Aucassin et Nicolette

Anonyme Moyen-Age · Chapitre 32 sur 45

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Aucassin et Nicolette

Chapitre XXVIII

 

PARLÉ : RÉCIT ET DIALOGUE

Aucassin était descendu en compagnie de son amie, comme vous l’avez entendu ; il tenait son cheval par la bride et son amie par la main. Ils commencèrent à longer la rive.

Aucassin vit passer un navire où il aperçut des marchands qui faisaient voile à proximité de la rive. Il les héla, ils vinrent à lui. Il les pria tant qu’ils les embarquèrent. En haute mer, une tempête s’éleva, violente, effrayante, qui les poussa de terre en terre, si bien qu’ils atteignirent un pays étranger et pénétrèrent dans le port du château de Turelure. Ils demandèrent quel pays c’était : on leur répondit que c’était le pays du roi de Torelure ; puis Aucassin demanda quel homme c’était et s’il était en guerre : on lui répondit :

« Oui, il soutient une guerre terrible. »

Il prit congé des marchands qui le recommandèrent à Dieu. Il monta sur son cheval, l’épée au côté, son amie, devant lui et, à force de chevaucher, il parvint au château. Comme il s’enquérait du roi, on lui répondit qu’il était au lit : il venait d’être père.

« Et où est donc sa femme ? »

On lui répondit qu’elle était à la guerre, à la tête de tous les habitants du pays. Cette nouvelle stupéfia Aucassin qui se dirigea vers le palais où il descendit en compagnie de son amie. Tandis qu’elle tenait son cheval, il monta au palais, l’épée au côté, et, à force de marcher, il parvint à la chambre où le roi était couché.