Amours vraies - 3

Kent Alison · Chapitre 26 sur 30

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Amours vraies - 3

sous, mes horaires au travail et mes…

sous, mes horaires au travail et mes cours de Krav Maga, sans parler de mes voyages chez moi pour voir mon père.

Il les avait prévus avant de la rencontrer. Il avait accompagné son père dans une clinique pour ses traitements, mais il avait emmené Michelle avec lui seulement une fois.

— Je veux que tu voies ton père. Tu as besoin de le voir.

La question ne se pose même pas, ditelle, serrant sa main.

elle n’avait aucune idée de ce que cela signifiait de l’avoir à ses côtés quand il traversait quelque chose d’aussi terrible.

Mais il mit cette idée de côté pour arranger les choses avec elle.

— Ta pâtisserie n’est pas non plus en question. Je sais que ce n’est pas une situation comparable, s’empressatil de dire, pressentant son interruption qui lui brûlait les lèvres.

Mais il s’agit de la vie. Ta vie. Alors prometsmoi que tu uti-liseras mon cerveau ou mes muscles si tu en as besoin.

— Je le promets, ditelle, posant sa tête sur son épaule.

Tous deux restèrent sans bouger encore bien longtemps après la tombée de la nuit.

 

*

Après quatre jours, Michelle et eileen abandonnèrent

 

Londres pour l’île d’Émeraude. La deuxième partie de leur voyage les emmena à travers la mer d’Irlande, la rappro-chant plus près de Todd. oui, elle appréciait ses vacances.

oh, comme elle appréciait ses vacances. elle aurait dû prendre cette pause des mois auparavant et prévoir deux fois plus de congés. Sa santé mentale en avait tellement besoin.

Et, non, elle ne passait pas son temps à se languir de Todd, bien qu’il lui manquât. Il était dans son esprit, totalement, énormément, et l’avait été depuis son premier appel à la maison après avoir débarqué. Il devait prendre le prochain vol pour l’ohio. en raison de son système immuni-taire affaibli, son père avait développé une grosse infection et était tombé dans le coma.

C’était difficile d’avoir le même enthousiasme après avoir appris de si terribles nouvelles, mais, même avec ses inquiétudes pour Todd et son père, elle avait aimé son séjour à Londres. voyager avec eileen était comme y aller seule, mais en mieux. elles étaient toutes les deux spontanées, détestant les excursions organisées et préférant dormir, manger quand et où elles voulaient, même de la crème fraîche à chaque repas si elles le désiraient.

La température n’avait pas été à son meilleur, le brouillard typique d’automne et la misérable bruine froide, mais le London eye lui avait donné une incroyable vue de la ville quand même. elles avaient déjeuné dans un pub près de Piccadilly Circus, fait les boutiques chez Harrod’s, visité le palais de Hampton Court, Tate Modern et la Tour de Londres. Ayant grandi en aimant la princesse Lady Di, Michelle vadrouilla pendant leur dernier jour pour trouver le palais de Kensington fermé, mais il y avait eu tant à voir et à faire que cette déception ne fut que passagère.

Ce fut durant leur excursion en Irlande que ça s’était gâté. elles avaient pris le bus à l’aéroport vers leur hôtel et étaient descendues au mauvais endroit. Sous une averse torrentielle. Sans aucun moyen de rejoindre le lieu où elles devaient rester, devant faire une heure de marche sous la pluie.

Heureusement, toutes deux avaient été capables de rire de leur mésaventure et de profiter à fond des deux jours suivants. elles s’imprégnèrent de tout à Dublin, visitant la Guinness Storehouse, l’Université de Trinity, le château de Dublin, faisant les boutiques à Grafton et dans les rues de Henry, buvant des Guinness et mangeant à tous les pubs de Temple Bar.

Durant leur dernière nuit dans le pays, elles vécu rent une véritable expérience irlandaise. Le pub où elles allèrent dîner était un capharnaüm comme Michelle s’y attendait. elle pouvait à peine s’entendre penser, encore moins comprendre ce qu’eileen lui criait pardessus le brouhaha. Tout ce qu’elle put faire, ce fut d’attraper le bras de son amie et de la laisser la conduire à travers la foule.

La pièce sentait la fumée d’un feu de bois, le houblon, le poisson frit et les pommes de terre, et un peu du froid mor-dant de l’automne s’accrochant à la laine. Les bières débordaient des verres au contact des toasts, et les voix s’élevaient encore plus fort. eileen leur trouva une petite table près du mur, et un serveur au visage rougeâtre s’arrêta comme elles s’assoyaient.

Il planta ses mains charnues sur la table et se pencha.

— Qu’estce que vous prenez, mesdames ?

— Ce que tout le monde prend serait parfait, lui dit eileen. votre poisson et frites semble être la chose qui garantit la bonne humeur.

Le serveur eut un rire bruyant, ses yeux se plissant aux coins quand ils se froncèrent.

— Les autres humeurs doivent rester à l’entrée. Je reviens tout de suite avec vos bières.

Michelle se pencha vers eileen, riant comme elle criait presque.

— Après toute la Guinness que j’ai bue ces deux derniers jours, je ne suis pas certaine que je pourrai boire toute une chope.

— Je serais heureuse de terminer ce que tu ne peux pas.

— Merci, j’en suis sûre, ditelle, s’adossant, soudainement prête à s’effondrer.

— ouah, je pense que je souffre d’un épuisement de vacances.

— Mais c’est un bon épuisement, dit eileen. Un épuisement d’amusements sans fin et de bonne nourriture. ou principalement de bonne nourriture.

Michelle prit la chope que leur serveur avait posée devant elles en passant avant de se précipiter vers un autre client.

— À ta santé et un retour sain et sauf à la maison.

eileen leva sa chope vers celle de Michelle et avala une gorgée.

— J’imagine que tu es prête à retrouver Todd. Des nouvelles de son père ?

— Rien de nouveau depuis la dernière fois que je lui ai parlé. Bien qu’il ait dit qu’il serait à l’aéroport pour nous prendre.

— Alors il est rentré ?

Michelle acquiesça.

— Il y retourne la fin de semaine prochaine, après les vacances.

— estce qu’il vient chez ta mère pour Thanksgiving ?

— oui, et toi aussi, tu viens ?

— estce que tu plaisantes ? Les repas de Thanksgiving de ta mère sont les meilleurs.

elle passa son doigt le long du bord de sa chope et adressa à Michelle un regard prometteur.

— Bien qu’en rentrant si tard j’imagine que tu n’auras pas le temps de préparer des cupcakes.

— Je me demande ce que goûteraient des cupcakes avec le décalage horaire ? Fond en carte d’embarquement avec des garnitures épuisées insipides ? Riant, elle déplaça sa chope pour faire de la place aux plats de frites et de poissons.

— Les vlà, mesdames. Pas de carte d’embarquement insipide. Mangez et je reviens pour m’en assurer.

Leur serveur déposa une salière et une bouteille de vinaigre de malt, jurant haut et fort et se précipitant alors que, dans le pub, des empoignades dégénéraient. eileen et Michelle reculèrent toutes deux au son d’une chaise qui se brisait, et le groupe de musique joua plus fort pour couvrir le bruit.

— Qui aurait dit que nous aurions autant de divertisse-ment à notre dernière soirée ? dit Michelle en pressant la moitié de son citron sur son poisson.

eileen fit de même.

— Ça n’a pas dû être facile d’être ici sachant ce que Todd traverse.

Cela ne l’avait pas été, mais elle avait fait de son mieux pour que cela ne gâche pas les choses.

— Même si j’étais à la maison, je ne pourrais pas faire quoi que ce soit, ou même être avec lui, puisqu’il passe la semaine dans l’ohio ; alors, s’il te plaît, ne pense pas que je n’ai pas passé du bon temps.

Grignotant ses frites, eileen secoua la tête.

— Je sais que tu as eu du bon temps. J’ai été avec toi tous les jours, tu te souviens ?

— estce que je dois me souvenir de la marche sous la pluie ?

— oui, parce que cela vous donnera à Todd et toi l’occa-sion de rire. J’imagine qu’il aurait bien besoin de rire en ce moment. Sans parler d’amour.

— Croismoi. Je m’assurerai qu’il en profite largement à la minute où nous serons à la maison.

— en autant que, par maison, tu veux dire ton appartement, et non le sol américain, dit eileen, saisissant sa chope et revêtant un air horrifié qui offrit à Michelle son plus grand rire de la journée.

 

Dix-neuf

 

* La pomme de ma tarte : base de pomme épicée recouverte d’une crème au beurre à la vanil e et au caramel Les fêtes de fin d’année s’écoulèrent avec les fêtes au bureau, les réunions familiales, un dîner de Thanksgiving à tomber par terre, des cadeaux échangés avec de bons amis durant des dîners intimes ou en prenant un verre. Bien que l’état de son père restât inchangé, Todd retourna dans l’ohio plusieurs fois avant la fin de l’année pour faire face à ses obligations là-bas.

Michelle voulait tellement faire davantage pour lui que de lui offrir une oreille attentive et une épaule sur laquelle se poser, mais elle savait que c’était le genre de soutien dont il avait le plus besoin de sa part. elle était son île au milieu de l’horrible tempête qui faisait rage autour de lui.

Pour débuter la nouvelle année, il la surprit avec un voyage à Manhattan. New York était sa ville préférée au monde, et la visiter avec Todd la rendait encore plus spéciale, même s’ils ne virent pas grandchose les premiers jours, à part l’intérieur de leur appartement loué à Gramercy Park.

Ce matinlà, cependant, Todd lui avait dit de s’habiller chaudement pour la journée qu’elle passerait debout plutôt qu’allongée. Il le lui avait dit alors qu’elle était à moitié endormie. elle s’était alors demandé ce qu’il faisait avec son ordinateur portable, allongé sur la méridienne de la chambre au lieu d’être lové dans le lit à côté d’elle.

Quand elle lui avait dit de revenir, il avait répondu qu’ils avaient des endroits à visiter et des gens à voir. et c’était la seule raison pour laquelle elle s’était levée bien avant d’avoir été prête à le faire, s’habillant pour une journée de marche dont elle n’avait pas envie.

— Qu’estce que tu veux dire par « pas de petit déjeuner » ? demandatelle, tirant son bonnet sur ses oreilles. Comment vaisje marcher tous ces kilomètres que tu as recensés sans d’abord un bagel chaud et de la confiture ?

Todd vérifia ses notes, calculant.

— Il y a beaucoup de rues, pas tellement de kilomètres, et nous avons sept arrêts à faire, donc beaucoup de temps pour reposer tes petons. Nous devrions être de retour ici avant 17 h, et alors nous serons probablement plus que prêts pour le dîner.

Attends une minute. Quoi ? elle leva les yeux de ses lacets de bottes.

— Nous n’allons pas manger avant le dîner ?

Ses yeux bleus brillaient d’une intelligente et malicieuse taquinerie.

— oh, nous allons manger. C’est ce à quoi sont destinés les arrêts.

Sept arrêts semblaient beaucoup trop de repas, à moins qu’il ait prévu pour elle de manger seulement quelques morceaux à chaque fois. elle supposait que c’était une bonne manière de tester bon nombre de perles cachées que la ville offrait. Mais quand même. elle aurait été plus que contente de manger ici.

— estce que je vais vraiment vouloir manger quand nous rentrerons ? demandatelle, s’assurant que ses gants étaient glissés dans les poches de son manteau.

Todd rit, tirant le bord de sa casquette vers le bas.

— oui, tu le voudras. Faismoi confiance pour ça.

Maintenant elle était vraiment curieuse. Mais elle était aussi soudainement excitée. Todd avait longuement réfléchi à leur sortie, et, comme elle était une grande amatrice de surprises, elle ne pouvait attendre de découvrir ce que cela présageait.

La première étape de leur marche les emmena à 20 rues vers l’est, ou à peu près estimatelle ; elle s’était arrêtée de compter à 15. Ils se tenaient la main pendant qu’ils marchaient, se percutant volontairement, riant comme ils se taquinaient, pointant les endroits qu’ils reconnaissaient, les gens regardant et profitant de l’ambiance.

Après avoir passé les deux premiers jours de la nouvelle année seuls, c’était merveilleux de sentir l’énergie de Manhattan. L’air était vif, les poumons de Michelle brûlants quand elle le respirait, mais voir la ville avec Todd était comme la voir pour la première fois. en sa compagnie, tout était plus vivant. Les couleurs et les odeurs, les bruits et les parfums du quartier, tout débordait de vie, comme elle en sa compagnie.

— Nous y voilà, ditil, tenant son coude et la guidant sur le trottoir animé vers un petit commerce de la rue Bleeker.

— Arrêt numéro un.

elle regarda par les rideaux tirés dans la vitrine jusqu’au store, lut les inscriptions et jeta un œil vers lui qui attendait sa réaction.

— Tu as dit que tu n’avais pas regardé Sex and the City.

— Je n’ai pas besoin de regarder pour entendre les pri-meurs. Spécialement quand le distributeur d’eau de mon bureau est aussi fréquenté.

elle releva les yeux vers l’écriteau. « La pâtisserie Magnolia ». elle ne pouvait y croire. Les autres arrêts étaientils des références télévisées ? ou au moins des restaurants ? Attends, non. Il l’avait emmenée dans une pâtisserie.

oh mon Dieu ! vraiment ? elle se tourna vers lui, pleine d’espoir.

— estce que tu m’emmènes pour une visite des pâtisseries ?

— Je savais que tu étais une femme brillante quand je t’ai rencontrée, ditil, déposant un baiser sur son nez avant de la conduire à l’intérieur. oh, les arômes. Le sucre et la vanille, et la riche crème au beurre. La cannelle et le gingembre. Le chocolat et le café. Les baies sucrées, les bananes moelleuses et les tartes aux poires. elle respira chacun d’eux, se noyant, devenant tout à la fois, ivre, étourdie et affamée.

elle choisit un gâteau rouge velours, retirant le papier pendant que Todd payait, enfonçant son doigt dans le dessus du glaçage et le léchant complètement, laissant le morceau de pur bonheur se fondre dans le creux de sa langue. Ce ne fut pas avant qu’ils fussent ressortis qu’elle se rendit compte qu’il ne s’était rien acheté.

— Tu n’en veux pas ?

— Je prévois manger la moitié du tien, lui ditil comme ils traversaient la rue vers le Biography Bookshop, à moins que tu penses que tu peux tout avaler et continuer à marcher.

Il ne croyait pas aussi bien dire, songea-t-elle, savourant la texture qui était moelleuse sans être spongieuse, le soupçon de chocolat aussi subtil que la vanille, le glaçage fouetté plus léger que s’il avait été préparé avec du fromage à la crème.

Pendant que Todd regardait les noms sur les chariots alignés sur le trottoir, elle se concentra sur le cupcake, en défaisant seulement une partie. Inspirant profondément à chacun des morceaux, elle les laissa fondre dans sa bouche, puis lui tendit le reste alors qu’il finissait de regarder les livres.

— Tu es gentille, ditil, lui faisant un clin d’œil comme il mordait un peu plus de sa part en une bouchée.

— Je t’ai demandé si tu aimais ça, ditelle, glissant son bras sous le sien. Mais tu ne peux pas goûter quelque chose quand tu l’avales comme ça.

— C’est ce que tu penses, ditil, le terminant et léchant les miettes sur ses doigts. Mmm, mmm, mmm.

Quelques rues plus tard, ils atteignirent la pâtisserie Milk and Cookies dans la rue du Commerce. Là, Michelle choisit un macaron dont le glaçage au fromage à la crème était pris entre deux biscuits au chocolat. Il s’avéra plus croustillant que le style de gâteau traditionnel auquel elle s’attendait. Toutefois, elle ne pouvait remettre en question la combinaison des saveurs.

Comme elle fit avec le gâteau velours rouge, elle brisa ce délice en deux. Todd mordit dans le morceau qu’elle lui donna, fermant les yeux et savourant l’harmonie des saveurs et textures. Transformer un macaron en cupcake…

cela pouvait sûrement se faire. Une base au chocolat, même si elle opterait pour une guimauve plutôt que pour un four-rage au fromage à la crème, recouverte d’une ganache à la crème fouettée. De la nostalgie pure et comestible. Sa mère serait enchantée de l’idée.

À environ neuf autres rues, ils arrivèrent chez Jacques Torres Chocolate où elle acheta une petite boîte de guimauves au chocolat faites maison trempées dans un enro-bage de chocolat noir. elle mit celleci dans sa poche pour plus tard, pensant que c’était une bonne idée de ne pas faire de dégustation au moins à l’un des sept arrêts.

Pour l’étape suivante, ils prirent leur temps, et, quelques minutes tranquilles plus tard, ils se retrouvèrent à la pâtisserie Billy’s. Michelle était au paradis. Cette fois, elle commanda une part de gâteau au citron vert avec une croûte de pain d’épice. elle se souvint d’avoir réfléchi à un cupcake au citron vert et se rendit compte, comme elle dégustait le dessert, à quel point le complément de pain d’épice était parfait.

 

— Là. Goûte ça, ditelle en lui donnant une bouchée.

Peuxtu imaginer cette combinaison de saveurs dans un cupcake ?

— C’est ton travail d’imaginer. Mon travail consiste à manger.

Secouant la tête, elle lui tendit le reste, qu’il avala en quelques secondes. Cet homme était son genre, un estomac insatiable qui aurait probablement pris 500 grammes de gras d’ici la fin de la journée.

Il leur fallut parcourir un kilomètre et demi entre Billy’s et Babycakes, où la plupart des produits de pâtisserie étaient végétaliens. Michelle prit un cupcake à la carotte sans gluten, sucré avec du nectar d’agave et recouvert d’un gla-

çage à la crème à la vanille. Si elle n’avait pas lu la carte, elle n’aurait jamais su que le cupcake était sans soja, œufs et produits laitiers.

elle aimait l’idée de proposer des produits pour ceux dont les régimes les empêchaient de s’adonner à la plupart des desserts. Spécialement depuis qu’erin chez Babycakes avait prouvé que les douceurs n’avaient pas besoin d’être fourrées avec du sucre raffiné pour être appétissantes.

Depuis Babycakes, ils se dirigèrent vers Sugar Sweet Sunshine avec ses couleurs roses et jaunes, et son ambiance des années soixante. Michelle laissa Todd choisir, et il se décida pour leur Black & White… Just Right, une base de gâteau au chocolat avec un glaçage à la crème au beurre à la vanille. Michelle commanda un café. Ils s’assirent et se relaxèrent pendant quelques minutes.

— C’est tellement amusant, lui ditelle, pesant chaque mot.

— Je savais que cela le serait, réponditil en homme bien content.

Crumbs était à un autre kilomètre et demi, et, café ou pas, Michelle commençait à le sentir. Pas la marche seule, mais la marche dont le carburant était essentiellement des glucides simples. Mais, oh le choix à l’intérieur. Cupcakes pommes et caramel. Cupcakes cappuccino. Cupcakes tira-misu, grasshopper et pâte à biscuit. Ici, le propriétaire remettait les recettes des cupcakes célèbres aux organismes de charité qu’ils avaient choisis. Une autre idée que Michelle adorait.

Ce qu’elle n’aimait pas, c’était le manque total d’éléments nutritifs dans sa consommation alimentaire de la journée, mais souffrir d’un niveau de sucre anormalement élevé ne l’empêcha pas de commander une des spécialités de cupcake à la noix de coco de Crumbs. ou d’apprécier l’histoire qui l’accompagnait, à savoir comment Mia les avait préparés pour Jason, et leur amour épanoui, comme leur idée de fonder Crumbs.

C’était le dernier arrêt de la tournée des pâtisseries de Todd, et Michelle se demandait s’il connaissait l’histoire d’amour qui avait fait naître la pâtisserie. ou si cela avait été une coïncidence qu’il ait choisi de terminer leur journée ici.

Mais, bien qu’elle désirât le savoir, elle ne le demanda pas.

elle ne voulait pas risquer de gâcher une incroyable journée avec une telle question tendancieuse.

Le trajet de chez Crumbs à l’appartement prit 20 longues minutes. C’était le moment des protéines, des vitamines, des minéraux et des glucides complexes, sans parler d’une douche bien chaude. Todd sentait la perte d’entrain aussi. Il marchait à côté d’elle, silencieux, ses pas plus aussi énergiques que lorsqu’ils étaient partis ce matin.

Après s’être lavés et avoir changé de vêtements, ils res-sortirent, terminant dans une pizzéria voisine où ils partagèrent une simple quatre fromages. Tous deux étaient trop fatigués pour parler, mais c’était correct. Passer la soirée en compagnie de Todd suffisait. Ses yeux, son sourire…

Michelle n’avait pas besoin de conversation quand il était avec elle.

— J’ai quelque chose pour toi, ditil quelques instants plus tard.

Inopinément, il fouilla dans la poche de sa veste et lui tendit une boîte bleu pâle de son magasin préféré au monde.

— Tiffany’s ?

La boîte était trop grande pour des boucles d’oreilles, trop petite pour un collier, et ce qu’elle vit quand elle l’ouvrit lui fit monter les larmes aux yeux. Sa gorge se serra et sa poitrine lui fit mal devant tant d’émotions, si bien qu’elle ne put prononcer un seul mot.

Le bracelet à breloques était le même que celui de sa grandmère qu’elle avait porté quelques mois auparavant quand Todd et elle étaient allés bruncher au Silver Diner.

Bien qu’il ait posé des questions sur les breloques et écouté tandis qu’elle lui racontait les histoires de chacune, elle ne s’attendait pas à ce qu’il prête manifestement autant d’attention.

C’était leur troisième rendezvous. Ils s’étaient rencontrés seulement trois jours auparavant. et, néanmoins, il avait fait attention au bracelet, au lien qui unissait les breloques et deux personnes qu’elle aimait. Aux mots qu’elle avait prononcés. Se souvenant de cette journée… elle ne se dou-tait pas qu’il était aussi observateur, ne le connaissait pas assez pour comprendre que ce trait faisait partie de son caractère.

elle sortit le bracelet de la boîte et vit qu’il n’avait qu’une seule breloque : un ovale en argent avec les lettres « NYC »

en grosses lettres noires.

— oh, Todd. Tu es tellement mignon. Je l’adore.

— Metsle, ditil, tout en lui ôtant de la main pour le passer autour de son poignet, pressant luimême le fermoir.

— Je ne peux pas croire que tu aies fait ça.

elle tourna son poignet dans tous les sens.

— J’ai aimé voir New York avec toi. Je suis venue ici un million de fois puisque mes parents étaient tous deux NewYorkais, mais les biscuits, les cupcakes, les friandises et la tarte au citron vert…

Il reprit où elle s’était arrêtée.

— Sans oublier l’appartement et voir le Ball Drop du Nouvel An de New York sans avoir à affronter la foule.

— J’ai probablement pris deux kilos à moi toute seule aujourd’hui, ditelle, bien qu’elle prît une autre part de pizza sans ressentir la moindre culpabilité.

Le bracelet glissa sur son bras, et la breloque la cha-touilla. elle aimait le sentir là, léger en poids, mais chargé de signification.

— Je vais devoir faire quelques kilomètres en plus une fois de retour à la maison.

— Qui a parlé d’aller à la maison ? demandatil, se calant dans sa chaise, les jambes tendues, les mains derrière la tête, tout à fait décontracté. J’aime plutôt ça manger quand et ce que nous voulons, marcher dans la ville, rester au lit pendant des journées d’affilée.

— J’en suis sûre, ditelle en riant. Mais nous allons devoir rentrer, car, si je n’ouvre pas ma pâtisserie après cela, la visite ne comptera pas comme une dette honorée.

— Celleci est pour moi. Mon cadeau pour toi.

Il se pencha en avant et enlaça ses doigts.

— J’ai tellement confiance en toi, Michelle. Tellement confiance. Tu as une incroyable tête sur les épaules et un don pour les détails comme je n’en ai jamais vu. Avec ta mère et ton père derrière toi, comment peuxtu échouer ?

Et toi ? commençatelle à demander, mais elle garda le silence. elle savait qu’elle avait son soutien. Il suffisait de voir la journée qu’il venait de lui offrir ! Cela représentait autant un cadeau que le bracelet. Le fait de penser à cette visite des pâtisseries avait été incroyable et reflétait tellement l’homme prévenant qu’il était.

Si son entreprise marchait, le crédit de son succès lui reviendrait autant à lui qu’à elle. Ne voulaitil pas faire partie de ce qu’elle avait imaginé qu’ils étaient en train de construire ? Avaitil peur qu’elle ne veuille pas qu’il s’implique ? ou attendaitil qu’elle lui demande d’être un associé ?

Cette pensée la prenait de court. elle ne pouvait pas lui demander de prendre part au risque financier. elle ne pouvait simplement pas. Si elle échouait, elle le fâcherait, et la culpabilité serait insupportable. C’était son saut à elle d’une très grande falaise vers l’inconnu.

Cela ne signifiait pas qu’il ne représentait pas une partie cruciale de l’ensemble.

 

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