps, savourant les démonstrations affectives en public.

Non pas qu’elle soit surprise. Todd était également démonstratif avec elle, lui tenant la main quand ils marchaient, s’assoyant près d’elle quand ils mangeaient, allant jusqu’à l’embrasser sans se soucier des curieux. Il était spon-tané, et elle aimait cela. elle aimait aussi qu’il n’ait pas laissé la distance s’installer entre sa famille et lui.

L’idée de vivre si loin de ses parents et de ses frères lui donnait l’impression de partir à la dérive. Sa mère et son père étaient ses points d’ancrage, Brian et Michael aussi.

elle ne pouvait s’imaginer ne pas les voir aussi souvent qu’elle le faisait et admirait Todd d’autant plus pour sa force de caractère responsable de son indépendance.

Il finit par relâcher sa mère et jeter un coup d’œil vers son amoureuse, un sourire béat sur son visage.

— Maman, j’aimerais te présenter Michelle Snow.

Michelle, voici ma mère.

— Je suis tellement heureuse de vous rencontrer, dit la femme plus âgée, en s’approchant de Michelle. J’en mourais d’envie depuis que Todd m’a téléphoné alors qu’il s’apprê-

tait à partir pour l’Allemagne et m’a parlé de vous.

Il l’avait fait ? elle jeta un œil vers Todd et observa sa fossette se creuser comme sa bouche s’incurvait malicieusement.

— Je savais qu’il vous avait parlé de moi, mais je ne savais pas que c’était quand il avait appelé.

La mère de Todd passa son bras dans celui de Michelle, laissant Todd transporter leurs bagages à main comme elles se dirigeaient vers sa voiture.

— Il a appelé, et je n’arrive pas à me rappeler l’avoir déjà entendu si excité d’avoir rencontré quelqu’un. Je commen-

çais à me demander s’il avait des rendezvous ou s’il était trop occupé par son travail et ses arts martiaux.

Michelle chercha et saisit le regard de Todd. Il haussa les épaules avec insouciance, comme si son enthousiasme à avoir parlé d’elle à sa mère ne signifiait rien, alors que, pour Michelle, c’était essentiel.

Il était parti en voyage 10 jours après leur premier rendezvous. Seulement 10 jours, et il avait téléphoné à sa mère pour lui dire qu’ils s’étaient rencontrés. oui, Michelle avait parlé de Todd à sa mère la même fin de semaine, mais la confession était apparue au cours de la conversation pendant que sa mère et elle cuisinaient.

Le fait que Todd ait voulu que sa mère soit au courant pour elle, et que ses sentiments soient évidents peu de temps après leur première rencontre, fit fondre le cœur de Michelle. elle écoutait tandis que l’autre femme expliquait les projets qu’elle avait faits pour leur fin de semaine, mais les détails des dîners familiaux et des fêtes d’avantmatch de football échappèrent à son attention.

Toutes les pensées de Michelle étaient concentrées sur l’homme dont elle se rendait compte qu’elle était amoureuse.

Todd ne pensait pas que Michelle aurait pu s’intégrer aussi bien à sa famille que si elle y avait grandi à côté, s’était rendue à l’école avec lui et avait dîné à la table des Bracken.

Sa mère l’aimait, sa sœur et son frère l’aimaient, comme tous leurs enfants.

Si quelqu’un était gêné par cette visite, c’était lui, et il ne pouvait dire pourquoi, excepté que l’ohio n’avait pas été son lieu de résidence depuis très longtemps et qu’il se sentait plus à l’aise avec Michelle à Washington. C’était bien lui ; elle était avec lui ici et maintenant, et le mélange ne prenait pas aussi bien qu’il aurait dû.

La regardant maintenant en pleine conversation avec sa mère, sa sœur et sa bellesœur, alors que les klaxons des voitures retentissaient autour d’eux dans le stationnement du stade et que les radios beuglaient l’avantmatch des Buckeyes, il se dit qu’il était ridicule. C’est ce qu’était une famille, être ensemble, profiter de la compagnie de l’autre, se tenir au courant des nouvelles, des projets et des potins du coin. C’était peutêtre ce qui était le problème.

Autant il voulait que Michelle rencontre sa famille et la voir luimême, autant il détestait être loin de leur vie, de leur monde. entendre ce qui se passait ici et qui comptait le plus pour eux. Passer du temps à profiter de leur ville, des pistes de course, des restaurants.

Ayant grandi au sein d’une famille aimante, même après qu’elle eut été brisée, il n’aurait jamais pensé qu’il éprouve-rait ce sentiment. Il avait été proche de son frère et de sa sœur, lui et son frère se lançant des choses d’un bout à l’autre de la table au dîner, entretenant la bonne humeur et faisant oublier à leur mère le divorce.

Ils avaient rivalisé pour voir qui pouvait être le plus drôle. Il s’agissait de comparer le style de son frère à l’image du sarcastique David Letterman et son propre sens de l’hu-mour ironique, plus dans le ton de Saturday Night Live dans les années d’Adam Sandler et Chris Farley.

Il avait aimé sa vie ici, ses amitiés avec Scott Tucker et d’autres, jouer à la crosse et toutes ces victoires dans l’État.

Mais il ne pouvait renier que sa vie était différente maintenant qu’il avait rencontré Michelle. Que, même s’ils ne possédaient aucun document officiel pour le confirmer, elle était sa famille, son quotidien, son futur.

elle était sa demeure.

Il se débarrassa de ses rêveries, écouta alors que son frère et son beaufrère discutaient des statistiques sur les joueurs, des styles d’entraîneurs, des plans de jeux offensifs et de la stratégie défensive comme de vrais fans d’université peuvent le faire. Les terrains à l’extérieur de la zone Horseshoe étaient perdus dans une mer de rouge… dra-peaux, bannières, teeshirts, maillots, glacières. Il avait vu la même chose sur la route ce matin à travers Columbus, la ville manifestant son soutien à l’équipe locale.

Puisque Michelle et lui n’avaient pas de billets pour le jeu, ils avaient prévu rendre visite à son père pour le reste de la journée. Puis, après le dîner au J. Alexander’s, avec sa mère, son frère, sa sœur et leurs conjoints, ils leur restait une nuit à passer là avant de retourner à Washington.

Il était prêt. Il détestait le reconnaître, mais, à l’exception de sa famille et des quelques amis de l’école qui étaient restés ici, l’ohio faisait partie de son passé. Une bonne partie, mais toujours le même passé.

Michelle se tenait sur le seuil de la porte de la chambre qui avait été la sienne pendant la durée du séjour. Todd était dans le couloir. elle pencha la tête d’un côté, cherchant une quelconque ressemblance entre lui et les membres de sa famille. Il avait le sourire de sa sœur, l’ossature et les fossettes de sa mère. Les Bracken étaient une belle famille.

et son père. À présent, elle comprenait le sens de l’hu-mour de Todd. Père et fils formaient une équipe imbattable.

— J’ai adoré rencontrer ton père cet aprèsmidi.

— Lui aussi t’a grandement appréciée.

Todd agita ses sourcils.

— Il t’a trouvée très séduisante. Je t’avais dit qu’il était un homme à femmes.

— Il est totalement charismatique.

— Tu aurais dû le voir autrefois. Charismatique n’est même pas suffisant pour le décrire.

— Tu dois être fier de penser à toutes les vies qu’il a sauvées.

— Je le suis.

Il leva le bras et caressa d’un doigt sa joue en descendant vers le creux de sa gorge.

— C’est difficile de le voir aussi faible, bien qu’il ait eu l’air vraiment bien aujourd’hui.

elle détestait ce que la famille traversait. elle ne pouvait penser à quelque chose de pire que de voir un être aimé décliner et être sans défense face à la maladie.

— estce que ça va aller pour dormir seul ? Plus qu’une nuit.

— Non, ça ne va pas aller, grommelatil. et je ne vais probablement pas dormir non plus.

— Pauvre chéri.

elle leva le bras et caressa sa joue, frissonnant tandis que sa barbe de trois jours picotait l’intérieur de son poignet.

— Difficile de croire qu’on ne peut pas dormir ensemble.

— Nous aurions dû aller à l’hôtel.

— Je ne pense pas que ta mère l’aurait permis.

elle laissa sa main errer le long de son cou, vers sa gorge.

elle se mit sur la pointe des pieds et l’embrassa là, l’effleurant légèrement de ses lèvres, et sentit le battement de son cœur quand elle dit :

— Pense juste à combien tu vas devoir attendre.

Son sourcil se leva d’un air diabolique.

— Pourquoi ne vienstu pas me le rappeler ?

Là, dans l’espace public et sans danger où rien ne pouvait arriver. Du moins le pensaitil. elle releva son défi, coinçant une de ses jambes entre les siennes, posant une main sur son épaule et gardant l’autre entre leurs corps pour jouer.

Il sourit, sa fossette creusée et déformée en croissant de lune taquin, et déposa sa bouche sur la sienne. elle l’entrou-vrit sous lui, glissa sa langue le long de la sienne, se retirant pour mordiller sa lèvre inférieure comme elle bougeait sa main derrière la boucle de sa ceinture.

— Tu es une allumeuse, chuchotatil.

— Tu aimes ça, réponditelle en chuchotant à son tour.

Puis, il l’embrassa encore, sa bouche s’appuyant contre la sienne, sa peau fiévreuse quand elle défit les pans de sa chemise. Il tituba, puis se redressa et avança d’un pas pour appuyer son épaule contre sa porte. elle s’appuya plus fortement contre lui, le faisant transpirer, le faisant grogner.

— Pas si sûr que ce soit une bonne idée, ditil en se dégageant.

— Moi qui pensais que nous nous amusions.

Le son dans sa gorge était rauque, brut et plein de promesses qu’il voulait retenir.

— C’est le cas, mais tu m’incites à davantage.

— J’ai remarqué, ditelle, effleurant avec ses doigts le bout de son érection. Imagine que nous sommes à l’école secondaire et que nous essayons de ne pas nous faire prendre.

— Si cela te rappelle l’école secondaire, tu y as eu plus de bon temps que moi, ditil, s’enfonçant davantage dans le creux de sa main une fois, deux fois.

oseraitelle confesser la petite fille catholique qu’elle était vraiment ? Qu’il faisait ressortir son côté diabolique ?

— Si tu m’embrasses pour me souhaiter bonne nuit, j’arrêterai de te provoquer.

— ou on pourrait aller à l’intérieur et fermer la porte, et tu pourrais me provoquer pour me dire bonne nuit.

elle secoua la tête, puis fit non du doigt.

— Aucun garçon n’est autorisé. Règles de la maison.

— Hmm. Je ne me souviens pas de cela comme étant une règle quand je vivais ici.

— Parce que ta règle aurait été « pas de filles ».

— Les deux règles me gênent, ditil, les mots sortant dans une sorte de grognement étranglé.

Même si elle aimait l’exciter, elle aussi en avait assez du supplice. elle voulait être à la maison, dans leur lit… oh, comme elle aimait cette idée. Leur lit.

— Alors, donnemoi un baiser de bonne nuit, va dormir, et on sera plus près de prendre l’avion vers chez nous et d’établir nos propres règles.

Il sembla y songer et leva une main pour la poser à l’ar-rière de sa tête.

— Règle numéro un. Plus de mains dans mon pantalon si je ne peux avoir les miennes dans le tien.

— J’aime celleci, ditelle, basculant sa tête en arrière et attendant.

— Règle numéro deux. Plus de réunions d’amis ou de proches avant l’année prochaine. ou au moins jusqu’à Thanksgiving.

Il approcha sa bouche vers la sienne, effleura ses lèvres au coin de sa bouche, par de minuscules petits baisers qui étaient à peine plus qu’un souffle.

— C’est une bonne règle, ditelle, souhaitant qu’il se dépêche.

elle voulait davantage de lui que des jeux de mordille-ments et de pincements.

— Règle numéro trois. Tout futur voyage que nous ferons inclura une chambre d’hôtel avec un grand lit.

— Même si on ne reste pas pour la nuit ?

— en effet, ditil,

Puis il l’embrassa goulûment, ouvrant sa bouche et lui demandant de faire de même.

Consentante, elle lui donna ce qu’il voulait, sa langue caressant la sienne, ses lèvres se pressant sur les siennes.

elle racla ses ongles sur la peau de sa nuque, et il grogna, créant une vibration qui la titilla jusqu’à travers elle, se logeant dans son estomac pour se transformer en un gémissement.

elle aimait ce rapport entre eux, le féroce besoin que chacun ressentait pour l’autre, leur manière aucunement timide de le montrer. Pour l’instant, cependant, elle décida qu’ils en avaient suffisamment montré. elle se retira de son étreinte malgré une grande réticence, souriant comme elle levait les yeux pour le regarder.

— Bonne nuit, Todd. Fais de beaux rêves.

Il poussa un soupir lourd, déçu, qui lui brisa le cœur.

— À demain matin. Je suppose que je survivrai à cette nuit.

— Tu survivras, ditelle.

Puisqu’il ne bougeait pas, elle poussa sa poitrine.

Il feignit de basculer en arrière, levant la main comme pour couvrir la blessure qu’elle lui aurait infligée. Puis, comme elle riait doucement, il se redressa et tituba dans le couloir, faisant tellement de bruit qu’elle dut le faire taire avant qu’il ne réveille sa mère.

Bien qu’elle supposât, en fermant sa porte derrière elle, que c’était un bon moyen pour que sa mère sache qu’ils étaient bien dans des chambres séparées.

 

Dix-sept

 

* Amour d’automne : base épicée recouverte de crème au beurre aux amandes

Les mystères de la vie5

(oui… eileen et moi sommes les mystères de la vie) organisent une mini Fête Monstre chez Snow pour démarrer la fin de semaine d’Halloween. Rejoigneznous pour les bonbons, les gâteries, les cocktails Jello, et un cours sur les mystères de la vie (juste au cas où vous n’auriez jamais eu cette Discussion avec vos parents). Mon appartement est tout riquiqui, tout minuscule, mais il y a beaucoup d’espace pour les grosses perruques, tout comme pour les COSTUMES QUI SONT EXIGÉS !

Nous commencerons la fête ici et participerons ensuite à la folie des rues effrayantes de Bethesda.

5. N.d.T. : L’expression anglaise est the birds and the bees, qui se traduit littéralement par « les oiseaux et les abeilles », d’où les déguisements plus tard dans le roman.

— estu certaine d’avoir assez de cupcakes ?

À la question d’eileen, Michelle regarda les quatre douzaines de cupcakes alignés sur son comptoir. elle les avait préparés après le travail, conservés pendant la nuit, puis en avait décoré aujourd’hui les bords à la poche à douille pour former un riche anneau de glaçage à la crème au beurre, plaçant des friandises au centre pour compléter les gâteries d’Halloween. Étant donné que les sucreries étaient pour les invités participant à leur mini Fête Monstre, plutôt que pour les enfants en costumes trimbalant leurs taies d’oreiller, et puisqu’elle avait reçu seulement 20 confirmations, eh bien…

elle recompta pour être certaine.

Avec la table dressée comme un bar à tapas, le menu d’eileen se composait de boulettes de viandes aux herbes et au Marsala, de roulés de laitue de gâteaux portugais aux crabes, de rouleaux aux crevettes, avocat et feta, et de champignons farcis — et il y avait au moins deux cupcakes par invité ; elle ne pouvait donc imaginer que quelqu’un puisse mourir de faim.

À moins, bien sûr, que la fête fasse boule de neige et que leur soirée attire des squatteurs. elle secoua la tête. elle ne pouvait s’inquiéter de cela maintenant.

— Nous en aurons suffisamment. en fait, nous aurons des restes, et je compte sur toi pour en emporter le plus grand nombre chez toi.

— Comme si tu devais me le demander. Tu sais ce que je pense des choses qui viennent de ta cuisine.

— Je le sais bien, mais, puisque tu as autant cuisiné que moi aujourd’hui, le crédit pour ce soir revient autant à toi qu’à moi.

— Ah, mais je n’ai pas préparé les cupcakes.

Un détail mineur.

— Mais tu as préparé les crevettes, les boulettes de viande, les gâteaux au crabe et les roulés de laitue. Tout ce que j’ai fait, c’est les champignons. Cela compte davantage.

eileen repoussa ses cheveux derrière son épaule et prit la pose.

— Cela faitil de moi l’hôtesse la plus importante ?

— À tout le moins, dit Michelle en souriant.

Puis elle regarda l’horloge sur sa cuisinière et prit une grande inspiration.

— Je pense que nous sommes prêtes.

— Je vais enfiler mes ailes et j’irai à la porte pendant que tu mets au point ton bourdonnement.

Riant, eileen se précipita du couloir vers la chambre, ressurgissant au coin avec un rapide : — Je suis impatiente de rencontrer Todd.

Prise par un fol afflux d’émotions, Michelle roula des yeux, souriant comme elle chassait sa meilleure amie au passage. elle était excitée par la fête, anxieuse de ce qu’elle pourrait oublier, et impatiente de sortir et de voir quel plaisir fou ils trouveraient dans les rues. Mais, pardessus tout, elle attendait la réaction de ses amis envers Todd.

Ce serait la première fois ce soir que la plupart d’entre eux rencontreraient l’homme dont elle avait parlé pendant le dernier mois et demi. elle avait su à leur deuxième soirée ensemble chez Mike’s que Todd n’allait pas être une aventure à court terme, mais elle n’était pas encore prête à le partager.

Rendre leur relation publique ouvrait la porte à des questions et critiques aussi bien qu’à des félicitations. Sa famille aimait Todd. La famille de Todd l’aimait. Ses meilleurs amis allaient l’adorer autant qu’elle. Mais il subsistait toujours une ou deux voix dans une foule qui ne savaient tout simplement pas quand se taire. et cellesci étaient les voix qu’elle voulait éviter.

elle ne voulait pas entendre qu’un mois et demi ne signifiait rien quand elle savait que cela représentait tout.

elle ne voulait pas entendre qu’elle écoutait son horloge bio-logique au lieu de son cœur. oui, elle voulait des enfants, mais elle s’était résignée à vivre sa vie comme une tante aimante avant que Todd n’arrive.

elle ne voulait pas qu’on lui demande si elle avait vérifié son dossier de crédit, s’il avait une assurance maladie et un plan de retraite. Ce qu’elle voulait, c’était que ses amies soient contentes pour elle, croient en ce qu’elle savait ellemême et à ce qu’elle voulait. elle ne voulait pas avoir à choisir entre l’homme qu’elle aimait et ceux qui avaient fait partie intégrante de sa vie jusqu’à maintenant.

Todd était son futur. Ils n’avaient pas fait de plans ni parlé de mariage, satisfaits de vivre au jour le jour. Mais elle savait au plus profond de son cœur que les jours, les semaines, les mois, les années à venir seraient les plus heureux qu’elle ait jamais connus.

Une heure après les festivités de la soirée, Michelle se rendit compte qu’elle n’avait pas besoin de s’inquiéter. Todd recueillait un franc succès. Il était intéressant, charmant, drôle quand il était temps de plaisanter, et capable de conversation intelligente quand les choses devenaient sérieuses. Pas mal pour un type habillé en poulet César.

Alors qu’elle était le bourdon jaune et noir, et eileen, l’oiseau au panache vif, Todd portait une toge et une couronne de lauriers, et gouvernait avec un poulet en caoutchouc au lieu d’un sceptre. Il était le plus délicieux des poulets César sur lequel elle n’avait jamais posé ses yeux. et elle pensait que beaucoup de ses amies le pensaient également.

D’un coin tranquille de sa cuisine où elle s’était retirée pour respirer un peu, elle regardait, alors que deux femmes seules se pendaient à chacun de ses mots. Il était un parfait gentleman, écoutant tandis qu’elles discutaient, répondant quand on lui parlait, riant à ce qui se disait.

Ce qu’il ne faisait pas, c’était de flirter. Même d’ici, elle pouvait voir qu’il n’y avait rien de répréhensible dans son comportement, rien qui ne la faisait douter de lui. elle aimait cela. elle aimait qu’il traite toutes ses amies de la même façon, même si quelquesunes qu’elle connaissait montraient leur vrai visage en le draguant sans équivoque.

Bien entendu pas les amies qu’elle avait pensé qu’elles étaient.

Saisissant son regard fixe, il s’extirpa du petit groupe près de la porte d’entrée et se rendit vers la cuisine. elle avait enfin réussi à s’éclipser pour manger un morceau, mais son appétit disparut face aux pirouettes que faisait son estomac à son approche.

— Chouette soirée.

Il ne s’arrêta pas, la plaquant contre le réfrigérateur à l’abri des regards des invités.

elle tenta une esquive, son antenne s’agitant, ses ailes prises sur la porte du réfrigérateur.

— Merci, monsieur.

— Hmm. Ça, ça me plaît.

— Je ne m’y habituerai pas. Tenir la cour avec un poulet en caoutchouc ne va pas te faire gagner beaucoup de respect.

— et c’est de la part d’une abeille ?

— Une chance pour toi que je ne sois pas l’oiseau, car cette chose sur ta tête ressemble à un nid.

— Non, dit-il, bougeant ses sourcils, la couronne bougeant, aussi. Une chance pour moi que tu ne sois pas une nonne.

oh, les fourmillements et les choses qui faisaient tourner sa tête et son cœur. elle était éprise, dingue de cela, aimant la façon dont il la faisait se sentir comme si elle était la seule femme dans la pièce. Comme s’ils étaient le seul couple et la cuisine, une île au milieu de la musique et des conversations.

elle se demanda combien de temps ils pourraient rester isolés là. Quand quelqu’un viendrait pour les secourir quand elle ne voulait pas être sauvée.

— J’ai quelque chose pour toi.

— Pourvu que ce ne soit pas du chocolat, parce que j’ai déjà mangé près de trois cupcakes. Y compris chaque morceau de glaçage. et les confiseries, ditil, gonflant ses joues comme si elles étaient prêtes à exploser.

C’était correct, parce que, d’ici trois mois, il s’en serait remis.

— Cela pourrait concerner le chocolat. Le chocolat chaud. Un bon feu de cheminée. Beaucoup de neige froide.

Des skis.

Ses yeux s’animèrent au mot « skis ».

— Tu as échangé ton voyage en GrandeBretagne contre un en Bavière ?

— Non. Je t’ai laissé aller en Allemagne ; alors tu devras te faire à l’idée que j’irai à Londres.

et elle devrait se faire à l’idée qu’ils seraient séparés une nouvelle semaine. Ce cadeau devrait compenser cela ou du moins rendre leur séparation plus facile à oublier.

— J’avais peur que tu dises ça.

Le regard posé sur l’assiette qu’elle tenait, elle tourna une boulette de viande sur sa brochette, priant pour qu’il ne refuse pas son invitation.

— Mais j’ai des réservations en février dans un chalet à Park City, en Utah.

— Tu veux dire qu’eileen et toi avez des réservations.

estce qu’elle lui avait parlé du voyage ou faisaitil sem-blant ? Cela n’avait pas d’importance. Les plans avaient changé. elle leva les yeux, son regard résolu, insistant, son cœur suppliant.

— Plus maintenant.

— Quoi ?

Il étira le mot, curieux, une question à plusieurs niveaux.

elle commença par la réponse facile.

— C’est un voyage organisé par ma société. eileen allait venir avec moi, mais elle a suggéré que je t’y emmène à la place.

— Une bonne amie que tu as là.

elle l’était. Michelle serait perdue sans elle.

— Je n’ai pas pu t’offrir quelque chose pour ton anniversaire ; alors j’aimerais que ce soit mon cadeau pour toi.

Il prit la boulette de viande de sa main et la mit dans sa bouche.

— Difficile pour un homme de dire non.

— Alors ne le dis pas.

S’il te plaît, s’il te plaît, ne le dis pas.

Un éclat de rire s’éleva dans la pièce principale, et il attendit que cela se calme avant de dire quoi que ce soit.

— Difficile aussi pour un homme de surpasser quelque chose comme ça.

— Alors n’essaie pas. Ce n’est pas une compétition.

Il lui avait offert un voyage dans l’ohio. Il lui avait offert des boucles d’oreilles. Il lui avait offert des nuits qu’elle n’oublierait jamais, des jours dont elle se souviendrait quand il lui manquerait.

— Qu’estce que c’est alors ? demandatil, sa voix douce, tendre. J’espère que c’est une relation.

Ça l’était pour elle. Peu importe combien de fois elle s’était dit de ne pas vendre la peau de l’ours, elle ne pouvait nier qu’elle s’était engagée ellemême envers lui la nuit où ils avaient partagé des sushis sur son balcon et davantage dans son lit.

Levant la main, il repoussa une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

— on pourrait appeler cela comme ça.

Cela signifiaitil qu’il était prêt à nommer leur histoire, mais sans préciser davantage ? et pourquoi l’avait elle même évoquée ? Ce n’était pas le bon moment. La situation ne se prêtait pas à ce genre de conversation qu’ils devraient avoir pour s’assurer qu’ils étaient sur la même longueur d’onde.

Ce serait un formidable moment pour une répétition.

— Nous n’avons pas à la nommer. Je veux dire, c’est vraiment trop tôt.

— Non, ça ne l’est pas, ditil, passant lentement le bout de ses doigts sur le lobe de son oreille.

Les yeux fermés, elle prit une profonde inspiration, espérant calmer les battements de plaisir que ses mots déclenchaient dans sa poitrine.

— Je n’essayais pas de te mettre de la pression.

— en quoi ? en admettant que quelque chose se passe ici ? Que je ne vais nulle part ? Que je ne vais pas te laisser partir ?

— oui. Quelque chose comme ça.

C’était tout ce qu’elle pouvait prononcer. Sa gorge était comprimée par l’émotion. Les choses qu’il lui faisait ressentir…

Il s’avança plus près, bloquant sa vue de tout sauf de son visage.

— Je n’ai pas besoin d’être sous pression pour admettre tout cela. C’est aussi facile que de dire mon propre nom.

elle ne pouvait penser, ne pouvait respirer, ne voyait rien à part Todd, la façon dont il se sentait toujours, puis une nouvelle série de bruits de la fête la ramena au présent.

Les choses lui échappaient ; alors elle leva son regard vide vers lui et demanda :

— Quel est ton nom, au fait ?

Il gloussa, recula et s’appuya contre le haut du comptoir comme si lui, aussi, avait besoin d’un retour vers la réalité.

— Je ne suis pas certain. Tu me fais perdre la tête.

— C’est probablement les cupcakes. et les bonbons.

Combien distu en avoir mangé ?

— Assez pour ne pas être responsable de tout ce que je fais ou dis.

— Non, non, non. Tu ne vas pas sortir de cette relation si facilement.

Il maintint son regard, le sien certain, confiant.

— Alors tu es à l’aise avec ça ?

— Je le suis.

Il lui avait facilité la tâche. elle glissa un doigt dans les plis de sa toge et tira.

— De plus, je ne laisse pas un quelconque empereur romain poser ses mains sur moi.

— Je pensais que c’était un des avantages d’être César, ditil en posant sa main sur sa poitrine.

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